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mardi 11 juin 2013

La Turquie d'Erdogan soutenue par Bruxelles ?


A l'aune de ce qui se passe en Turquie, doit-on poursuivre le processus d'intégration de celle-ci dans l'Union Européenne ?

Ben quoi, la question mérite d'être posée; parce que, que vous le sachiez ou pas, que vous ayez ou pas zappé l'info, la Turquie, superbe pays à très large majorité musulmane, sera un jour intégrée à l'Union. Le processus a été lancé, il y a quelques années. Sarkozy, plutôt hostile, avait freiné des quatre fers. Puis vint Pépère, le processus se trouve relancé. Chaque année, l'Europe, verse environ 100 millions d'euros à la Turquie pour l'aider à rentrer dans les cadres.

Dans la terminologie technocratique en cours à Bruxelles, pour qu'un nouveau pays adhère, il lui faut franchir un parcours d'obstacle composé de 35 chapitres. Ces chapitres concernent tous les aspects allant des infrastructures aux problèmes des particularismes régionaux. 13 de ces chapitres ont déjà été ouverts, le 14ème, sur les fonds régionaux, doit être ouvert, après déblocage de Pépère, fin juin.

Et bien même si comme moi vous êtes sidérés parce que qui  se passe là-bas: répression policière féroce, 4 ou 5 morts au compteur, islamisation rampante imposée par Erdogan, ... ressaisissons-nous et ne nous mettons pas la rate au court-bouillon, tout est normal...

A ce point normal que je vous mets au défi de trouver un quelconque responsable européen de premier plan ayant condamné fermement - appeler à la retenue n'est pas une condamnation - les méthodes d'Erdogan. Ce dernier a affirmé aujourd'hui qu'il ferait preuve de la plus grande fermeté vis à vis des manifestants et de ses opposants.

C'est assez curieux de voir comment cette Europe de Bruxelles est si prompte à défendre la démocratie et si silencieuse quand les principes mêmes de la démocratie sont foulés au pied soit par l'autoritarisme de dirigeants d'Etats membres, comme en Hongrie, soit par celui de postulants comme en Turquie.

Folie passagère 1751.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 8 février 2013

Budget Européen: Trafalgar ou Waterloo pour François Hollande ?


J'écoutais hollande. Il donnait une conférence de presse à l'issu du sommet européen. Après des heures de discussions, les 27 pays de l'Union se sont mis d'accord sur le budget européen pour les années 2014-2020.  Et plus je l'écoutais, moins je comprenais. 

Il avait l'air fatigué, certes, mais content, très content de lui: " Un bon compromis ", " Un budget tourné vers la croissance a été obtenu ", " Nous avons préservé les politiques communes ", " J'ai obtenu la stabilité des aides directes à la production ", " C'est vrai qu'il y a eu diminution de la PAC mais l'essentiel est préservé "

Bref, à l'écouter, lui et ses équipes ont été brillantes. Et pourtant, tous les journalistes qui, à tour de rôle, l'interrogent lui explosent la tête, Jean Quatremer de Libération en tête. Pour eux, cet accord est une victoire de l'axe Cameron / Merkel, une victoire de la rigueur. L'Europe est mise à la diète; pour la première fois de son histoire son budget est en baisse de 3%. C'est rien 3%, juste à ce  niveau une baisse de quelques dizaines de milliards. Ainsi, par exemple, les crédits alloués à la pêche et à l'agriculture dotées préalablement d'un budget global de 420 milliards d'euros passent à 373 milliards. Une victoire ? De quoi être content et fier  de cette session ?

Et bien à en croire le Nouvel Observateur - et j'ai envie de le croire aujourd'hui - ce sommet sera le Trafalgar de hollande, en souvenir de la déculottée infligée par la flotte anglaise à la Royale: 

" Le régime hypocalorique imposée par le couple "Merkeron" constitue une défaite politique pour le président français, qui s’était fait fort de rééquilibrer la politique européenne par des investissements d’avenir. François Hollande revient de Bruxelles avec une PAC intacte (le petit égoïsme français !), mais il a laissé au champ d’honneur son pacte de croissance si difficilement acquis en juin dernier. Que reste-t-il en effet de ce petit coup de pouce à la croissance de 120 milliards d’euros dès lors que le budget de l’Union est raboté de 100 milliards d’euros ? L’avantage est annulé. Tout est à refaire. Désormais l’austérité française s’inscrit dans l’austérité européenne. La boucle est bouclée.
Hollande qui voulait compenser l’austérité imposée aux finances nationales par une relance concertée à l’échelle européenne a vu son jouet piétiné par le "bad boy" Cameron. Et sa correspondante allemande, Angela, n’a rien fait pour l’aider. Bien placé dans les sondages face à son rival social-démocrate Peer Steinbrück, elle capitalise sur son image de gestionnaire ultra-rigoureuse pour remporter les élections générales de septembre 2013. Tacticienne avisée, elle n’a surtout pas voulu laisser à Hollande le privilège d’esquisser une autre politique que la sienne. Le réalisme allemand ne règne pas que sur les stades de football. "

Enfin, le plus drôle dans cette histoire, c'est que si hollande s'estime satisfait , le parlement européen a décidé, lui,  de rejeter ce budget signé pourtant par la totalité des chefs d’États des 27 pays membres.

Alors, il a beau faire le kakou notre présiflan à l'issu de ce sommet, mais en vérité, doit-on parler de Trafalgar ou bien plutôt d' un nouveau Waterloo ?

Folie passagère 1563.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.