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mercredi 8 avril 2015

Vladimir Poutine et Alexis Tsipras se jouent de l'Europe et de la France


Vous vous rappelez de cette histoire de prêt d'une banque russe au Front National, les banques françaises ayant refusé à ce dernier tout crédit ? Mon Dieu quel scandale ! Toute la gaucholalie était scandalisée ! Que n'avons- nous pas entendu !  Et sur Poutine ? Ce démon qui ainsi noyautait l'extrême-droite française... Quelle histoire, on en a parlé pendant au moins 48 heures et quelques...

Vous vous rappelez l'élection de ces affreux gauchistes en Grèce ? Syriza l'emportait, la gauche française, quasi unanime, saluait cette avancée de la démocratie. Mélenchon était aux anges, les frondeurs du PS et une bonne tripotée de socialistes aussi. On allait voir ce qu'on allait voir, l'Europe, Bruxelles, la BCE, Draghi et compagnie se prenaient deux baffes avec l'arrivée d'Alexis Tsipras au pouvoir. Naturellement, le Front National dont l'anti européanisme n'est plus à démontrer exultait. Nos deux extrêmes qui souvent se rejoignent cédaient aux charmes du sans-cravate.

Vous vous souvenez de cette crise en Ukraine dont on ne nous parle plus beaucoup ? Et bien là-dessus, il y avait quasi-consensus en Europe, en France et en Grèce: il fallait sanctionner le méchant Poutine. On le sanctionna donc. Et Poutine sanctionna l'Europe en imposant un embargo sur nombre de produits agricoles de l'Union.

Sauf que du prêt au FN, on ne nous parle plus. Sauf que l'enthousiasme de la gauche française vis à vis de Tsipras semble s'être sacrément émoussé et Bruxelles se marre en constatant, comme prévu, que le Tsipras ne tarderait pas à renter dans le rang...

... Et Tsipras de faire un magnifique pied de nez à tout ce monde là en allant passer deux jours à Moscou rencontrer son nouveau copain: Vladimir Poutine. Deux jours pour aller négocier des emprunts, une aide financière, des rabais sur le prix du gaz et surtout la levée de l'embargo russe sur les fruits et légumes grecs, en particulier les fraises, les oranges et les pêches. Et devinez quoi ? Il est accueilli à bras ouvert, sera reçu par les plus hautes autorités financières de la Russie et par Vladimir.

Et voilà comment copains comme cochons, Vladimir et Alexis se jouent de l'Europe et de la France. Nul à gauche, en France, pour l'instant, ne s'est élevé contre cette visite. Étonnant, non ?  Alors certes, l'Europe n'est pas contente mais que peut-elle y faire ? Rien. L'un de ses membres s'apprête à rompre le consensus ayant permis de sanctionner la Russie et elle ne peut rien faire. Que pourrait-elle reprocher à Tsipras qui a une dette à rembourser, des déficits à combler, une économie à redresser et qui pour cela n'hésite pas à aller serrer la pince de l'ennemi juré de nos z'élites ? Rien. Il y aura sans doute quelques menaces, quelques coups de sifflets mais vous verrez, sous peu, les Russes de Moscou pourront remanger des fraises et des pêches grecques.

Tsipras, avec l'assentiment de sa population et Poutine, plébiscité comme jamais par la sienne, démontrent ainsi et d'une qu'ils ne sont pas seuls au monde et de deux que la " solidarité " européenne n'est pas infaillible. Joli coup.

Il se chuchote même que, contrairement aux principaux chefs d'Etats européen, Tsipras serait le seul à se déplacer le 9 mai prochain à Moscou pour les cérémonies grandioses de commémoration des 70 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Tout ça me fait penser aux Mistral dont on n'entend plus parler et à ces fameux 126 Rafale que l'Inde n'a toujours pas acheté...

Folie passagère 2728.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 14 février 2015

Le pire et le Pirée


La Grèce est un sujet à la mode. Parce que la dette, parce que l'austérité, parce que la Troïka, parce que l'Europe et l'euro, parce que Tsipras et Syriza, bien sûr ! 

Alors quand il y a un reportage dans la lucarne ou dans un magazine sur la Grèce, j'écoute ou je lis et si je ne comprends pas, j'appelle mon frère qui vit là-bas depuis... si longtemps. Aujourd'hui, c'était sur le port du Pirée. Il paraît que la situation est très tendue entre les ouvriers grecs, les dockers, et les propriétaires de la moitié du Pirée: des Chinois; forcément de méchants Chinois. Ils ont même parlé de "guerre froide ", c'est vous dire... 

C'est alors que je me suis souvenu du moment où je travaillais avec un fournisseur grec, en 2007-2008. Allez savoir pourquoi, ce type que je n'ai jamais rencontré autrement que par téléphone avait à l'époque les meilleurs prix du marché européen pour tout ce qui était câbles électriques, toutes puissances confondues. Je n'ai jamais trop su comment il les négociait, je voyais juste des certificats d’origine provenant de Russie, de Hongrie, de France, de Pologne, d'Allemagne ou d'Autriche, parfois même de Chine... Toujours est-il que je lui en achetai des quantités industrielles pour un chantier que nous avions à Chypre. Chypre qui comme chacun le sait est à quelques encablures du Pirée et qu'entre les deux, point de ponts, il est donc nécessaire de recourir au fret maritime. 

Mes câbles, selon leurs grosseurs et leur longueurs, voyageaient par containers, pour les plus petits, sur des gros tourets pesant parfois plusieurs tonnes, pour les autres, le tout étant chargé sur des ferries ou des cargos. Départ: Le Pirée, arrivée: Principalement Limassol, parfois Larnaka. 

Les relations avec mon fournisseur étaient extraordinaires lorsque nous parlions prix, normal, il avait les meilleurs, bien mieux que ceux du numéro 1 Français Nexans. Exécrables lorsqu'il s'agissait de les acheminer. Il y avait toujours un truc: un bateau qui ne partait pas, un container bloqué pour on ne sait quelles raisons, un portique HS, un jour chômé ou plus fréquemment un mouvement de grève des dockers grecs. Ainsi, fréquemment, mes câbles impatiemment attendus sur le chantier loupaient la navette. Je me souviens même qu'il fallut quelques fois réexpédier mes câbles du Pirée à Gênes pour les ré-acheminer à Chypre, moyennant surcoût conséquent. Il y eut même, une fois, des câbles autrichiens que je pus expédier à Chypre en passant par... Barcelone ! Et moi, je me prenais les engueulades à répétition du chef de chantier et donc de mon boss et donc du boss de mon boss. Et à chaque retard, des pénalités dressées par notre client et ma consommation de cigarettes qui progressait proportionnellement... 

Et puis vint le jour où des Chinois achetèrent la moitié du port du Pirée pour près de 4 milliards d'euros, la Grèce, en pleine déconfiture, bradait ses bijoux de famille. Mon boss déboula dans mon bureau. Il me demanda s'il ne fallait pas trouver un autre fournisseur afin d'éviter une rupture d'approvisionnement, avec des Chinois, on est à l'abri de rien, disait-il. J'appris plus tard que Nexans le caressait financièrement dans le sens du portefeuille. Aussitôt, j'appelais mon Grec. Celui-ci me rassura - j'avais confiance, il ne m'avait jamais empapaouté celui-là - vous verrez me dit-il, avec les Chinois, cela ne pourra pas être pire qu'avec les Grecs ! 

Il avait raison. il ne fallut pas un mois pour que les Chinois mettent les choses au carré; plus jamais, jusqu'à la fin du chantier, je n'eus le moindre retard de livraison. L’achèvement des travaux se passa tranquillement et je touchais ma prime de " bonne fin ". 

Du pire, les Chinois avaient fait le Pirée. Le plus drôle dans cette histoire, c'est que le donneur d'ordre de cet énorme chantier, actionnaire majoritaire des futurs bâtiments, était un consortium... grec ! 

Lorsque, enfin, je réussis à aller à Chypre, je n'eus qu'à constater que tous ces gens-là étaient fort satisfaits de la passation sous pavillon chinois de la moitié du Pirée. Comme quoi... 

Il serait dommage que Syriza casse la baraque; Gênes, Marseille ou Toulon n'attendent que cela. 

En 6 ans, de 2008 à 2014, le nombre de containers traités au Pirée, 3 millions d'unités, a augmenté de 500% !

Folie passagère 2658.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 26 janvier 2015

Victoire de Syriza. Mélenchon heureux. Cambadelis, Dupont Aignan et le FN aussi.

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(photo diffusée par Melenchon sur son compte tweeter)

Les Grecs ont donc voté et installent confortablement le parti d’extrême gauche Syriza au pouvoir. Confortablement, certes, mais sans majorité absolue et avec 36% des suffrages exprimés.  Quid de l'abstention ? Je ne sais pas.

Pour être tout à fait honnête, je me fiche un peu et de cette élection et de ces résultats, on verra d'ici quelques semaines si le Tsipras est à la hauteur de ses ambitions et de l'espoir qu'une partie des Grecs ont mis en lui. J'ai comme qui dirait quelques doutes. On verra.

Non, ce qui m'a intéressé dans cette élection, ce sont les réactions et commentaires en France. Il suffisait de suivre la soirée sur twitter ou via les chaînes d'info pour se marrer. L'élément de langage communément partagé était de dire: Victoire de la gauche radicale, comme pour ne pas effrayer avec l’appellation, plus juste, d'extrême-gauche. Il s'en est fallu d'un cheveu pour que l'on assiste à une sorte de communion nationale inhabituelle: La quasi totalité des forces politiques françaises se félicitant de ce succès: NPA, PC, FDG, PS, Debout la République, FN, tous ceux-ci avaient une bonne raison d'applaudir. Même Henri Guaino, ce matin, sur Itélé, voyait dans cette victoire de Syriza motif à se réjouir: "Quand on fait souffrir un peuple, celui-ci se rebelle. L'Union Européenne doit se ressaisir ".

Le plus drôle étant bien sûr l'inénarrable Jean-Luc Melenchon, quasiment en transe, heureux, au bord de l'orgasme. Pour un peu cette victoire, il se l'attribuait: " C'est un moment historique pour nous. Nous l'avons fait. je connais les gens de Syriza depuis plus de dix ans. C'est un grand soir démocratique, nous y sommes arrivés. Le front de Gauche est ce qui ressemble le plus à Syriza,... "

Mais le plus drôle de ses tweets était celui qu'il balança le matin même de cette " journée historique" et qui en dit long sur la droiture et la rigueur du bonhomme: " Mieux vaut vivre et rayer la dette que mourir avec des comptes en ordre ". Je vais aller voir mon banquier et je vais lui sortir exactement la même chose, je suis sûr qu'il appréciera !

Non, franchement, tous ces gens qui s'élèvent contre la dette grecque me font tout de même marrer: Ils étaient où tous ceux-là quand l'Union Européenne, pour éviter que Grèce et Grecs ne meurent, leur a prêté près de 300 milliards d'euros, la quote-part de la France s'élevant à environ 55 milliards ? Ils étaient où tous ceux qui aujourd'hui réclament d’effacer tout ou partie de cette dette ?

A l'époque, pas si lointaine, personne en Grèce ne cracha sur ces 300 milliards. Pas même Tsipras.

Amusant, j'apprends à l'instant que Tsipras serait entrain de consulter pour monter un gouvernement, il envisagerait de s'allier avec la droite qu'il vient de battre. A confirmer.

Folie passagère 2631.
Grèce : ce qu'il faut savoir sur la victoire de Syriza
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.