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mercredi 6 février 2013

Pétroplus: La fermeture du site était inévitable...


Z'avez rien remarqué dans cette affaire Pétroplus ? Vraiment rien ? Je vous explique la chose, vue par un téléspectateur lambda, moi en l’occurrence.

Lundi soir, la France a peur. On nous annonce que pour le site en question, la raffinerie de Petit-Couronne, mardi sera le jour de la dernière chance: celui de la remise des offres d'éventuels repreneurs. Repreneurs dont chacun, gouvernement compris, s'accorde à dire que l'on ne sait pas grand chose. La tension est à son maximum. Montebourg se bouffe les ongles, les syndicalistes montent au créneau, les médias se ré-intéressent à l'affaire.

Mardi, l'angoisse est à son maximum. Les interviews se succèdent avec tel cégétiste en colère, tel ministre plein d'espoir et tous ces travailleurs que l'on interroge in situ. Ils sont tous d'accord, c'est ce soir-là, à minuit, dernier délai, que l'on saura si il y a un avenir pour Pétroplus. Les médias interviennent encore, ils nous parlent des éventuelles conséquences d'une fermeture du site pour la région, pour la ville et bien sûr, pour les gens d'ici. Balayé le Mali, occulté le discours creux de l'hollande devant le parlement européen, relayés au second plan les débats sur le mariage zinzin à l'Assemblée, il n'y en a que pour Pétroplus. Encore une sacrée épine dans le pouce du gouvernement, un nouveau Florange ?  Et puis, vaincue par la peur et les angoisses de lendemains qui pourraient déchanter, la France se couche en espérant que les offres seront déposées. Lesquelles, on ne sait pas trop; médias et gouvernement ne s'avancent pas trop.

Ce matin, mercredi, Yalla !, la France et les petits gars de Petit-Couronne se réveillent au son  des trompettes, c'est l'allégresse: 5 offres de reprise ont été déposées. Comme un matin de Noël, l'emballage est magnifique: le site est sauvé, la vie va reprendre, les travailleurs sont méfiants mais heureux, le gouvernement est tout content et Montebourg pavoise; il annonce même que l'Etat pourrait participer au tour de table. 5 offres, tout de même, y en aura bien une qui conviendra ! La CGT est étonnée, elle avait eu vent de 3 offres mais 5, c'est encore mieux ! Bercy, en pleine bandaison matinale, annonce fièrement que parmi ces 5 offres, il y en même 2 qui sont " sérieuses et financées ". On entend déjà le pétrole couler à nouveau.

STOP. On récapitule:

Lundi et mardi, on nous annonce que mardi soir, Pétroplus sera fixé sur son sort. C'est l'angoisse. Les repreneurs éventuels que le grand public et une une bonne partie des ouvriers ne connaissent pas doivent se déclarer. La CGT en connait, parait-il, 3. le gouvernement ne se prononce pas, ne donne pas de noms et espère tout en préparant en lousdé les esprits à une éventuelle fermeture... Et mercredi c'est sous les vivats que l'on nous annonce que 5 repreneurs sont là, que dans la nuit, on a eu le temps d'étudier leurs offres et que dans le lot, il y en 2 qui se démarquent. Yalla, bis !

Moi, je regarde les infos, j'écoute et dès ce matin, je me dis, c'est trop beau pour être vrai. L'enchainement lundi-mardi-mercredi est trop parfait, la communication parfaitement au point et les discours rodés. Angoisse entretenue puis joie, il y a un loup, c'est sûr ! Trop de bonheur subitement après des mois d'angoisse et ces deux derniers jours fébriles, ça fait beaucoup... d'un seul coup. Et quand les médias et le gouvernement fanfaronnent, de suite, je me méfie. Nous prendrait-on pour des cons ? Encore ? Ben non, apparemment, tout baigne jusqu'à... cet après-midi !

Cet après-midi où l'on apprend ( après le gouvernement qui pourtant encore ce matin souriait ) que les administrateurs judiciaires considèrent que les offres ne sont pas recevables en l'espèce, qu'elles n’apportent pas de garanties financières suffisantes, bref, ces offres ( dont les 2 jugées sérieuses par Bercy ) ne sont pas " des offres en bonne et due forme ". " De ce fait, aucune audience du tribunal de commerce n'est prévue dans l'immédiat pour statuer sur une éventuelle reprise, et la procédure de licenciement des quelque 470 salariés va être lancée sous peu. " Et l'on apprend dans le même temps que le jour de la dernière chance n'était en fait pas hier mais le 16 avril prochain... 

Quand je vous dis que tout ce merdier était bien flou ! Il faut me croire ! Mais plus encore, lorsque dans le contexte économique morose morbide que nous connaissons vous constatez que l'on vous presse de vous réjouir car de bonnes nouvelles vont être annoncées, faites comme moi, attendez la suite, cela évite bien des déceptions supplémentaires !

Allez, on prend le pari, et je compte sur vous pour me le rappeler, dans 6 mois tout au plus, Pétroplus sera définitivement fermée ! Et Montebourg, s'il est encore en fonction, de nous annoncer, comme pour PSA: " La fermeture du site était inévitable " !

MàJ de 18h30: Montebourg annonçait hier 5 offres, puis 6 dont 2 sérieuses, il annonçait que le gouvernement était prêt à prendre part à un éventuel tour de table et ce soir: volte face, des 5 offres devenues 6 aucune n'est recevable en l'état mais c'est juste un problème de " formalisation, il faut finaliser " !

Folie passagère 1569.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.