Comme 8,5 millions de Français (contre 1,3 million pour Président lors de sa dernière conférence de presse), j'ai regardé et écouté hier soir Nicolas Sarkozy sur France 2. Chacun ira de son petit commentaire et forcément, comme pour le foot, il y aura autant d'arbitres que de supporteurs.
Je l'ai trouvé bon, clair, convaincant, excellent même. Il était évident que l'interview avait été parfaitement préparée, et que Sarkozy, en sportif accompli, s'était entraîné; ainsi sans aucune note écrite, il a su animer sa prestation et avoir réponse à tout. Un minimum.
J'entends depuis hier soir les éditorialistes patentés et ses opposants déverser tout et n'importe quoi sur ce qu'a dit ou pas dit Sarkozy, sur ce que serait devenu Sarkozy ou sur le fait qu'il n'aurait pas changé. Normal, il s'y attendait certainement, moi aussi. L'homme a-t-il changé, oui, sans aucun doute, comme tout le monde, en plus de deux ans, n'importe qui change et évolue. Je l'ai trouvé plus posé qu'avant, plus réfléchi et plus clair dans ses propos. C'était l'interview d'un gars qui après deux ans de silence, ponctuée certes de quelques cartes postales, revenait se présenter devant les Français qui à 51% l'avaient mis dehors en 2012. Qu'on le veuille ou pas, qu'on l'apprécie ou qu'on le déteste, dans son propre camp ou dans les autres, il faut faire avec parce que visiblement, vu comment média, gauchistes, justice, militants et sympathisants de l'UMP s'accrochent à ses basques et à sa moindre parole, il semble évident que l'on ne puisse pas faire sans. L'homme anime le Landernau, l'homme anime la vie politique, l'homme ne laisse personne indifférent, il est incontournable. Je ne suis pas sûr que l'on puisse en dire autant de Hollande quand celui-ci se sera fait éjecté.
L'une des principales critiques faites sur son intervention par les différents procureurs habituels est que Nicolas Sarkozy n'aurait hier rien annoncé, rien proposé. C'est à la fois vrai et faux. Faux parce qu'il a (re)lancé quelques pistes comme par exemple rénover Schengen ou recourir plus souvent au référendum; vrai parce que selon moi, ce n'était absolument pas ni le lieu, ni le bon moment pour dévoiler son projet. Même si nous savons bien qu'il brigue à nouveau la présidence de la République, sa première étape est de prendre la présidence de l'UMP. Son projet à court terme sera donc l'exposé de ce qu'il proposera pour rénover l'UMP, on se doute bien qu'il réservera cela aux militants. Viendra seulement après d'une manière plus globale et fouillée le temps de présenter son projet pour la France.
L'homme est donc venu hier se re-présenter devant les Français, affirmer, je le crois volontiers qu'il n'est absolument pas coupable de tout ce dont on l'accuse et des casseroles dont on l'a chargé. Croire qu'il se relance dans l’arène pour échapper aux juges me semble une parfaite idiotie, surtout si l'on songe à l’opiniâtreté des juges à son égard. Il est venu pour dire que compte tenu de l'état de la France, il ne pouvait pas rester, avec son expérience et son amour pour la France, sans rien faire et assister au délitement complet du pays que ce soit sur le plan intérieur ou à l'international. Son "amour de la France" que certains trouvent surjoué ou bidon... pourquoi ne pas lui accorder ce crédit ? N'est-ce pas ce qu'absolument tous les politiques, de tous bords, mais pour des raisons différentes, nous demandent de ressentir ? Alors lui, il le dit haut et fort, c'est parce qu'il aime viscéralement la France et qu'il ne peut se satisfaire de l'état dans lequel elle est qu'il a choisi de revenir. Donc acte. J'adhère. Comme d'autres choisiront de ne pas y croire.
Viendra plus tard, en son temps, le programme, les débats et les campagnes électorales. C'est seulement à ce moment que nous saurons s'il a vraiment changé. Ou pas.
Folie passagère 2467.
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