Il y a peu, la gaucholalie toute entière se moquait des divisions et des embrouilles au sein de l'UMP. Certes il y avait de quoi, à ceci près que l'UMP n'est pas au pouvoir. Alors autant dire que le naufrage du Parti Socialiste auquel nous assistons, quasiment en direct, pourrait à notre tour nous faire rire si ces gens-là, ces humanistes en carton pâte, ces progressistes aux ego boursouflés, n'étaient pas ceux qui sont censés diriger notre pays depuis un peu plus de deux ans. Hélas, si, ils dirigent !
Mais qu'a-t-il pu se passer pour que ces gens qui avaient absolument tous les pouvoirs (AN, Sénat, Régions, grandes villes, etc...) et donc logiquement tout pour entreprendre et réussir en soient réduits à s'invectiver, à huer leur premier ministre, à perdre magistralement les élections municipales puis européennes, à défier leur Président, à contester les décisions gouvernementales, à menacer de ne pas voter la confiance d'un nouveau gouvernement quasi mort-né, à prendre l'exact contre-pied de la parole présidentielle,... Que s'est-il passé pour que celui qui était arrivé en 3ème position aux primaires socialistes, devenu ministre de premier plan, soit limogé comme un malpropre et accueilli en héros à La Rochelle, pour qu'un ministre de l'Education à peine nommé prenne lui aussi la porte avant même d'avoir assumé une rentrée scolaire ? Que s'est-il passé pour que le deuxième premier Secrétaire du parti socialiste en moins de deux ans en soit à évoquer "un renversement de gouvernement"? Que s'est-il passé pour que ces gens-là en soient à fustiger notre principal partenaire économique, l'Allemagne, afin de masquer leur propre médiocrité et leur incompétence ? Pourquoi, jusqu'à présent, sorti du mariage zinzin, absolument rien de concret ne peut être mis à leur actif ? Pis, pourquoi ont-ils été incapables jusqu'à aujourd'hui de prendre la moindre décision significative et efficace pour redresser économiquement le pays ? Pourquoi les quelques réforminouchettes engagées, comme la réforme bancaire, sont-elles sans effets ? Comment ces gens, supposés intelligents puisqu'ils ont été élus (smiley) ont-ils pu à ce point se laisser berner par un homme, Président, dont les "amis" les plus proches ne cachaient à personne la nullité et l'inconsistance ?
En deux ans, le parti socialiste et ses adhérents dont le nombre a chuté de 25 000 n'est plus que l'ombre de lui-même. Les triomphateurs de mai 2012 font aujourd'hui pale figure et raseraient les murs s'ils avaient la moindre once d'humilité et de décence.
Que s'est-il passé ? Les réponses sont nombreuses mais il en vient une - peut-être la principale - à l'esprit de tous: elle tient en la personne même de François Hollande. "Le problème, c'est lui" titre le Figaro à juste titre car il porte la responsabilité de ce naufrage. Fuyant les conflits, n'osant jamais trancher, ayant enfumé au Bourget la base, incapable de prendre la moindre décision, nommant à des postes sensibles des personnes clivantes ou incompétentes, reniant ses promesses, menteur comme un arracheur de dents, se satisfaisant de réformes sociétales quand chaque mois entre 10 000 et 26 000 personnes viennent grossir le rang des 6 millions de chômeurs que compte désormais le pays, détricotant par simple esprit de revanche les quelques bonnes mesures prises par son prédécesseur, se condamnant lui-même à la risée nationale quand il promet des inversions de courbes impossibles, se mettant en scène, ridicule, sous la pluie à Sein, se contentant de commémorer à tour de bras quand le pays continue de s'enfoncer dans la crise et que son propre gouvernement sombre, se ridiculisant sur un scooter quand le pays a besoin d'un véritable chef d'Etat, etc, etc, etc... voilà à mon sens la principale raison du naufrage en cours du parti socialiste; ils attendaient un chef capable de redresser le pays avec des idées de gauche et un programme de gauche ils auront eu une marionnette qu'ils n'auront pas réussi à manipuler laissant ce soin à d'autres. Ils voulaient la gauche - du moins c'est ce qu'ils affirmèrent - ils auront eu un social-démocrate ou un social-libéral, c'est selon, qui mettra un peu plus d'un an pour faire son coming out.
Les socialistes ne se reconnaissent plus car ils ne peuvent pas - c'était pourtant prévisible - se reconnaître dans celui (et ses équipes) qui devait incarner le changement dont il était le promoteur. Le miroir s'est brisé sous les coups de la réalité. Le projet est trahi, les valeurs de gauche ont été trahies. Dès lors, perdus, ils ne savent, comme à leur habitude, comme au temps du congrès de Reims, que se déchirer, se diviser, s'éclater en autant de courants que de leaders minimo que compte le parti. Les socialistes ne se reconnaissent plus car pour se ré-identifier, il faudrait au préalable qu'ils avouent aux Français et à eux-mêmes qu'ils se sont trompés sur l'homme Hollande, celui qu'ils ont tous soutenu, celui à qui ils doivent, par sa victoire du 6 mai, leurs fauteuils sous les ors de la République. P'tain de crise d'identité !
Ce spectacle qui nous est offert par la gauche devrait, à nous gens de droite, donner l'occasion de bien rigoler, même pas tant cela est pitoyable, tant la catastrophe François Hollande était prévisible, tant ce qu'il advient du pays depuis est préoccupant.
Et dire que Président n'a pas encore effectué la moitié de son mandat...
Folie passagère 2433.