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jeudi 16 juillet 2015

Une pollution " estimée " à 100 milliards et... 7 milliards d'impôts en plus !


" Le rapport de la commission d’enquête du sénat donne depuis mercredi matin des sueurs froides à tous les Français : la pollution de l’air coûte 100 milliards d’euros à la France. 42 000 « décès prématurés », « un tiers de la dette grecque » ! Les images choisies par les communiqués officiels donnent le ton. Mais comment en arrive-ton à faire ce calcul ? Voici les coulisses de cette supercherie.


Si les enfants apprennent dès leur plus jeune âge à ne pas additionner les torchons et les serviettes pour comprendre les mathématiques, il n’en est pas de même pour les auteurs du rapport qui donnent pêle-mêle les grandes causes de la pollution de l’air dans un joyeux inventaire qui va du diesel aux produits chimiques des agriculteurs, en passant par la rénovation du Panthéon1. Les particules fines cohabitent avec les pesticides, les voitures avec les monuments historiques, l’ozone avec l’azote, les cancers avec l’asthme et même l’absentéisme dans les entreprises, le tout devant achever de nous convaincre que l’homme est un loup pour l’homme et qu’il faut faire quelque chose.

Qu’on se rassure, la solution est déjà trouvée : il s’agit de faire accepter aux Français de nouvelles taxes. Comme le fameux consentement à l’impôt est un peu mis à mal, il faut, pour emporter l’adhésion du contribuable, le convaincre que tout cela est pour son bien. Et c’est très exactement ce qui est dit avec cette tentative de créer la panique : on meurt trop tôt. Sauf si on accepte de payer un peu plus d’impôts.

Ce qui laisse néanmoins perplexe est que ce chiffre affolant s’est répandu comme une traînée de poudre dans tous les médias ce mercredi alors que le rapport n’a pas encore été publié ! Comment les journalistes peuvent-ils savoir ce qu’il y a dans l’étude puisqu’elle n’est pas encore publique ? Il n’y a eu que le communiqué de presse, ils n’ont pas pu faire leur propre enquête et se contentent donc de répéter benoîtement ce qu’on leur a dit. L’État aurait tort de se priver d’un aide de camp aussi efficace.

Un coup d’œil sur le site du sénat permet de comprendre comment a été élaboré le rapport : 50 heures d’auditions (en à peine 4 mois) des « acteurs » contre la pollution, une sorte de lutte participative dont on trouve le détail ici et qui ne contient qu’un seul médecin (un chef de service de pneumologie). Le rapport a été élaboré par des politiques et des administratifs.

Mais comment a-t-on calculé le coût ? Des données ont été récoltées concernant les hospitalisations, les consultations, les transports sanitaires mais comment peut-on savoir si le patient est hospitalisé ou en arrêt de travail à cause de la pollution ? Ce n’est pas noté dans son dossier médical. Donc à moins d’avoir additionné tous les diagnostics de troubles respiratoires et de leur donner comme cause la pollution, il n’est pas possible d’identifier un rapport de cause à effet. Même un pic de consultations pour problème respiratoire, lié dans le temps à un pic de pollution pourrait n’être qu’une corrélation. Ou pire, pourrait avoir comme cause des troubles d’anxiété.

Regardons quelques détails qui, eux, sont scientifiquement prouvés et permettent de se faire une petite idée personnelle sur cette question de pollution de l’air qui coûte si cher à la société.

Prenons l’exemple le plus utilisé dans l’étude : l’asthme. D’après l’étude, il serait en forte augmentationà cause de la pollution de l’air. Or aucune étude médicale ne prouve cette corrélation. L’asthme est une maladie du système immunitaire. Ce qui est scientifiquement prouvé, c’est que l’asthme est d’origine immunitaire et génétique. Ce qui est scientifiquement prouvé, c’est que ce sont les pollens qui représentent les allergènes les plus fréquents.

Leïla Aichi explique bien qu’il y a un manque d’études scientifiques pour prouver la corrélation entre pollution et problèmes de santé. Qu’à cela ne tienne : le manque d’étude est déjà une preuve en soi qu’il y a danger caché.

Enfin, lorsque l’argument avancé est l’augmentation du nombre de cas d’affections respiratoires en consultation, ce qui prouve que la pollution augmente et crée des problèmes de santé, on pourra rétorquer que le nombre de consultations médicales augmente partout, de toute façon, pour toutes les causes, et surtout celles qui sont futiles et remboursées. On peut donc faire dire aux chiffres absolument ce qu’on veut : il suffit de tordre les courbes, faute de les inverser.

La rigueur scientifique qui entraînera de nouvelles augmentations d’impôts n’est nulle part remise en cause. « Des » études prouvent… Lesquelles ? Faites par qui ? Avec quels chiffres ? Collectés de quelle manière ? La pollution est qualifiée d’ « aberration économique », comme si l’aberration économique n’était pas flagrante dans d’autres domaines. C’est ce rapport qui est une aberration scientifique. Tous les moyens sont décidément bons pour faire accepter aux Français, qui ont déjà peu de culture scientifique, des idées ésotériques pour ne pas dire franchement malhonnêtes. La taxe sur l’air qu’on respire n’est pas bien loin.

Article paru sur Contrepoints sous le titre: Coût de la pollution: L'imposture


Et une question qui me taraude: Combien de journalistes et autres individus répandant cet affreux chiffre de 100 milliards ont pris le temps de lire ce rapport de plus de 300 pages, on ne peut plus orienté, le rapporteur étant sénatrice EELV et les personnes interrogées, pour la plupart, elles aussi, favorables à la cause.

Enfin, la seule chose à retenir, c'est la principale proposition (n°12) émise: aligner la taxation du diesel sur celle de l'essence, un réajustement qui, d'ici 2020, devrait rapporter à l'Etat plus de 7 milliards d'euros par an (base étude Cour des comptes 2011, cf page 61) ! Une paille ! Gageons, à voir avec quel empressement La Royale s'est jeté sur ce rapport sans l'avoir lu, que l'Etat saura se bouger les fesses pour passer très rapidement une loi en ce sens...

Bon, okay, l'Audacieux avait promis qu'il n' y aurait plus d'augmentation d'impôts, c'est vrai ; comme il est vrai et bien connu que pour le porte-monnaie du lambda moyen, impôts et taxes, cépapareil !

Folie passagère 2846.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 17 novembre 2011

Le bonheur ( libéral ), c'est pour quand ?


Hier c'était, parait-il, jour de commémoration pour la sphère libérale. On célébrait, toujours paraît-il, le 5ème anniversaire de la mort du chantre du libéralisme Milton Friedman. A cette occasion, une lettre venue dont ne sait trop où s'est étalée à la Une de la gauchosphère. Elle s'adressait aux gourous, chefs de réseau, lieutenants et attachés de presse du tout marché; aux vilains, en somme, vous savez, les Jean-Michel Aphatie, Jacques Attali, Christophe Barbier, Eric Brunet, Yves Calvi, Monique Canto-Sperber, Jean-François Copé, Arnaud Dassier, Sophie De Menthon, Michel Godet, Eric Le Boucher, Alain Madelin, Alain Minc, Hervé Novelli, Catherine Ney, Laurence Parisot, Jean Quatremer, Pascal Salin, Hugues Serraf, Guy Sorman, Jean-Marc Sylvestre, Pierre-André Taguieff, Yves Thréard, Agnès Verdier-Molinié, Laurent Wauquiez et consorts... Attali, libéral ? passons. Vous pouvez la lire aussi ici ou .

Lisez, ça vaut le coup tant le texte est plein de contre-vérités et empreint de naïveté boboïde gauchisante.

Je voulais réagir mais faute de temps, je n'ai pas pu. Aujourd'hui, non plus, je rencontre quelques blogueurs et commentateurs sympathiques à Paris. Mais cela tombe bien, un Léopold Saroyan, que je ne connais pas, le fait très bien dans la revue Contrepoints. Alors si vous avez le temps et l'envie de lire du bon de chez bon, allez lire sa réponse savoureuse mais pimentée, c'est ici.

Bonne journée et à plus tard pour le prochain billet !

Folie passagère 917.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.