Je ne voulais pas trop parler de cette dramatique mais sordide affaire: Le meurtre d'Agnès. Mais trop de choses et de comportements m'énervent. Ce qui somme toute relève, peu ou prou, du faits divers atroce et à traiter comme tel devient une affaire d'Etat. Nationale, devrais-je dire, puisque tout le monde s'en empare.
Au premier chef, les médias toujours avides et friands de ce genre d'évènement: cela remplit les éditions, booste les audimats (et donc les tarifs publicitaires). Le voyeurisme est satisfait. Et sans être dans le secret des Dieux, on peut parier sur les couvertures de nos hebdos et quotidiens de la semaine. Ce type d'affaire fait vendre, alors on donne dans l'exagération, le matraquage et la surenchère ( 20 minutes sur le sujet au 13h de France2). On fait intervenir des experts psychiatres pour expliquer le geste du jeune homme; les mêmes qui ont diagnostiqué sa non-dangerosité ? On fait intervenir des profs, des copains de lycée, des anciennes relations d'Agnès ou de Mathieu: on aurait jamais pensé que... Le meurtre d'Agnès, une aubaine médiatique ? On va vous gaver les amis, d'Agnès, jusqu'à plus soif !
Viennent ensuite les politiques. Au début, j'ai cru que le sens de la mesure allait s'emparer de nos politiques. Sobriété et discrétion... le temps d'un dimanche. Mais alors depuis ce matin, on assiste à un déchaînement progressif. Tout le monde y va de sa petite phrase, crescendo. Chatel, Moscovici, Wauquiez, Fillon, tous montent au créneau progressivement. S'emparer de l'affaire, période électorale oblige, transformer le drame en enjeu politique: récidive, sécurité, justice, délinquance, Loppsi. Ecoutez-les, ils en appellent à la mesure, à la retenue et se vautrent illico dans l'exploitation du zinzin. Et chaque camp d'instrumentaliser l'affaire qu'il ne faut surtout pas... instrumentaliser. Réunion de crise à Matignon, conciliabules dans les états-majors des partis politiques. Avec Agnès, la tentation est grande de nous refaire le coup du Papy Voise. Il paraît que cela marche à tous les coups.
Crescendo,vous dis-je, le pompon reviendra en cette fin de journée à Fillon et à Benoit Hamon, exæquo ! Le premier, après consultation de quelques ministres et experts, déclare: " A l'avenir, rien ne sera caché aux chefs d'établissements lors de l'inscription d'un élève délinquant ". On en rirait presque ! Le deuxième, Hamon, porte-parole sur le retour du PS, fait encore plus fort: il a exprimé " l'effroi des socialistes après ce meurtre horrible " et juge " particulièrement nauséabond de voir la droite instrumentaliser ce fait divers !". Nauséabond, le mot est lâché, vous savez comme aux heures les plus sombres, blablabla de notre histoire... et dans le même temps d'annoncer conférence de presse et réunion de travail pour débattre du problème.
Vous me direz, c'est ça la politique, il faut faire feu de tout bois. Sans compassion, pas d'états d'âmes. Oui, et bien parfois, médias et politiques feraient bien de se poser et d'adopter la bonne posture en pareille situation: du recul et de la retenue. ne serait-ce par égard dû aux familles.
Au lieu de cela, on vous l'annonce sans vous le dire: Vous avez aimé le découpage de Laëtitia, vous avez aimé Papy Voise, vous allez adorer le viol et la meurtre d'Agnès !
Oui, Agnès, justement...
Folie passagère 924.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr