L'une des raisons évoquées par le gouvernement pour rendre une proposition de budget non conforme aux souhaits de Bruxelles serait l'impact des opérations militaires extérieures menées par la France au Mali, en Centrafrique ou en Irak, sans oublier les reliquats afghans.
Valls demande donc à Bruxelles de prendre en compte nos engagements militaires dans l'appréciation que fera Bruxelles de notre budget: "Les engagements militaires et financiers qui sont les nôtres doivent être davantage intégrés." L'argument, devenu élément de langage, a été repris ce matin par le roquet du Parti Socialiste Bruno Le Roux sur Itélé: " C'est parce que nous sommes engagés massivement en opérations extérieures que nos dépenses augmentent".
Nous prendraient-ils pour des andouilles ?
En 2013, seuls 450 millions d'euros avaient été provisionnés au budget par nos gestionnaires socialistes pour les opérations extérieures, somme qui allait être largement dépassée puisque c'est en fait 1,25 milliard d'euros qui furent consommés. Faisant fi comme d'habitude de cette erreur de prévision et malgré le déploiement de plus de 3 000 militaires français au Mali et l'enlisement des opérations en Centrafrique, ils budgétèrent pour 2014, tout juste 450 millions d'euros ! La même chose qu'en 2014 ! En juillet dernier, le chef d'etat-major des armées, le général de Villiers, annonçait qu'avec le déclenchement des opérations aériennes en Irak, le dépassement du budget Opex serait d'au moins 775 millions, soit une prévision d’atterrissage de l'ordre de 1, 2 milliard d'euros pour l'année.
Ainsi deux années de suite, les socialistes budgétèrent 450 millions d'euros pour nos opérations extérieures pour une dépense finale dépassant les 1,2 milliard. Et avec autant d'amateurisme, Valls et Le Roux voudraient mettre en avant nos dépenses militaires pour attendrir Bruxelles ? De quoi plutôt affoler Bruxelles: prévoir 450 millions de dépenses et en cramer près du triple deux années de suite, on frise l'indécence, on s'enfonce dans l'incompétence!
Et en plus, ils voudraient faire croire aux éventuels gogos que ces 1,2 milliards d'euros ont quelque impact sur un pays dont la dette a dépassé les 2 000 milliards, un impact sur les 75 milliards de déficit budgétaire alors qu'ils ne représente qu'à peine 3% de ce même déficit !
Rappelons aussi et quelque soit le bien fondé de ces interventions, que personne n'a demandé à la France d'aller faire la guerre au Mali, en Centrafrique ou en Irak, c'est Président qui tout seul a décidé de ces interventions.
Alors mettre en avant les opérations militaires extérieures de la France pour que Bruxelles ne soit pas trop sévère avec le budget qui lui est présenté, c'est tout simplement donner le bâton pour se faire battre, les verges pour se faire fouetter et les biscuits pour qu'on se foute de nous ! Si tant est que cela soit encore nécessaire.
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