N'exagérons rien, ce n'est pas une révolution, juste une révolte, une fronde en quelque sorte: les patrons se rebiffent. Ils en ont ras la casquette du comportement du gouvernement à leur égard. Ils se regroupent sur la toile via les réseaux sociaux: c'est la révolte des pigeons !
J'avoue que cette initiative sortie dont ne sait trop où me ravit au plus haut point. D'abord, parce que jamais je n'ai vu un mouvement issu du patronat prendre un tel essor en si peu de temps. Plus intéressant encore, c'est que cette fronde ne vient pas des instances habituelles de la représentation patronale, Medef, Afep ou CGPME. Ce sont des chefs d'entreprises de toutes tailles qui manifestent aujourd'hui contre la politique criminelle d'imposition engagée vis à vis d'eux par le gouvernement.
Ensuite, cela me ravit aussi car enfin, des patrons osent prendre la parole. Ils osent dire qu'ils créent, qu'ils travaillent, qu'ils existent, qu'ils créent de la valeur et des emplois et qu'ils s'enrichissent, parfois, au prix d'un investissement humain et financier qui les engagent personnellement. C'est sur leur tête, leurs familles et leurs biens que reposent des millions d'emplois et des milliards d'impôts reversés à la collectivité. Ils seraient peut-être temps de le reconnaître et de ne plus les considérer comme de simples pompes à fric esclavagistes. Ce ne sont pas des salauds de capitalistes. Pas tous. Loin de là. Dans leur immense majorité, ils payent salaires, charges et impôts, sans rechigner, normalement, sans même penser à s'exiler. Révolte peut-être pas, mais exigence d'être respecté, assurément. Et autant dire qu'avec ce nouveau gouvernement et les sorties pompeuses ou dédaignueuses de hollande ou de montebourg, depuis le 6 mai, ils n'ont pas été à la fête.
Ces patrons manifestent leur mécontentement car ils n'approuvent pas la politique de matraquage fiscal du gouvernement. Ils investissent, ré-investissent, ils prennent des risques, eux. Il est donc normal qu'ils perçoivent en retour les fruits de leur travail. Ils doivent être soutenus. Contribuer à l'effort de redressement du pays, ils sont tous pour, c'est une condition sine qua non, de leur survie, mais la démarche confiscatoire du gouvernement visant, par exemple, à imposer les plus-values de cession à 60%, ne peut que les démotiver et leur donner envie d'aller voir ailleurs. Qu'ils le fassent, nombreux, et vous verrez aussitôt le gouvernement faire marche arrière. D'ailleurs, il le fait déjà, devant cette fronde surprenante, le gouvernement fait soudain volte-face et découvre enfin qu'il y a un réel problème de compétitivité... N'est-ce pas déjà reconnaître que trop de charges tue l'emploi ?
Depuis des lustres, la gauche, c'est dans ses gènes, s'est plu à montrer du doigt les patrons, les seuls vrais créateurs de richesse et d'emplois qui ne soient pas emplois d'avenir sans... avenir. Il serait enfin temps d'admettre que les patrons et d'un, on en a besoin et de deux, ce ne sont pas que des pompes à fric.
Non sans dérision, ces frondeurs se sont baptisés " pigeons ". Que le gouvernement prenne garde, les pigeons de cette trempe ne se font plumer qu'une fois.
Folie passagère 1371.
