Aujourd'hui, j'ai pris le train de banlieue.
Celui qui part de la campagne verdoyante et qui gagnant la capitale nous entraîne peu à peu, malgré un soleil de plomb, vers la grisaille parisienne. C'est moche un train de banlieue, c'est sale, ça pue, il y fait chaud. Mélange d'eaux de toilette et d'odeurs de transpiration. C'est triste, personne ne rigole dans ces trains-là; les uns sont rivés sur leurs smartphones, les autres fermés au monde, écouteurs collés aux oreilles, d'autres encore déchiffrant leur quotidien gratuit. Ne pas regarder l'autre, ne pas voir l'autre, ne pas sourire.
Ca respire, transpire et soupire. Chacun redoute le passager qui viendra se coller tout près, limitant de facto l'espace vital pour étendre ses jambes. On ne sait ce qui est le mieux. Etre gros et écraser les autres, occuper 2 places à soi-tout-seul ou bien être petit et chétif, se faufiler sur la moindre petite place de libre. Peu importe, juste espérer, en pure perte, que personne ne viendra se coller à tes côtés.
Etre près de la fenêtre si possible, il fait chaud, peut-être pourra-t-on l'ouvrir, rien n'est moins sûr.
C'est sale un train de banlieue parce que les gens sont sales quand ils ne sont pas chez eux , comme si le fait de payer un billet leur donnait le droit de cracher, de laisser des détritus, de taguer, de laisser traîner les vieux journaux, de mettre les pieds sur la banquette d'en face. Normal, ici, ils n'ont pas le ménage à faire.
Et si parce que tu luttes contre l'enfermement en n'ayant rien pour t'obstruer les oreilles, tu peux encore écouter: ils causent fort dans leurs téléphones, ils toussent, ils rotent (si, si ), ils ronflent ( si, si, aussi). Je crois même, eut égard aux odeurs, que certains pètent.
Je n'aime pas la promiscuité, je n'aime pas les trains banlieues. C'était nettement mieux, avant.
Folie passagère 678.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr