Découverte d'un nouveau blog, L'Avant-Garde, prometteur avec cette chronique de Cyrille Dalmont publiée sous le titre: Les démocraties encouragent le débat d’idées, les dictatures le judiciarisent !
" Le débat démocratique français est devenu une farce médiatique. « Lâchez les chiens et brûlez-les tous sur l’autel du péché médiatique ». C’est quasiment ce que l’on peut lire entre les lignes de nos maîtres censeurs concernant les derniers propos d’Éric Zemmour.
Pourtant, ces « versets sataniques » ne sont finalement qu’une transposition des préceptes de « Sun Tzu » sur le respect de ses adversaires dans l’art de la guerre : « Si tu ne connais ni ton adversaire ni toi-même, à chaque bataille tu seras vaincu ». Il en va de même avec le lynchage médiatique de Karine Le Marchand dont l’unique tort est de n’avoir pas déshumanisé Marine Le Pen.
Comme si la diabolisation permanente sans argument ni débat de fond était une stratégie politique efficace. Il suffit de regarder les derniers résultats électoraux pour s’en convaincre : c’est une farce.
Notre passé prestigieux, notre influence culturelle, notre rêve d’universalisme du bien, se sont écroulés au profit d’une pseudo-culture consumériste individualiste et communautariste avec pensée unique obligatoire. Les identités nationales construites au fil des siècles en opposition aux intérêts régionalistes, communautaristes, identitaires, corporatistes et de replis sur soi ont laissé place à un ventre mou, un maelstrom d’intérêts individuels qui s’opposent les uns aux autres.
Les nouveaux communautarismes et leurs recherches identitaires sont totalement incompatibles avec la notion d’intérêt général ne revendiquant finalement que des droits individuels qui viennent se percuter les uns les autres.
On ne se définit plus par rapport à son appartenance à une nation ou une civilisation mais par rapport à, son orientation sexuelle, sa couleur de peau, son mode de consommation, son style vestimentaire, ses tatouages, ses piercings, les marques de téléphones…. Nous ne sommes plus des hommes libres et égaux en droits, mais simplement des consommateurs défendant le droit de consommer de telle ou telle manière.
Les hommes politiques qui nous représentent, objets de tous nos reproches sont à l’image de cette société. Lobbyistes spécialisés de haute volée, ils font dans la défense d’intérêts catégoriels électoralement payants. Ils ne représentent plus que des minorités électives espérant que la somme de celles-ci constituera une majorité de circonstance.
La professionnalisation de la politique voulue dans les années 80 par François Mitterrand est venue accroître l’absence de vision des « élites » représentatives qui font carrière de leurs mandats au même titre que les PDG des groupes internationaux ; à peine élus/nommés, ils préparent leurs postes/mandats suivants.
Nous assistons aujourd’hui de façon criante à l’achèvement de la construction de l’homme politique «monsieur tout le monde», professionnel carriériste, fuyant comme la peste toute innovation et toute prise de risque; tout occupé qu’il est à la gestion de son plan de carrière ; il n’a guère de temps pour gouverner la France.
La fonction présidentielle toute entière bâtie sur une logique de l’homme d’exception, l’homme providentiel, l’homme qui se sublime et qui quittant sa condition d’homme ordinaire devient le Président des français, est bien trop lourde à porter pour un homme banal, le costume est beaucoup trop grand pour un Président normal ou simplement commun.
Les hommes politiques d’exception ont disparu. Non pas que le fluide créateur se soit tari. C’est simplement la professionnalisation de la politique et le mode de financement des partis politiques qui empêchent de manière systémique à ce type d’homme ou de femme de pouvoir accéder aux plus hautes responsabilités.
Les partis politiques sont in fine financés par l’Etat au travers des élections législatives ce qui empêchent l’émergence de nouvelles forces politiques. Les dons et cotisations des adhérents sont plafonnés de tels sorte que le mécénat politique ne puisse plus exister, il ne reste que les apparatchiks des partis.
Pourtant les médias nous vendent à chaque seconde dans leur fil d’actualité le miracle de ce modèle « soviétique » qui exclut le plus grand nombre des français de toute participation possible au débat électif comme un aboutissement suprême de l’évolution humaine. Le peuple finalement à quoi ça sert ? A rien selon eux.
Il n’y a plus de débats d’idées ou de dialogues mais une recherche permanente de pousser l’autre vers une soi-disant « faute morale » afin de le réduire au silence devant les tribunaux. Nous observons passivement la destruction de nos valeurs, de nos traditions, de notre fierté nationale, de notre avenir commun d’un regard bovin. Pourtant le compte n’y est pas et le système s’est emballé.
Les anathèmes furieux lancés à tour de bras par les maîtres censeurs à longueur de tribunes et de shows télévisés n’y font plus rien. Les grands prêtres de la bien-pensance tout drapés de vertus qu’ils se croient se sont trop isolés des français, ils ne vivent plus dans la même réalité.
Le vivre ensemble incantatoire à la sauce bisounours qu’ils proposent n’a vraiment pas le même goût dans un 200 mètres carré dans le Marais que dans une tour pourrie des quartiers nord. Les drames deviennent quotidiens, la violence ordinaire omniprésente, et tout un chacun observe stupidement le bateau sombrer.
Continuer dans cet aveuglement ne peut conduire qu’à une violence endémique et la disparition de tout avenir commun. "
Cyrille Dalmont
Juriste en droit public
Folie passagère 3326.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr