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mardi 5 juillet 2011

Tout est beaucoup plus simple

Parc naturel régional de Brière ( S. Kieffer )

Il faut tout de même que je vous raconte mes vacances. Rassurez-vous, vous ne saurez rien d'éventuelles frasques ou d'opportunes rencontres, je tiens à ma réputation et ne voudrait en aucun cas bousculer la chape moralisatrice qui semble peu à peu s'installer en Gaule.

Non, je vais juste vous faire part de ces impressions curieuses que j'ai eu, celles ressenties par un banlieusard parisien migrant en province le temps d'une semaine de vacances, à la campagne, près de Saint-Nazaire.

Avant le grand rush des juillettistes.

D'abord, le calme. Le calme partout. Ce calme saisissant qu'on oublie à la ville. Les agressions sonores sont si... charmantes:  cris d'oiseaux,  tracteurs qui passent, le vent dans les arbres, le son de la mer, au loin, le pouet-pouet du boulanger itinérant, le crin-crin produit par le vélo du facteur, le bruit des tongs claquant sur les talons, les conversations apéritives dans les jardins avoisinants... Des bruits, des sons, des odeurs que l'on oublie souvent le reste de l'année.

Ensuite, la gentillesse des gens. La boulangère, le boucher, la caissière, au tabac, dans la rue, il y a comme une gentillesse et une nonchalance ambiantes. Il y a des bonjours sympathiques, des mercis gratuits, des au revoirs qui donnent envie de revenir. Des petites politesses naturelles, en rien commerciales. Les autochtones sont sympas, nettement moins stressés que les citadins, en apparence peut-être, possible, nettement plus relax, sûrement. Il y a du sourire et de la proximité.

Et puis ces petits plaisirs tout simples: s'habiller à la coule, boire un demi pression à 2,50 euros en terrasse, déjeuner ou diner à point d'heure, prendre son temps, lire un journal sans que l'on te presse pour faire place au client suivant, s'apercevoir que l'on te gruge en beauté le reste de l'année quand tu compares ton ticket de caisse à l'hyper du coin, ne pas être bousculé par l'angoisse de louper le dernier métro... des petits plaisirs tout cons.

Enfin, ce décalage ressenti entre les préoccupations de l'urbain qui sait-tout-et-qui-veut-tout-savoir-et-tout-avoir-tout-de-suite et celles des gens d'ici... La pression médiatique n'est pas la même. Lorsqu'à Paris, Europe1, BFM ou RTL font l'évènement, vous donnent le "la" matinal, ici c'est Radio Côte d'Amour qui vous pousse à chanter des chansons désuètes parfois, ringardes, sans doute, mais dont on connaît par cœur les paroles. Le quotidien des Quotidiens Nationaux semble si déconnecté des kermesses et autres joyeusetés locales qui rythment la vie, ici.

En fait, c'est ça, en vacances, tout est beaucoup plus simple. On prend le temps, comme les gens du coin qui eux semblent n'avoir jamais oublié de le prendre.

Folie passagère 729.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.