On a retrouvé François Hollande !
Le président de la cinquième puissance mondiale, plutôt discret depuis l'annonce de son renoncement à assumer son bilan devant les électeurs, entre un déjeuner avec son premier sinistre et un entretien avec Mahmoud Habbas, s'est rendu au chevet d'un anus déchiré, oups, pardon, au chevet du jeune homme bien sous tous rapports (re-Oups !) qui, lors d'une interpellation musclée, à Aulnay, a reçu fort malencontreusement une matraque dans le fondement. Voilà une saine occupation pour un homme dont on imagine l'agenda surchargé.
N'y voyez aucune intention politicienne ni aucune tentative de récupération de la part du grand homme. Cette visite est somme toute logique: Il sait, lui, ce que cela fait de sodomiser dans les grandes largeurs les Français, ça fait 5 ans qu'il pratique. Il a juste voulu voir de près à quoi pouvait bien ressembler les dégâts collatéraux de ses propres mensonges et des espoirs déçus d'un pays, ici d'un quartier, qui avait cru en cette " France apaisée " qu'il avait promis à tous.
Les esprits chafouins souligneront peut-être que d'aller exprimer ainsi sa solidarité à une victime de son inaction et de ses échecs est un brin osé; que nenni, révisez vos classiques les amis, les cons, ça ose tout...
Les forces de l'ordre apprécieront sans doute la démarche: se faire mettre de cette façon par Président - cette visite ne jettera-t-elle pas un peu plus, dans ces quartiers, l'opprobre sur la police - fallait oser ! Il a osé ! Il ose tout !
Mais revenons à cet entretien. Président a déclaré: " Je tenais à venir voir Théo ainsi que sa famille. Il a réagi avec dignité et responsabilité. La justice est saisie et va aller jusqu’au bout. J’ai une pensée pour Théo qui a un comportement exemplaire. " C'est beau... beau comme du Hollande. Brave Théo, braves jeunes de cités qu'on fait rien que de les stigmatiser et de déprécier leur juste valeur... C'est vrai quoi, l'enquête a à peine commencé que les enquêteurs auront compris le message: Théo, c'est un gentil, comme tous les autres, comme Adama. Ils étaient là, au mauvais endroit, au mauvais moment.
Théo dit avoir été très remué par cette visite présidentielle - ce qui vu son état devrait être mis au passif (encore !) de Président - et a déclaré: " J’entends tout ce qui se passe. Ma ville, je l’aime et en rentrant je veux la retrouver telle que je l’ai quittée. Donc, les gars, stop à la guerre. Priez pour moi." Hein ! quand je vous disais que c'était un gentil ce Théo ! il veut qu'on prie pour lui; c'set donc qu'il est sensible à la prière des autres. C'est bien. Peut-être même qu'au plus profond (oups!) de lui-même, il est croyant, Théo. Moi, j'aime bien les jeunes qui prient. Surtout ceux qui prient avec Jésus. Bon, on va quand même le rassurer Théo, ne pas le laisser dans l'angoisse, sa ville et son quartier pourri, il va les retrouver bien vite, c'est pas comme si il était à l'article de la mort dans un hôpital de campagne au fin fond de l’Afghanistan !
Faut qu'il y retourne vite, qu'il puisse raconter son aventure, faire partager son expérience avec ses p'tits et ses grands frères et comme il est d'ores et déjà, là-bas, un héros, nul doute qu'il sera écouté. Les caméras iront le voir raconter, au bas de l'immeuble, devant le hall, à ses potes: Voyez les gars, déconnez pas avec la police, elle rigole pas elle, n'allez pas l'affronter sinon, voyez de quoi elle est capable; une matraque dans le cul, ça vous défonce un mec. Et puis si d'aventure, il fallait aller au contact, soyez pas cons, munissez-vous de gel, ça passera mieux. Les gentils, c'est nous ! La preuve ? Omar Sy, la personnalité préférée des Français est venu à sa rescousse et a lancé le hashtag #JesuisThéo, si ça, c'est pas une absolution sans confession, je m'y connais pas !
La nuit dernière, à Aulnay, 26 personnes ont été interpellées, 10 voitures incendiés, deux magasins partiellement incendiés, 6 (pas 7 !) poubelles ont été cramées, des véhicules (combien, on ne sait pas) de secours et de police ont été endommagées, curieusement aucun policier ne semble avoir été blessé selon la préfecture, quelques policiers de la BAC (combien ?) complètement encerclés par une cinquantaine d'individus ont du faire usage de leur arme en tirant en l'air... La France apaisée...
NB: on notera que cette visite s'est faite en toute discrétion, tout juste quelques journalistes et photographes présents pour immortaliser l'instant, instant qui sera moins d'une heure après la rencontre entre Président et Théo en Une du site de l'Elysée...
Folie passagère 3445.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr










