Si, si, ça existe et ils sont instituteurs ou professeurs dans les écoles, collèges et lycées que fréquentent peut-être vos enfants. Ils se définissent comme "anarcho-syndicalistes" et prônent la subversion. Ils ont pignon sur rue et peuvent même s'initier aux techniques de subversion avec le consentement de leur administration, avec vos sous, contribuables que vous êtes. Fin janvier, ils organisent un stage dont l'intitulé laisse songeur: "Subvertir les pratiques pédagogiques, quelle école : pour qui ? pour quoi ?"
De quoi que c'est-y qu'ça cause leur stage ? Accrochez-vous ça décoiffe:
" La subversion est un ensemble de stratégies et de techniques visant à déstabiliser un groupe ou un système en lui inoculant des idées qui remettent en cause ses valeurs les plus intimes.
Enjeu de pouvoir et de luttes entre des intérêts contradictoires, l’école – n’en déplaise à ceux qui rêvent de sa « sanctuarisation » – est le reflet de notre société : dérives autoritaires, arrestation et fichage de sans-papiers, marchandisation, intrusions publicitaires, reconduction et légitimation des inégalités sociales...
L’école et la pédagogie au service de qui et de quoi ?
Pour certains, c’est un gisement financier encore trop inexploré. Mais c’est aussi une entreprise de promotion de valeurs et de comportements (de soumission, d’individualisme et de consommation). Ces stratégies s’affichent ouvertement (les cours de soutien privés) mais avancent aussi de manière plus insidieuse : injonctions économiques, discours et pratiques pédagogiques mieux à même de répondre aux « nouvelles exigences » patronales (compétences, employabilité , etc.). Pour ne pas en être les complices involontaires ou, pire, impuissants, nous devons les comprendre et les combattre. Non pas en suivant le vent réactionnaire qui souffle sur l’école... ce serait faire peu de cas de cette réalité, déjà dénoncée par Célestin Freinet : « l’école est fille et servante du capitalisme ». Si l’on réalise combien l’école se prête à cet investissement par le libéralisme, « on en vient aussi à se demander si le mode de gouvernement néolibéral ne doit pas beaucoup à la logique scolaire […] et aux modalités de gouvernement qui ont été développées et perfectionnées au sein de l’institution scolaire. » Avec « son » École, Ferry ne déclarait-il vouloir « clore l’ère des révolutions » ?
Alors, quelles pratiques voulons et pouvons-nous mettre en place ?
Si l’école n’a pas seulement été un lieu de domination mais a pu œuvrer à une certaine émancipation, c’est parce que « le choix d’une éducation libératrice des classes dominées s’inscrit, bien sûr, dans une histoire collective : ce choix ne peut émerger que parce qu’on développe avec d’autres, et pas seulement des enseignants, l’analyse critique des projets d’éducation et des enjeux de société qu’ils contiennent ». Que ces efforts et ces tâtonnements soient aujourd’hui détournés par ceux-là même qu’ils entendaient combattre, doit-il nous conduire à abandonner toute ambition de travailler « l’intérêt, la participation, l’activité, la créativité de l’élève » ? Au-delà de la récupération de formules jumelles, il ne s’agit certainement pas du même projet. Et on ne voit pas que le dogme transmissif lié au capitalisme « d’avant » (encore bien présent !) soit préférable pour les élèves ni qu’une école autoritaire prépare à la démocratie."
Si l'envie vous dit tout est à peu près expliqué sur le site de ces fous furieux qui, je vous le rappelle, sont susceptibles d’enseigner à vos enfants.
Qui peut participer à se stage ? N'importe qui à la condition d'être fonctionnaire de l'Education Nationale ou d'être simplement intéressé par le sujet. Pour les fonctionnaires de l'EN, ces charmants membres de SUD et consorts vous rappellent que: "Ce stage se fait sur le temps de travail, chaque salarié ayant droit à 12 jours de formation, il est également ouvert à tous ceux et celles que la question intéresse (à condition de s’inscrire auprès des organisateurs). Pour participer à ce stage vous devez en faire la demande auprès de votre administration avant le 20 décembre 2013"
Bienvenue dans un monde de fous et sans vouloir vous inquiéter, la prochaine fois que vous irez à l'école chercher vos enfants ou vos petits-enfants ou assister à une réunion parents-professeurs, posez vous la question de savoir à qui vous confiez vos rejetons !
Folie passagère 2013.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr