mardi 24 mai 2011

Le train de banlieue


Aujourd'hui, j'ai pris le train de banlieue.

Celui qui part de la campagne verdoyante et qui gagnant la capitale nous entraîne peu à peu, malgré un soleil de plomb, vers la grisaille parisienne. C'est moche un train de banlieue, c'est sale, ça pue, il y fait chaud. Mélange d'eaux de toilette et d'odeurs de transpiration. C'est triste, personne ne rigole dans ces trains-là; les uns sont rivés sur leurs smartphones, les autres fermés au monde, écouteurs collés aux oreilles, d'autres encore déchiffrant leur quotidien gratuit. Ne pas regarder l'autre, ne pas voir l'autre, ne pas sourire.
Ca respire, transpire et soupire. Chacun redoute le passager qui viendra se coller tout près, limitant de facto l'espace vital pour étendre ses jambes. On ne sait ce qui est le mieux. Etre gros et écraser les autres, occuper 2 places à soi-tout-seul ou bien être petit et chétif, se faufiler sur la moindre petite place de libre. Peu importe, juste espérer, en pure perte, que personne ne viendra se coller à tes côtés.

Etre près de la fenêtre si possible, il fait chaud, peut-être pourra-t-on l'ouvrir, rien n'est moins sûr.

C'est sale un train de banlieue parce que les gens sont sales quand ils ne sont pas chez eux , comme si le fait de payer un billet leur donnait le droit de cracher, de laisser des détritus, de taguer, de laisser traîner les vieux journaux, de mettre les pieds sur la banquette d'en face. Normal, ici, ils n'ont pas le ménage à faire.
Et si parce que tu luttes contre l'enfermement en n'ayant rien pour t'obstruer les oreilles, tu peux encore écouter: ils causent fort dans leurs téléphones, ils toussent, ils rotent (si, si ), ils ronflent ( si, si, aussi). Je crois même, eut égard aux odeurs, que certains pètent.

Je n'aime pas la promiscuité, je n'aime pas les trains banlieues. C'était nettement mieux, avant.

Folie passagère 678.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

La révolte gronde (2)

C'est ici

La révolte gronde


Mais que se passe-t-il donc ?  Les ferments d'une révolution sur le vieux continent seraient-il en train de poindre ? Les printemps arabes feraient-ils florès ? Le parfum du jasmin viendrait-il chatouiller les naseaux de notre jeunesse ?

Espagne, Portugal, Grèce, Roumanie, Angleterre, Italie... Des manifestations de plus en  plus impressionnantes secouent les capitales de ces différents pays. Les socialistes se prennent une déculottée en Espagne, les conservateurs une claque en Allemagne. Les droites et les gauches au pouvoirs ne voient même plus leurs brebis s'égarer. En France, cela démarrerait timidement par un Paris Del Sol, place de la Bastille où depuis quelques jours 2 à 3 cents jeunes se mobilisent contre tout et rien.

A plus ou moins grande échelle, partout les causes sont les mêmes: chômage (40% chez les moins de 25 ans en Espagne), pouvoir d'achat, absence de perspectives, ras le bol d'un capitalisme spoliateur, refus d'une rigueur pourtant nécessaire, sentiment d'abandon, corruption, suffisance affichée des oligarchies, perte des repères traditionnels, platitude des discours politiques, perte de confiance, prise de conscience des insuffisances étatiques, dépossession de souveraineté...

Il ne s'agirait même plus d'indignation, Hessel a un train de retard, mais plus simplement d'une profonde envie de changement, un folle envie de plus de justice. Le pain et les jeux ne suffiraient-ils plus à calmer les ardeurs de populations fatiguées et éreintées par une crise dont on ne semble pas voir le bout.

Les peuples grognent.  Aurait-on des raisons de s'inquiéter ?

Folie passagère 677.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.