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lundi 31 août 2015

Des universités d'été à l'image du parti socialiste: Désastreuses !


Dites donc, vous avez vu un peu ce cirque ce week-end aux universités d'été du parti socialiste ? Génial, non ? Tellement génial et mémorable que dès le lendemain, il n'y a plus que moi pour en parler. C'est dire !

Le raout commence le vendredi et qu'est-ce qu'on voit à la télé: ben qu'il n'y avait pas grand monde, ça faisait un peu pitié. Mais bon... Au moins la crème était là: Y avait Cambadélis, Le Foll et quelques ministres, un vert ou deux en recherche de notoriété et d'un éventuel maroquin ministériel, des d'jeuns et puis c'est à peu près tout. Et quelques grands absents... Que Royal n'y soit pas allée, on peut comprendre, La Rochelle ne l'aime pas. Mais Aubry, cette grande figure du socialisme français, n'avait même pas fait le déplacement. Et Macron ? Ministre de l'économie et chouchou des socialistes, tout de même, pas invité par le premier secrétaire, c'est-y pas beau ? Et ce qui devait arriver arriva, faute de guests, la fête n'en fut que morose et terne.

Bon, le samedi, les gars, ils ont bossé, il y avait des ateliers organisés, des débats, des tables rondes et quelques discours dont on aura rien retenu.  Le samedi soir, par contre, y avait teuf et banquet et là, les amis, ça été coton: les  D'jeuns étaient déchaînés, à l'arrivée de Manolito, les cons, ils ont crié " Macron démission et Taubira à Matignon " ! Taubira à Matignon, c'est vous dire le niveau de cette jeunesse militante: manquer à ce point de respect pour l'actuel premier ministre, c'est franchement pas correct. Que même que Manuel, il n'a pas aimé et que, dit-on,  - mais chut! - il aurait giflé un boutonneux revendicatif, boutonneux qui aurait par la suite été ceinturé par Cambadélire, enfin bref, un tel bordel qu'il a fallu que le service de sécurité intervienne pour séparer les belligérants. Ça fait un peu désordre... Ainsi donc, après deux jours d'université, que retenir ? Ben rien. Heureusement le lendemain, il y avait l'hystérique de Matignon pour prendre la parole et prononcer le discours de clôture. Clôturer un " rien ", fallait oser; il a osé.

Il a pris la parole devant une foule immense d'environ 1 000 personnes, chauffées à blanc, tant par la chaleur que par les déclarations fracassantes de l'avant-veille du Macron sur les 35h. Heureusement le service d'ordre avait tout prévu: des bouteilles d'eau vendues sans bouchons afin qu'elles ne puissent voler, pleines, sur la tronche du Premier... Ambiance...

Et là, voyez-vous, du grand Manuel. Il y a mis son cœur et ses tripes, le garçon. Il a parlé de tout, absolument de tout et de rien: de la crise, des migrants qu'il fallait accueillir et surtout bien accueillir, de la croissance qui était là, enfin presque, du chômage qui finirait bien par baisser, de lui, de nous, de la France, de Badinter, des valeurs de la République, du 11 janvier et de cette France debout pour dire non au socialisme terrorisme, des muzz, des juifs, d'Israël, de la Syrie (enfin ça, je n'en suis pas sûr), du climat et d'écologie, de la sécurité, du code du travail qu'il faudrait sans doute alléger, des 35h que, lui vivant, on ne touchera pas (sujet clos), de la compétitivité des entreprises qu'il s'engageait à soutenir à donf,  des " sables mouvants de la défiance " qu'il fallait éviter, des élections régionales où toute la gauche devra aller  " unie " (surtout dans 3 régions, île de France, Paca et Nord pas de Calais, les autres, il semble avoir fait une croix dessus), de cette vilaine droite qui lit Valeurs Actuelles, des " barrières qui tombent " quand une élue FN s'en va causer avec les cathos, etc... de tout, vous-dis-je, il a parlé de tout.

Et s'est fait copieusement siffler par les d'jeuns lorsqu'il évoqua la réforme du code du travail... Marrant, lui et ses potes qui ironisaient lorsque Juppé se fit siffler à Bordeaux ou à Paris... Ce n'est pas bien de siffler, c'est pas correct. Il l'a dit d'ailleurs, Manolito, " il fallait se respecter et accepter les différences car si entre nous nous ne nous respectons pas, comment les Français pourront croire que nous les respectons " !... Brave Manolito, qu'il soit rassuré sur ce point, à la lecture des derniers sondages, les Français ne sont plus si nombreux à respecter les socialistes et le premier d'entre eux: Aux chiottes, la Socialie ! ( Oups, je m'égare). Un vrai discours où à coups de menton, de doigt tendu, de bras levé, chemise mouillée et dégoulinant (même qu'à la fin, sexy, on voyait ses tétés et que Belkacem semblait émue), l'hystérique de Matignon aura prouvé une nouvelle fois que le chef c'est lui et que même si plus personne n'y croit vraiment, il était socialiste et de gauche. Marrant qu'il soit ainsi obligé de nous le rappeler si souvent... Applaudissements et clap de fin !

Alors, hein, ça valait pas le coup que je vous raconte ? Ne me remerciez pas... Vous en redemandez ? Allez, z'avez pas vu non plus, le soir même Cambadélis sur le plateau de BFM faire le debreef de ces universités ? Moi, j'ai regardé et me suis bien marré quand il a tenté de minimiser les sifflets et les tensions vécues sur place, lui qui, je le rappelle, ne manqua pas de se moquer des militants de droite qui sifflèrent Juppé... Oui, j'ai regardé Cambadélis se faire remettre à sa place par une étonnante Nadine Morano qui n'hésita pas à rappeler les condamnations judiciaires du monsieur... Séché sur place le bovin !

Bref, des universités clairsemées, une majorité éclatée, un parti socialiste divisé comme jamais, une ambiance pourrie, un premier ministre contesté, voilà ce que l'on pourra retenir de ce raout socialiste de fin d'été. Rien que du très habituel... Mais de penser que ces gens sont au pouvoir, comme le disait, samedi, un militant socialiste: " ça fait peur "

Folie passagère 2886.
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samedi 24 août 2013

Il ne lui manquait plus que la petite moustache toute étroite et bien taillée


Valls. Manuel Valls. L'avez-vous vu et entendu ce matin lorsqu'il parlait à la tribune ? Vous n'avez pensé à personne ? Cela ne vous a-t-il rien rappelé ? Un homme politique endiablé, rouge de colère, s'emportant, vociférant, transpirant, déversant une haine surfaite sur ses adversaires, démagogue outrancier, quelques traits de baves à la commissure des lèvres par moment, pointant du doigt des ennemis imaginaires, parfois au bord de l'apoplexie puis reprenant son souffle, le poing serré, colérique... Il ne lui manquait plus que la petite moustache toute étroite et bien taillée... ou l'écharpe rouge d'un Mélenchon.

Çà, c'était pour la forme, une vareuse sur sa chemise bien trop grande n'eut pas été de trop. Et pour le fond ? Qu'a-t-il pu bien dire que nous n'ayons pas déjà entendu dans la bouche de ce tribun à l'ego boursouflé et l'ambition ravageuse? Il intervenait aux Universités d'été du PS lors d'un atelier consacré à la lutte contre le FN, les méchants, l'extrême droite, la droite, Sarko et tutti, contre tout ce qui n'était pas de son camp. Pris dans la polémique avec sa collègue Taubira, quelques peu mis en difficulté par ses amis et la gauche de la gauche, il se devait de rassurer son auditoire et son camp: Oui, Moi, Manuel Valls, Ministre de l'Intérieur, je suis un homme de gauche ! Je suis un homme de gauche parce que j'aime la France, la République et l'idée de Nation ! " Et la gauche, c'est la Nation, la gauche c'est la laïcité, la gauche, c'est la République ! "  Sous-entendu, pour les malcomprenants, que être de droite, pis, d'extrême-droite, c'est être un ennemi de ces trois piliers; piliers dont il se propose d'être le fervent défenseur, piliers dont il souhaite déposséder le camp d'en face.

Et de se fendre d'une tirade qui ne pouvait que séduire son auditoire tout en soulevant le cœur de ceux qui voient en l'islam un (éventuel) danger pour le pays: " Oui, l'Islam est compatible avec la démocratie ! Et pour cela nous devons mener un combat de tous les instants, et je le dis à tous nos compatriotes et nos concitoyens de confession et culture musulmane : quand on s’attaque à une mosquée, un cimetière, une femme dans la rue, on s’attaque à la République et à la France.Soyons intransigeants sur nos valeurs pour les musulmans de France, c'est eux qui nous le demandent ". Alors tant pis pour les autres, ceux que Valls, à dessein, oublie dans son discours, ceux qui n'aiment pas voir leurs églises ou synagogues saccagées, les sépultures outragées, leurs filles sifflées dans la rue... tant pis pour les cathos ou ceux qui chérissent leurs racines chrétiennes ... tant pis pour ceux qui ont les yeux ouverts sur le monde et qui, sans surprise parce que réalistes, constatent qu'en Egypte, en Tunisie, en Algérie, en Syrie, en Afghanistan, au Maroc ou dans de nombreux quartiers de France, non, l'islam n'est pas compatible avec la démocratie. Tant pis pour ceux qui n'ont guère goûté de voir leur ministre de l’Intérieur et de la Laïcité aller rompre trois fois le jeûne au cours du dernier ramadan. 

Etrange ce discours sur l'immigration, prônant un élargissement des naturalisations et déclarant: " L'immigration est une chance, pas seulement un problème "... Est-ce le même homme qui il y a 3 ans déclarait que dans sa ville d'Evry, il y avait " trop de blacks et pas assez de blancos " ? Discours de séduction aujourd'hui et prise avec le réel, il y a 3 ans ? 

Il s'agissait nous disait-on d'un atelier où l'on débattrait de la meilleure façon de lutter contre l'extrême-droite et le FN. Alors sans doute, et sous les applaudissements (et quelque huées) aura-t-il convaincu son auditoire qu'il a les capacités pour contenir les fâcheux, qu'avec lui " l'ordre républicain sera garanti et que l'Etat (donc lui en tant que ministre de l'Intérieur) sera impitoyable " avec ceux qui ne respecteraient pas les valeurs de SA république; c'était sans doute le but. Mais pour tous ceux qui, comme moi, auront entendu son discours largement retransmis, qu'aurons-nous retenu ? Nous aurons retenu que Valls est le défenseur d'un camp, le sien et celui des musulmans de France. Nous aurons retenu que Valls, et donc son camp, nous considère comme des ennemis de la France, de la Nation ou de la République puisque nous ne sommes pas de gauche. Un discours de stratégie contre le FN ? Pour le PS, peut-être, pour tous ceux qui hésitent, bien au contraire, une incitation à gagner les rangs du même FN !  Valls comme ses petits copains oublient un détail: Ce n'est pas le FN et son appareil bleu marine qui vont vers les gens, mais bien ceux qui fatigués d'entendre ce type de discours rejoignent ses rangs. Peut-être bien d'ailleurs que c'est le but recherché par le PS: l'espoir d'un 21 avril 2017 à l'envers... 

Alors même si je suis persuadé que Valls n'est pas un homme de gauche mais juste un gars qui, par carriérisme, a pris en marche le train du socialisme à la française, je dis à ceux qui, à droite l'apprécient - et ils sont nombreux - ne cédez pas à ses diatribes sécuritaires surjouées, Valls n'est certainement pas un gauchiste pur jus mais il baigne dans le même sectarisme que ces collègues actuellement au pouvoir; et que pour aller plus haut, il est prêt à n'importe quel compromis y compris avec lui-même  lorsqu'il déclare: " Le ministre de l'intérieur, il est de gauche, il est socialiste ! " Comme si certains en doutaient...

Folie passagère 1867.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.