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jeudi 29 janvier 2015

Ahmed, 8 ans, en garde à vue pour apologie du terrorisme


Hier, dans mon billet, je l'avais évoqué, comme ça, sans plus, ne pensant même pas en faire un billet. Et puis, vu l'ampleur que prend cette polémique, polémique que l'on aura oublié dans deux ou trois jours, et après avoir lu cet article grotesque d'une auto-proclamée chroniqueuse-société parrainée et publié par l'Obs, je me suis dit, si quand même, on va en faire un truc de cette histoire de gamin mis en garde à vue par la police niçoise.


D'abord, précisons qu'il n'a pas été mis en garde à vue, même si c'est avec ces mots que les réseaux sociaux se sont emparés de l'affaire puis emballés dès hier en fin d'après-midi, même si c'est avec ces mots que l'avocat de la famille du garçon a lancé l'alerte... à l'islamophobie. Il a été juste auditionné entre 20 minutes et 1 heure selon les versions, par la police, en présence de l'avocat et du papa. Auditionné. Compris ? Pas de quoi en faire un sketch, pas embastillé, ni même torturé; auditionné ce qui veut dire qu'il a parlé devant des flics au cours d'un entretien formel, officiel, légal et qu'au cours de ce même entretien, il a reconnu avoir bien dit, à 8 ans,: " Je suis du côté des terroristes " après avoir refusé de participer à la minute de silence organisée par son école en mémoire des caricaturistes de Charlie et, espérons le, des victimes de l'hyper-casher. D'autres sources affirment qu'il aurait en fait dit: " Il faut tuer les Français. Je suis dans le camp des terroristes. Les musulmans ont bien fait, les journalistes méritaient leur sort. " Le déroulé de l'affaire est à peu près bien traité dans cet autre article du Monde.

Mais revenons à notre chroniqueuse-société, Dom Bochel Guégan. En intro, elle annonce la couleur en écrivant que cette audition a soulevé un tollé car le gamin ne pouvait pas connaître la portée de ses mots. T'as qu'à croire Ginette; le gamin savait parfaitement ce qu'il disait puisqu'en les disant, refusant de participer à la minute de silence, il avait bien compris qu'il se mettait hors cadre, hors jeu, refusant d'obéir à un élan compassionnel et à une demande de ses enseignants. Etre invité à participer à une minute de silence en mémoire de personnes zigouillées par des terroristes, refuser d'y participer et déclarer " Je suis du côté des terroristes " semble indiquer au contraire qu'à défaut de saisir toute la portée de ses propos, il savait parfaitement de quoi il retournait et ce qu'il disait. Mais ça, la chroniqueuse à deux balles ne semble pas avoir voulu le prendre en compte. Normal, ses cibles sont Christian Estrosi, coupable à ses yeux de montrer son kiki aux niçois (sic) et Eric Ciotti, accusé d'être un générateur d'islamophobie. Des dingues, pour elle, puisqu'ils ont des "réactions dingues ", incapables qu'ils seraient de s'émouvoir de l'audition d'un gamin de 8 ans par la police. Charmante chroniqueuse qui, visiblement, ignore totalement de quoi sont capables des mômes de 8 ans. Azimutée chroniqueuse qui, plutôt que de mettre en exergue l'évidente déficience des parents du mignon Ahmed, préfère charger, cimeterre au clair, contre l'islamophobie forcément avérée de Ciotti, d'Estrosi et de tous ceux qui ne s'offusqueraient pas de cette audition.

Islamophobie, le mot est écrit. Mais la chroniqueuse ne s'attarde pas sur l'avocat, spécialiste reconnu du montage de mayonnaise islamophobique dès qu'un muzz ou l'islam sont pris en défaut. Le même avocat, Maître Sefen Guez Guez qui sur twitter se fait appeler Ibn Salah et ose parler de harcèlement dont aurait été victime Ahmed de la part de l'équipe enseignante. Comme elle ne s'attarde pas sur le fait que le petit de 8 ans qui a tenu ces propos s'appelle Ahmed et pas Jean ou Marcel, ce qui en quelque sorte, compte tenu des événements, aggrave son cas et celui de ses parents. Ses parents ? De la mère, on ne sait rien, sans doute a-t-elle tout juste le droit de se taire. Du père, Mohamed Kebabsa, on sait qu'il était très défavorablement connu de l'école pour son comportement véhément, que deux autres de ses enfants ( 3 et 5 ans ) vont être "entendus" pour des soupçons de maltraitance parentale, oui tout cela, elle s'en tape, la chroniqueuse.

Qu'un enfant de 8 ans prononce de tels propos, les avérés comme les supposés, en dit long sur l'ambiance qui doit régner dans cette famille; un modèle de vivre ensemble, je suppose. La faute à la société, la faute à Estrosi et à Ciotti, si ce pauvre môme a été auditionné, voilà ce qu'elle sous-entend la pisse-copie sans se poser la question de savoir si les parents n'auraient pas une bonne dose de responsabilité dans tout ce gâchis.

Oui, l'école a bien fait de signaler tout cela et de porter plainte. Oui, pour une fois, Belkacem a eu raison de soutenir l'équipe enseignante et la police. Oui, la police a eu raison d'auditionner le gamin (en présence du père et de l'avocat), au moins les flics sauront qu'il y a comme qui dirait un gros problème citoyen dans cette famille, au moins le gamin comprendra que ses propos n'étaient pas innocents. Toute cette histoire, presque comique par l'écho démesuré qu'on lui a donné, ne prouve qu'un chose et une seule: Il y a des gens, en France, qui apprécient, voire soutiennent, l'oeuvre de terroristes qui sans hésitation ont assassiné 17 personnes au nom du prophète; qui apprécient et qui sans scrupules font en sorte que leurs gamins apprécient aussi.

J'entendais une pub de je ne sais plus quel journal qui posait la question: " Après les attentats, quels défis à relever pour la France ? " Et bien commençons par celui-là: Reconnaître que l'Islam, en France, pose un problème. Le reconnaître pourra peut être permettre de trouver des solutions à certains problèmes comme celui-ci: Comment se fait-il qu'un gamin de 8 ans, Ahmed, pas jean-Philippe, ose dire: " Je suis du côté des terroristes ".

Folie passagère 2636.
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France, 2019.