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mardi 6 juin 2017

Législatives: Comment transformer un raz de marée en tsunami...

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Dimanche dernier a eu lieu le premier tour des élections législatives pour les Français de l'étranger. Huit jours avant le premier tour métropolitain. En 2012, nos expatriés avaient pu voter par vote électronique ce qui avait permis une quasi simultanéité entre leurs votes et celui des métropolitains. Cette année pour des raisons de sécurité et pour éviter toute cyber-attaques, on se marre, il a été décidé par la clique hollandaise que le vote serait physique et non électronique. Toujours pour des raisons de sécurité, on se re-marre, le ministère des Affaires Etrangères (Fabius puis Ayrault) avait décidé que compte-tenu de la difficulté pour acheminer dans des contrées si lointaines bulletins de vote, professions de foi, enveloppes et le matériel nécessaire, les Français de l'étranger disposeraient de quinze jours entre les deux tours (une semaine en France). En 2012, les résultats de l’étranger furent tenus secrets jusqu'à la clôture des derniers bureaux de vote de métropole, histoire, un peu comme avec les sondages interdits 48h avant le vote, de ne pas influencer les électeurs...

Bref, l'important, même si ce n'est pas dit ainsi, était de faire en sorte que les résultats du premier tour soit connus avant ceux du premier tour métropolitain. Qui plus est si ces résultats s'avéraient favorables au camp du bien devenu entre temps celui du camp Macron. Qui plus est si au lieu de garder les résultats secrets on les dévoilait dès le dimanche soir ou lundi matin. Et quelle meilleure impulsion donner à En Marche ! en France si ce n'est celle de montrer: regardez, là-bas, au loin, ils ont voté massivement Macron !

Et c'est vrai qu'ils ont voté massivement Macron puisque sur onze circonscriptions, 8 ont mis le candidat d'En Marche très largement en tête, certains obtenant plus de 64% des suffrages exprimés.

Et d'avoir aussitôt des titres de journaux et manchettes du style: "  La République en marche en tête chez les Français de l'étranger ", " Législatives 2017 : Le vote des Français de l’étranger donne déjà une indication ", raz de marée pour Macron chez les Français de l'étranger ". Le pompon revenant à Libération qui titrera: " En marche écrase le premier tour des législatives chez les Français de l'étranger " ou Le Point qui annonce: " Français de l'étranger : REM en passe de rafler toutes les circonscriptions ".

Bref, en France, ceux qui s’intéressent aux législatives ou ceux qui ne loupent pas un JT ne pourront ignorer que là-bas, les Marcheurs ont envoyé valdinguer tous les autres candidats, y compris certaines personnalités connues comme Frédéric Lefevbre ou Thierry Mariani. Et comme les Français de l'étranger ne sont pas plus cons que les Français de France, vous savez ce qu'il vous reste à faire: Voter Macron, pardon, votez pour les candidats d'En Marche les 11 et 18 juin ! Compris ?  Et au cas où vous ne l'auriez pas compris, les sondages seront là pour vous aider: LREM aura plus de 380 sièges à l'Assemblée ! Donc, en avant les veaux, votez En Marche !

Bon, okay, on insistera pas trop sur la ridicule participation, à peine 19%, participation si faible que même avec 63,5% des suffrages obtenus (6ème circo. Suisse et Liechtenstein ), le candidat n'est pas élu puisqu'il faut, pour le premier tour, obtenir au minimum les votes de 25% des électeurs inscrits. Ce qui permet par exemple à l'ancienne secrétaire d'Etat de Hollande, Axelle Lemaire d'aller au second tour avec un score lamentable de 9, 8% au premier tour !

Impulsion donnée par les Français de l'étranger, sondages ébouriffant, faudrait vraiment être très cons pour ne pas voter En Marche les 11 et 18 juin en France. Mais au cas où cela ne suffirait pas pour faire en sorte que ce raz de marée de l'étranger se transforme en tsunami national, il y a la petite astuce supplémentaire... Celle qui consiste à ne pas oublier que les législatives bénéficient de la dynamique de l'élection présidentielle: les Français se veulent cohérents et donnent généralement une majorité au Président élu. Sauf que là, majoritairement, les candidats d'En Marche sont d'illustres inconnus; se pose donc la question de savoir comment les électeurs pourront reconnaître, parmi la pléthore de candidats (jusqu'à 24 dans certaines circonscriptions), les candidats macroniens ... L'astuce consiste donc à mettre sur les tracts de tous les candidats LREM deux photos: celle du candidat et celle du supposé Président de tous les Français ! Du quasi jamais vu ! Et hop, la boucle est bouclée ! Le tsunami est En Marche, presque ni vu, ni connu !

Ainsi tout aura été fait et bien fait, dès avant l'élection présidentielle, pour que les élections législatives apportent au Président Macron une très large majorité. Reste à savoir qu'elle sera l'état de notre assemblée nationale, sa compétence et sa performance,  dès lors que l'immense majorité des futurs élus sera composée de novices et de parfaits néophytes en politique. Sans doute suffira-t-il de leur imposer quelques leaders puissants afin de faire de tous ces puceaux et pucelles, au moins les deux premières années, de parfaits godillots...

Folie passagère 3553
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 22 mai 2017

De Hollande à Macron, le changement, c'est maintenant !

A la mémoire de Gridou (Jean-Pierre, fidèle commentateur), qui tout comme Droopyx, est parti bien trop tôt ! Fucking Life !

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Je dois dire que ce gouvernement a quelque chose de surprenant: Voilà presque 8 jours qu'il est en place et, pour l'instant, pas un couac à ma connaissance. Rien à voir donc avec les premiers gouvernements de Hollande.

Tenez, Hollande, avez-vous remarqué avec quelle facilité / félicité, nous l'avons déjà tous enterré, oublié, presque zappé de nos mémoires ? Étonnant ? Non, conforme à ce qu'il fut finalement: rien. Il y avait quand même quelque chose de bien avec lui et sa bande d'idéologues et de tanches patentées: On les voyait venir de loin (Sans doute seront-ils quasiment tous recasés sans avoir à répondre du bordel qu'ils auront mis dans le pays. La République est bonne fille). Alors que la nouvelle équipe, certes il faudra nous y habituer, difficile de sentir à quelle sauce ils vont vouloir nous manger. De quoi désarçonner un petit peu le blogueur...

Elle est tellement iconoclaste cette équipe, inhabituelle. Un espèce de grosse salade républicaine dans laquelle on aurait jeté presque tous les ingrédients  à portée de main: y a de la droite, y a du socialo, y a du radical gauche, y a des centristes, y a des des experts, y a des traîtres à leur camp, des énarques, de la parité, du flan avec Collomb, un écolo et un soupçon de diversité pour faire joli. Et un Président qui a l'air de vouloir - ça nous changera - se la jouer... Président. Le changement serait-il pour maintenant ? 

Comment voulez-vous qu'on s'y retrouve ?

Bon okay, il y a l'air aussi d'y avoir des gros nases dans la bande. Regardez Collomb, Sinistre de l'Intérieur. Le jour de la passation, il a fondu en larmes devant son champion, ce qui pour un ministre de l'Intérieur la fout un peu mal. Et le voilà samedi, alors que la polémique fait rage sur le quartier devenu invivable de la Chappelle-Pajol, déclarer benoîtement qu’il souhaitait mettre en place " la police de proximité pour faire en sorte qu’il n’y ait plus de territoires de non-lieu (sic), que l’on puisse être en sécurité partout. Nous allons donner des moyens en matériel et en armement ". Si ça, c'est pas de la tarte à la crème, du lieu commun, je ne sais pas ce que c'est. Vous avez bien Schiappa dont il faudra se méfier. Il y a aussi Bayrou, ministre de la Justice mis en examen et non démissionnaire, qui à défaut de ne pas valoir un clou aura à cœur de faire parler de lui et de se rendre indispensable. Flessel ? Rigolote mais sans prétentions intellectuelles. Mais à part ça ? Plutôt une équipe équilibrée et qui, à défaut d'être pour l'instant crédible et d'apparaître sincère, fait plutôt belle figure. Il me semble. Comme me semble totalement ridicule l'espèce d'euphorie qui semble avoir gagné les salles de rédaction.

On me dit ça et là que ce cocktail politicien voulu par Président n'aurait qu'un objectif: constituer à terme, après avoir fait exploser les LR, un parti unique qui n'aurait plus face à lui que les extrêmes. Je n'y crois pas un instant. A l'objectif peut-être, à la réussite de l'entreprise, non. Nous verrons.

En attendant, législatives à l'horizon, cette équipe va surtout se démener pour gagner et sans doute - les Français sont assez veaux pour cela -  aura-t-elle la majorité à l'Assemblée Nationale. C'est seulement là que nous verrons de quel bois ils sont fait. Si d'aventure, ils ne gagnaient pas, nous irons à la cohabitation: premier accident de parcours pour Macron, gros grain de sable pour le Maître des Horloges à qui je n'arrive pas, pour l'instant, à accorder une once de confiance.


Folie passagère 3542
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 22 juin 2016

2017, ces élections législatives que personne ne semble voir...

Il y a deux jours, j'écrivais sur ce blog: " Au moins tout le monde s'accorde-t-il pour dire que ces prochaines présidentielle vont être un véritable bordel. Pas d'accord ! Vous verrez que tout va progressivement rentrer dans l'ordre et qu'une fois les primaires passées, nous aurons une configuration de l'élection présidentielle tout à fait classique. Non, pour moi, le bordel, le vrai, ce sera pour après, pour les législatives et je suis très surpris que nos médias ne s'intéressent pas plus aux différentes configurations que pourrait avoir notre future assemblée nationale... "


Maxime Tandonnet aborde lui aussi le sujet dans un billet intitulé: 2017, les vraies élections . Comment ne pas être d'accord avec ce qu'il écrit ? 

" La politique du pays est en train de se transformer radicalement, de basculer dans un autre monde, au rythme des bouleversements de la société. Le modèle de la gouvernance française issu des années 1970 et renforcé dans les années 2000 est à bout de souffle. Jamais plus personne ne reviendra sur le discrédit de l’institution présidentielle telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui: l’hyperprésidence narcissique. Le naufrage de l’Elysée dans sa version actuelle est sans retour. Toute prétention à exercer le rôle de roitelet du pays est désormais vouée au ridicule. En effet, les Français ne sont pas aussi manipulables et naïfs que ne semblent le penser les leaders politiques. Ils savent, d’instinct, que l’idée d’un personnage tout puissant, surmédiatisé, tenant à lui seul les leviers du pays, entretenue par la classe politique et les médias, est une gigantesque imposture dans le monde moderne.

En 2017, le dernier masque de cette légende pourrait tomber. Il en sortira, quoi qu’il arrive l’élection d’un chef de l’Etat déjà usé jusqu’à la corde par son historique au pouvoir, cramé dès son installation à l’Elysée, ridiculisé par la tragédie des primaires, cible providentielle des médias, des corps intermédiaires (magistrats), de l’opinion publique. Privé d’une autorité stable et durable, il ne disposera plus jamais sans doute d’une véritable « majorité présidentielle » à l’Assemblée, à cause du tripartisme nouveau dans le pays, voire quadripartisme, de l’émergence des « frondeurs » de droite et de gauche et de la déliquescence du prestige présidentiel. Or comme chacun le sait, les pouvoirs personnels du chef de l’Etat sont réduits (celui de dissoudre l’Assemblée). Pour le reste, il ne décide rien tout seul, pas même le référendum et en l’absence de majorité présidentielle claire, sombre obligatoirement dans la paralysie et l’impuissance.

C’est pourquoi l’avenir du pays repose aujourd’hui sur l’élection de l’Assemblée nationale, les législatives, l’espoir, même ténu, d’une recomposition politique autour de majorités d’idées, constituées de députés sensibles à la notion de bien commun et d’intérêt national; et par-delà, l’émergence, d’un Premier ministre homme neuf, autoritaire, à la tête d’un gouvernement puissant et déterminé à réformer le pays. Un miracle? Peut-être, mais c’est le seul envisageable, tant la déconfiture présidentielle, à travers notamment les primaires, semble s’accélérer. Dans une période aussi troublée et incertaine, rien n’est pourtant écrit d’avance. Une crise majeure, sociale, politique, militaire, dans l’année qui vient, pourrait déboucher sur un tel scénario totalement inédit.

Dans ce contexte, le président de la République devra, non pas s’effacer, mais retrouver un rôle plus conforme à la lettre et à l’esprit des institutions autour du destin à long terme de la Nation, de la politique étrangère et de défense. Ceci est pour moi une évidence. Pourtant, infiniment rares sont les esprits qui commencent à le comprendre tant cette idée contraste avec la mythologie politique française. Ils existent, j’en ai rencontré. Les politiques, dans leur immense majorité, ne peuvent même pas l’imaginer. Le hochet élyséen les enivre. Quoi? L’apparence de la toute puissance, sans une once de responsabilité personnelle pendant cinq ou dix ans? Mais les faits et la loi des réalités, sont infiniment supérieurs à leurs fantasmes de toute puissance. "

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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.