Vous ne savez pas comment meubler une de vos soirées à venir, mon conseil du jour: Le dernier livre d'Alain Finkielkraut, La seule exactitude.
Les années trente, dit-on, sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, l’ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante.
Montrer que nous vivons un tournant historique, paradoxalement masqué par la référence incessante à l’Histoire ; appréhender ce moment crucial dans ce qu’il a d’irréductible au répertoire de nos vicissitudes : tel est le pari de ce livre. Et l’enjeu est existentiel autant qu’intellectuel. Si, comme l’écrit François Mauriac, « l’épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions », il nous incombe d’être à l’heure au rendez-vous et de regarder en face le visage que nous n’attendions pas.Dans une époque qui tend à se prendre pour une autre, l’exactitude devient la tâche prioritaire de la pensée.
( Quatrième de couverture )
" Au nom de l'universel, on criminalise aussi le thème de la préférence nationale. Mais si les nations ne distinguaient pas leurs citoyens et ne leur réservaient pas certaines prérogatives, ce ne serait plus des nations, ce seraient des galeries marchandes, des salles de pas perdus ou des aéroports. Ce qui est grave et doit être dénoncé, c'est le fait de s’appuyer sur cette préférence nationale pour refuser tous droits aux étrangers, comme le voudrait le parti de Marine Le Pen.
Un autre ostracisme cependant est à l'oeuvre dans notre société... Quand je lis, sous la plume de Caroline Fourest elle-même, que le plus grand danger auquel nous sommes confrontés n'est pas le communautarisme islamiste, mais " la montée du racisme antimusulman pour tenter de revenir aux vieux clochers, à la France éternelle où la norme était celle de l'homme hétérosexuel catholique ", je me dis, le coeur serré, que le parti de la détestation nationale ne cesse de progresser en France. Le mariage pour tous a fait souffler sur notre pays un grand vent d'ingratitude, en rejetant tout son passé dans les ténèbres de la barbarie. Et nous voici enfermés dans une alternative inacceptable: ou bien la xénophobie ou bien, en guise d'appartenance et d'hospitalité, le rejet dédaigneux de notre héritage."
(extrait choisi par moi-même personnellement: Le nouveau Front, p.87)
Folie passagère 2928.
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