On se souvient que lorsque Sarko pratiquait l'ouverture à gauche, ça ronchonnait dur dans les 2 camps. A droite, certains voyaient des postes prestigieux et " gratifiant " leur échapper au profit de transfuges socialistes ( Besson, Kouchner, ...). A gauche, on criait au débauchage, aux retournements de vestes, on fustigeait les traîtres à la cause, ceux qui rejoignaient le camp du mal, le camp du Grand Capital. Moi, je trouvais cela pas mal sur le principe; aller chercher les compétences là où elles sont, why not.
Et puis, ainsi va la vie, Sarko ferma peu à peu la porte sans doute pour être en cohérence avec son électorat et ses potes. La gauche s'amusait de cette fermeture et ironisait sur la girouettomanie supposée de Sarko. Le souvenir que l'on garde de cette période, c'est que grosso merdo, l'ouverture ne fût pas une réussite, au moins sur le plan politique. Les ambitions et les ego ne peuvent se satisfaire à terme d'une simple ouverture. Je pensais que d'aucuns en tireraient enseignement: les ouvertures, cela fonctionne au foot ou au rugby, jamais en politique.
Et puis voilà que 3 figures de la gauche socialiste, et non des moindres, remettent 100 balles dans le nourrain et en appellent à l'union sacrée.
La madone du Poitou, à la traîne dans les sondages pré primaires-ex-ouvertes à gauche, nous
annonce qu'elle souhaite promouvoir un grand rassemblement citoyen qui irait de l’extrême gauche jusqu'à la droite gaulliste, si tant est qu'il en existe encore des gaullistes. J'ai cru comprendre que Manuel Valls était du même avis.
Docteur Attali, dont les prévisions sont aussi fiables que celles de Paco Rabane, dans une tribune rigolote
pondue dans l'Express et utilisant à dessein le bipartisme US (et la fausse-vraie crise politique sur la relèvement de la dette), fait un plaidoyer pour, en quelque sorte, institutionnaliser la cohabitation, gage de stabilité. Puisque, dit-il, Sarko sera réélu..
La 3ème figure, c'est l'amoureux du Quai d'Orsay, Hubert Védrine. L'ancien ministre des Affaires Etrangères de Tonton revêtirait bien à nouveau l'habit. Aussi se signale-t-il par un article
publié sur Slate dans lequel il professe que
sans un programme bipartisan pour redresser la France , point de salut. Il faut, dit-il, " associer l’exigence de justice sociale que porte la gauche, avec l’appel à l’effort et à la compétitivité que revendique la droite. " Ce qui se résumerait par une répartition des tâches: à la droite, les compétences économiques, à la gauche, les politiques sociales.
Alors, il y a un an encore, les mêmes qui dénigraient les ouvertures à la sarkozienne réclament aujourd'hui, l'Union Sacrée! L'arme fatale. Lorsque l'on trouve que Sarko et sa politique sécuritaire lorgne un peu trop sur l'extrème droite, on crie aux loups et puis,voilà qu'à gauche, on se dit que... c'est pas si mal le rassemblement tout azimut, si cela permet de gagner. Tant on a peur de perdre ?
Folie passagère 774.