Président a parlé, hier. Pour nous dire quoi ? Rien que l'on ne sache déjà. Mais j'ai quand même regardé et écouté en totalité son quatrième one man show. Je sais, je suis courageux et endurant. Que retenir de sa prestation ?
Que la France avait été victorieuse au Mali, que la France était à la pointe du combat contre le terrorisme dans le monde, Le Daech qu'il s'apprêtait à bombarder en Irak mais pas en Syrie, l'hôpital de campagne anti-Ebola qu'il allait faire ouvrir en Guinée Forestière (sic), qu'il aura fallu attendre trente deux minutes pour qu'il commence à parler de la France et des Français, qu'il pleuvait sur Sein ce jour-là mais qu'il n'a pas voulu de parapluie pour faire comme tout le monde, qu'il n'était pas insensible à la souffrance des Français (on eut été surpris qu'il dise le contraire), que malgré ses promesses, il n'envisageait pas de revenir au 3% avant 2017 et tant pis pour Bruxelles et le respect de la parole donnée, que c'était pas facile, que c’était pas facile, que c'était pas facile... d'être président, même que parfois, c'était dur... ben oui ma caille, c'est dur, dur d'être Président, Jordy sort de ce corps !
Et à part ça, what'else ? Ben pas grand chose. On l'aura compris, à son cher Manuel Valls de mener la gestion des affaires intérieures, à lui Président de prendre de la hauteur, de gérer les affaires du monde et la politique extérieure de la France tout en étant à l'écoute des Français qui galèrent. On a compris aussi qu'il était Président et qu'il en assumait le rôle et les responsabilités, qu'il serait Président jusqu'au bout de son mandat etc... Il l'a tellement répété, motto ou mantra, qu'on ne savait plus trop qui il cherchait à rassurer sur ce point: lui, ses amis ou les Français...
Et puis vint ce grand moment de foutage de gueule (même Sarkozy n'aurait pas osé). Lorsqu'un journaliste osa lui rappeler une phrase de son bouquin Devoirs de Vérité: "Je préconise un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature. Si d'aventure, à l'occasion de cette vérification une crise profonde se manifestait (...), nous en tirerions toutes les conséquences en quittant la présidence." Le voilà nous dire que cet exercice de vérification a eu lieu l'avant-veille avec la confiance accordée par les députés à Manuel Valls. Fallait oser, tout de même: Faire passer un vote de confiance qui ne concerne que le chef de la majorité, chose qu'il nous a assuré ne pas être puisqu'il était Président de tous les Français, pour un exercice de vérification démocratique ... Et autre foutage de gueule lorsqu'il osa déclarer qu'il était fidèle à ses promesses de campagne, les frondeurs apprécieront... Cet homme nous prend vraiment pour des quiches !
Mais par delà les petites phrases, j'ai entendu un président pessimiste, anxiogène, et désespérant. On ne demande pas à un Président de nous cacher la vérité, bien au contraire, on lui demande de nous montrer que parce qu'il est confiant dans l'avenir, nous aurions nous aussi des raisons d'être confiants. Et ce n'est pas ce qu'il a fait. Pour un peu, avec lui, nous aurions pleuré sur notre sort et sur celui de la France, Un devoir de vérité n'exonère pas du devoir qu'il a de redonner confiance et espoir. Quel chômeur, quel français en galère, quel entrepreneur, hier, après l'avoir entendu, pourra se dire: " On va y arriver". Aucun.
Ce n'est pas un Président que j'ai écouté hier, tout juste un Droopy qui, pour couvre-chef, aurait revêtu la coquille de Caliméro. Triste et affligeant.
Folie passagère 2462

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