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mardi 2 décembre 2014

Vers la fin des notes à l'école et diarrhée technocratique


Toujours plus loin dans sa volonté de tirer vers le bas notre société au nom de l'égalité des chances, la ministre de l'Education Nationale (le troisième en deux ans et demi) Najat Vallaud Belkacem est sur le point de valider le projet initié par Vincent Peillon: la fin de la notation à l'école.

De quoi s'agit-il ?, tachons de faire simple, de supprimer les notes sur 20 ou sur 10, dans un premier temps au primaire puis au collège et enfin au lycée, et de les remplacer par des barèmes tricolores: Rouge, orange, vert. Rouge, l'enfant ne maîtrise pas mais ce n'est pas forcément de sa faute. Orange, c'est bien mon petit, c'est pas parfait mais tu n'es pas plus mauvais qu'un rouge ou qu'un vert, tu peux mieux faire et on va t'y aider. Vert, t'as tout bon, fils, tu maîtrises ! J'exagère à peine. En fait, le nouveau système envisagé serait beaucoup plus complexe puisqu'il s'agirait de supprimer les moyennes qui selon le Comité Supérieur des Programmes ne sont que des "calculs artificiels" et de les remplacer par une nouvelle échelle à quatre, cinq ou six niveaux (niveaux qui pourraient être matérialisés par des couleurs ou par des appellations du genre "maîtrise des fondamentaux", " difficultés d'apprentissage",...). La note chiffrée ne serait, elle, qu'un élément d'évaluation parmi d'autres. Elle se devrait d'être «indicative», et non «perçue exclusivement comme un moyen de récompense ou de sanction et un instrument de tri et de hiérarchisation sociale des élèves» ( sce: Le Figaro).

Bref, on supprime la sanction par " l'évaluation bienveillante". On ne peut pas être plus clair, la notation ne doit plus permettre de différencier les élèves, ceux qui réussissent et ceux qui glandent, hors de question de continuer à hiérarchiser socialement les élèves. Il s'agit maintenant de les confiner dans un espace confortable où ils seront tous "égaux" et tant pis si en faisant tremper tous ces élèves dans un même bain égalitaire, on ne les préparera pas à un monde fait naturellement d'inégalités, d'échecs, de réussites et de compétition.

Le progressisme à la mode socialiste bien de chez nous, c'est cela, en fait: Partant du principe que tous n'ont pas la même chance de réussir, d'avoir 20/20, faisons en sorte que le maximum puisse se satisfaire d'un feu orange. "Elever" le niveau de médiocrité en abaissant ceux de la performance et du mérite.

Ah, j'allais oublier, si en tant que parents, vous voulez vous intégrer au processus de discussion pédagogique qui déterminera le niveau de votre enfant, sachez que cela sera un peu plus compliqué, car comme le précise dans son exposé le CSP: "Cette discussion, ainsi nourrie par une évaluation claire et raisonnée, se réalise au sein de la communauté pédagogique et doit associer l’élève et, en fonction des enjeux, sa famille. L'évaluation de l'élève constitue tout à la fois une réalité complexe qu’il faut placer au centre du travail collectif des communautés pédagogiques et un instrument de dialogue avec les familles et les autres parties prenantes du système scolaire (acteurs du périscolaire, partenaires locaux de l’école, institutions, chercheurs…).

Tout cela étant dit, je propose un test à tous les enseignants, partenaires locaux de l'école, institutions et chercheurs, test visant à savoir s'ils ont le niveau requis suffisant pour pouvoir évaluer - là où autrefois on disait noter - d'une part les élèves et d'autre part les pontes de l'administration qui nous pondent ces "révolutions organisationnelles": Qu'ils lisent in extenso le dernier rapport produit par le CSP intitulé: "Premières propositions du  Conseil supérieur des programmes pour l’évaluation et la validation de l’acquisition du projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture." Si ils arrivent à aller au bout de sa lecture et comprendre sans s'arracher les cheveux la totalité de cette diarrhée technocratique, assurément, alors, nous pourrons leur faire confiance pour évaluer les élèves!

Sur ce bonne journée, même en Socialie!

Folie passagère 2559.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 24 juin 2014

Benoit Hamon et la culture de la loose !


Je me souviens que du temps où je faisais des études, petites, moyennes puis grandes, j'aimais être "sanctionné". Sanctionné, à l'époque, voulait dire qu'une autorité compétente (l'instit, un prof ou un collège d'examinateurs par exemple) évaluait mon travail et donnait sur celui-ci son avis. La sanction était une conséquence positive ou négative de mon travail: une bonne ou une mauvaise note, l'acquisition d'un diplôme ou l'échec. Avec un 14/20 ou une mention, je savais que j'avais été bon, un 8/20 ou un passable, je savais que j'avais été mauvais. A moi de réagir: travailler, progresser ou merder. Simple.

Aujourd'hui, c'est différent, on ne retient du mot sanction que le côté négatif: t'es nul, t'es sanctionné, tu es socialement pointé ! Et comme nous avons bien compris que nous vivons dans un système où il ne faut plus stigmatiser qui que ce soit, commençons le processus dès l'école: ne sanctionnons plus. Il faut donc comme le titre le Figaro reprenant en cela les propos de notre nouveau ministre de l'éducation "en finir avec les notes sanctions". Ce qui basiquement revient à dire, ne notons plus mal les élèves, positivons leurs réussites ou leurs échecs. Hamon qui si j'en juge par son CV n'a pas été une flèche à l'école exprime très bien le problème: "Aujourd'hui, notre système d'évaluation souligne les lacunes et les échecs des élèves, ce qui peut être très décourageant pour certains." Le système de notation pénalise les cancres, les démoralise ! Quelle horreur ! Alors pour que les pauvres petits bichons du fond de la classe ne soient plus stigmatisés, voire qu'ils ne s'auto-stigmatisent plus, on va essayer de tout changer. Et vite! Avant la prochaine rentrée. C'est ce qu'on appelle la culture de la gagne à la mode progressiste: Pas grave mon biquet, tu es ou tu as été nul, on va changer le système de notation, et tu verras, tout va s'arranger.

Pas question de dire; t'es un connard ou une grosse feignasse, t'avais qu'à mieux bosser ou plus élégamment, si tu avais mieux appris tes leçons,si tu avais plus travaillé ou si tu avais exprimé le fait que tu n'as rien compris au cours et qu'il faudrait que le prof ou tes parents te ré-expliquent peut-être aurais-tu eu un 14/20... Non, tout ça, c'est pas la gagne, c'est la culture de l'excuse ! 

Aujourd'hui, la sanction, oups pardon, l'évaluation:"doit permettre aux enseignants et aux enfants de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir. Il faut qu'elle soit plus exigeante, qu'elle en dise plus; qu'elle soit bienveillante et qu'elle stimule au lieu de décourager." qu'il a dit le ministre. C'est-y pas bonnard: il faut que l'évaluation soit bienveillante ! 

Alors aux gamins, on va leur mettre des pastilles vertes, oranges ou rouges, ou bien encore un petit animal rigolo qui sourira ou qui fera la grimace en fonction du nombres de fautes commises ou de la leçon pas apprise. C'est cool ! Des petites gommettes multicolores afin que l'élève se construise un arc en ciel sombre ou éclatant sur son carnet de notes. C'est vraiment bien comme système, c'est couleur, c'est joie, c'est bienveillant, ce n'est pas stigmatisant et... sans aucun doute bien plus compliqué à analyser pour les parents qu'un 2/10 ou qu'un 4/20. Mais les parents, on s'en fout, on se demande même de quoi ils se mêlent. L'éducation des mômes, c'est du domaine de l'Etat, de l'Educ' Nat, pas des parents. Eux, ils prendront ce qu'on leur donnera et récupéreront ce qu'il y aura à récupérer: des cancres à foison ou des bêtes de courses en série limitée. L'effort individuel, c'est pas bon non plus comme notion, il faut que "l'élève soit apte à travailler de manière collective" ! De là à imaginer que l'on va continuer à mélanger les cancres avec les bons, il n'y a qu'un pas que tout le monde franchira allègrement. C'est mieux le Tous Ensemble que le Chacun pour Soi, surtout en Socialie, n'est-ce pas ... 

Alors vous me direz, et les bons élèves dans cette histoire ? Ceux qui aujourd'hui dominent avec mépris, forcément, leurs petits copains avec leur 16 ou 17/20, on en fait quoi ? Et bien c'est assez simple, on leur apprendra à coller des petites pastilles de toutes les couleurs et on leur dira que c'est pour le bien de tous. Fastoche, je suis sûr qu'ils vont aimer. Et vous verrez qu'à force de lécher les gommettes, ils y prendront goût, c'est si bon d'être nul !  La culture de la loose, y a que ça de vrai ! 

Folie passagère 2344.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.