| " Apostasie ". Georges Yatrides. 1973. |
Voilà que nous sommes vendredi et que je me pose des questions existentielles. Il y a peu, je lisais un article sur une vague d'apostasies qui aurait saisi le Portugal.
L'apostasie, pour les non avertis, c'est le fait de renoncer formellement à son appartenance à l'Eglise. Une démarche pour ceux qui, non contents de se proclamer non croyant, non pratiquant ou athée..., ne suffit pas tant le fait d'être "raccroché" à l'Eglise par leur baptême, et l'inscription dans les registres, est devenu inacceptable ou incohérent. Cette démarche en apostasie n'est pas condamnée officiellement par l'Eglise; mais essayez d'en parler à ses membres ( laïcs ou religieux ) et vous verrez qu'on va vous regarder d'un drôle d'oeil. Il y a de l'excommunication, de facto, dans l'air, tout de même.
Ainsi moi, par exemple, je suis baptisé - à 5 mois, on ne m'a pas demandé mon avis -, j'ai accompli le parcours obligé ( la première communion, la seconde, la confirmation ) plus sous la pression familiale que par conviction et pourtant aujourd'hui, je ne peux accorder ma façon de voir les choses avec celle de l'Eglise catholique quand bien même j'ai un profond respect pour ceux qui croient et vivent leur foi "raisonnablement". Je ne vais pas à la messe (si ce n'est à Noël pour faire plaisir), je refuse catégoriquement les dogmes, préceptes et obligations que tout bon croyant se doit de respecter.
Dieu ne me parle pas, il n'a donc pas à parler pour moi.
L'Eglise, du moins ses représentants, accepte intelligemment ma spécificité mais condamne vertement mes comportements. je ne la condamne pas moi, alors pourquoi devrais-je "subir", par mon appartenance imposée, le droit de juger qu'elle aurait sur ma vie ?
Bref, si ce n'est le milieu auquel "j'appartiens", rien ne m'accroche ni me retient dans le giron catholique. Si ce n'est mon acte de baptème. Je ne suis plus croyant depuis des lustres mais l'Eglise me compte parmi ses fidèles tant que je ne renonce pas, par écrit, formellement, à "mon" baptême. Ainsi, tant que je ne renoncerai pas à mon passé "de fils de Dieu" en envoyant une demande spécifique, je ne serai pour l'Eglise qu'une brebis égarée mais...une brebis récupérable et "comptabilisée". Mes interrogations portent donc sur ces contradictions: Puis-je être en accord avec mes convictions de non-croyant et ne rien faire pour affirmer cette position? Peut-on se dire non-croyant et admettre de rester inscrit sur les registres ?
Enfin, puis-je accomplir cette démarche et la taire ? Est-ce aussi simple que cela ?
Je vous ennuie avec mes interrogations ? M'en fous, je vais continuer de réfléchir au truc. Et ce soir, c'est sûr, il n'y aura pas de poisson au menu.
Folie passagère 683.