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jeudi 12 juillet 2012

Peugeot: Une surprise ? Non, juste une posture politicienne.


C'est le coup de bambou du jour: Peugeot va fermer en 2014 son site d'Aulnay et annonce la suppression de 8 000 emplois en France. Et tous les degauches de s'en faire des gorges chaudes, de crier au scandale, mais pire encore, de s'en étonner. N'en déplaise à toutes ces bonnes consciences, ce n'est en fait une surprise pour personne, absolument personne. Ou tout du moins, pas une surprise pour ceux qui savent écouter, regarder et s'informer.

1) Les premières manifs pour protester contre la fermeture d'Aulnay remontent à octobre 2010 et janvier 2011.

2)  En 2011, le cours de l'action Peugeot avait reculé de 61%; pour perdre encore 30% depuis le début 2012. Les ventes du groupe ont baissé de 15% en Europe sur le premier semestre.

3) Depuis 10 ans, Peugeot voit ses volumes baisser alors que dans le même temps, ses coûts de production n'ont cessé d'augmenter.

4) Contrairement à Renault qui assure une bonne part de sa rentabilité avec Dacia, Peugeot n'a pas voulu se lancer dans le low-cost.

Bref, tous ceux, du gouvernement aux syndicalistes en passant par les contempteurs du capitalisme, les éditocrates ou les blogueurs de gauche qui aujourd'hui feignent l'étonnement et expriment de la colère quant à ces annonces  sont soit malhonnêtes, soit très mal informés. hollande lui-même, inquiet, avait été pendant la campagne sur le site d'Aulnay. Quant à ceux qui s'offusquent qu'on en soit arrivé là alors que l'Etat avait largement aidé le groupe, n'omettons pas de dire que ce dernier a remboursé intégralement les sommes prêtées avec intérêts.

Que l'annonce de ces suppressions aient été différées pour des raisons électorales, c'est fort possible et alors ? C'est hélas, un peu le jeu. Que la direction ait commis des erreurs stratégiques, possible aussi mais c'est une entreprise privée libre de ses choix. Que tout cela provoque détresse, et colère - mais aussi résignation - des quelques 8 000 personnes concernées, sans compter les sous-traitants, c'est parfaitement compréhensible. Par contre, la pseudo colère et l'étonnement feint de tous les autres n'est que pure posture politicienne.

Tous les effets de manche et envolées lyriques de Montebourg et consorts n'y changeront rien, la chose était prévisible et pose de manière cruellement évidente le principal problème de notre économie et de notre industrie: la compétitivité.

Folie passagère 1254.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.