Je n'avais rien de spécial à dire et paf !, voilà Jacques Attali qui vient à ma rescousse. Attali, vous voyez de qui il s'agit ? L'ancien sherpa de Tonton, celui qui prévoyait la fin de l'euro en 2012 et une 3ème guerre mondiale en 2013. Un mec génial, aujourd'hui banquier-écrivain-éditocrate-consultant-PDG, un gars que la Socialie encense depuis 30 ans, un type qui a toujours raison, un visionnaire, un agitateur d'idées, dit-on. Un prescripteur de la gauche bien pensante... certainement. Une lumière pour la franc-maçonnerie...
Et bien aujourd'hui, il cause pour nous dire que l'Eglise a bien tort de s'offusquer de l'utilisation du mot " mariage " dans le débat sur le mariage zinzin: " Si les Eglises n’en sont pas contentes, elles n’ont qu’à trouver un
autre mot, (peut être celui de « union religieuse « ) pour designer la
cérémonie qu’elles proposent à leurs fidèles, en complément du mariage,
devenu cérémonie civile. On notera d’ailleurs qu’il y a
d’innombrables mariages sans sacrement religieux alors que l’inverse
est exclus."
Sans être en total désaccord avec son éminence, je rétorquerai tout de même que vu le peu de " sacré " que revêt la cérémonie du mariage dans une mairie, pourquoi ne pas laisser cette appellation à la cérémonie religieuse et donner celle " d'union civile " à la cérémonie républicaine... Mais passons...
... à la suite puisque le bon Jacques propose d'aller plus loin dans l'éradication des mots qui déplaisent à tout progressiste qui se respecte: " Il convient même, désormais, d’aller plus loin et d’enlever de notre
société laïque les derniers restes de ses désignations d’origine religieuse. Par exemple, les jours fériés ne devraient être que
laïcs, tels le 1er janvier, le 1er Mai, le 14
juillet et le 11 novembre. Les autres, dont les noms conservent encore
une connotation religieuse (la Toussaint, Noël, Pâques, l’Ascension,
la Pentecôte, l’Assomption) devraient se voir attribuer des noms laïcs
(« fête des enfants » pour Noël et « fête de la liberté » pour Pâques)
ou être considérés comme des fêtes religieuses, que les citoyens
pourraient choisir comme jours fériés, parmi d’autres jours fériés pour
d’autres fêtes religieuses (Kippour, l’Aïd, l’anniversaire du Dalai
Lama). "
Donc en gros, on laïcise toutes les fêtes religieuses chrétiennes, fruits de notre histoire, et on crée un réservoir de jours fériés ( 4, 5 , 6, 7 jours, à voir ) dans lequel chaque religion viendrait puiser selon ses besoins. Attali ne propose ni plus ni moins que de créer, en quelques sortes, des RTT religieuses. Faudra-t-il justifier auprès de son employeur d'une appartenance à une religion pour en bénéficier ? Attali élude...
Au nom de quoi? Perfide, Attali a la réponse qui, si elle parait imparable, n'en demeure pas moins d'une perversité extraordinaire: " Cette proposition n’est pas un caprice de laïc, soucieux d’affirmer une
illusoire victoire sur le religieux. C’est au contraire une mesure de
salut public, qui rendrait à César ce qui est à César, si on ne veut pas
que d’autres religions, aux pratiquants peut être un jour plus
nombreux que les catholiques, ne réclament à bon droit que des jours
soient fériés pour tous à l’occasion de leur propres fêtes." Séduisant, non ? Bien plus pervers en réalité car traduit autrement, Attali propose en fait que l'on renie une part de notre histoire pour en quelque sorte... éviter qu'on nous la pique ! Il fallait y penser. Y penser comme seul un Franc-Mac le peut !
Et l'Attali de conclure: " On rétorquera que la France est fille ainée de l’Eglise et que cela
donne à celle-ci quelques privilèges. On aura pourtant du mal à
convaincre les générations à venir que les privilèges de la noblesse
aient été abolis et que ceux d’un clergé devraient rester toujours
aussi vivaces.La religion est une affaire privée. Les mots qu’elle emploie et les
rites qu’elle pratique ne sauraient en rien influer sur la démocratie de
demain. La fraternité, au 21eme siècle, aurait tout à y gagner."
La religion, une affaire privée ? Sans doute, sauf quand celle-ci, depuis des millénaires, est partie intégrante de notre Histoire. Notre Histoire est un tout; on ne peut selon moi, la disséquer à volonté, on ne peut lui enlever tout ou partie, notre histoire n'est pas sécable ni soluble dans une quelconque idéologie progressiste et/ou franc-maçonne. Sauf à vouloir faire de la laïcité, LA nouvelle religion des siècles à venir. La fraternité aurait tout à y gagner, dit-il ? Quelle fraternité ? Celle des francs maçons, bien sûr !
Folie passagère 1567.