A l'aune de ce qui se passe en Turquie, doit-on poursuivre le processus d'intégration de celle-ci dans l'Union Européenne ?
Ben quoi, la question mérite d'être posée; parce que, que vous le sachiez ou pas, que vous ayez ou pas zappé l'info, la Turquie, superbe pays à très large majorité musulmane, sera un jour intégrée à l'Union. Le processus a été lancé, il y a quelques années. Sarkozy, plutôt hostile, avait freiné des quatre fers. Puis vint Pépère, le processus se trouve relancé. Chaque année, l'Europe, verse environ 100 millions d'euros à la Turquie pour l'aider à rentrer dans les cadres.
Dans la terminologie technocratique en cours à Bruxelles, pour qu'un nouveau pays adhère, il lui faut franchir un parcours d'obstacle composé de 35 chapitres. Ces chapitres concernent tous les aspects allant des infrastructures aux problèmes des particularismes régionaux. 13 de ces chapitres ont déjà été ouverts, le 14ème, sur les fonds régionaux, doit être ouvert, après déblocage de Pépère, fin juin.
Et bien même si comme moi vous êtes sidérés parce que qui se passe là-bas: répression policière féroce, 4 ou 5 morts au compteur, islamisation rampante imposée par Erdogan, ... ressaisissons-nous et ne nous mettons pas la rate au court-bouillon, tout est normal...
A ce point normal que je vous mets au défi de trouver un quelconque responsable européen de premier plan ayant condamné fermement - appeler à la retenue n'est pas une condamnation - les méthodes d'Erdogan. Ce dernier a affirmé aujourd'hui qu'il ferait preuve de la plus grande fermeté vis à vis des manifestants et de ses opposants.
C'est assez curieux de voir comment cette Europe de Bruxelles est si prompte à défendre la démocratie et si silencieuse quand les principes mêmes de la démocratie sont foulés au pied soit par l'autoritarisme de dirigeants d'Etats membres, comme en Hongrie, soit par celui de postulants comme en Turquie.
Folie passagère 1751.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr