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lundi 22 mai 2017

Cyril Hanouna est un danger public... pour les homosexuels mais pas que...

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" Je le hais. Lui, et son escouade de hyènes au surmoi atrophié, je les hais. Avec «Touche pas à mon poste», on a franchi depuis bien longtemps la barrière du supportable et je ne parviens plus à ressentir autre chose que de la haine pure. Je n'en peux plus des analyses psychologisantes sur le syndrome de Stockholm dont souffriraient les chroniqueurs, sur la supposée griserie d'un Hanouna longtemps mal aimé et sous-employé, des accusations de Hanouna-bashing... Hanouna n'est pas une victime. C'est un bourreau. On parle là d'un homme qui a chié dans la chaussure de son chroniqueur. D'un homme, surtout, qui s'est fait une spécialité d'humilier, et maintenant de persécuter des homosexuels.

La dernière séquence (et on ne parlera pas de «dérapage», à réserver au code de la route) est atroce à regarder. Ce jeudi 18 mai, l'équipe de «TPMP» a posté de fausses annonces de rencontre sur le site Vivastreet. Dans l'extrait qui circule sur Twitter, on le voit répondre en direct à un homme, se faire passer pour un homosexuel (avec toutes les mimiques et la voix efféminée qui vont bien).

Sur le plateau, les chroniqueurs gloussent en silence pour ne pas se faire remarquer par l'homme piégé. Pour parachever l'humiliation, Hanouna finit par lui raccrocher au nez. J'ai eu la nausée. Pour de vrai. Je vois passer toute la journée des images et des vidéos immondes sans jamais trop ressentir de dégoût, mais là, pour la première fois, j'ai eu envie de vomir.

La victime du canular ignorait qu'il était écouté par des milliers de personnes, il drague et se laisse draguer en pensant qu'il s'agit d'un moment intime. Il se fait raccrocher à la gueule. Puis il se découvre sans doute, dans l'extrait diffusé. Je suis obsédée par cet homme, et ce qu'il doit ressentir aujourd'hui. J'aimerais savoir comment il va. Ce qu'il pense de tout ça. S'il est lui-même téléspectateur occasionnel ou assidu de «TPMP», et si tel est le cas, ce que ça fait d'être persécuté publiquement par des gens qu'il aimait bien peut-être, qui sait. Il n'a pas été le seul à être appelé, et l'un d'entre eux doit venir témoigner sur le plateau.

On parle ici de persécution. Pas de canular, pas de blague potache, ni même de harcèlement. Une persécution est «un type d'oppression consistant à appliquer à une personne ou un groupe de personnes des mesures ou des traitements injustes, violents ou cruels pour des raisons d'ordre idéologique, politique, religieux ou encore racial».

Rire d'un homme parce qu'il est homosexuel, le rabaisser, l'humilier, le jeter en pâture aux rires d'un public, et être tout content de soi, c'est l'exacte définition de la persécution. Sans compter que, comme le rappellent de nombreux internautes sur Twitter, cette méthode, consistant à se faire passer soi-même pour gay, est exactement «la technique des casseurs d'homosexuels».

Quant au contexte: l'émission est diffusée le lendemain de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, alors que les actes homophobes sont repartis à la hausse, et alors qu'en Tchétchénie, les homosexuels sont traqués, torturés par les autorités avec la complicité de la population. J'entends déjà ceux qui vont dire que, quand même, «c'est pas pareil». Bah si. Bien sûr qu'Hanouna n'est pas un génocidaire, mais il passe son temps à mettre plein de pièces dans la machine à homophobie, et légitime dans l'esprit de certains, que rire des homosexuels et de les rabaisser est tout à fait normal. La violence physique à l'égard d'un groupe commence toujours comme ça: on moque, on parodie, on humilie, on essentialise, on rit... et la malveillance, puis la violence physique finit toujours par débouler.

Pourtant, c'est peu dire qu'Hanouna n'en est pas à son coup d'essai et qu'il a déjà maintes fois été sermonné pour ses éloges de l'homophobie, quand ce n'est pas de l'homophobie pure. En décembre 2016, l'association des journalistes LGBT avait étudié «l'obsession pour l'homosexualité» de «TPMP» et constaté 42 mentions faites à l'homosexualité en à peine un mois, dont la plupart dans l'objectif de rabaisser.

«Le 7 novembre, par exemple, le chroniqueur Camille Combal et Cyril Hanouna imitent, comme ils le font souvent, un couple gay semblant tout droit sorti de La cage aux folles. L’animateur prend des airs efféminés: “Je suis complètement ouvert, je suis complètement ouvert à la flagornerie.” Le 15 novembre, sur le même plateau, Jean-Michel Maire parlent des homosexuels qui se cachent: “Etre dans le placard… d’où l’expression ‘avoir un balai dans le cul’”. Quelques jours plus tard, un voyant invité prédit qu’une future émission sera présentée par un des chroniqueurs, mais ignore si ce sera un homme ou une femme. Cyril Hanouna commente alors: “Ah ben ce sera Matthieu Delormeau!”»
Si, la plupart du temps, ces railleries sont faites sous couvert de blagues, elles sont aussi parfois ostensiblement hostiles à l'homosexualité:

«Le 29 novembre, l’invité Jeremstar drague ouvertement Matthieu Delormeau puis Cyril Hanouna. Réaction de l’animateur: “Alors le problème avec moi, c’est que je suis un petit peu nerveux. Si tu commences à me toucher, on peut assister à un homicide”. Quelquefois de menaces: le 2 novembre, les chroniqueurs disent à tour de rôle le nom d’une chanson sur laquelle ils ont déjà fait l’amour. Vient le tour de Matthieu Delormeau: “C’est une très jolie chanson, j’espère que vous aurez un jour l’occasion de l’entendre…” Hanouna, agressif: “Pas avec vous. Non mais je vais t’expliquer, celui qui va me ‘ken’, il est pas né.” Delormeau : “Comment?” Hanouna: “T’as très bien entendu.”»
On est là dans l'homophobie dans ce qu'elle a de plus basique: soupçonner un gay de vous faire des avances et le menacer de lui péter la gueule.

Mais ce sont bien les «blagues» homophobes qui posent le plus de problème en ce qu'elles sont généralement noyées dans un magma de gloussements et d'applaudissements du public. On finirait presque par ne plus y prêter attention. Par ailleurs, c'est la rhétorique adopté par Hanouna et ses fanzouzes pour légitimer ce système: «on rigoooooole, c'est pas très Charlie de vouloir nous censurer». Après les réactions, il a publié le message suivant sur Twitter:

Cet argument qui fait de l'humour un blanc-seing pour à peu près tout est d'une malhonnêteté et d'une paresse intellectuelle crasse. C'est d'ailleurs épuisant d'avoir à répéter que traiter quelqu'un comme une merde, et lui donner une accolade juste après, ça s'annule pas. Que oui, plein d'autres gens ont fait de ce type d'humour leur fond de commerce, mais c'est pas pour autant que c'est tolérable. Que moquer quelqu'un pour sa couleur de peau, son sexe, ou son orientation sexuelle, c'est «pas pour rire», c'est «pour dominer».

On nous dit aussi que, comme Matthieu Delormeau et Enora Malagré, respectivement homosexuel et bisexuelle sont sur le plateau, qu'ils semblent, eux, trouver ça hilarant, voire participent au concert de blagues homophobes, et que cela annihileraient l'aspect malveillant. Or, c'est pas parce qu'ils ne sont pas hétéros qu'ils sont moins cons. Personnellement, j'ai cessé de m'intéresser à la psyché de Matthieu Delormeau, victime consentante de tout ce bordel depuis bien longtemps. Qu'il se démerde avec son psy. Quant à Enora Malagré, elle encaisse aussi sans moufter que Thierry Moreau dise d'elle qu'«suce debout», et a touché le corps d'une invité, Patricia, sans son consentement. Difficile de faire de ces deux-là des cautions morales et des gardiens des droits."

__________

Tribune de Nadia Daam parue sur Slate; tribune à laquelle je souscris pleinement avec tout de même une précision: Chaque soir, depuis 7 ans, c'est  près de 1 million de Français qui se vautrent devant cette raclure d'Hanouna... Cyril Hanouna est bien un danger public pour les homosexuels mais pas que... pour aussi tous ceux qui le regardent complaisamment...

Folie passagère 3543.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 27 mars 2013

Les délires de Jean-Marie Colombani


Qui est Jean-Marie Colombani ? Un journaleux, de gauche, soutien de hollande, ancien patron du Monde et membre du très select club Le Siècle. Ce fameux cénacle qui regroupe les z'élites, de droite comme de gauche, de notre république. Il est aussi le patron du site Slate.fr. Son dernier article est un monument du genre, question mauvaise foi. Colombani est fâché par ce qu'il désigne comme étant " l'hystérisation de la droite ". D'un même jet de plume, il s'en prend au magazine, gauche light, L'Express qui, à propos d'hollande, titre: " La débâcle ". 

Selon wikipédia, restons basiques, l'hystérie est une névrose touchant les femmes et les hommes, aux tableaux cliniques variés, où le conflit psychique s'exprime par des manifestations fonctionnelles (anesthésies, paralysies, cécité, contractures...) sans lésion organique, des crises émotionnelles avec théâtralisme, des phobies. L'hystérie décrit un ou plusieurs excès émotionnels incontrôlables.

Nous serions donc, à droite, de grands malades en pleine de crise d'hystérie. La cause, selon Colombani, de cette hystérie serait due à une certitude partagée à droite comme à l'Express: l'illégitimité de la gauche au pouvoir. (Je note au passage qu'une fois encore, quelqu'un pose le problème de la dite légitimité de hollande ). " Pour beaucoup de leaders de droite en effet, la gauche est faite pour s’opposer, pour critiquer, mais certainement pas pour gouverner. " écrit-il. " Le rassemblement contre le mariage homosexuel, dont les organisateurs disent eux-mêmes qu’ils en attendent une cristallisation de tous les mécontentements pour bousculer François Hollande. "

Bref, notre supposée hystérie ne serait due qu'au fait que nous n’accorderions aucune compétence à la gauche pour gouverner et elle se manifesterait, par exemple, lors de grands rassemblements populaires. Il est vrai que la grandeur de ces rassemblements est sciemment minimisée par les autorités; avant de les ignorer complètement ?

Pauvre cloche, ai-je envie de lui répondre car Colombani confond de façon magistrale hystérie et exaspération ou colère.

La mise en examen de Sarkozy n'est pas choquante en soi, c'est " l'abus de faiblesse " qui a outré les gens de droite. La hausse du chômage continue depuis 10 mois malgré les promesses de lendemains qui chantent nous exaspère. Les mensonges, les reniements, les couacs, les promesses non tenues, les projets de loi ( non prioritaires compte tenu du marasme économique ) remettant en cause ce que nous considérons comme des fondamentaux, les ministres qui étalent au grand jour leurs dissensions, un premier ministre incapable de tenir sa classe, l'amateurisme, le sectarisme idéologique d'un Peillon ou d'une Taubira, l'écoute portée à des lobbies ultra-minoritaires, les blagounettes à pépère, le manque de respect des socialistes pour qui ne pense pas comme eux, la perte de leadership en Europe et dans le monde, ... etc... oui tout cela sont autant de raisons d'être exaspéré dans les grandes largeurs; non pas hystériques, ce serait admettre que nous n'avons plus toute notre tête, non, juste exaspérés et en colère car réalistes. Nous fonçons droit dans le mur et Colombani parle d'hystérie à droite...

Oui, monsieur Colombani, nous sommes en colère, nullement hystériques, lorsque, par exemple, Pierre Bergé, éminente personnalité de gauche, tient des propos outranciers qu'aucun de vos amis n'a jugé bon de condamner.

Notre mot d'ordre, à droite, serait de " dramatiser ". Mais ne vivons-nous pas un véritable drame à plusieurs facettes ? Chômage, précarité, rigueur, économie en berne, investisseurs effrayés par les paroles et la vindicte gauchiarde...

Oui, nous avons manifesté contre le mariage pour tous. Oui, nous avons constaté que les CRS avaient " gazés " des femmes et des enfants, ce juste mot relayé par tous les médias. Oui, nous sommes en colère lorsque le préfet de police confirme contre toute évidence qu'il n'y a eu que 300 000 manifestants dimanche; les mensonges d'Etat nous insupportent. Oui, nous sommes en colère car nous ne voyons pas, et rien ne nous indique que hollande et sa clique le sachent eux-mêmes, où nous allons si ce n'est, faute d'explications convaincantes, dans le mur.

" La situation objective du pays mérite-t-elle une telle dégradation de son climat politique? " nous dit le bobo journaleux. Sait-il seulement ce qu'il en est de la situation objective du pays, une fois passé le périphérique, et de ses 11 millions de personnes vivant dans la précarité? A qui la faute si le climat politique est si dégradée ? A une droite exaspérée ou bien à une gauche plurielle prise dans ses contradictions et ses querelles intestines ?  Selon Colombani, " nous ne serions qu'en stagnation " et il faudrait s'en réjouir lorsque d'autres pays progressent et connaissent la croissance; des pays où l’ostracisation des gens qui réussissent et qui investissent n'est pas de mise.

" Une droite responsable devrait s’abstenir de juger un quinquennat qui n’en est qu’à son début " Certes mais comment ne pas douter de ce qui reste de ce quinquennat lorsque ses dix premiers mois n'amène rien de ce qui a été promis si ce n'est des "erreurs de prévisions " et ce qui s'apparente comme méthode de gouvernance à de la méthode Coué version psychotique ? Il appartient effectivement à la droite de se restructurer, de repenser son programme et d'imaginer d'autres solutions. C'est vrai mais la droite a elle 5 ans pour le faire, elle n'est pas " en responsabilité ", elle n'est pas aux affaires. la gauche hollandaise, si et que nous offre-t-elle ? Rien, aucune vision claire de ce que sera demain.

Avouez, monsieur Colombani, qu'il y a de quoi être sérieusement en colère, nullement hystérique. Les petites phrases ou les dérapages de personnalités de droite comme de gauche ne sont que des artifices pour attirer les projecteurs. Vous le savez parfaitement. Un Mélenchon - hystérique lui aussi? - n'a rien à envier à un Pascal Cherki ou à un  Montebourg  qui en a marre " qu'Ayrault fasse chier avec son aéroport ".

Notre colère, monsieur Colombani, est aussi émotionnelle car nous aimons, à droite, notre pays et nous n'aimons pas ce qui, pour lui, se dessine depuis 10 mois. Pour l'instant, nous contrôlons nos émotions. Jusqu'à quand ?

" La débacle " de L'Express vous défrise, monsieur Colombani, posez-vous plutôt la question de savoir ce qui peut pousser un magazine à titrer ainsi. Plutôt que de disserter sur une supposée hystérisation de la droite, posez-vous la question de savoir pourquoi hollande est maintenant sérieusement taclé par les siens.

Monsieur Colombani, hollande avait promis une France apaisée, force est de constater qu'il n'en est rien; cette hystérie que vous imaginez là où je ne vois, moi, qu'une colère de plus en plus prégnante, est la preuve d'un profond mécontentement que la gauche, aujourd'hui à la manœuvre avec tous les pouvoirs, ne devrait nullement railler ou minimiser.

A défaut, il est à craindre que ce mécontentement et ce " climat d'affrontements " ne s'expriment de manière plus violente. Dans la rue, par la rue.

Folie passagère 1636.
 
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 2 novembre 2012

Un chiffre, deux interprétations !


Un chiffre, deux interprétations !

Deux journaux internet ont publié, en réaction à la même information, chacun au même moment, un article avec deux titres en parfaite opposition:

Pour Slate, plutôt à gauche: 

" Taux de chômage américain de 7,9% en octobre: bonne nouvelle pour Obama ! "

Pour Atlantico, plutôt à droite:

" Chômage aux Etats-Unis : en hausse, mauvaise nouvelle pour Obama ! "

Etonnant, non ?

Reste plus qu'à lire les deux pour se faire une idée. Ça tombe bien, il fait un temps de cochon.

Et plus que quelques jours à attendre pour assister à la réélection d'Obama, en espérant que ces ricains, parfaitement cons quand il s'agit de l'être, n'éliront pas ce Romney !

Folie passagère 1420.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.