J'écoutais hollande. Il donnait une conférence de presse à l'issu du sommet européen. Après des heures de discussions, les 27 pays de l'Union se sont mis d'accord sur le budget européen pour les années 2014-2020. Et plus je l'écoutais, moins je comprenais.
Il avait l'air fatigué, certes, mais content, très content de lui: " Un bon compromis ", " Un budget tourné vers la croissance a été obtenu ", " Nous avons préservé les politiques communes ", " J'ai obtenu la stabilité des aides directes à la production ", " C'est vrai qu'il y a eu diminution de la PAC mais l'essentiel est préservé "
Bref, à l'écouter, lui et ses équipes ont été brillantes. Et pourtant, tous les journalistes qui, à tour de rôle, l'interrogent lui explosent la tête, Jean Quatremer de Libération en tête. Pour eux, cet accord est une victoire de l'axe Cameron / Merkel, une victoire de la rigueur. L'Europe est mise à la diète; pour la première fois de son histoire son budget est en baisse de 3%. C'est rien 3%, juste à ce niveau une baisse de quelques dizaines de milliards. Ainsi, par exemple, les crédits alloués à la pêche et à l'agriculture dotées préalablement d'un budget global de 420 milliards d'euros passent à 373 milliards. Une victoire ? De quoi être content et fier de cette session ?
Et bien à en croire le Nouvel Observateur - et j'ai envie de le croire aujourd'hui - ce sommet sera le Trafalgar de hollande, en souvenir de la déculottée infligée par la flotte anglaise à la Royale:
" Le régime hypocalorique imposée par le couple "Merkeron" constitue
une défaite politique pour le président français, qui s’était fait fort
de rééquilibrer la politique européenne par des investissements
d’avenir. François Hollande revient de Bruxelles avec une PAC intacte
(le petit égoïsme français !), mais il a laissé au champ d’honneur son
pacte de croissance si difficilement acquis en juin dernier. Que
reste-t-il en effet de ce petit coup de pouce à la croissance de 120
milliards d’euros dès lors que le budget de l’Union est raboté de 100
milliards d’euros ? L’avantage est annulé. Tout est à refaire. Désormais
l’austérité française s’inscrit dans l’austérité européenne. La boucle
est bouclée.
Hollande qui voulait compenser l’austérité imposée aux finances
nationales par une relance concertée à l’échelle européenne a vu son
jouet piétiné par le "bad boy" Cameron. Et sa correspondante allemande,
Angela, n’a rien fait pour l’aider. Bien placé dans les sondages face à
son rival social-démocrate Peer Steinbrück, elle capitalise sur son
image de gestionnaire ultra-rigoureuse pour remporter les élections
générales de septembre 2013. Tacticienne avisée, elle n’a surtout pas
voulu laisser à Hollande le privilège d’esquisser une autre politique
que la sienne. Le réalisme allemand ne règne pas que sur les stades de
football. "
Enfin, le plus drôle dans cette histoire, c'est que si hollande s'estime satisfait , le parlement européen a décidé, lui, de rejeter ce budget signé pourtant par la totalité des chefs d’États des 27 pays membres.
Alors, il a beau faire le kakou notre présiflan à l'issu de ce sommet, mais en vérité, doit-on parler de Trafalgar ou bien plutôt d' un nouveau Waterloo ?
Folie passagère 1563.

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