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lundi 12 août 2013

Jean-Marc Ayrault: Mais qu'est-ce que je fous là ?




" Non mais c'est pas vrai ! qu'est-ce que je fous là ! 

Me voilà tapant sur des bambous - ah, non, on me dit que ce sont des djembés, un truc comme ça - Et dire que toute la France et même ailleurs, ils vont me voir entrain de faire le glandu devant 300 chiards défavorisés. Perso, je ne voulais pas mais l'autre con, non seulement il m'a piqué la Lanterne pour se la couler douce mais en plus, il veut que je fasse peuple. Alors je fais. Il ordonne, j'exécute, je suis d'ailleurs le seul dans cette équipe de bras cassés à obéir. Les autres font que des conneries et des couacs à répétition et c'est moi qui trinque. Et en plus, il me faut sourire à tous ces guignols. Regarde-le l'autre qui essaie de m'apprendre à faire l'africain, en plus va falloir le payer... Franchement. Il est trop à l'aise Pépère, il diminue les budgets de réception du Château, et c'est moi qui doit taper dans ma cagnotte pour régaler ces bambins. C'est comme le coup des sondages, officiellement, il n'en commande plus, n'empêche que ceux que le SIG commande pour son compte, c'est moi qui les paye, comme sous Sarko. Enfin, tant pis, ça fait peuple, à l'écoute, social, convivial, c'est ça qui compte, non? Et les Français normalement, ils devraient mordre à l'hameçon. Enfin, j'espère parce que franchement, qu'est-ce que j'ai l'air con, même pas démago, con, simplement con.

Même pas le droit de prendre plus de 8 jours de vacances. J'ai pas signé pour ça, moi, sans compter que Brigitte, elle commence à faire sérieusement la gueule; ça fait combien de temps qu'on a plus fait la bête à deux dos ? Je ne sais même plus, p'tre bien depuis que je suis premier ministre. On ne se voit même plus. Manquerait plus qu'elle demande le divorce, une parfaite chrétienne comme elle, ça ferait désordre, et j'aime pas le désordre, sauf à l'UMP. 

J'suis fatigué, même mon camping-car a oublié la tête que j'ai. Et tout ça pour quoi ? Pour rien ! Pour à peine 30% des Français qui ont une opinion positive de moi; les ingrats. Autant, d'ailleurs, ça m'étonne parce que franchement avec toutes les couleuvres que je leur fais avaler aux Français, sont vraiment très cons. Et tout ça pour le compte de l'autre... C'est comme le mariage zinzin, Pépère l'a voulu, mon équipe l'a fait et maintenant toute ma belle-famille me fait la gueule. Pour quoi ? Pour quelques dizaines de frappadingues qui vont se marier pour faire moderne ! Mais je l'ai prévenu le président, ce truc-là, on va le payer cher aux municipales. Tiens, c'est comme les conneries à Moscovici, un jour on croît et le lendemain, on décroît. Il aurait tort de se priver après tout, les médias n'y voit que du feu.

Mais qu'est-ce que je fous là ! Une matinée à jouer à la poupée et au camion de pompier pour faire proche-des-préoccupations-des-Français, c'est le Grand Charles qui doit se retourner dans sa tombe, même Tonton, il doit se gondoler si il me voit. Même Fillon, il n'aurait pas osé... J'ai des chômeurs en pagaille, des contrats de génération et d'avenir à vendre même si personne n'en veut et je suis là à faire le couillon devant les caméras. C'est pas ça le job de premier ministre. Remarque pendant deux ou trois heures, je n'ai pas à m'occuper de tous ces branques qui me chient dessus à longueur de journée. Même Dray s'y met, il paraît, selon lui, que "trop d'impôts tue l'impôt" qu'il a dit, je croyais que c'était de Laffer,cette tirade. Putain, ils vont le voir que j'ai aucun rythme; de là à ce qu'un idiot me le ressorte du genre tambour ou réformes, Ayrault manque de rythme, y a pas loin. Même Président, il va se marrer. Lui semaine dernière, il écumait la France à l'écoute des Français et moi, je tape sur une peau de bête. C'est qui qui passe pour un con ? C'est moi ! Ça me fait penser qu'il faudra que je vire un de mes conseillers, le con, celui qui a transmis à la presse que cette tambourinade, c'était pour dialoguer avec quelques-uns de celles et ceux qui, dans leur diversité, d'une manière ou d'une autre, feront la France de 2025. Est-ce que j'ai une gueule de diversité ? Ils m'emmerde avec leur diversité. Je suis breton de Nantes, élevé au p'tit beurre, pas un divers. 

Boum et un et deux et trois, boum... mais jamais ça s'arrête ce cinéma, j'ai la migraine, je garde pourtant le sourire, figé, mais sourire tout de même et l'autre Boum et un et deux et trois... J'en peux plus. Tu vas voir qu'ils vont me demander de signer des autographes et de poser pour les photos. Putain, ma mèche (remettre ma mèche à sa place). Tu vas voir qu'un journaleux va oser dire que j'ai reçu ces futures racailles en toute décontraction. Est-ce que j'ai l'air détendu, je n'ai jamais l'air détendu. Je suis premier ministre, moi. Si seulement, je pouvais retrouver ma mairie de Nantes, j'étais peinard au moins. J'en ai marre. Toute ma vie j'ai rêvé d'être premier ministre, quel idiot, je fais, je tape sur des tambours alors que le pays se meurt. 

Allez, quitte à passer pour un con, autant boire le calice jusqu'à la lie. Je vais leur chanter du Patoche avant que l'on me demande de danser la zumba, c'est peuple ça, Patoche, les Français aiment je crois, la preuve c'est numéro un dans les classements de chansons. Allez, j'y vais: Et quand il pète il troue son slip ! "


Folie passagère 1850.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 23 janvier 2013

Julien Dray: " Où va la droite ? ". Je réponds: " Dans le mur ! "


Julien Dray, le grand public ne sait pas trop qui il est, c'est normal, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Il n'est plus député, tout juste simple conseiller régional. Cependant, au nom de sa splendeur passée, il garde tout de même un peu  d'audience chez les gauchisses. Je tombe sur son blog, un peu par hasard, et lis donc son dernier billet intitulé: Où va la droite ?

Bon globalement, il tire à vue sur la droite parlementaire et en profite pour la railler un peu bêtement comme tout bon gauchisse. Cependant, je reprends volontiers sa première phrase et sa conclusion, étant entendu que lorsqu'il écrit " la droite ", il faut comprendre la droite parlementaire:

"  La droite semble perdue. Désorientée, privée de cap, privée de chef, privée de projet, la droite erre, oscillant entre guerres internes et assauts de démagogie. " et de conclure ainsi: " La droite parlementaire est à la remorque du peuple de droite. Elle est dépassée, déboussolée. Elle ne cherche plus à orienter ses électeurs, elle s’est mise à suivre toutes les pulsions de son électorat. Elle abdique toute responsabilité politique et s’en remet au hasard. Privée de chef, de projet, de structuration, sa situation devient un élément de plus de l’implosion politique de nos pays. Où va la droite ? Nulle part. C’est un bateau à la dérive. Et ce n’est pas rassurant…"

On passera sur les artifices de langage du bon gauchisse qui veut se payer le camp d'en face mais comment ne pas être d'accord avec ce qu'il avance. La droite parlementaire est silencieuse, muette et toute occupée à régler ses problèmes internes ou à regarder, avec gourmandise, querelles de personnes et ambitions révélées, se dessiner les prochaines échéances électorales, la mairie de Paris en particulier.

Et pourtant ce ne sont pas les sujets qui manquent et qui devrait lui permettre de monter au créneau tous les jours: le chômage, les comptes de la nation ou de l'Unedic, l'emploi, les retraites, les accords bidons patronat-syndicats, le mariage zinzin ( Pourquoi, par exemple, aucun député de droite n'a osé demandé la convocation devant l'assemblée du Préfet de Paris pour qu'il s'explique sur les délirants comptages de ses services lors de la grande Manif ), la crise, la dépendance, la réforme du marché du travail, la guerre au Mali et les véritables motivations de l'engagement de nos troupes, les reniements hollandais, les nominations curieuses au CSA ou dans la préfectorale etc... Autant de motifs de ne rien laisser passer, autant de raisons de déposer par milliers des amendements, autant de raisons de marquer sa différence. Le quasi-silence. Qui ne dit mot consentirait donc ?

Par dépit, il nous reste à constater, non sans sourire, qu'en ce moment, faute d'une opposition véritable et audible à droite, l'opposition au gouvernement vient de là où, à priori, on ne l'attendait pas: de la gauche, de l’extrême gauche, des syndicats, des instituteurs, des fédérations de parents d'élèves, des p'tits gars de Florange, d'Aulnay ou de Flins, de l'Eglise, de nombre de blogueurs de gauche etc... Voire même de pays étrangers: La presse algérienne ou égyptienne semblent les seules à poser les bonnes questions sur le Mali.

Nous le voyons, la gauche, dans sa diversité, s'oppose de plus en plus ouvertement à cette gauche au pouvoir. Oui, Julien Dray a raison; constater cela n'est pas rassurant. Car laisser à une bonne partie de la gauche ( celle des baisés ou des cocus de l'élection présidentielle ) le rôle d'opposant à hollande et à sa clique, c'est, compte tenu de la flexibilité du bonhomme et son souci d'éviter les conflits par le compromis, le risque de voir passer dans les textes et les lois toutes les inepties que cette gauche revendicatrice et sans pouvoir réel, si ce n'est celui de la rue, souhaite.

Si cet état de fait continue, nous pouvons parier que nous n'assisterons pas à la reconquête dont les Copé et autres Fillon se gargarisent car rappelons tout de même une évidence, presque une lapalissade, les déçus et les cocus de gauche ne voteront jamais à droite.

Alors à la question de Julien Dray: Où va la droite ? Je réponds: Dans le mur si elle continue à se taire !

Folie passagère 1547.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.