Bon maintenant que les Algériens ont fait avec efficacité le sale boulot, on va pouvoir reparler un peu du Mali. En reparler, oui, mais sous un autre angle, celui de la politique intérieure française et des menus avantages, pour le pouvoir en place, qu'il y a à faire la guerre.
Celui qu'on appelait Flanby a donc décidé, seul, d'aller faire la guerre à ceux qui, avant étaient des islamistes fous furieux et qui, depuis, sont devenus, par la grâce de l'action française ( sans jeu de mots ) des terroristes. Ceci est donc la première conséquence de ce nouveau bourbier, afin de ne pas froisser une partie de son électorat et quelques alliés arabo-musulmans, l'emploi d'un vocabulaire de temps de guerre: les islamistes deviennent des terroristes, c'est plus neutre, tout aussi dangereux mais ça ne froisse pas les susceptibilités. Personne n'est dupe mais ça marche, les merdias vont dans ce sens.
Nous ne reviendrons pas sur le bien-fondé de l'intervention française, on nous dit que c'est pour sauver le Mali, la région, la France, l'Europe et le monde... et nos approvisionnements dans la région; c'est donc que c'est bien. C'est aussi, et personne à nouveau n'est dupe, l'occasion rêvée pour l'hollande et sa clique de prouver que l'ex-Flanby a des couilles, qu'il n'est pas aussi mou qu'il en a l'air et qu'il sait prendre des décisions graves. Flanby exit, l'hollande nouveau est arrivé. Le directeur général de BVA ne s'y trompe pas, avec le Mali, hollande a " saisi l'occasion de corriger son image ". Dont acte. Nous ne l'appellerons plus Flanby. Soit ! Reste à savoir si le fabricant de flan du même nom s'en remettra. Cette campagne africaine permettra donc à flanby , oups je suis incorrigible, à hollande une " très nette amélioration sur des traits de personnalité qui étaient pour lui des points de faiblesse et de fragilité ". Nous le voyons, sur le plan image & communication, hollande a tout à gagner, au moins dans un premier temps, avec ce conflit. Cela semble fonctionner à merveille: " hollande, chef de guerre " !
Autre " plus ", la cohésion nationale. En effet, depuis le début de son quinquennat que l'on aimerait plus court, hollande est souvent accusé de diviser les Français: le mariage zinzin, l'euthanasie, l'éducation nationale... Là, chapeau bas, tout le monde politique se serre les coudes et se range derrière l'étendard de l'ex-mou. Je crois que c'est Christain Jacob ( UMP ) qui disait qu'en des heures si difficiles, la place n'était pas à l'affrontement partisan mais à l’engagement de la nation toute entière derrière le chef de l'Etat et nos armées ! Si ça, c'est pas de la balle ! Chapeau l'artiste !
La guerre, quoiqu'on en dise, le peuple aime. Il y a - il y aura - du sang et des larmes. Les télés déroulent de belles images de nos valeureux soldats au combat. Il y a de l'aventure, de l'uniforme, des armes et toussa. C'est visuellement vendeur, télégénique. C'est du thriller, du film de guerre pour de vrai. Et pendant que les images, à foison, défilent: On ne pense pas autre chose. La guerre, c'est l'effet gommage. Et hollande, encore une fois ne s'y est pas trompé, les médias non plus: la crise oubliée, les plans de licenciements en cascade oubliés, Montebourg aux abonnés absents, Florange atomisé, le chômage évincé, le pouvoir d'achat en berne évaporé. Et pendant ce temps-là, les forces agissantes et socialistes, elles travaillent à leurs projets sans la moindre opposition; tranquilles... On parle de la guerre ( et de la vague de froid ): le reste, on gomme, on escamote, on oublie. Pratique, commode, ça coûte bonbon, mais on s'en fout, la liberté des peuples n'a pas de prix. Même en temps de crise.
Nous le voyons, faire la guerre, c'est tout bénef. Mais pour combien de temps ? Les expériences passées nous le rappellent, la guerre c'est génial tant que cela ne dure pas trop longtemps et les bénéfices que l'on en tire ne sont que de courte durée. Sarkozy, à ses dépens, l'a appris. hollande l'a-t-il compris ? Lorsque les Français auront pigé que cette guerre ne nous rapportera rien si ce n'est, éventuellement, quelques titres de gloire et quelques morts, le retour de bâton pourrait pour l'équipe en place être terrible.
J'en éprouve, salaud que je suis, à l'avance, quelque satisfaction.
Folie passagère 1539.

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