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jeudi 27 août 2015

L'Ukraine est sauvée; de quoi faire enrager Alexis Tsipras...

(Le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk et sa ministre des finances Natali Jaresko)
Vous avez entendu parler de la crise grecque, même que l'on vous en a tellement parlé que cela vous a saoulé. Une ultra-gauche qui se fait élire en janvier en promettant de raser gratis, un Tsipras qui traite par dessus la jambe un référendum populaire qu'il avait pourtant décidé, sans aucune obligation, d'organiser, des négociations qui n'en finissent plus avec la troïka afin d'éviter une cessation de paiement et une éventuelle sortie de la zone euro... et le même Tsipras qui, au bout du bout, baisse la culotte, balaie toutes ses promesses électorales et accède à toutes les demandes de ses créanciers pour finalement démissionner.

Tous les médias vous ont saoulé avec ça. Grexit, no Grexit... Du soir au matin et du matin au soir, il y en avait que pour la Grèce. C'est dire si la situation était grave. Enfin, après des mois de psychodrame médiatisé, tout est rentré dans l'ordre... Jusqu'au prochain épisode.

Et bien voyez-vous, il y a un autre pays qui était dans une merde noire. Au bord de la cessation de paiement, quasi plus un sou en poche et des milliards d'euros à rembourser à ses créanciers de tous bords et de toutes origines. Un pays presque aussi proche de nous que la Grèce. Un pays qui certes n'est pas dans l'Union même si tout est fait pour qu'il y rentre dès que possible. Et bien ce pays, c'est l'Ukraine. Au bord du gouffre, de la faillite, en pleine récession avec une dette publique qui a doublée en un an, avec une industrie en plein marasme, bref, un pays sinistré.

Et bien, ce pays, sept ou huit fois plus peuplé que la Grèce, en douce, sans que vous en entendiez parler plus que cela, sans que les médias nous bassinent avec, vient de résoudre son problème de cessation de paiement. Oh, il y a bien eu des négociations qui ont duré quelques mois, des négos feutrées dont on ne nous a pas dit grand chose, mais finalement, sans que personne ne démissionne, sans qu'une gauche populiste arrive au pouvoir, sans référendum, sans vote, sans que l'Ukrainien de base ne se soit aperçu de quoique ce soit, le pays respire. Un accord a été signé. Cherchez pas à savoir ce que contient cet accord, peu importe et puis de toute façon, vous aurez du mal à en trouver une copie, Un accord a été signé, un accord tellement cool qu'il fait dire à la potiche qui sert de premier ministre à Kiev que " jamais un pays au bord de la cessation de paiement n'a obtenu de telles conditions ". C'est dire si tout le monde a été gentil avec l'Ukraine: Un effacement de 20% de sa dette soit 3,2 milliards d'euros, un allongement de 4 ans de son délai de remboursement, une hausse des taux d’intérêts d'à peine 0,50%, un FMI qui confirme son engagement de lui verser sur 4 ans 17 milliards d'euros et la confirmation d'une aide internationale de 40 milliards, là aussi sur 4 ans. Difficile de faire mieux, non ? A faire enrager Tsipras.

Et tout cela sans que Ni Claire Chazal, ni Pujadas, encore moins BFM et Itélé, ne nous en parlent. Que même que si vous tapez sur Google tel que je viens de le faire ( ça pourra peut-être changer par la suite ): "Ukraine ", vous ne trouverez que 3 petits articles ( Le Monde, Le Figaro et RFI) pour évoquer cet accord " comme aucun pays n'a jamais obtenu ". C'est-y-pas extraordinaire ?

De là à penser qu'entre la Grèce et l'Ukraine, il y a deux poids, deux mesures, voilà qui ne fait aucun doute. Je me demande bien pourquoi...

Folie passagère 2882.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 13 juillet 2015

No Grexit: La victoire de l'austérité !


Cette crise grecque, que l'on nous présente, à tort, comme quasi-terminée, nous aura permis au moins de rire, et de bien rire tôt ce matin. Fallait les voir et les lire, tous, crier victoire, dire " ça y est un compromis a été trouvé " alors que quasi personne n'avait encore lu les termes de ce fameux compromis. Il aura suffit que quelqu'un balance " Un compromis a été trouvé " pour que la machine à débiter les conneries et les satisfecit se mette en route. La Grèce ne sortira pas de l'euro, enfin, ... pas tout de suite et tout cela, comme vient encore de le dire un journaliste de BFM en direct de l'Elysée, c'est grâce à Président, l'homme qui " s'est hissé au niveau de l'histoire " selon l'hystérique de Matignon, un Président à qui Cambadelis adressera un véritable " coup de chapeau " !

Et puis petit à petit, on a commencé à savoir à quelle sauce seront mangés les Grecs, comment Tsipras s'est incliné, comment Merkel, soutenue par le SPD (les socialistes allemands), aura imposé sa façon de voir, comment Juncker se sera vengé de ce " traître " de Tsipras, que Moscovici n'aura servi à rien, comment Italiens, Espagnols et Irlandais auront fait de la figuration et comment le premier ministre finlandais peut se révéler un champion toutes catégories du retournement de veste !

Mais on aura vu aussi comment une nouvelle fois ce qui nous sert de Président aura renié ce qu'il prônait au Bourget: Desserrer l'étau de l'austérité ! Mon ennemi c'est la finance ! Parce que l'on ne nous dise pas que c'est une victoire de la " cohésion européenne " qui a permis cet " accord de sortie de crise ", le vrai gagnant - et quoi que je puisse penser de cette politique - c'est l'austérité, c'est la politique de rigueur et de serrage de ceinture, c'est l'euro avec son corollaire, tel que défendu bec et ongles depuis des années par l'Allemagne d'Angela Merkel, l'austérité ! Nos dirigeants européens, dont notre socialiste de Président, ont mis sur les plateaux de la balance: la sortie de la Grèce de la zone euro et l'austérité. Tsipras ayant fait l'erreur de faire savoir qu'en aucun cas il ne voulait sortir de la zone euro, ne restait plus qu'à faire pencher la balance du côté souhaité: l'austérité ! Simple et efficace.

On nous a dit que Président était plutôt du côté des Grecs et qu'il soutenait Tsipras, ben bordel, si j'étais Grec, j'y réfléchirais à deux fois avant de choisir mes futurs amis. Président, l'ami des Grecs et de Tsipras n'a rien fait d'autre, avec nos sous, que d'engager la Grèce dans un nouveau processus austéritaire et que de dire oui à Angela et aux pays les plus exigeants. Point barre ! Au nom de l'euro, François Hollande aura, tout sourire, participé à la mise en coupe réglée d'un pays et d'un pouvoir légitimement élu !

Vous parlez d'une victoire de l'Europe ? Vous parlez d'un Grexit évité de justesse ? Vous parlez de démocratie ? My ass !

Un président socialiste français qui, au nom de la sauvegarde de la cohésion européenne, impose encore plus d'austérité à un pays " ami ", une Angela plus forte que jamais, dix-huit chefs d'Etat qui obligent un autre chef d'Etat à renier les promesses faites à son peuple, un Tsipras bafouant un référendum qui lui était pourtant largement favorable et qui aurait pu lui permettre de mettre dans la balance la sortie de la Grèce dont personne à Bruxelles ne voulait,... non, non, non, personne n'a à se féliciter de cet " accord ", seule l'Union Européenne, cette nébuleuse qui échappe à tout contrôle de ses citoyens, est la seule grande gagnante de ce bras de fer entre un petit pays et le reste de l'Union. Bruxelles et l'austérité ont gagné. Et je comprends la colère du guignol nommé Melenchon: Voir toute la Socialie se féliciter de ce supposé consensus est à vomir. Si j'étais socialiste, ce que Dieu, tous les saints du ciel et mon intelligence m'ont évité d'être, je ne pourrais plus me regarder dans le miroir aujourd'hui. 

On nous dit que cette crise du " Grexit " serait finie et bien embrassons-nous Folleville, il n'y a que les cons pour croire cela et se trouver rassurés par les sourires des vainqueurs dont celui de notre Charlot national, rien n'est fini. D'une part parce qu'il va falloir qu'une dizaine de parlements européens valident cet accord, dont la Vouli, le parlement grec, et d'autre part parce que nous n'avons pas plus hier qu'aujourd'hui l'assurance que la Grèce va pouvoir renouer avec la croissance et un jour rembourser le pognon qu'elle nous doit à tous.

Avec cette crise du Grexit / no Grexit, il n'y a finalement qu'une chose à retenir c'est que l'euro n'était pas qu'une monnaie, mais aussi une politique économique particulière, fondée sur l'austérité. La réduction de la dette et la consolidation budgétaire ont la priorité sur une croissance économique qui ne peut être le fruit que « d'efforts douloureux » appelés « réformes. ». A l'aune de ce qui vient de se passer à Bruxelles, ce qui nous sert de Président et tous les gauchistes qui font la claque aujourd'hui feraient bien de s'en souvenir.

Folie passagère 2841.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 10 juillet 2015

Référendum grec: Vous pouvez répéter la question ?


- Dites, monsieur Tsipras, vous pouvez répéter la question ? 
- Mais absolument !:

" Faut-il accepter le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l'Eurogroupe du 25 juin ? "

Ah, d'accord, c'est bien ce que nous avions compris et la réponse fut bien celle que Alexis Tsipras attendait: Non à 61% !

Et comme Tsipras est un grand démocrate, cité en exemple par l'extrême gauche et l'extrême droite françaises, il allait de soi, fort du soutien que son peuple lui donna, qu'il refuserait définitivement ce fameux plan d'accord... Enfin, il allait de soi, ça c'est pour tous les grands couillons qui espéraient que... qui espéraient quoi d'ailleurs ?

Sauf qu' en Grèce, on a certaines spécialités dont l'une que la morale et les esprits ringards réprouvent et que de façon policée nous appellerons l'empapaoutage !

Aussi et comme cela était prévisible et comme je l'avais écrit, ce référendum n'était d'aucune utilité si ce n'est de donner à Tsipras la possibilité (et l'obligation) de s’asseoir dessus bien confortablement. Il a rendu in extremis sa copie et ses propositions hier soir à Bruxelles et, quelle surprise !, celles-ci reprennent quasi-intégralement les propositions du fameux plan d'accord du 25 juin désapprouvé par 61% des Grecs !

Si tout cela n'était pas aussi triste que pitoyable, on se paierait bien une belle tranche de rigolade... à 20 millions d'euros soit le coût annoncé du dit référendum (différentes estimations parlent d'un coût allant de 20 à 100 millions d'euros).

Folie passagère 2838.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 6 juillet 2015

Grèce: Ce curieux référendum qui ne résout rien...


Les Grecs ont voté. Ils ont voté " non ", à 61%.

Saluons donc dans un premier temps cet exercice démocratique et le courage de Tsipras. Saluons aussi la performance de l'administration grecque qui, à défaut de savoir percevoir l'impôt et lutter contre la gabegie généralisée, a su organiser en moins de 8 jours un référendum (pour un coût estimé entre 20 et 100 millions d'euros) et nous fournir, malgré les difficultés logistiques et géographiques, les résultats à peine les bureaux de vote fermés. Franchement, bravo !

Saluons aussi l'industrie sondagière locale et internationale qui, encore une fois, tout en faisant son beurre, s'est magnifiquement plantée. Sur 14 sondages recensés localement en 8 jours, seuls 3 ont su sentir un " Non " l'emporter en dépassant les 50%.

Notons aussi que les Grecs ayant voté massivement pour le " Non " sont ceux qui sont adhérents ou sympathisants des extrêmes, que celles-ci soient de gauche ou de droite. Tsipras devra compter avec les partisans néo-nazis d'Aube Dorée qui a 80% ont voté " Non ". Le parti socialiste et l'équivalent de notre droite républicaine ayant voté à plus de 65% pour le " Oui ".

Notons enfin que si la participation a été élevée, 62,50%,  et que si le " Non " l'a emporté largement avec 61, 31% des suffrages, en réalité, ce sont à peine 4 Grecs sur 10 (36% des inscrits) qui ont voté pour le " Non ". Alors exercice démocratique et légitimité tirée des urnes, oui, mais il serait faux de dire que les Grecs ont massivement dit " NON ".

Et maintenant ? Et bien comme prévu, Tsipras va retourner à Bruxelles pour continuer à négocier. Ce qui nous sert de Président va être obligé de se réveiller un petit peu et de prendre part aux négociations sans se laisser déborder par la gauche de sa gauche qui se sent pousser des ailes. Merkel va devoir elle aussi compter sur l'opposition grandissante des Allemands quant à la poursuite de ses négos. Et l'on va attendre les prochaines échéances pour voir dans quelle mesure ce référendum aura réussi à calmer les exigences de la Troïka et des Allemands. 

D'ici fin août, la Grèce est supposée rembourser à ses créanciers près de 9 milliards d'euros. Le fera-t-elle ?

Absolument, mais elle ne le fera qu'à une seule condition: qu'on lui prête de l'argent. Encore.

Jusqu'à quand ?

Autrement dit, si ce référendum a permis de renforcer la position de Tsipras, pour un temps, il n'a en fait strictement rien résolu. Il faudrait peut-être d'ailleurs que quelqu'un prévienne à ce sujet notre extrême-gauche française, à les voir danser la carmagnole, hier soir, place de la République à Paris, on avait l'impression qu'ils étaient en pleine victoire post-révolution. Les cons !

Folie passagère 2834.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

dimanche 5 juillet 2015

Référendum grec: N'ayez pas peur et restez zen !


Ne vous inquiétez pas ! Ne cédez pas à ce vent de quasi-panique, très largement entretenu par nos médias et les politiques de tous bords, ici ou ailleurs, mais, demain, quelque soit le résultat du référendum grec, vous aurez toujours à manger dans votre assiette et vos avoirs bancaires ne seront pas gelés. Okay ? Alors restez zen, servez-vous un ch'tiot canon de rosé et respirez.

Les résultats du référendum seront connus en fin de soirée et nous verrons alors les politiciens de tous bords là aussi commenter cet accident historique voulu par le premier ministre grec. Parce que franchement, en dehors de faire plaisir à tous les amoureux de la démocratie en donnant la parole au peuple, à quoi servira ce sondage hors-norme ? A rien selon moi. Une petite semaine d'espoir pour les  " OXI ", une semaine d'angoisse pour les " Nai ". Ou vice et versa. Avouez franchement qu'un pays dans lequel le oui se dit " Nai " et le non se dit " Oxi " est un pays qui ne tourne pas rond, me semble-t-il. Au final, et quelque soit le résultat, la Grèce - on parie ? - restera dans la zone euro, la monnaie demeurera l'Euro et les négociations continueront, encore et encore jusqu'à ce que, un jour peut-être... Quoiqu'en disent ici la Méluche ou La Marine, personne n'a intérêt à voir la Grèce sortir de la zone - même Nikos Alliagas l'a dit - comme personne ne comprend très bien comment elle peut faire pour y rester. C'est ainsi.

Les eurocrates, les europhiles, Angela et moi n'avons aucune envie de nous asseoir sur une dette de plus de 340 milliards d'euros que nous savons ne jamais récupérer de la même façon que les extrêmes-gauchiasses actuellement au pouvoir en Grèce - soutenus par nos deux extrêmes franchouilles - savent très bien que sans l'Union ils ne sont plus rien, cuits et recuits, à poil. Alors vous verrez que dès après-demain, le temps pour chacun de soigner sa gueule de bois post-référendaire, les discussions reprendront de plus belle à Bruxelles. Avec ou sans Tsipras. Normalement sans, s'il perd; mais on ne sait jamais avec les Grecs, on les attend par devant et bien souvent, ils vous surprennent par derrière: le Tsipras pourrait très bien avoir le culot, en cas de victoire du " Nai ", de refuser de s'oxire sur l'autel de la voix du plus grand nombre.


Surtout que ce référendum, franchement, il est un peu à l'image de ce que la Grèce nous joue depuis des années: un sacré casse-tête. Avez-vous lu la question à laquelle nos amis Grecs devront répondre ? : " Faut-il accepter le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l'Eurogroupe du 25 juin, qui est composé de deux parties : Reforms for the completion of the current program and beyond (Réformes pour l'achèvement du programme en cours et au-delà) et Preliminary debt sustainability analysis (Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette) ? " Répondre par Oxi ou par Nai ! Va-t-en lire un truc qui s'appelle Reforms for the completion... ou Préliminary debt..., autant aller à la plage et se siffler un Ouzo bien frais. Remarquez qu'il y a une petite astuce dans cette question: faire croire aux Grecs qu'en votant, ils se prononceront pour un euro-dézonnage et contre l’austérité ou pour rester dans l'Union... Y en a-t-il qui sont dupes ? Et tant pis si la question occulte la responsabilité du peuple grec, dans son ensemble, pour cette crise. Quelqu'un leur a dit qu'en cas de victoire du " Nai " de facto ils reconnaissent s'être gavés pendant des années sans rien payer ? Pensez-vous ! 

Les Grecs sont avec ce référendum pas vraiment constitutionnel pris en sandwich entre l'austérité qu'imposera Bruxelles, avec peut-être l'espoir, comme l'Espagne ou le Portugal de s'en sortir un jour ou l'autre et ... Et c'est bien là le problème parce que avec Tsipras et son Varoufakis de ministre, personne ne sait très bien à quoi s'attendre demain. 

Tout ça pour dire que si Tsipras a cru (démagogiquement) bien faire avec ce référendum, qu'on le veuille ou non celui-ci marque l'échec de son gouvernement et de la politique pour laquelle il s'est fait élire. Ce référendum ne résoudra rien, il ne fera que scinder le pays en deux. 

En attendant, buvons à leur santé, c'est tout ce qu'il y a à faire pour les soutenir; nous, on a de la chance, on est (encore) trop gros et trop indispensable à l'Union pour que Bruxelles vienne nous ch... dans les bottes.


Folie passagère 2833.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 30 juin 2015

Référendum grec, le retour de la démocratie en Europe


Ci-dessous et même si je ne suis pas d'accord avec tout ce qui y est écrit, à lire, la tribune de Jacques Sapir publiée par le Figaro décrivant pourquoi la décision de Tsipras marque le retour de la démocratie dans l'espace européen. Que ceux qui le souhaitent et peuvent prennent le temps, auparavant, de lire l'article de Jean Quatremer  en lien ici : " Aux racines de la crise grecque ". L'engouement tout naturel que suscite la décision de Tsipras d'organiser un référendum ne doit pas occulter les responsabilités du peuple grec dans son ensemble pour cette crise dont on ne voit pas la fin...

" Un spectre hante l'Europe:

Alexis Tsipras, dans un geste que l'on peut qualifier de «gaullien», a décidé de convoquer un référendum le 5 juillet, demandant au peuple souverain de trancher dans le différent qui l'oppose aux créanciers de la Grèce. Il a pris cette décision devant ce qu'il faut bien appeler les menaces, les pressions, et les ultimatums auxquels il avait été confronté durant les derniers jours de la négociation avec la «Troïka», soit la BCE, la Commission Européenne et le FMI. Ce faisant, il a délibérément renvoyé au domaine politique une négociation que les partenaires de la «Troïka» voulaient maintenir dans le domaine technique et comptable. Ce geste a provoqué une réaction de l'Eurogroupe d'une extrême gravité. On le mesure au communiqué publié le samedi qui, dans une note de bas de page, confirme l'expulsion de fait de la Grèce hors de l'Eurogroupe. Nous sommes ici en présence d'un véritable abus de pouvoir qui a été commis ce 27 juin dans l'après-midi. Ce qui se joue désormais n'est plus seulement la question du devenir économique de la Grèce. C'est la question de l'Union européenne, et de la tyrannie de la Commission et du Conseil, qui est ouvertement posée.

La déclaration d'Alexis Tsipras:

Le texte de la déclaration faite par Alexis Tsipras dans la nuit du 26 au 27 juin sur la télévision d'Etat grecque est un exemple de probité démocratique. Devant le comportement de ses interlocuteurs, et en particulier ce qu'il appelle un ultimatum, le Premier ministre grec en appelle à la souveraineté du peuple. Le texte, de ce point de vue, est extrêmement clair:

«Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l'UE et sape la relance de la société et de l'économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l'humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l'obsession du FMI pour une politique d'extrême austérité. (…) Notre responsabilité dans l'affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l'ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J'ai proposé au conseil des ministres l'organisation d'un référendum, et cette proposition a été adoptée à l'unanimité» .

Ce texte court, empli de gravité et de détermination, entrera vraisemblablement dans l'Histoire comme l'une des déclarations qui font honneur à la démocratie. Ce texte dit aussi la colère, froide et déterminée, qui imprègne son auteur. Et c'est peut-être là l'échec principal de l'Eurogroupe et des institutions européennes: avoir transformé un partisan de l'Europe en un adversaire résolu des institutions européennes.

Les enseignements de la déclaration d'Alexis Tsipras:

Il convient de lire attentivement ce texte, qui n'est pas que de circonstances. En effet, on peut retirer de cette courte déclaration trois points importants.

Le premier est que le désaccord entre le gouvernement grec et ses partenaires a été d'emblée politique. La BCE et la Commission Européenne n'ont eu de cesse que de rechercher une capitulation du gouvernement grec, ce que Tsipras appelle «l'humiliation de tout un peuple». Ce que cherche l'Union européenne, par le biais de l'Eurogroupe, c'est de cautériser le précédent ouvert par l'élection de janvier 2015 en Grèce. Il s'agit de faire la démonstration non seulement en Grèce, mais ce qui est en fait bien plus important en Espagne, en Italie et en France, qu'on ne peut «sortir du cadre de l'austérité» tel qu'il a été organisé par les traités comme l'avait affirmé dès l'élection du 25 janvier Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne.

Le deuxième point important de cette déclaration est que, pour la première fois un dirigeant légalement élu et en fonction déclare que les institutions européennes font des propositions qui, dans leur fond comme dans leur forme «violent absolument les acquis européens». C'est une accusation très grave. Elle revient à dire que les institutions européennes qui sont censées être des garants de la démocratie agissent au contraire de celle-ci. Elle revient aussi à dire que ces mêmes institutions, dont la légitimité n'existe que par délégation de la légitimité des Etats membres ont des comportements qui violent la légitimité et la souveraineté de l'un des dits Etats membres. Cela revient donc à dire que les institutions de l'UE se sont constituées en Tyrannus ab exercitio soit en un pouvoir qui, tout en étant issu de procédures légitimes, se conduit néanmoins en Tyran. Cela revient à contester radicalement toute légitimité aux instances de l'Union européenne.

Le troisième point se déduit des deux premiers. Il est contenu dans la partie du texte qui dit: «Notre responsabilité dans l'affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l'ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec». Il place désormais les enjeux non plus au niveau de la dette mais à celui des principes, de la démocratie comme de la souveraineté nationale. Et c'est en cela que l'on peut parler d'un véritable «moment gaullien» chez Alexis Tsipras. Il a osé poser la question de l'austérité et du référendum, et a reçu un soutien unanime, y compris des membres de l'ANEL, le petit parti souverainiste allié à SYRIZA. Il s'est ainsi réellement hissé à la stature d'un dirigeant historique de son pays.

Le coup de force de l'Eurogroupe:

La réaction de l'Eurogroupe ne s'est pas faite attendre. Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, après avoir qualifié de nouvelle «triste» (sad) ce référendum , a demandé au Ministre grec, M. Yanis Varoufakis, de quitter la salle de réunion. Ce faisant, il a confirmé les options et les méthodes antidémocratiques qui ont cours aujourd'hui au sein de l'Union européenne. Au-delà des mots, il y a les faits, et ces derniers sont d'une extrême gravité. Dans un acte qui conjugue l'illégalité la plus criante avec la volonté d'imposer ses vues à un Etat souverain, l'Eurogroupe a décidé de tenir une réunion en l'absence d'un représentant de l'Etat grec. De fait, l'Eurogroupe a donc décidé d'exclure la Grèce de l'Euro. Ceci constitue à l'évidence un abus de pouvoir. Et il faut ici rappeler plusieurs points qui ne sont pas sans conséquences tant juridiquement que politiquement.

1. Aucune procédure permettant d'exclure un pays de l'Union Economique et Monétaire (non réel de la «zone Euro») n'existe actuellement. S'il peut y avoir une séparation, elle ne peut avoir lieu que d'un commun accord et à l'amiable.

2. L'Eurogroupe n'a pas d'existence légale. Ce n'est qu'un «club» qui opère sous couvert de la Commission Européenne et du Conseil européen. Cela signifie que si l'Eurogroupe a commis un acte illégal - et il semble bien qu'il en soit ainsi - la responsabilité en incombe à ces deux institutions. Le gouvernement grec serait donc fondé d'attaquer la Commission et le Conseil à la fois devant la Cour Européenne de Justice mais aussi devant la Cour Internationale siégeant à La Haye. En effet, l'Union européenne est à la base une organisation internationale. On le constate par exemple dans le statut, et les exemptions fiscales, des fonctionnaires européens. Or, la règle dans toute organisation internationale est celle de l'unanimité. Le traité de Lisbonne a bien prévu des mécanismes de majorité qualifiée, mais ces mécanismes ne s'appliquent pas à l'Euro ni aux questions des relations fondamentales entre les Etats.

3. Le coup de force, car il faut l'appeler par son nom, que vient de faire l'Eurogroupe ne concerne pas seulement la Grèce. D'autres pays membres de l'Union européenne, et l'on pense au Royaume-Uni ou à l'Autriche, pourraient eux-aussi attaquer devant la justice tant européenne qu'internationale la décision de fait prise par l'Eurogroupe. En effet, l'Union européenne repose sur des règles de droit qui s'appliquent à tous. Toute décision de violer ces règles contre un pays particulier constitue une menace pour l'ensemble des membres de l'Union européenne.

4.Il faut donc ici être clair. La décision prise par l'Eurogroupe pourrait bien signifier, à terme, la mort de l'Union européenne. Soit les dirigeants européens, mesurant l'abus de pouvoir qui vient d'être commis, se décident à l'annuler soit, s'ils persévèrent dans cette direction ils doivent s'attendre à une insurrection des peuples mais aussi des gouvernants de certains Etats contre l'Union européenne. On voit ainsi mal comment des Etats qui ont juste recouvré leur souveraineté, comme la Hongrie, la République Tchèque ou la Slovaquie, vont accepter de telles pratiques.

Ceci révèle au grand jour la nature fondamentalement antidémocratique des institutions de l'UE et le fait que cette dernière soit en train de se constituer en Tyrannie. Le silence des principaux responsables tant du PS que de l'ex-UMP (rebaptisée «Les Républicains») en dit long sur l'embarras d'une partie de la classe politique française. On le comprend, sans l'excuser.

Le spectre de la démocratie dans les couloirs de Bruxelles:

En France donc, on ressent très distinctement le malaise que provoque l'initiative d'Alexis Tsipras. Que ce soit au Parti Socialistes ou chez les «Républicains», on ne peut ouvertement s'opposer à une telle décision sans contredire immédiatement et brutalement tous les discours qui ont été tenu sur la démocratie. Mais, en réalité, le référendum grec fait planer le spectre d'un autre référendum, celui de 2005 sur le projet de traité constitutionnel en Europe. La manière dont la classe politique française, dans sa large majorité, de Nicolas Sarkozy à François Hollande en passant par les Aubry, Bayrou, Juppé et autres Fillon, avait été désavouée par la victoire du «Non», mais avait fait passer en contrebande à peu de choses près le même texte lors du Traité de Lisbonne qui fut ratifié par le Congrès à Versailles, est l'un des épisodes les plus honteux et les plus infamants de la vie politique française.

On ne peut, et on ne doit, préjuger du résultat de ce référendum. Mais on doit souligner qu'il représente le retour de la démocratie dans un espace européen dont elle était absente. Il est probable que les partis d'opposition, que ce soit Nouvelle Démocratie ainsi que le Parti de centre-gauche La Rivière (To Potami) protestent et cherchent à empêcher par divers recours légaux ce référendum d'avoir lieu. Ces réactions sont exemplaires des comportements antidémocratiques qui s'épanouissent aujourd'hui en Europe. Ils apportent de l'eau au moulin d'Alexis Tsipras. On sent comment les acteurs européistes de ce drame sont aujourd'hui terrorisés par le spectre de la démocratie.

Alexis Tsipras ne doit ainsi pas s'attendre à un quelconque soutien de la part de François Hollande, n'en déplaise à Mélenchon. Notre Président est renvoyé sans ménagement à sa propre médiocrité. Il ne doit pas s'attendre au moindre merci d'Angela Merkel dont la politique est la véritable cause de cette crise. Mais il peut s'attendre au soutien de tous ceux qui, en Europe, se battent pour la démocratie et la souveraineté."


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 8 avril 2015

Vladimir Poutine et Alexis Tsipras se jouent de l'Europe et de la France


Vous vous rappelez de cette histoire de prêt d'une banque russe au Front National, les banques françaises ayant refusé à ce dernier tout crédit ? Mon Dieu quel scandale ! Toute la gaucholalie était scandalisée ! Que n'avons- nous pas entendu !  Et sur Poutine ? Ce démon qui ainsi noyautait l'extrême-droite française... Quelle histoire, on en a parlé pendant au moins 48 heures et quelques...

Vous vous rappelez l'élection de ces affreux gauchistes en Grèce ? Syriza l'emportait, la gauche française, quasi unanime, saluait cette avancée de la démocratie. Mélenchon était aux anges, les frondeurs du PS et une bonne tripotée de socialistes aussi. On allait voir ce qu'on allait voir, l'Europe, Bruxelles, la BCE, Draghi et compagnie se prenaient deux baffes avec l'arrivée d'Alexis Tsipras au pouvoir. Naturellement, le Front National dont l'anti européanisme n'est plus à démontrer exultait. Nos deux extrêmes qui souvent se rejoignent cédaient aux charmes du sans-cravate.

Vous vous souvenez de cette crise en Ukraine dont on ne nous parle plus beaucoup ? Et bien là-dessus, il y avait quasi-consensus en Europe, en France et en Grèce: il fallait sanctionner le méchant Poutine. On le sanctionna donc. Et Poutine sanctionna l'Europe en imposant un embargo sur nombre de produits agricoles de l'Union.

Sauf que du prêt au FN, on ne nous parle plus. Sauf que l'enthousiasme de la gauche française vis à vis de Tsipras semble s'être sacrément émoussé et Bruxelles se marre en constatant, comme prévu, que le Tsipras ne tarderait pas à renter dans le rang...

... Et Tsipras de faire un magnifique pied de nez à tout ce monde là en allant passer deux jours à Moscou rencontrer son nouveau copain: Vladimir Poutine. Deux jours pour aller négocier des emprunts, une aide financière, des rabais sur le prix du gaz et surtout la levée de l'embargo russe sur les fruits et légumes grecs, en particulier les fraises, les oranges et les pêches. Et devinez quoi ? Il est accueilli à bras ouvert, sera reçu par les plus hautes autorités financières de la Russie et par Vladimir.

Et voilà comment copains comme cochons, Vladimir et Alexis se jouent de l'Europe et de la France. Nul à gauche, en France, pour l'instant, ne s'est élevé contre cette visite. Étonnant, non ?  Alors certes, l'Europe n'est pas contente mais que peut-elle y faire ? Rien. L'un de ses membres s'apprête à rompre le consensus ayant permis de sanctionner la Russie et elle ne peut rien faire. Que pourrait-elle reprocher à Tsipras qui a une dette à rembourser, des déficits à combler, une économie à redresser et qui pour cela n'hésite pas à aller serrer la pince de l'ennemi juré de nos z'élites ? Rien. Il y aura sans doute quelques menaces, quelques coups de sifflets mais vous verrez, sous peu, les Russes de Moscou pourront remanger des fraises et des pêches grecques.

Tsipras, avec l'assentiment de sa population et Poutine, plébiscité comme jamais par la sienne, démontrent ainsi et d'une qu'ils ne sont pas seuls au monde et de deux que la " solidarité " européenne n'est pas infaillible. Joli coup.

Il se chuchote même que, contrairement aux principaux chefs d'Etats européen, Tsipras serait le seul à se déplacer le 9 mai prochain à Moscou pour les cérémonies grandioses de commémoration des 70 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Tout ça me fait penser aux Mistral dont on n'entend plus parler et à ces fameux 126 Rafale que l'Inde n'a toujours pas acheté...

Folie passagère 2728.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 14 février 2015

Le pire et le Pirée


La Grèce est un sujet à la mode. Parce que la dette, parce que l'austérité, parce que la Troïka, parce que l'Europe et l'euro, parce que Tsipras et Syriza, bien sûr ! 

Alors quand il y a un reportage dans la lucarne ou dans un magazine sur la Grèce, j'écoute ou je lis et si je ne comprends pas, j'appelle mon frère qui vit là-bas depuis... si longtemps. Aujourd'hui, c'était sur le port du Pirée. Il paraît que la situation est très tendue entre les ouvriers grecs, les dockers, et les propriétaires de la moitié du Pirée: des Chinois; forcément de méchants Chinois. Ils ont même parlé de "guerre froide ", c'est vous dire... 

C'est alors que je me suis souvenu du moment où je travaillais avec un fournisseur grec, en 2007-2008. Allez savoir pourquoi, ce type que je n'ai jamais rencontré autrement que par téléphone avait à l'époque les meilleurs prix du marché européen pour tout ce qui était câbles électriques, toutes puissances confondues. Je n'ai jamais trop su comment il les négociait, je voyais juste des certificats d’origine provenant de Russie, de Hongrie, de France, de Pologne, d'Allemagne ou d'Autriche, parfois même de Chine... Toujours est-il que je lui en achetai des quantités industrielles pour un chantier que nous avions à Chypre. Chypre qui comme chacun le sait est à quelques encablures du Pirée et qu'entre les deux, point de ponts, il est donc nécessaire de recourir au fret maritime. 

Mes câbles, selon leurs grosseurs et leur longueurs, voyageaient par containers, pour les plus petits, sur des gros tourets pesant parfois plusieurs tonnes, pour les autres, le tout étant chargé sur des ferries ou des cargos. Départ: Le Pirée, arrivée: Principalement Limassol, parfois Larnaka. 

Les relations avec mon fournisseur étaient extraordinaires lorsque nous parlions prix, normal, il avait les meilleurs, bien mieux que ceux du numéro 1 Français Nexans. Exécrables lorsqu'il s'agissait de les acheminer. Il y avait toujours un truc: un bateau qui ne partait pas, un container bloqué pour on ne sait quelles raisons, un portique HS, un jour chômé ou plus fréquemment un mouvement de grève des dockers grecs. Ainsi, fréquemment, mes câbles impatiemment attendus sur le chantier loupaient la navette. Je me souviens même qu'il fallut quelques fois réexpédier mes câbles du Pirée à Gênes pour les ré-acheminer à Chypre, moyennant surcoût conséquent. Il y eut même, une fois, des câbles autrichiens que je pus expédier à Chypre en passant par... Barcelone ! Et moi, je me prenais les engueulades à répétition du chef de chantier et donc de mon boss et donc du boss de mon boss. Et à chaque retard, des pénalités dressées par notre client et ma consommation de cigarettes qui progressait proportionnellement... 

Et puis vint le jour où des Chinois achetèrent la moitié du port du Pirée pour près de 4 milliards d'euros, la Grèce, en pleine déconfiture, bradait ses bijoux de famille. Mon boss déboula dans mon bureau. Il me demanda s'il ne fallait pas trouver un autre fournisseur afin d'éviter une rupture d'approvisionnement, avec des Chinois, on est à l'abri de rien, disait-il. J'appris plus tard que Nexans le caressait financièrement dans le sens du portefeuille. Aussitôt, j'appelais mon Grec. Celui-ci me rassura - j'avais confiance, il ne m'avait jamais empapaouté celui-là - vous verrez me dit-il, avec les Chinois, cela ne pourra pas être pire qu'avec les Grecs ! 

Il avait raison. il ne fallut pas un mois pour que les Chinois mettent les choses au carré; plus jamais, jusqu'à la fin du chantier, je n'eus le moindre retard de livraison. L’achèvement des travaux se passa tranquillement et je touchais ma prime de " bonne fin ". 

Du pire, les Chinois avaient fait le Pirée. Le plus drôle dans cette histoire, c'est que le donneur d'ordre de cet énorme chantier, actionnaire majoritaire des futurs bâtiments, était un consortium... grec ! 

Lorsque, enfin, je réussis à aller à Chypre, je n'eus qu'à constater que tous ces gens-là étaient fort satisfaits de la passation sous pavillon chinois de la moitié du Pirée. Comme quoi... 

Il serait dommage que Syriza casse la baraque; Gênes, Marseille ou Toulon n'attendent que cela. 

En 6 ans, de 2008 à 2014, le nombre de containers traités au Pirée, 3 millions d'unités, a augmenté de 500% !

Folie passagère 2658.
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lundi 26 janvier 2015

Victoire de Syriza. Mélenchon heureux. Cambadelis, Dupont Aignan et le FN aussi.

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(photo diffusée par Melenchon sur son compte tweeter)

Les Grecs ont donc voté et installent confortablement le parti d’extrême gauche Syriza au pouvoir. Confortablement, certes, mais sans majorité absolue et avec 36% des suffrages exprimés.  Quid de l'abstention ? Je ne sais pas.

Pour être tout à fait honnête, je me fiche un peu et de cette élection et de ces résultats, on verra d'ici quelques semaines si le Tsipras est à la hauteur de ses ambitions et de l'espoir qu'une partie des Grecs ont mis en lui. J'ai comme qui dirait quelques doutes. On verra.

Non, ce qui m'a intéressé dans cette élection, ce sont les réactions et commentaires en France. Il suffisait de suivre la soirée sur twitter ou via les chaînes d'info pour se marrer. L'élément de langage communément partagé était de dire: Victoire de la gauche radicale, comme pour ne pas effrayer avec l’appellation, plus juste, d'extrême-gauche. Il s'en est fallu d'un cheveu pour que l'on assiste à une sorte de communion nationale inhabituelle: La quasi totalité des forces politiques françaises se félicitant de ce succès: NPA, PC, FDG, PS, Debout la République, FN, tous ceux-ci avaient une bonne raison d'applaudir. Même Henri Guaino, ce matin, sur Itélé, voyait dans cette victoire de Syriza motif à se réjouir: "Quand on fait souffrir un peuple, celui-ci se rebelle. L'Union Européenne doit se ressaisir ".

Le plus drôle étant bien sûr l'inénarrable Jean-Luc Melenchon, quasiment en transe, heureux, au bord de l'orgasme. Pour un peu cette victoire, il se l'attribuait: " C'est un moment historique pour nous. Nous l'avons fait. je connais les gens de Syriza depuis plus de dix ans. C'est un grand soir démocratique, nous y sommes arrivés. Le front de Gauche est ce qui ressemble le plus à Syriza,... "

Mais le plus drôle de ses tweets était celui qu'il balança le matin même de cette " journée historique" et qui en dit long sur la droiture et la rigueur du bonhomme: " Mieux vaut vivre et rayer la dette que mourir avec des comptes en ordre ". Je vais aller voir mon banquier et je vais lui sortir exactement la même chose, je suis sûr qu'il appréciera !

Non, franchement, tous ces gens qui s'élèvent contre la dette grecque me font tout de même marrer: Ils étaient où tous ceux-là quand l'Union Européenne, pour éviter que Grèce et Grecs ne meurent, leur a prêté près de 300 milliards d'euros, la quote-part de la France s'élevant à environ 55 milliards ? Ils étaient où tous ceux qui aujourd'hui réclament d’effacer tout ou partie de cette dette ?

A l'époque, pas si lointaine, personne en Grèce ne cracha sur ces 300 milliards. Pas même Tsipras.

Amusant, j'apprends à l'instant que Tsipras serait entrain de consulter pour monter un gouvernement, il envisagerait de s'allier avec la droite qu'il vient de battre. A confirmer.

Folie passagère 2631.
Grèce : ce qu'il faut savoir sur la victoire de Syriza
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.