Alors que le gouvernement, par la voie de son sinistre de l'Intérieur et de la ministre de l'écologie (on se demande bien de quoi elle se mêle, celle-là) nous explique que nos services de renseignements ont bien fait leur boulot en déjouant un attentat qui devait avoir lieu dans... 6 mois, nous apprenons, que dans ce beau pays de France - une France apaisée qu'il disait l'Audacieux - en deux nuits, celles des 13 et 14 juillet, plus de 700 voitures (+23% par rapport à 2014) ont été incendiées, essentiellement par des d'jeuns en goguette, et que la police a procédé à l'interpellation de 723 personnes (+68%).
Voilà au moins quelque chose qui progresse, dommage que cela soit tout de même un brin occulté par les médias; il est vrai qu'un attentat déjoué, ça fait plus sérieux, ça permet, mine de rien, de vanter toute l'utilité de la Loi Renseignement, de rassurer les Français-qui-ne-doivent-pas-avoir-peur et de nous ré-affirmer que la République est debout... L'élection présidentielle est en vue.
Mais pour revenir sur ces quelques voitures brûlées et interpellations, le ministère de l'Intérieur nous informe que " Particulièrement mobilisées, et notamment dans le cadre de Vigipirate, les forces de l'ordre ont appliqué la tolérance zéro contre ces débordements. " ! Ben merde alors, heureusement qu'il y a eu tolérance zéro et que grâce à Vigipirate des milliers de policiers et militaires étaient, ces nuits-là, en faction parce que sinon, à quoi aurait-on eu droit : +50% pour les voitures ? +60% ? Et pour les interpellations ? +100%. S'adresser en quelque sorte un satisfecit, parce que c'est bien de cela qu'il s'agit avec ce communiqué, alors que ces faits de délinquance explosent et que paradoxalement les moyens mis en oeuvre pour la juguler augmentent, faut être là aussi un brin gonflé !...
... D'autres débordements ont eu lieu début juin à St Germain-en-Laye et nous n'aurions rien su si Bruno Roger-Petit, journaliste spécialiste en tout et surtout de rien, n'avait pas signalé l'affaire sur twitter: " Images d'affrontement entre police et jeunesse de St Germain en Laye, ignorées par les médias du grand remplacement ",
vidéo à l'appui . Un premier tweet suivi d'un deuxième: " Heureusement que je suis là pour signaler à la fachosphère de souche les dérapages de jeunes qu'elle ne voit pas..." En fait, il s'agissait, comme à chaque fin d'année scolaire, d'une centaine de lycéens qui, pour fêter l’événement, ont mis un peu le bronx dans la ville avec jets d’œufs, projection de mousse à raser et tolérance totale des forces de l'ordre. Aucun débordement, aucune voiture incendiée, aucun abribus détruit ! Mais alors, où donc pouvait bien être le problème pour que Roger-Petit sonne l'alarme ? Je m'en informai auprès de lui. Sa réponse fut sans appel: " si la couleur des jeunes gens n'était pas ultra-majoritairement blanche, je gage que vous seriez moins indulgents... " Okay ! J'avais compris, Roger-Petit s'alarmait (ironisait?) que de jeunes lycéens, visiblement de souche il est vrai, mettent un peu le bazar, façon carnaval, sans que les forces de l'ordre ne se saisissent de l'affaire... Mon dieu, en voilà de la délinquance: jets d'oeufs et mousse à raser... Et ça se prétend journaliste...
Pouvons-nous suggérer à ce digne représentant de la classe gaucho-médiatique d'enquêter sur le profil des 723 interpellés du 14 juillet sans omettre, bien évidemment, de nous conter par le menu quelle tolérance il leur sera appliqué, quelles sanctions auront été prises et combien de ces vrais délinquants étaient encore sous les verrous au lendemain de ces feux de joies ! Serait-ce trop lui demander ? Trop compliqué ? Ou simplement faire preuve des qualités premières demandées à un journaliste: le devoir d'informer...
Folie passagère 2845.