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mardi 4 septembre 2018

Je suis né trop tôt. J’ai connu, enfant, ce qui restait de la France d’avant.


De l'ami Koltchack. Faites-vous plaisir, vraiment, lisez !:

" Cela fait des années que cette idée ne me quitte pas : je suis né trop tôt. Pour mon malheur, j’ai connu un peu de cette France d’avant. D’avant la bouffonnerie soixante-huitarde, d’avant l’abaissement des frontières et des critères d’attribution de la nationalité, d’avant le relâchement des mœurs, d’avant la permissivité pénale, d’avant l’avènement des petits procureurs de l’antiracisme et du vivre-ensemble obligatoire. J’ai quelques souvenirs d’enfance de cet imbécile mois de mai. Parisiens, mes parents m’emmenaient parfois, gamin de six ans, avec eux dans leurs déambulations pédestres dans les rues de la capitale, presque totalement rendues aux piétons pour cause de pénurie de carburant, de grève des transports en commun. Arrivés dans le Quartier latin, nous regardions les barricades, et les quelques andouilles qui les tenaient, sérieux comme des gardes rouges, ne voyant pas l’absurde de la chose. C’était comme une sorte de zoo sans cages ou enclos. Le boulevard Saint-Germain et les rues adjacentes s’étaient, par la grâce de la bêtise estudiantine, mués en une sorte de grande ménagerie simiesque. Les bonobos du cru allaient et venaient, piaillant des mots d’ordre abscons, les plus doués collaient des affiches idiotes proposant au lecteur des slogans se voulant novateurs. Nous décampions lorsque la police arrivait. Arrivés sur la rive droite, nous entendions les détonations des lance-grenades, des cris.

Gamin, je n’envisageais pas une seconde que ce gigantesque monôme allait dénaturer la nature profonde de mon pays. Comment l’aurais-je pu, moi qui étais fasciné par ce vieux général qui présidait à la destinée de la France ? Je le trouvais rassurant avec son uniforme, son aspect débonnaire, je le voyais comme une sorte de grand-père de tous les Français. Je ne sais pas si c’est une chance, mais je suis né dans une famille où la politique prenait énormément de place. J’accompagnais mon père lorsqu’il collait les affiches, lorsqu’il tractait. Je l’aimais bien ce grand bonhomme de général. On sentait qu’il était d’une autre trempe que tous ces ministres étriqués dans leurs costumes trois-pièces et lorsqu’il parlait, c’était la France qui s’exprimait. Pas celle des calculs politiques, des frileux défenseurs des acquis sociaux, des promoteurs de la grande partouze moderne, mais celle de Fontenoy, d’Austerlitz, de Camerone, de Verdun. Certes, ce n’était pas un roi, mais à sa façon il était le père du peuple français, un homme que l’on ne pouvait que respecter même si on se situait politiquement aux antipodes. Bien sûr je ne comprenais pas tout, mais je voyais bien que lorsque la France se déplaçait à l’étranger elle était accueillie avec la pompe et la déférence déployées pour un hôte de marque.

Lorsqu’à l’occasion de vacances nous descendions en province, en Auvergne, nous retrouvions la famille. J’étais fasciné par les vieux du village, les traits profondément marqués par l’âge, à la tignasse blanchie par les ans, la vêture sombre, toujours alertes, actifs, prompts à la plaisanterie. Je me suis toujours mieux entendu avec mes aînés qu’avec les mioches de mon âge. Quelques-uns mis à part, ils ne m’acceptaient pas, j’étais l’anormal, celui qui les confrontait à ce qu’ils étaient. Comme si un môme qui sait lire couramment et écrire correctement, à son entrée en CP, qui préfère Dumas et Verne à Pif ou Hakim, pouvait devenir quelqu’un de populaire dans ces véritables ménageries qu’on appelle « écoles élémentaires ».

J’ai eu la chance d’aller dans une école primaire à l’ancienne. Le port de la blouse, obligatoirement grise, était de rigueur, de même que le voussoiement. Seuls le porte-plume et la plume Sergent Major étaient autorisés pour tous les travaux d’écriture. Le matin, un élève désigné par l’instituteur devait faire le tour de tous les pupitres afin de remplir les encriers. Et lorsque nous voulions nous venger de la crasse d’un élève à notre endroit, nous glissions discrètement un petit bout de buvard dans son encrier. Le buvard se désagrégeait rapidement et les fibres en suspension se collaient à sa plume, produisant des pâtés qui invariablement lui valaient une punition. Un antique poêle à charbon trônait au milieu de la classe et l’hiver, à tour de rôle, nous devions aller remplir le seau des précieux boulets afin qu’il puisse régner une douce chaleur. Notre première tâche du matin consistait à recopier la morale du jour qui avait été écrite sur le tableau noir. Il s’agissait généralement de préceptes civiques destinés à nous inculquer les règles basiques de la vie en société, de nous faire entrevoir que si chacun a des droits, il a surtout des devoirs et que droits et devoirs sont les deux faces d’une seule et même pièce.

À la fin de la scolarité dans le primaire, en CM1 et CM2, nous avons eu droit à des cours de morale un peu plus poussés. Pour ce faire, d’antiques manuels nous furent distribués. Il s’agissait des « Cours de morale théorique et pratique » dont les auteurs étaient A. Pierre (inspecteur général de l’instruction publique) et Mlle A. Martin (agrégée de Lettres), l’éditeur étant le fameux Fernand Nathan. Si je précise le caractère antique de ces manuels, c’est parce qu’ils dataient de 1912 et que nous les utilisions encore au début des années 70. Je ne saurais dire pourquoi, mais j’ai gardé un souvenir précis de ces deux années à potasser la morale sur ces manuels. Au point, qu’arrivé à l’âge d’homme j’ai couru les bouquinistes pour en acheter un exemplaire.
Mais revenons aux vacances. C’étaient des parenthèses merveilleuses où je pouvais me promener à travers la campagne, entre champs, bosquets et ruisseaux, regarder la nature vivre. C’était aussi la vie de la ferme, avec ses règles oubliées aujourd’hui. Les repas étaient pris à heures fixes, et malheur au retardataire, il écopait du regard désapprobateur de mon grand-père, suivi d’un sec et laconique : « On ne t’a pas attendu ». Le fautif baissait alors la tête et ne pipait mot, se contentant de prendre le repas en route sans demander son reste, heureux de s’en sortir à si bon compte. Je me souviens qu’une fois mon père, qui avait bien passé la trentaine, tenta de prendre part à une discussion entre mon aïeul et ma mère, qui a contrario de ses belles-sœurs, jouissait de sa bienveillance. Il y eut soudain un grand silence, rompu par un glacial « Je ne crois pas t’avoir adressé la parole ». Médusé, je vis mon père se taire, baisser la tête, arborer la mine contrite d’un môme pris en défaut. Je n’en revenais pas. Mon père, cet ancien marsouin de la coloniale qui avait parcouru les Aurès, redevenait un tout petit enfant penaud.

Dieu que j’ai pu l’aimer ce vieil homme, et il m’adorait également. J’étais son petit-fils, celui qui allait assurer la perpétuation de notre nom de famille. Grâce à lui, j’avais le droit de veiller un peu, assis sur un des bancs placés dans la cheminée, de chaque côté du foyer. Je l’accompagnais à l’étable et aux champs, coiffé d’un chapeau de paille et chaussé de bottes un peu trop grandes pour moi. Après son décès, les terres ont été rachetées et le nouveau propriétaire a laissé lentement la ferme devenir une ruine.
Mes parents, modestes commerçants, tenaient une brasserie rue Montorgueil à proximité des pavillons Baltard. À cette époque, ils travaillaient à mi-temps : 12 heures chacun, sept jours sur sept. J’ai grandi au milieu de ce quartier grouillant de vie. La vie allait au rythme des halles. Très tôt le matin les producteurs qui venaient vendre leurs marchandises et les forts envahissaient le zinc. Rapidement les rues étaient encombrées par les véhicules des commerçants venus s’approvisionner. Vers 9h/10h tout ce beau monde prenait le temps d’une rapide pause casse-croûte arrosé d’un ballon de rouquin, histoire de tenir jusqu’au repas de midi. D’autres habitués du comptoir commandaient d’une voix de rogomme une tournée de mêlé-cass.

C’était une Babel en miniature. Les travailleurs qui jaspinaient l’argomuche de leur métier (le louchébème tout particulièrement) se mêlaient aux touristes provinciaux et étrangers venus s’encanailler. Il y avait une foultitude de métiers aujourd’hui disparus tels le rémouleur, le vitrier, le ramoneur, le marchand des quatre saisons avec sa carriole à bras, etc. Le pavage du passage de la Reine de Hongrie était glissant. La graisse des boyaux de porc, que les tripiers avaient mis à égoutter sur les fils tendus entre les bâtiments, se déposait sur le sol. Avec le temps, elle avait fini par imprégner le granit. Du coup, il offrait une patinoire gratuite à tous les gamins du quartier qui s’offraient de belles glissades. Et puis il y avait le hangar du Père la ficelle où les clochards pour la modeste somme d’un franc pouvaient passer la nuit à l’abri des intempéries, assis en enfilade sur des bancs, une corde passée sous les bras, que le maître des lieux dénouait au matin.

Pour autant que je me rappelle, il y avait assez peu d’étrangers et ces derniers mettaient un point d’honneur à vivre à la française. Plus tard, après avoir été évincés du quartier à la suite d’une expropriation pour cause de trou des halles – qui resta béant des années durant – nous migrâmes vers le 9ème arrondissement tout proche, près de la salle des ventes Drouot. Autre quartier, autre ambiance, autres métiers. Il y avait les grisettes, petites mains de la broderie Lesage qui continuent à faire des merveilles pour les maisons de haute couture. Des joailliers qui travaillaient en appartement. Il y avait Enzo, le tailleur sicilien qui ressemblait furieusement à Venantino Venantini, le porte-flingue des Tontons Flingueurs. Il y avait René le garagiste, Daniel qui s’était spécialisé dans la vente d’antiques appareils photos, le bijoutier suisse dont je ne me rappelle que le nom. Et puis il y avait aussi Nékli, le harki, le cheveu aussi gris que ses costumes étriqués qui buvait son ballon de rouge quotidien au zinc parental, une cibiche de gris vissée au bec. Je m’en voudrais d’oublier Nino, le rital, ancien la légion étrangère qui passait son temps à faire le clown pour me faire rire.

Paris à cette époque était une suite de quartiers qui vivaient comme autant de villages. Je pouvais me balader seul, malgré mes 10 ans, dans les rues du quartier. Tout le monde savait que j’étais le fils des patrons de la brasserie. Les îlotiers connaissaient tous les marmots du secteur et avaient le pied leste ou la main lourde si d’aventure nous avions commis quelque connerie de môme. Nos parents en rajoutaient une louche pour faire bonne mesure. Le métro avait cette odeur particulière disparue avec ces bonnes vieilles rames Sprague-Thomson au confort rustique mais qui avaient l’avantage d’avoir des fenêtres qui se baissaient jusqu’à la moitié du carreau. Et puis lorsqu’il faisait chaud l’été, on pouvait ouvrir les portières une fois que le train était lancé à pleine vitesse, la pression des vérins baissant fortement avec l’accélération. La resquille n’existait pas car le fameux poinçonneur veillait. La voyoucratie ne faisait pas la loi dans les stations car il y avait le chef de station qui avait sa guérite sur le quai. Les seuls représentants de la maison Truanderie étaient les pickpockets. Il n’y avait que peu de rues goudronnées, le pavé parisien était roi. Je me souviens de quelques petites rues isolées qui avaient conservé les pavés en bois de l’occupation.

À cette époque on ne parlait pas de tissu social à préserver. Paris était habité par toute une population de petits commerçants, d’ouvriers, d’employés, de retraités. C’était une vraie ville. Bien sûr, elle n’avait pas ces belles façades proprettes que l’on voit aujourd’hui. Bien sûr il y avait des immeubles qui n’avaient pas connu de ravalement depuis la libération, mais tout ce petit peuple trouvait à se loger sans rencontrer de difficultés. Les bistrots, les épiceries, les drogueries, les salons de coiffure étaient autant de lieux où on se rencontrait, où on se racontait, où on commentait l’actualité. Parce qu’à cette époque il y avait de vrais journaux télévisés avec de vrais journalistes qui n’imaginaient pas que leurs successeurs prendraient le public pour des cons. Les correspondants de guerre suivaient les patrouilles des boys au Viet Nam, caméra à l’épaule, essuyant les rafales comme les boys, à des années lumières du cirque médiatique (et toc) des pseudo-reportages de Tempête du Désert, des guerres d’Irak et d’Afghanistan. Certes, la télévision n’était pas en couleurs, on pouvait compter le nombre des chaînes sur les doigts de la main de Django Reinhardt, mais on ne prenait pas le téléspectateur pour une andouille. Il y avait des jeux, jamais abrutissants, mais qui permettaient de se coucher en ayant appris quelques bouts d’histoire, de géographie, etc. Et question culture, quelle chaîne oserait aujourd’hui produire et diffuser à une heure de grande écoute « Les Perses » d’Eschyle ? Quelle chaîne ferait le pari de tourner en décors naturels le « Dom Juan » de Molière, « Cyrano de Bergerac », pièces servies par une brillante distribution ?

La France de la fin de mon enfance fut malheureusement celle du grand bordel tout juste naissant qui émerveillait le bourgeois parisien devant tant d’audace et de liberté. Bedos que je ne porte pourtant pas dans mon cœur avait raillé l’hypocrisie de ces modernes féministes qui commençaient à envahir l’espace hexagonal : « elles portent des minijupes mais dans leur tête, elles sont encore aux crinolines ces connes ! ». Le général était parti, remplacé par un président ayant l’allure d’un président de Conseil Général afin de mieux tromper son monde, car le bonhomme voulait faire entrer la France dans le modernisme, quitte à user de forceps. Les margoulins surent profiter de la brèche et on vit fleurir les cinémas pornos et les sex-shops. L’heure était à la libération des mœurs, à l’amour libre au rejet des conventions bourgeoises oppressives. Même l’Église s’y est mise. Si les projections de diapos niaiseuses sur la vie de Moïse, de Salomon, de David, du Christ ébranlèrent sérieusement mon envie de continuer le catéchisme, les balades crétines de notre curé à guitare finirent le travail. Cette Église n’était pas pour moi. J’attendais de la rigueur, de l’étude et tout ce qu’on m’offrait c’était du gloubiboulga faisant dans le sympa, le tutoiement de rigueur entre nous, avec le prêtre ainsi qu’avec le Seigneur. Tutoyer Dieu, quelle idée ! Moi qui n’arrive toujours pas à tutoyer mes pairs sans le lustre d’une longue fréquentation, je ne comprenais pas comment on pouvait se permettre une telle abomination en rabaissant la divinité au niveau d’une humanité de moins en moins digne et de plus en plus glapissante et ridicule.

Assurément, je suis né trop tôt. J’ai connu, enfant, ce qui restait de la France d’avant. Comment ne pas regretter cette époque lorsqu’on voit le cloaque qu’est devenue la société française ? En grandissant, ce sentiment d’être étranger à cette époque, aux préoccupations de mes contemporains, aux marottes qui agitent le monde politique-journalistique-artistique-intellectuel, n’a cessé de grandir en moi. Je hais ce monde où des mots comme honneur, probité, devoir, ne veulent plus rien dire, mais sont quand même agités sans cesse par une meute de repris de justesse sursitaires continuant, sans vergogne, de briguer mandats et sinécures. Je ne supporte plus cette époque où la pornographie s’affiche à la moindre devanture de kiosque, et jusque dans les écrans de télévision dès que sonne l’heure où les enfants sont censés être couchés mais le sont de moins en moins. Je déteste ce monde où l’inversion des valeurs semble être devenue la règle, où la vertu est raillée, considérée comme un de ces legs honteux d’une époque que l’on aimerait bien voir définitivement enterrée dans le cimetière des valeurs moisies, pour reprendre la formule consacrée des sinistres folliculaires. Je crache sur cette démocratie dévoyée, antre des margoulins de tout poil, marigot chéri des crabes aspirant au pouvoir et qui affectent de paraître des types normaux alors que justement le peuple attend de vrais hommes, nantis de gonades bien attachées, capables de diriger, de prendre les dispositions qui s’imposent même si, nécessaires, elles se révèlent impopulaires. Que de saloperies sont commises au nom de cette soi-disant démocratie, qui d’abdications en renoncements, conduit lentement mais sûrement les peuples vers la dissolution et la ruine.

J’envie les vieux de mon enfance. Ils savaient vivre en attendant que la camarde vienne les visiter. L’époque était encore douce, la France, même si elle se défigurait lentement, avait encore ses accents et assez de son caractère d’antan. On pouvait s’accommoder des quelques désagréments qui pointaient leurs vilains museaux. Ceux de ma génération, à moins d’être acteurs des imbécillités actuelles érigées au rang de dogmes, ne peuvent que souffrir en voyant ce magnifique pays trahi, devenir une manière de caricature du « melting pot » communautariste américain dans lequel chaque groupe de pression ethnique, sexuel, etc. tente d’obtenir des droits particuliers au nom d’une illusoire et inepte égalité réelle. Les mots ne voulant plus rien dire, qui est-ce que cela peut encore déranger, sinon ceux qui ont appris de leurs anciens ? Alors, on se retranche de la communauté humaine qui s’agite autour de nous, on se contente d’être les spectateurs désabusés d’une pièce, mal écrite et mal jouée, sans véritable sens. Et parfois, lorsqu’une journée a été plus pesante qu’une autre, on se prend à trouver que la vie est bien longue. "

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr


jeudi 9 novembre 2017

A propos du Général de Gaulle...


" Dans le tumulte des hommes et des événements, la solitude était ma tentation. Maintenant, elle est mon amie. De quelle autre se contenter quand on a rencontré l'Histoire ? "
Général Charles de Gaulle.

" Le général de Gaulle vivait alors ce qu'on appelait pas encore sa traversée du désert. Retiré à Colombey, il écrivait ses mémoires. Chaque semaine ou presque, il venait passer un jour ou deux à Paris pour des rendez-vous. Il recevait dans un salon de l’hôtel La Pérouse, près des Champs-Elysées. C'est là que j'arrive, par une belle journée de juillet 1950, pour rendre visite à mon oncle et lui dire au revoir avant mon grand départ. Il m'interroge un peu sur la Haute Volta, sur ce que j'en sais, sur ce que j'en imagine. Et soudain, le voici qui s'agenouille devant moi, et le front baissé vers le sol, les mains jointes, me demande ma bénédiction. je suis stupéfait ! Charles de Gaulle est un grand homme, une figure déjà de l'histoire de France... il est aussi mon oncle, ce qui suffit à forcer mon estime et ma déférence. mais à cet instant, humble et modeste, il m'apparaît, et avec quelle force et quelle évidence, comme un homme et comme un chrétien."

François de Gaulle, neveu du général, alors tout jeune prêtre missionnaire.



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Il y a 47 ans le Général mourait. Et aujourd'hui, ils s'en revendiquent tous alors que pas un d'entre eux n'aura jamais sa grandeur, sa droiture et l'honneur d'avoir vraiment servi la France.



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dimanche 28 mai 2017

La tombe du Général profanée, Fadila El Miri complice...

En voilà une nouvelle qui semble bouleverser beaucoup de monde: On s'est attaqué à la tombe du général de Gaulle ! La Croix a été cassée ! Sacrilège !

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Qu'il est bon de se rendre compte que nous sommes nombreux à s'offusquer de cette profanation. Faut-il être tarte, con, idiot, stupide pour s'en prendre ainsi à un si parfait symbole tout-en-un: Le Général, la résistance, l'héroïsme, la République, la Constitution, la Croix, nos racines chrétiennes,... Faut-il voir dans cette profanation un geste politique ? Sans doute pas. Un déséquilibré, dit-on. Encore un. C'est dingue ce que notre pays compte de déséquilibrés. Ou un grand gamin alcoolisé qui a fait un pari débile. 

Peu importe. Ce qui importe c'est de considérer que quelqu'un est capable d'un tel irrespect. Et peu importe à la limite, hors le symbole, que ce soit celle du Général qui ait été ainsi brisée. Il y en a tant qui, chaque année, subissent le même sort. Combien de cimetières profanés, combien de sépultures abîmées ? On ne les compte plus. Et qui pour s'en indigner ?...

Ce qui importe c'est que notre société soit capable de produire de tels individus. Le criminel tue par intérêt ou par passion. Le voleur vole pour manger ou s'enrichir. Les p'tains de terroristes tuent pour une cause, pour Allah. Sans le moins du monde les excuser ou pardonner, on peut comprendre. A la limite, au bout du bout. Mais que faut-il avoir dans le carafon si ce n'est un grand trou béant pour aller s'en prendre aux morts ? Faut-il n'avoir aucune notion de ce que peut être le respect dus aux morts, qui plus est quand celui-ci est un Grand, pour aller détruire une tombe. Faut-il que l'éducation dispensée à l'auteur du crime ait été défaillante. Ou pis encore, que celle-ci lui ait tellement lobotomisé le cerveau qu'il se soit fait du Général un homme à abattre à nouveau... Va savoir.

J'espère que l'auteur de cet acte aussi stupide que scandaleux sera interpellé et que les sanctions qui lui seront infligées seront à la hauteur du crime qu'il a commis. On ne touche pas à De Gaulle, on ne touche pas aux morts, on ne transige pas avec le respect du aux anciens et aux morts.

Ceci dit.... encore une fois, devrait-on s'étonner de ce genre de saloperies quand même une candidate à la députation, n'ayant sans doute pas pu faire le voyage à Colombey, a du se contenter, à sa manière, d'un simple doigt d'honneur... pour nous montrer quelle idée elle se fait du respect... du à celui qui, quoiqu'on en pense, lui permet aujourd'hui de se présenter devant les électeurs... alors que par son geste ci-dessous immortalisé, elle est ni plus ni moins la complice de celui qui a cassé la Croix à Colombey-les-Deux-Eglises

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Folie passagère 3546
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vendredi 15 avril 2016

Dire non quand il le faut, seul l'esclave dit toujours oui.

Je sais, le texte qui suit est assez long mais comme je le dis bien souvent: Plus c'est long, plus c'est bon. Ce discours dont vous devriez trouver sans trop de peine (et sans tricher en vous ruant sur google) l'auteur a été prononcé le 13 avril dernier. C'est bon, très bon !


" Mes chers amis,


La première République mourut deux fois. La première fois avec la Terreur, en criant : « La liberté ou la mort !» La deuxième fois dans les désordres du Directoire, un 18 brumaire. L’héritage de cette première République, celle de Condorcet et de Carnot, ne fut sauvé que par le Consulat : il fallait reconstruire l’Etat et la société pour que la Nation survécut. Bonaparte le fit en jetant, ce qu’il appelait « des blocs de granit » sur lesquels allaient s’édifier l’avenir : le Code civil, le lycée, l’Administration, le Concordat, l’Autorité…

La seconde République mourut un 2 décembre de s’être trop méfiée d’elle-même et d’avoir cédé à l’illusion lyrique des révolutionnaires de 1848. Victor Hugo fit de la défaite de 1870 le châtiment du 2 décembre. Mon penchant séguiniste m’incite pourtant à penser que le second Empire prit ce qu’il y avait de mieux dans les rêves de 48 et fit une France plus grande, plus belle, plus forte et plus prospère, celle d’Haussmann, de Duruy, de Lesseps, de la révolution industrielle et des premières lois sociales.

La troisième République, celle de Jules Ferry, sauvée par Clemenceau en 17, mourut un 17 juin, printemps de débâcle d’avoir eu peur elle aussi d’être gouvernée et d’avoir laissé la bride sur le cou aux partis et aux factions. Le malheur de la défaite, mit au pouvoir le vainqueur de Verdun qui à Montoire couvrit de sa gloire la plus grande honte et le plus grand déshonneur que la France ait jamais connus. 

La IVe, celle de Robert Schuman, de Guy Mollet et de François Mitterrand, mourut un 13 mai, au bord de la faillite et de la guerre civile, paralysée à son tour par le régime des partis.
Au moment où tout s’écroulait, elle appela le Général de Gaulle. 

Ce fut, après tant de drames, la revanche de la France qui voulait être gouvernée. La Ve République naquit de la fatigue des précédentes, de leurs jeux stériles et de leur impuissance tragique.

Ce fut la victoire de la France de Philippe Auguste, de Jeanne d’Arc, de Richelieu, de Colbert, de Napoléon, celle des soldats de l’an II, de la France Libre et de la Résistance, contre celle des politiciens et des notables, celle des féodalités qui n’aiment pas un Etat qui fasse réellement son métier et qui par conséquent les domine et qui, disait le Général de Gaulle, « ne sont plus dans les donjons, mais sont dans les partis, dans les syndicats, dans certains secteurs des affaires - excusez-moi - de la presse, de l’administration, etc … » 
Elles ont depuis relevé la tête, remis le désordre dans l’Etat, dans l’économie, dans la société, abîmé les institutions…

Prétendre gouverner sans tenir compte des leçons de l’Histoire, c’est se condamner à ne pas voir à quel point ce qui nous arrive est un recommencement.
Dans ses mémoires de guerre, rédigées dans les années 50, le Général de Gaulle écrit à propos des années 30 : « Témoin réservé, mais passionné des affaires publiques, j’assistai à la répétition continuelle du même scénario. À peine en fonction, le Président du Conseil était aux prises avec d’innombrables exigences, critiques et surenchères que son activité s’employait à dérouler sans pouvoir les maîtriser. Le Parlement, loin de le soutenir, ne lui offrait qu’embûches et défections. Ses ministres étaient des rivaux. » 
Ça ne vous rappelle rien ? Nous y revoilà ! 

Et toujours pour les mêmes raisons qui sont d’abord intellectuelles et morales. Et toujours par l’abaissement de l’Etat et de l’autorité. Et toujours par la perte du sentiment national et du goût de servir une cause plus grande que soi. Et toujours parce que les féodalités veulent pouvoir faire leurs petites affaires dans leur coin et se servir au lieu de servir. Et toujours à cause des marchandages et du clientélisme. Et toujours à cause de la démagogie et de la faiblesse. Et toujours à cause des petits calculs et des basses combinaisons.

Et toujours cela a mal fini. Et toujours cela finira mal.

Et toujours quand on croit que les grands drames ne reviendront jamais, on les fait revenir.
Qui ne voit les désordres du monde ? Le monde n’en a pas connu de tels depuis 70 ans. Qui ne mesure, jour après jour, la montée des périls ? Qui ne ressent que ce que nous pouvons perdre est immense ? Tout ce qui nous a fait aimer le plus beau pays du monde et aimer la vie. Tout ce qui nous a fait ce que nous sommes, et un peuple libre.

6 millions de Français confrontés directement aux difficultés de l’emploi et leurs familles et leurs enfants, depuis si longtemps : Munich social disait Philippe Séguin ! Munich économique et Munich industriel aussi. Et les usines qui partent et nos enfants aussi.

Et Munich culturel : dix siècles durant, nous avons marché vers l’unité non sans avoir à affronter de terribles épreuves, guerres de religion et guerres civiles. Nantes se souvient de Carrier comme Béziers se souvient de la Croisade des Albigeois, les protestants de la Saint Barthélémy et les Catholiques du père Combes.

Mais au moment où l’unité semblait enfin accomplie après tant de divisions et de drames, où sans rien oublier, l’histoire de chacun semblait être devenue l’Histoire de tous, voici la Nation menacée de se disloquer en une juxtaposition de communautés et de tribus. Détruire prend beaucoup moins de temps que construire. Qui ne perçoit la vitesse à laquelle la France se défait ?

Dans l’interdiction du cumul des mandats se dissimule l’opposition fatale du national et du local; dans la charte des langues régionales et minoritaires la première reconnaissance juridique des minorités; dans l’indépendance du Parquet la future guerre de la justice contre l’Etat qui a déjà commencé et qui mènera au chaos institutionnel; dans la suppression du service national la perte du sens du devoir, du sentiment national du lien entre l’Armée et la Nation, d’un creuset où se mêlaient toutes les conditions et toutes les origines; dans l’Union Européenne, l’instrument de ceux qui n’aiment pas les Nations et rêvent de l’Europe du Moyen âge avec ses principautés et ses Villes-Etats. L’Union Européenne, grand rêve qui tourne au cauchemar et qui rappelle au lieu de les chasser les vieux démons qui au long de l’Histoire ont déchiré le continent et l’ont mené au bord de l’anéantissement.

Un poète meurt dans le camp de concentration de Theresienstadt en écrivant ces derniers vers :  

« Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres, 
D’être cent fois plus ombre que l’ombre, 
D’être l’ombre qui viendra et reviendra 
Dans ta vie ensoleillée… »

Quelques mois plus tard, les longues files des morts vivants de « Nuit et brouillard » sortiront des camps hanter la conscience européenne avec la première image véritable de l’enfer.

On voulut faire l’Europe pour que cela n’arriva plus jamais. On s’y prit le plus mal possible. On voulut croire que les Nations étaient coupables alors que c’était les hommes, leurs défaillances morales et le malaise que celles-ci engendrent dans la civilisation. C’était les hommes, et leur désir de vengeance, qui avaient humilié des peuples et allumé chez eux une haine terrible. C’était les hommes, et leur aveuglement, qui avaient cru qu’en mettant la guerre hors la loi il n’y aurait plus de guerre et qui, au lieu de miser sur les chars et les avions avaient choisi la ligne Maginot. C’était les hommes, les politiciens, qui en 1935 avaient préféré la déflation à la dévaluation et déclaré que la « situation financière de la France » ne permettait pas d’augmenter les dépenses militaires. C’était les hommes, les politiciens, qui en 1936 avaient dit « Nous ne laisserons pas Strasbourg à la portée des canons allemands » et qui n’avaient rien fait et qui de renoncements en renoncements, avaient fini à Munich quand ils n’avaient pas fini dans la collaboration en partageant le rêve hitlérien d’une Grande Europe où il n’y aurait plus de Nations, mais seulement des maîtres et des esclaves.

A nouveau les survivants, ceux des champs de bataille, ceux des maquis, ceux des camps, ceux des bombardements, crièrent « plus jamais ça !»

Mais en voulant effacer les Nations, en voulant empêcher les gouvernements de gouverner, en servant d’alibi à tous les renoncements de la politique, en voulant placer la politique et la démocratie sous la tutelle des juges et des bureaucrates pour mettre soi-disant l’Europe à l’abri des passions populaires, ce qu’ils firent réveilla les vieux démons qui se réveillent toujours quand la raison déserte. Et il n’était pas raisonnable de chercher à aplatir l’Europe, à la débarrasser de tous ses héritages, à effacer toutes ses frontières, à affaiblir les Etats, à faire table rase de toutes les réalités historiques, géographiques, culturelles, démographiques, identitaires, sur lesquelles doivent se construire toutes les politiques, celles de la raison, comme celles des sentiments.

Maintenant, tous les démons sont à nos portes. Le profond malaise des sociétés de l’Occident en général, de l’Europe en particulier engendre des monstres.Reste à savoir si nous allons nous laisser dévorer par les monstres ou réagir. Reste à savoir si d’une façon ou d’une autre, nous allons refaire moralement et intellectuellement le chemin qui conduit de la ligne Maginot jusqu’à Montoire en passant par Munich ?

Dans le monde tel qu’il va, dans l’Europe telle qu’elle se disloque, dans la France telle qu’elle se défait, la faiblesse et l’aveuglement sont plus dangereux que jamais. Dans ces circonstances, on n’a pas le droit d’être un politicien, on n’a pas le droit, moralement de faire la politique des petits arrangements, des petits calculs, des clientèles quand se joue le destin de la civilisation et de la Nation.

Si nous commençons à prendre conscience que nous pouvons tout perdre, alors notre devoir est de résister et de nous battre comme se battaient les résistants de jadis « Pour une fierté dont au fond ils ne savaient qu’une chose, c’est qu’à leurs yeux, la France l’avait perdue ». 

Au regard de ce devoir, voyez le spectacle lamentable qui nous est offert : un Président de la République qui congédie un Ministre de l’économie qui tient un discours de gauche pour en nommer un autre qui tient un discours de droite et crée un parti de droite pour concurrencer la majorité de gauche tout en restant dans un gouvernement de gauche. Ce Président n’est pas l’héritier du Général de Gaulle mais celui des politiciens de la IVe République, ou de ceux de la IIIe qui en 1945 préféraient reconstruire leur parti que reconstruire la France.

Monsieur Ayrault croit qu’il a été Premier Ministre de la Ve République. Il n’a pas compris qu’il avait été à la tête d’un gouvernement de la IVe République où chaque Ministre représente non l’intérêt général mais une clientèle qu’il défend. Ce n’est pas tellement différent, c’est même parfois pire, avec son successeur : un gouvernement où chacun vit sa vie et qui d’un côté étrangle les services publics et les collectivités locales avec le rationnement budgétaire et de l’autre distribue sans compter l’argent des Français pour calmer quelques militants de l’UNEF excités qui croient devenir adultes en bloquant des lycées ou en lançant des bouteilles sur des CRS.

N’accusons pas le « socialisme », il n’y est cette fois pour rien. Si au moins ce gouvernement était socialiste, nous saurions contre quoi nous nous battons et les électeurs sauraient pourquoi ils votent. Et cette gauche qui a trahi tout ce que la gauche a signifié dans notre Histoire, cette gauche de François Hollande et de Guy Mollet, cette gauche qui n’est même plus la gauche renie tous les jours celle de Jaurès, de Léon Blum et des luttes des ouvriers pour la reconnaissance de leur dignité. Cette politique n’est pas socialiste, elle n’est pas de gauche, elle n’est pas de droite non plus, ni du centre. C’est seulement la politique du chien crevé au fil de l’eau qui, dans les circonstances si graves où nous nous trouvons, peut engendrer de bien grands malheurs.C’est la politique politicienne qui nous a coûté si cher dans le passé.

Que ce soit par défaut ou par le mensonge, le politicien veut être élu. Mais, le prochain Président ne doit pas être élu par défaut, ni sur un mensonge. Il aura besoin d’un mandat. Il aura besoin de susciter l’adhésion et la confiance, sinon comment pourra-t-il gouverner ce peuple en colère qui réclame que l’on s’occupe de lui ?

Il lui faut un projet ? Je vous propose ce préambule :

« Pour marcher droit vers son but, il faut que la nation soit guidée par un État cohérent, ordonné, concentré, capable de choisir et d’appliquer impartialement les mesures commandées par le salut public. Le système actuel, suivant lequel des partis rigides et opposés se partagent tous les pouvoirs, doit donc être remplacé par un autre où le pouvoir exécutif procède du pays et non point des partis et où tout conflit insoluble soit tranché par le peuple lui-même. Cela, chaque Français le sent. »
Ce sont les mots du Général de Gaulle en 1947 ! De l’Histoire ? Non, de nouveau le présent et l’avenir. Notre civilisation peut mourir. L’Europe peut se disloquer. Notre pays peut disparaître.

La folie destructrice des idéologues nihilistes qui veulent encore une fois en finir avec toute autorité et des politiciens prêts à toutes les démagogies pour être élus, l’ivresse du pouvoir d’une Justice qui se prend pour les Parlements de l’ancien régime, une presse enragée qui condamne d’abord et qui instruit après, menacent les fondations : celles de la famille comme celles de l’Etat, celles de la Liberté, de l’Egalité, de la Fraternité et de la Paix.

Mais comment vivrons-nous ensemble si tout est détruit ? On peut rester les bras croisés devant les malheurs du Monde. Mais un jour fatalement, ces malheurs deviennent les nôtres.Nous y sommes. Je ne reproche pas à ce gouvernement, à cette majorité d’être de gauche, ni d’être de droite mais de ne pas sentir que nous sommes arrivés à ce point où les malheurs de chacun deviennent les malheurs de tous. Je leur reproche de ne pas prendre conscience des devoirs que cela leur impose.

Monsieur Macron dit : dépassons les clivages ! Très bien ! Mais il y a deux façons de le faire: par le social-libéralisme ou par le Gaullisme. C’est peut-être le grand clivage de l’avenir. Il s’imposera peut-être si le Gaullisme revient. S’il ne revient pas, le clivage sera le Front National contre tous les autres qui diront tous la même chose. Alors, comment cela finira-t-il ? Le Gaullisme contre le social libéralisme : la politique du peuple contre celle des dîners en ville. Ceux qui unissent, ceux qui divisent.

Avant, on avait la lutte des classes. Maintenant, on livre à la vindicte publique chaque catégorie sociale tour à tour en cherchant à coaliser contre elle toutes les autres, en attisant la jalousie et le ressentiment : un jour, les chômeurs, un autre, les fonctionnaires, les salariés, les notaires, les pharmaciens… Spécialité d’un Ministre de l’Economie qui va à Davos expliquer en anglais, aux banquiers du monde entier qu’il n’est pas raisonnable de payer un peu plus cher les heures supplémentaires de ceux qui travaillent plus que les autres. Et quand je pense que certains de mes amis aimeraient voir Monsieur Macron adhérer aux Républicains. Moi qui pensais appartenir à une famille politique qui voulait réhabiliter la valeur travail !

La question sociale et la question nationale : Le clivage pertinent est entre ceux qui se posent ces deux questions et ceux qui ne se les posent pas. Le Gaullisme contre « le social-libéralisme » qui n’a rien du tout de social : La politique pour ceux aussi qui n’ont rien ou qui n’ont pas beaucoup et la politique seulement pour ceux qui ont tout et besoin de rien. Ceux qui ont peur pour leur avenir et ceux qui ont toutes les raisons de n’avoir peur de rien. (...)

On ne s’en sortira pas avec « Nuit debout » sur la place de la République, en tirant les fonctions électives au sort, avec des mandats très courts et non renouvelables. On ne s’en sortira pas en détruisant la politique et la démocratie représentative. On s’en sortira en faisant de nouveau prendre de la hauteur à la politique.

La République au bord du gouffre a toujours désespérément cherché un sauveur. N’attendons pas trop le sauveur qui pourrait bien ne pas ressembler ni à Bonaparte, ni à Napoléon III, encore moins au Général de Gaulle … Et tendons l’oreille au bruit de ce qui germine souterrainement dans la société. La germination va bientôt faire éclater la terre… Pour le meilleur ou pour le pire. A nous de choisir.

De choisir la vraie réforme qui est la réforme intellectuelle et morale : celle de la politique, celle de l’Ecole, celle du travail, celle de la famille. A nous d’avoir la force, le courage de dire non à ce qui nous conduit au pire. 

Dire non à l’Europe quand elle dérive, quand elle veut nous obliger à laisser mourir notre agriculture, notre industrie, les valeurs de notre civilisation, la souveraineté de notre peuple. Dire non à l’Allemagne quand elle veut piétiner la Grèce. Dire non aux Etats-Unis quand ils veulent affaiblir nos entreprises avec leurs tribunaux et nous imposer leur loi avec le traité transatlantique. Dire non aux concurrences déloyales, aux dumpings. Dire non : le non du 18 juin, le non du Général de Gaulle quand les Américains voulaient évacuer Strasbourg, lors de la contre-offensive allemande dans les Ardennes en décembre 44, le non du Général de Gaulle quand il fit la politique de la chaise vide à Bruxelles qui a sauvé la politique agricole commune. Dire non aux mots creux, aux slogans qui interdisent de penser et de choisir, non au modernisme, au progressisme, au nihilisme qui justifient tant de folies, tant de destructions, tant d’inconséquences et tant de reniements des plus vieilles leçons de la sagesse humaine.

Dire non quand il le faut, en se souvenant que « seul l’esclave dit toujours oui. »

Vive la République ! Vive la France ! "

Folie passagère 3139.
Charles De Gaulle In Paris, France On November 11, 1968 - Charles De Gaulle during a commemoration at Notre-Dame de Paris for the fiftieth anniversary of the armistice of World War I.
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mardi 23 février 2016

C'était à Verdun... en 1966

A l'heure ou ce billet paraîtra, en en admettant que le bidule fonctionne, j'aurai pris la route depuis un bon moment: j'm'en vais prendre un bon bol d'air iodé pendant quelques jours.

Pour que point vous vous ennuyâtes de trop, et puisque nous commémorons ces jours-ci le centenaire de la bataille de Verdun, je vous ai mis ici la vidéo du cinquantenaire (provided by Le Nain), du temps où l'on avait un vrai chef d'Etat...



Une époque ou un chef d'Etat pouvait aller à la messe sans que cela n'offusque personne, un temps où cela n'avait rien de ringard que d'aller à la messe, de chanter la Marseillaise, de défiler sans être traité d'affreux nauséabonds... Un temps où l'on savait faire silence et respecter médailles et décorations tant par ceux qui les remettaient que par ceux qui les recevaient. Un temps où l'on respectait les anciens et l'on saluait le sens du sacrifice. Un temps où l'on n'avait pas besoin d'un attentat et des exhortations d'un pingouin présidentiel pour sortir les trois couleurs. Un temps où l'on s'habillait et où le décorum avait son importance. Un temps où les mots avaient encore un sens et les discours une profondeur oubliée aujourd'hui. Un temps où la notion de Français de souche n'avait  forcément aucun sens. Un temps où nous n'étions pas emmerdés par les communautarismes, les muzz et autres radicalisés; un temps où il aurait paru totalement saugrenu de porter un voile islamique...

En ce temps-là, la France était encore grande et souveraine et son chef d'alors savait parler d'Histoire, d'avenir et conclure son discours par un tonitruant " Vive la France " omettant, sans doute sciemment, " Vive la République ".

Aujourd'hui, il n'y a plus de ces anciens-là, alors les jeunes ou les moins jeunes se costument et on reconstitue... et aucun ministre, encore moins Président, ne fera le déplacement. Il faudra attendre le mois de mai prochain, soit 3 mois après cette date anniversaire pour que notre petit Président nous organise une grande cérémonie citoyenne et républicaine...


Allez, à dimanche prochain et portez-vous bien, même en Socialie !

Folie passagère 3072
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lundi 28 octobre 2013

Du grand Charles au petit François


" Comment la Vème République, celle du Général de Gaulle, a-t-elle pu accoucher d'un François hollande ? "

J'ai vu passer cette question sur twitter et effectivement, on peut se poser la question de savoir comment on en est arrivé là...

Qu'on soit pro ou anti de Gaulle, puisque de nos jours il semblerait que seuls les avis tranchés soient de mise, personne n'oserait remettre en cause la stature du personnage. Qu'on soit pro, s'il en reste, ou anti hollande, force est de constater que celui-ci n'inspire pas le respect ni même l'autorité que devrait normalement lui conférer sont titre et sa fonction. J'en veux pour preuve, par exemple, les dernières Unes de nos journaux. Comment a-t-on pu passer d'Un destin face à l'Histoire à la Débâcle ou le Naufrage ? Comment a-t-on pu passer d'un "Je vous ai compris" à "elle pourra rentrer, seule" ?

En soixante ans, nous sommes passés de l'Homme d'Etat à l'homme des sondages, de la critique, de la caricature, des reculades et des couacs à répétition. Ce ne sont plus les projets d'avenir qui animent le débat politique, juste des polémiques successives. Alors certes, hollande impressionne par son absence de cap et d'autorité mais cela justifie-t-il cette défiance de plus en plus manifeste à l'égard de nos chefs de l'Etat successifs ?

Reprenez la liste: De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy puis hollande... N'avez-vous point l'impression que plus le temps passe et plus l'autorité de l'Etat, incarnée par le Président, s'est amoindrie?

La faute à qui, la faute à quoi ?


Ce qui frappe, peut-être me trompe-je, c'est que cette défiance semble s'être accrue avec la mise en place du quinquennat qui, de fait, a réduit considérablement le temps d'installation dans la fonction du nouveau venu. Ce dernier doit agir, tout de suite, et ce en admettant qu'il ait acquis de par son expérience antérieure la maîtrise des outils de gouvernance: l'appareil d'Etat, le corps des hauts fonctionnaires, la connaissance des réseaux, des rouages et des hiérarchies. Faute de quoi, son action sera limitée, sa volonté d'agir amenuisée. A peine élu, le président est maintenant obligé d'agir vite, en fait de réagir aux événements et à la réalité, tout en ayant en perspective sa réélection et donc, décevoir le moins possible son électorat. La confrontation immédiate au réel a fait voler en éclat le programme d'hollande.


Deuxième élément, la médiatisation (excessive?) de la vie politique a fait exploser les murs de la tour d'ivoire qui, de de Gaulle à Mitterrand, de moins en moins sous Chirac, protégeait tout en l'isolant nos présidents. Plus rien, ou presque, de ce que fait ou dit un président ne nous échappe. Le Roi est nu, lorsqu'il n'a pas la braguette ouverte, nous savons tout de lui et  ce que nous savons de lui permet de nous en amuser, de le critiquer, de façonner une image. Les médias ont fait de Sarkozy un supposé président des riches, les mêmes ont fait de hollande un capitaine de pédalo. On peut ne pas aimer le président des riches, on se moquera d'un marin d'eau douce. Qui plus est quand ce dernier perce lui-même le fond de la barque.


Troisième élément, concomitant du précédent, les nouvelles technologies et le développement fulgurant d'internet font que nous avons tous individuellement (le blogueur, par ex.) ou collectivement (les partis politiques), et pour peu que l'on s'en donne la peine, les moyens de tirer à vue sur le président et son équipe. La moindre parole et le moindre geste sont décortiqués, fast and fact checking , visionnés et diffusés. Le moindre écart n'est plus pardonnable. Lorsque hollande ouvrit la liberté de conscience aux maires pour mieux revenir dessus le lendemain, cela n'échappa à personne, amis, alliés ou ennemis. L'opacité dont bénéficiaient les présidents précédents, opacité créée par l'accession difficile à l'information, n'existe plus. Nous sommes en transparence et en réaction.


Quatrième élément; le parcours: C'est un mouvement de l'Histoire (et son courage, sa vision de la France,...) qui a sorti de Gaulle de l'anonymat et lui a permis de devenir un Homme d'Etat; il est entré dans l'histoire le 18 juin, il a fait un bout de notre histoire par la suite. Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac, à défaut d'avoir fait l'Histoire, ont tous eu un parcours politique qui s'inscrivait dans le mouvement historique. Ils étaient tous des produits d'Etat, des politiques ayant assumé de multiples responsabilités et endossé plusieurs fois les habits ministériels, des leaders de partis. Ils ne sont pas devenus présidents par hasard. Leur entrée au Château était l'aboutissement presque logique d'une longue carrière politique. Le raisonnement vaut pour Nicolas Sarkozy. Il ne tient pas pour hollande qui finalement n'est que l'enfant illégitime du Fouquet's et du Sofitel. Il ne doit pas son élection à sa carrière mais bien plus à un geste inapproprié de DSK et un arrêt inopportun de Sarko dans une brasserie huppée, un soir de victoire.


La "volatilité" et la modification de l'électorat pourraient être le cinquième élément nous ayant conduit à l'élection de hollande. Nous avons les élus que nous méritons et plus le temps passe, ne retenant rien du passé, nous votons pour des gens qui mentent comme des arracheurs de dents et qui font du clientélisme le moyen de leur réussite. Toute personne sensée ayant lu avec soin le projet socialiste ne pouvait que se marrer et normalement... voter pour quelqu'un d'autre. Incapable de juger par eux-mêmes, manipulés par les médias tout acquis à sa cause, 51% des électeurs (à peine 38% du corps électoral) ont voté pour hollande. La déception et les désillusions aussi brutales que rapides étaient prévisible. 51% des français ont voté pour quelqu'un qui, confronté à la réalité, irait droit dans le mur. Rajoutez à cela que l'on vote bientôt plus contre quelqu'un que pour quelqu'autre et vous avez fait le tour de ce qui a rendu l'élection d'hollande possible pour les uns, illégitimes pour les autres.

Il y a sans doute bien d'autres raisons qui nous ont amené là où nous en sommes et sans doute en trouverez-vous d'autres: l'endogamie du personnel politique, la captation du pouvoir par les mêmes personnes depuis 60 ans, les mêmes qui désignent héritiers ou successeurs, la lassitude et le tous pourris qui de nous dépités font les députés d'aujourd'hui, bien d'autres raisons, certes, mais parmi elles, il y en a deux, à mon avis, qui dominent toutes les autres et dont hollande est la meilleure illustration: l'incompétence et le fait de pas avoir su s'entourer des bonnes personnes.

Folie passagère 1966.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.