Ces socialistes sont fantastiques ! Ils sont président, ministres, députés ou sénateurs et ils n'ont pas peur des mots et des gestes.
Ce fut d'abord, Pépère qui, lors de son marathon médiatique digne du meilleur Sarkozy de la semaine dernière, a déclaré qu' il se passait quelque chose, l'économie frémirait; comprenez la sortie du tunnel n'est plus très loin, le rêve n'est pas loin de se ré-enchanter. En 2013, non. En 2014, peut-être; après sans doute. Un peu comme le soleil revient après la pluie: il finira bien par faire beau. Si lui y croit, yaka... Sauf que...
Sauf que son sinistre de l'économie a gâché le plaisir. Pour la énième fois, il a révisé ses prévisions de croissance à la baisse: Au mieux, +0,1%, au pire, -0,1%, c'est à dire récession, nous y sommes déjà; et entre les deux, c'est zéro ! Il m'avait semblé entendre qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts en 2014, Moscovici l'annonce: au minimum, les prélèvements obligatoires augmenteront de 0,3%. Il se passe donc bien quelque chose... Je suis impressionné par les capacités qu'ont ces gens-là de modifier à loisir et à répétition leurs prévisions.
Dans la méga boite dans laquelle je bossai, chacun présentait ses objectifs en octobre ou novembre pour l'année suivante. Une fois qu'ils étaient validés, en décembre, on faisait deux bilans d'étape, l'un fin mars, l'autre fin juin, nous pouvions nous tromper en mars et corriger. En juin, il fallait être dans la plaque faute de quoi, ça commençait à sentir le roussi. A l'heure des comptes, en janvier suivant, ou l'on avait tout bon, ou l'on était éjecté: la porte pour ceux qui n'avaient pas de soutiens internes, la voie de garage pour les autres. La règle était la même à tous les niveaux de l'entreprise: le droit à l'erreur, une fois, pas deux !
Pour nos socialistes de gouvernement, cépapareil, on modifie tous les 4 matins et roule ma poule, ça passe sans que cela n'étonne plus que cela nos médias, sans que cela ne leur coûte rien ! Combien de fois, entre les primaires socialistes de 2011 et le 9 août 2012, les prévisions de croissance ont-elle été modifiées ? Ne cherchez pas, ces modifications sont tellement nombreuses qu'ils serait vain de s'amuser à les compter. Mais ils sont encore aux affaires !
Vient le tour des déclarations de la Taubira au New York Times: " Je ne supporte pas d'avoir un patron, ma conscience est mon patron... " Pépère appréciera ainsi que, par exemple, les maires de France qui pour des questions de conscience ne veulent pas célébrer de mariage zinzin. Ce qui est bon pour elle ne l'est pas pour les autres. Circulez !
Et Valls, lui, il fait très fort, lui aussi encore plus médiatiquement présent que Sarkozy ne le fut du temps où il était place Beauvau. " Une idée digne d’intérêt que d'interdire le port du voile dans les universités " ruinant d'un seul coup d'un seul, les séances répétées de calinothérapie qu'il avait dispensé aux muzz ces dernières semaines. L'ambition de Valls n'est plus mesurable tant elle déborde de tous côtés. Le voici posant pour Paris Match devant un toile ou embrassant sa femme à pleine bouche: politique spectacle. Sarkozy l'aurait-il inspiré à ce point ?
Giacobbi, le radical de gauche corse, a proposé de limiter l’accès à la propriété sur l’île de beauté aux Corses exclusivement. Faut-il être con pour proposer un truc aussi con qui ne tiendrait pas 5 minutes devant le Conseil Constitutionnel...
Et enfin, Rebsamen, le candidat malheureux à l'investiture au ministère de l 'Intérieur: " nous avons peut-être manqué de pédagogie " ! Non, déconne ... A la question du journaliste lui demandant s'il allait demander à Harlem Désir de le soutenir pour les prochaines municipales, Rebsamen de répondre: " Je ne pense pas en avoir besoin et son soutien sera plus utile dans d’autres cas. S'il est indispensable que le PS montre les réalisations qui font la spécificité des maires de gauche, ces derniers ne souhaitent pas une campagne nationale. Que les ministres fassent le mieux possible leur travail, cela aidera beaucoup les maires socialistes. " J'adore sa réponse, chez moi, on appelle cela: donner un coup de pied à l'âne; aux ânes en l’occurrence !
Ils sont vraiment phénoménaux ! Drôles ou pathétiques, c'est au choix !
Folie passagère 1847.
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