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jeudi 2 août 2018

Booba, Kaaris, rixe tribale à Orly



On ne parle que de cela ce matin, ou presque. Deux racailles rappeurs (pléonasme ?) et leurs bandes respectives, Booba et Kaaris, tous les deux déjà bien connus des services de police et adorés dans les quartiers qui craignent, se sont livrés à une bataille rangée dans le hall 1 de l'aéroport d'Orly. Des pêches, des gnons, des coups de pieds, des coups de canette sur la tête d'untel, des cris et tant qu'à faire, une boutique ravagée. Une rixe tribale, en somme, une bagarre entre primates dégénérés qui sèmera un vent de panique parmi les passagers et autres touristes.

Les fans de ces deux zigotos vont adorer: leurs idoles qui se battent entre eux, ça c'est excellent et puis comme ça, dans la téci, ils vont pouvoir faire pareil; les uns contre les autres. C'est ce qu'on appelle donner l'exemple...

Et tout ça pour le plus grand bien des portefeuilles des deux chanteurs brailleurs parce que quand il y a le buzz sur eux, y a bon pour les ventes de CD ! De là à imaginer que la haine qu'ils se portent soit entretenue voire totalement surfaite, il n'y a qu'un pas à faire. Certains évoquent même une bagarre préméditée... 

C'est aussi cela le rap: de la racaille,  des chansons avec des paroles grossières, provocantes et chargées de haine, du clinquant, du pognon, de la baston et parfois des morts comme aux States où il ne se passe pas une semaine sans qu'un rappeur vedette ne soit assassiné. Bientôt en France ?

L'histoire pourrait être insignifiante tant elle est commune dans ce milieu sauf que là, cela s'est passé dans un hall d'aéroport très fréquenté, que nous sommes toujours sous menace terroriste élevée  et qu'il a fallu plus de quinze minutes pour que la police intervienne.  Quant aux soldats Vigipirate, on n'en a pas vu... On imagine aisément le carnage si des terroristes islamistes... enfin bref, vous m'avez compris... Ce pays devient chaque jour un peu plus un véritable bordel.

Une réaction de Gérard Collomb ? Non, pas encore. Circulez, y a rien à voir. Voyagez tranquille, vous êtes en sécurité, Gégé veille sur vous.

Remarquez, cette histoire, médiatisée comme elle l'est, a aussi un mérite: ça nous change de Benalla et consorts (Macron inclus) dont le cas s'aggrave de jour en jour...

Allez sur ce, les amis, sauf sujet qui le mériterait vraiment, ce blog se met en vacances, le taulier se met au repos. La mer et le bateau dans quelques jours. Retour vers le 18 août.

Bisous et portez-vous bien... même en Macronie !


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 14 avril 2015

Les vérités de Booba...


Je n'ai aucune espèce de sympathie pour le rappeur Booba, absolument aucune. Non seulement, il est vulgaire, mais en plus, il " rappe ". Autant dire que je ne peux pas le blairer. Je devrais donc me joindre à tous ceux qui s'offusquent des " infâmes " propos qu'il a tenu sur les attentats de début janvier. Et bien non. D'une part parce que je considère qu'il n'a pas tout à fait tort et de deux parce que en s'en offusquant avec tant de précipitation, on ne pouvait pas lui faire meilleure pub, pile-poil au moment où il sort un nouvel album. C'était d'ailleurs sans doute un peu le but qu'il poursuivait. Les médias, quelques politichiens, chroniqueurs et autres Pelloux ont sauté les deux pieds joints dedans.

Qu'a-t-il dit ? Qu'a-t-il chanté ?:

En parlant des crayonneurs de Charlie: " Ils savent à qui ils ont affaire, les mecs. Ils s'attaquent à l'islam, ils savent très bien qu'il y a un courant extrémiste, ils savent très bien comment les mecs fonctionnent, ils ont pris le risque de continuer à les attaquer. Quand on joue avec le feu, on se brûle. J'étais étonné que ça ne soit pas passé avant, parce que ce n'est pas la première fois qu'ils avaient fait des représentations du prophète.

Quoi de choquant dans ses propos ? Rien. Oui, les gens de Charlie savaient qu'ils prenaient des risques. Oui, ils avaient reçu à de nombreuses reprises des menaces de morts. Oui, ils savaient que la tête de certains d'entre eux avaient été mises à prix par des islamo-terroristes. Oui, ils se savaient menacés. Suffisamment pour être, pour certains d'entre eux, sous protection policière. Oui, comme tout le monde, hormis les inconscients, ils savaient qu'en jouant avec le feu, on peut se brûler. Ils savaient qu'avec leurs caricatures du prophète, ils choquaient une bonne partie des musulmans, comme ils choquent les cathos lorsqu'ils croquent un pape se faisant empapaoutés. Oui, quand on s'en prend à ce qu'il y de plus sacré pour certaines personnes, il peut y avoir de dramatiques retours de bâtons. Oui, les Charlie ont pris un risque, risque supplanté par leur soif de liberté d’expression, leur droit à se jouer de tout et sans doute n'ont-ils pas bien mesuré la portée de leurs dessins chez des gens extrémisés, fanatisés. Oui, parce que comme tout le monde, ils se tenaient informés, ils savaient qu'il y a depuis un moment une montée en puissance d'un extrémisme musulman violent.

Et comme Booba, on peut même être surpris que ce qui s'est passé ne soit pas arrivé avant. En quoi les propos de Booba seraient-ils une apologie du terrorisme ? Quelqu'un peut-il m'expliquer ? Booba ne dit rien d'autre que quand on se moque de ce qui compte pour des fanatiques, ces derniers se vengent, ils vengent le prophète. Booba, sur ce coup-là, est dans le réel, dans la réalité, aussi sinistre soit-elle. Tout autant dans la réalité des banlieues lorsque dans une autre de ses chansons, il déclare: " Ai-je une gueule à m'appeler Charlie ? Réponds-moi franchement. T'as mal parlé, tu t'es fait plomber. C'est ça la rue, c'est ça les tranchées.". Il dit, avec ses mots, aussi crus soient-ils, rien d 'autre que ce que dit avec intelligence et presque poésie Calogero : " Pour un regard en croix [dans certaines banlieues] je suis mort ". Et oui, il y a des endroits en France où pour avoir mal parlé à l'autre, mal parlé de l'autre, ou du prophète, on peut se faire plomber. Oui, dans certains quartiers, des jeunes et des moins jeunes pensent que les gars de chez Charlie ont eu ce qu'ils méritaient. C'est une réalité qu'ignorent encore une fois ceux qui n'ont jamais été là où même la police n'ose plus aller. Et oui, il y a des gens, en France, des jeunes et des moins jeunes qui revendiquent n'être pas Charlie. Il n'y a que les aveugles et les bornés pour n'avoir pas vu que le 11 janvier, les " banlieues " n'étaient pas à Paris. 

Et Booba ne fait, hélas, que chanter ce que chantent ou disent ceux qui achètent ses disques. Surfe-t-il sur la vague ? Joue-t-il lui aussi avec le feu ? C'est fort possible. Il vend sa " prose " comme d'autres chanteurs vendent la leur. Il raconte ( et fait son beurre avec ) une réalité qui nous déplaît. Et c'est peut-être bien plus cela qui heurte les Pelloux et autres Ciotti prouvant par la même, encore une fois, que certaines vérités ne sont pas bonnes à dire tant elles dérangent.

Ciotti et quelques autres, de droite comme de gauche, demandent à ce que la justice soit saisie et que Booba soit jugé pour ce qu'il a dit et chanté. Stupide; et d'une parce qu'il ne sera pas condamné et de deux parce que si il l'était, ce serait encore un titre de gloire qu'il pourra accrocher à ses murs avec ses autres disques de platine.

Et de trois, parce que les Charlie revendiquaient  la liberté d'expression. Pour tous.

(Photo ci-dessous: Concert de Booba, palais omni-sport de Paris-Bercy, 2011)

Folie passagère 2736
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.