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lundi 22 février 2016

La grande vadrouille d'un président en campagne...

( " François Hollande, un singe avec un collier de fleurs ", Jean-Luc Mélenchon, le 22 février 2016 )
Ainsi donc, Président est parti, et arrivé, en Polynésie. Les médias ne se lassent pas de nous parler de ce long périple de 46 000 km qu'il effectuera avec sa cour, pas moins de 150 personnes parait-il. Il visitera Wallis et Futuna, Tahiti et Papeete ( où la mairie a demandé aux SDF de dégager pour ne pas polluer l'horizon visuel de Président ), le Pérou, l'Argentine et l'Uruguay. C'est chouette.

J'écoutais un chroniqueur dire que cette visite à Tahiti était très attendue des Polynésiens qui se sentent terriblement oubliés par la politique métropolitaine et qu'à cette occasion, Président débloquerait des fonds pour indemniser les victimes des retombées radio-actives produites par les multiples essais nucléaires réalisés dans le coin. Si le chroniqueur le dit, c'est que cela doit être vrai... Sauf que pour connaître assez bien Tahiti, y avoir été deux fois et avoir vécu pendant sept ans avec un Tahitien, je n'ai jamais entendu dire que les dits-Polynésiens s'estimaient " oubliés " par Paris. Je n'en ai jamais entendu un me parler d'envies d'indemnisation (1)... Cette histoire d'indemnisation n'est qu'un prétexte pour justifier le déplacement. Au contraire, d'après ce que j'ai pu comprendre, moins la métropole se mêlaient de leurs affaires, mieux ils se portaient, se contentant avec satisfaction des milliards que l'Etat leur envoie chaque année, Etat peu sourcilleux du bon usage fait de cet argent... Mais bon, encore une fois, si le chroniqueur le dit... hein, c'est qu'il doit être sûr de son coup. 

Voyage qui va donc nous coûter un bras et une vache d'empreinte carbone. Rapporté par Europe 1, ce voyage générerait 1.400 tonnes d’équivalent (teq) par CO2, soit 138 tours de la Terre en voiture, 541 allers-retours Paris-New York ou les émissions de gaz à effet de serre annuelles de 115 Français. Le coût financier ? Pas moyen de savoir et de toutes les façons, c'est forcément pas cher puisque c'est l'Etat qui paie sauf pour les journalistes embarqués qui seraient tenus de payer leur billet... Et tout ça pour satisfaire une promesse de campagne, Président s'étant engagé à visiter, pendant son quinquennat, toute la France. Ça, c'est pour le symbole. 

L'autre intérêt, non annoncé, de ce voyage en terres françaises et en Amérique Latine, c'est bien évidemment l'approche de la prochaine campagne présidentielle. Il faut aller chercher toutes les voix, partout où traîne un électeur Français. Compte tenu de " l'incroyable popularité " dont Président bénéficie en ce moment, va falloir y aller à la pêche aux voix. Et Wallis et Futuna, c'est 9 000 électeurs, la Polynésie, c'est 186 938 inscrits sur les listes électorales en 2012, 4 100 inscrits au registre de l'ambassade française du Pérou, 14 548 en Argentine et 2 909 en Uruguay ( pays dont 30% de la population étaient française au 19ème siècle). C'est donc à la louche 200 000 électeurs qu'il va falloir séduire et convaincre au cours de ce voyage. Et 200 000 voix, mine de rien, c'est ce qui peut permettre de passer au deuxième tour, qui plus est quand tous les sondages nous annoncent que pour Président, s'il se présente, tout l'enjeu sera de passer le premier tour. En 2012, au premier tour, 1 % des suffrages exprimés, c'était 340 000 voix ! En 2012, 53% des polynésiens avaient voté Sarkozy ! Pas un hasard non plus si Président l'Etat paye à temps plein un de ses amis, Jean-Pierre Bel, ancien président du Sénat, pour sillonner en permanence les Caraïbes et l'Amérique Latine alors qu'il y a déjà dans tous ces pays une ambassade ou un consulat !

Et puis comme chacun ne le sait pas, 2 millions de Français vivent à l'étranger, mézavi que cette année, Président n'a pas fini de voyager... 

Nous le voyons, si économiquement, ce long périple est sans intérêt, électoralement, il revêt une importance capitale. La période est bien choisie, il n'aurait pas pu le faire une fois la campagne lancée. Président est donc bien en campagne électorale, plus d'un an avant que l'officielle ne démarre. Bien vu car en plus, cela ne lui coûtera pas un sou, comme tous les prochains voyages qu'il fera d'ici la fin de l'année, rien de tout cela ne sera imputé sur ses comptes de campagne. Exactement, comme faisait Sarkozy en 2011 et que toute la gaucholalie lui reprochait à l'époque! Avec vos sous ! Avec le bel avion ! 

Le bel avion... ça me fait penser à ce que disait de celui-ci Ségolène Royal, le 4 juillet 2010 lors d'un pique-nique solidaire: " ... ça serait une décision très forte dans cette période de crise où l’'on voit tant de misère d’un côté, mais aussi tant d'’argent dégouliner de l'’autre. Nicolas Sarkozy doit sacrifier son avion de luxe ! ". Depuis lors, elle aussi le prend ce bel avion, on y mange très bien parait-il... 

(1) Il est amusant de constater que l'association qui revendique ces indemnisations, l'association 193, 193 comme le nombre total d'essais nucléaires pratiquées par la France dans le Pacifique, a  été créée il y a à moins de deux ans, en août 2014, soit pile-poil 20 ans après le dernier essai.

(photo ci-dessous: au fond de l'image, dans la salle à manger de l'avion présidentiel, en bleu ciel, Ségolène à la gauche de Président)

A lire, en complément de ce billet, celui de Lebuchard courroucé, ICI, Hollande, fumiste officiel.

Folie passagère 3071.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 18 décembre 2015

La concorde ( anti-FN ) de François Hollande

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Alors celle-là, c'est la meilleure ! Ce qui nous sert de Président souhaite se rapprocher d'une partie de la droite et du centre et de toutes les sensibilités représentées à l'Assemblée Nationale et les associer à l'action du gouvernement sur l'économie et contre le chômage ! Le gars ose même dire: " Il ne s'agit pas de chercher je ne sais quelles combinaisons qui ne relèvent pas de ma conception de la vie politique mais plutôt la concorde pour l'intérêt du pays ".

Mais que lui arrive-t-il ? Quelle mouche-ouverte-sur-les-autres l'a donc piqué ? Le voici appeler au rassemblement: Tous ensemble ! Tous ensemble pour l'économie et contre le chômage ! Manque pas d'air le garçon !

A croire que le mec il fait semblant de ne pas voir ce qui s'est passé aux élections régionales: 6,8 millions de Français ont voté FN, désavouant de la plus belle manière " l'establishment "; comme disait le borgne, et dont Hollande fait partie depuis plus de 35 ans. Ou bien pense-t-il qu'avec cet envie soudaine de concorde il va se rallier ceux qui ne sont pas de son camp pour les enrôler dans cette guerre civile qui n'en est pas une mais dont le cri de ralliement est connu: Tous ensemble, tous ensemble contre le FN !

Alors voyons voir... Le chômage, depuis plus de trois ans et avec le succès que l'on sait, il n'a pas eu besoin de concorde pour le combattre. Il avait tous les outils dans sa boîte; qu'il disait. La courbe, par simple obéissance à ses incantations, elle devait s'inverser. Et on a vu: Près de 1 million de chômeurs en plus ( toutes cat. confondues) depuis son arrivée au palais. Et là, d'un seul coup d'un seul, il aurait besoin de ceux qu'il n'a cessé d'honnir depuis qu'il est entré dans la carrière. Ça ne tient pas la route. Pour redresser l'économie ? Pareil, toutes les solutions proposées par la droite, il n'en a pas voulu ou bien les a-t-il adopté, pour certaines d'entre elles, une fois reconnu que les vieilles recettes gauchistes ne marchaient pas. Croyait-il faire les yeux doux à la droite avec son virage social-démocrate et la nomination de Macron ? On a vu le résultat, l'économie est toujours en panne et son propre camp est plus divisé que jamais au point de dégainer, par deux fois, le 49-3.

Disons le tout net: ou il a vu la vierge ou bien cette histoire de concorde pour redresser l'économie et lutter contre le chômage sent à plein nez la manip politicienne, une manip aussi grosse que les séants d'Emmanuelle Cosse et de Cécile Duflot réunis ( je sais, pas le physique, mais bon...).

Sans doute stimulé par les propos confondant de démagogie de Xavier Bertrand après sa victoire sans panache et par le coup de sang de Raffarin, Président a saisi la balle au bond: Jouons la carte de la concorde nationale pour redresser l'économie et lutter contre le chômage; ce qui évite de dire: Ensemble contre le FN. Cela évite de trop malmener à coups de menaces de guerre civile les 6 820 477 électeurs frontistes tout en insinuant que ceux qui ne se joindraient pas à cet effort d'unité nationale seraient de facto complices du danger qu'est supposé représenter le FN. Ne pas se joindre à cette concorde, c'est être l'allié du FN, c'est donc être contre la République et ses valeurs. Complaisance des médias aidant, ni vu, ni connu, j't'embrouille: Tous ensemble avec Hollande et... 2017 en ligne de mire.

Comme dans le même temps notre pédalonaute, pour faire plaisir à sa gauche-gauche ( Taubira inside ), semble se déballonner sur quelques mesures sécuritaires qu'il avait si brillamment vendu à la tribune du congrès de Versailles, le tour est joué: Moi, Je, Président, j'ai besoin tous pour lutter contre le FN et me retrouver au second tour de 2017 face à Marine pour redresser le pays et pour cela, je suis prêt à revenir sur ce que j'ai annoncé il y a à peine 1 mois et à faire tout plein de bisous-bisous désintéressés à tous ces empafés de droite que je combats depuis des lustres de toutes les bonnes volontés... d'où qu'elles viennent... sauf du FN. Et le voilà se poser en papa de la Nation !

Simple, grossier, mais comme d'habitude, plus c'est gros, plus ça passe ! Et dire qu'il y aura de grands couillons pour se rallier à son appel...

Ce type est d'un cynisme époustouflant: il vendrait son père, sa mère si elle était encore de ce monde, ses femmes et les Français pour conserver le pouvoir. Depuis des années, il n'a pas de mots assez forts pour conspuer, honnir, salir, mépriser, vilipender et railler ceux qui ne sont pas de son camp et là, le voilà nous dire: Tous ensemble ! Mais il peut aller se brosser l'animal !

Folie passagère 3013.
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vendredi 19 septembre 2014

Retour de Nicolas Sarkozy: " J'aime trop la France... "





Le 6 mai 2012, au soir de l’élection présidentielle, j’ai remercié les Français de l’honneur qu’ils m’avaient accordé en me permettant de conduire les destinées de notre pays durant cinq années. Je leur ai dit ma volonté de me retirer de toute activité publique. 

Depuis, j’ai pris le temps de la réflexion après toutes ces années d’activités intenses. J’ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d’affrontement. 

J’ai pu échanger avec les Français, sans le poids du pouvoir qui déforme les rapports humains. Ils m’ont dit leurs espoirs, leurs incompréhensions et parfois aussi leurs déceptions. J’ai vu monter comme une marée inexorable le désarroi, le rejet, la colère à l’endroit du pouvoir, de sa majorité mais plus largement de tout ce qui touche de près ou de loin à la politique. J’ai senti chez beaucoup de Français la tentation de ne plus croire en rien ni en personne, comme si tout se valait, ou plutôt comme si plus rien ne valait quoi que ce soit. Cette absence de tout espoir si spécifique à la France d’aujourd’hui nous oblige à nous réinventer profondément.

Je me suis interrogé sans concession sur l’opportunité d’un retour à la vie politique que j’avais arrêtée sans amertume et sans regret.

C’est au terme d’une réflexion approfondie que j’ai décidé de proposer aux Français un nouveau choix politique.

Car, au fond, ce serait une forme d’abandon que de rester spectateur de la situation dans laquelle se trouve la France, devant le délitement du débat politique, et la persistance de divisions si dérisoires au sein de l’opposition.

Je suis candidat à la présidence de ma famille politique. Je proposerai de la transformer de fond en comble, de façon à créer, dans un délai de trois mois, les conditions d’un nouveau et vaste rassemblement qui s’adressera à tous les Français, sans aucun esprit partisan, dépassant les clivages traditionnels qui ne correspondent plus aujourd’hui à la moindre réalité. Ce vaste rassemblement se dotera d’un nouveau projet, d’un nouveau mode de fonctionnement adapté au siècle qui est le nôtre et d’une nouvelle équipe qui portera l’ambition d’un renouveau si nécessaire à notre vie politique.

J’aime trop la France ; je suis trop passionné par le débat public et l’avenir de mes compatriotes pour les voir condamnés à choisir entre le spectacle désespérant d’aujourd’hui et la perspective d’un isolement sans issue. Je ne peux me résoudre à voir s’installer dans le monde l’idée que la France pourrait n’avoir qu’une voix secondaire.

Nous devons faire émerger de nouvelles réponses face aux inquiétudes des Français, à leur interrogation sur la pérennité de la France, à la nécessité d’affirmer sa personnalité singulière, à la promotion de son message culturel qui est sans doute la plus belle part de notre héritage.

On ne fait rien de grand sans l’unité de la nation. On ne fait rien de grand sans espérance, sans perspective.

Pour construire une alternative crédible, il nous faut donc bâtir la formation politique du XXIème siècle. Je le ferai avec le souci du plus large rassemblement, la volonté d’apaiser les tensions, et en même temps de susciter l’intérêt passionné de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à l’abaissement de la France. Nous aurons besoin de toutes les intelligences, de toutes les énergies, de toutes les bonnes volontés. Il nous faut tourner la page des divisions et des rancunes afin que chacun puisse s’inscrire dans un projet, par nature, collectif.

Je connais les difficultés qui nous attendent. Mais l’enjeu nous dépasse tellement, les perspectives sont si exaltantes, le redressement si nécessaire qu’à mes yeux les obstacles paraissent dérisoires.

Ensemble, par la force de notre engagement, par notre conscience commune de la gravité des enjeux, nous rendrons possible le sursaut dont nul ne peut douter de la nécessité et de l’urgence.

Que chacun soit convaincu de la force et de la sincérité de mon engagement au service de la France."

Nicolas Sarkozy.

Le timing est parfait, il occulte totalement la dernière conférence de Président et les premières frappes françaises en Irak, opportunément déclenchées aujourd'hui. Comme prévu, Nicolas Sarkozy se présente à l'élection pour la présidence de l'UMP, élection réservée aux seuls adhérents à jour de leur cotisation, élection qu'il est sûr de gagner. Cette étape n'est que la première d'un long processus qui devrait l'amener - qui pour en douter ? - à se présenter à nouveau à la prochaine élection présidentielle 2017.

Le débat est ouvert (J'ai dit "débat", pas foire à nœuds-nœuds et autres commentaires bilgériens ou dégoulinant d'antisarkozysme primaire façon gauchiards en mal de leader),: Que pensez-vous du retour de Sarkozy ? De l'utilité de prendre la présidence de l'UMP ? Sarkozy, chef de l'opposition ? Sarkozy, président en 2017 ?

A vous...

Folie passagère 2463.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.