Régulièrement, la gauchosphère se plait à railler le Figaro jugé trop " aux ordres " de la Sarkozie. Elle s'était même plu il y a quelques temps à monter en épingle une supposée bronca des journalistes du Fig.
Et bien là, il se passe la même chose chez Libé, sauf que les degauches, ils n'en parlent pas. Informons donc....
Chaque soir chez nos inénarrables degauches, on frétille, on trépigne: quelle sera la Une du journal (?) Libération du lendemain. Faut dire que depuis que l'encore acnéique Demorand a pris la tête de la rédaction, le journal faisait fort question Unes. Le soutien apporté par le journal à Hollande apparaissait de manière trop flagrante. Un peu trop, peut-être. Tellement trop que les journalistes expriment ouvertement leur désaccord avec la direction, avec Demorand, donc.
Jugez-en; ambiance ...:
" Lundi 2 avril, l'assemblée générale convoquée par la SCPL s'est réunie dans la salle du hublot. Une large majorité des personnels de Libération y a participé dans une ambiance calme et résolue. Au cours de cette assemblée, s'est exprimé un grand malaise, qui tient d'abord au sentiment d'être dépossédé du journal. Bien souvent, nous ne nous y reconnaissons plus. La direction semble ne pas avoir de politique relative à chaque domaine du journal, du sport à l'économie, de la politique à la société, du web à la culture. Elle ne tient aucun compte de ce que les rédacteurs, eux, peuvent en savoir selon leurs compétences et leur aptitude à travailler ensemble. De là, le sentiment général d'être l'objet d'un mépris, encore accentué par l'attitude autoritaire et arrogante de la direction. Et ce, dix mois après que l'équipe a voté à une large majorité une motion de défiance. Un an après l'arrivée de Nicolas Demorand, la greffe n'a pas pris. La liste des griefs est longue :
-Des Unes racoleuses qui tantôt défigurent Libération, tantôt vont à l'encontre des valeurs qui ont toujours été les siennes
-De pseudos événements basés sur des interviews et non sur des reportages et enquêtes
-Un traitement éditorial partisan en matière politique, qui semble inféoder le journal au PS
-La mise à l'écart de continents entiers du journal, comme le social, l'environnement, l'immigration.
-Des embauches de cadres répondant à une logique discrétionnaire, sur fond de précarisation croissante des pigistes.
-Des divergences évidentes au sein de l'équipe de direction qui conduisent à la confusion tant rédactionnelle qu'organisationnelle.
-Des opérations publicitaires contestables lancées sans consultation de la SCPL en dépit des engagements pris par la direction.
Le sentiment prévalent est que l'équipe de direction s'est surtout souciée d'asseoir son pouvoir plutôt que de se mettre au service du journal. Libération ne se fera pas sans son équipe. L'équipe demande à entendre la direction sur l'ensemble de ces points, et se déterminera en conséquence. "
Rarement de mémoire, un patron de journal ne s'était si vertement fait tancer par sa rédaction. Demorand va-t-il grandir ? Demorand va-t-il apprendre qu'un journal se fait avec une équipe et pas en solitaire ? Nicolas Demorand vit-il ses dernières heures à la tête de Libération ? Nous verrons. Et peut-être me mettrais-je à relire Libé.
Je ne serais pas surpris néanmoins de voir dans les jours à venir des Unes nettement moins " racoleuses ".
Folie passagère 1108.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr