Affichage des articles dont le libellé est déficits. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est déficits. Afficher tous les articles

jeudi 18 septembre 2014

Comment fait-on pour équilibrer les comptes du pays ? C'est simple, on ne fait pas.


Voyez-vous, j'ai suivi le discours de Manuel Valls à l'Assemblée, ses interview chez Chazal puis chez Ferrari; vous le savez, j'essaye de suivre l'actualité au jour le jour. J'essaie de comprendre et m'en sors généralement plutôt bien. Mais là, j'ai un problème, je n'y comprends plus rien. Plus rien du tout. Je m'explique...

On nous dit à longueur de temps que nous sommes en crise, qu'il faut absolument réduire les dépenses publiques,  que nous n'avons plus un kopeck en caisse, que les budgets des ministères sont serrés, qu'il faut de la rigueur, qu'il faut rentrer dans les clous que nous nous sommes imposés avec le Traité Européen, qu'il faut cesser de planquer la dette sous le tapis comme nous le faisons depuis des années, qu'il faut mieux dépenser, bref, vous l'aurez compris: il faut économiser. Même notre gouvernement, depuis deux ans, nous dit qu'il faut et qu'il va économiser, par dizaines de milliards. Mais dans le même temps, ce même gouvernement et Président nous disent qu'il faut - y a pas le choix et j'abonde dans ce sens - aider les entreprises. Alors, aux entreprises, on leur fait du CICE et du pacte de responsabilité, et on va leur filer des milliards: pour l'emploi, pour la compète, la productivité et toussa...  

Il l'a dit: " nous allons  faire 50 milliards d'économies en 3 ans ": 

Et puis paf, le voilà le Valls nous dire qu'il va filer 8 euros de plus par mois au minimum vieillesse, et une petite prime de 40 euros pour les petites retraite inférieures à 1 200 euros et qu'il allait sortir des millions de Français de l'impôt, 3 je crois, et que 6 millions de ménages verraient la douloureuse fiscale baisser... Un geste global à 3,3 milliards d'euros ! Alors je ne dis pas, les petits vieux vont être contents, c'est la fête du slip, pensez donc 8 euros et/ou 40 en plus, c'est Champagne ! Les futurs exonérés aussi. Mais on fait comment pour financer ces trois et quelques milliards, on sabre où ? On serre la ceinture à qui ? Qui va payer plus pour que d'autres payent moins ?

Et puis à ces 3,3 milliards, il faudrait rajouter tout ce qui est dépensé sans avoir été ni prévu ou ni budgété. Tenez, quand Président décide d’effacer purement et simplement la dette de la Côte d'Ivoire, c'est encore 3 milliards qui disparaissent. Quand, il décide de prolonger le séjour de nos militaires au Mali et de porter leur effectifs à 3 000, ce sont des milliards qui partent aussi. Quand il décide du jour au lendemain de consacrer via la caisse des dépôts 1,9 milliards d'euros au logement sans que l'on sache vraiment ce que cela signifie, quand il décide de partir en guerre contre Daech sans que l'on sache combien ça va nous coûter, quand son Premier annonce, sans que l'on sache vraiment pourquoi, que le budget de la Culture ne sera pas réduit mais bien augmenté... Ils les prennent où tous ces milliards ?

Ils nous disent: Economies ! Economies ! Economies ! Et puis de l'autre, c'est: dépenses, dépenses, dépenses, cadeaux fiscaux et milliards distribués. Ils font comment pour équilibrer le bouzin ? Comment peut-on confirmer le 16 septembre que l'on va faire 50 milliards d'économies et le même jour annoncer près de 4 milliards de cadeaux fiscaux ou d'augmentation de pensions ? Cela pourrait à la limite fonctionner si nous avions l'assurance, que dis-je, la certitude,que la croissance revienne, vite, très vite et de façon soutenue avec au moins un + 2% comme promis, mais nous savons, tout le monde le sait, ce ne sera pas le cas...

Alors comment on fait pour équilibrer les comptes ?

Et bien c'est facile, en fait j'ai compris, on ne fait pas. Et puis on verra bien...

Folie passagère 2461.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 13 septembre 2014

La promesse des 3% non tenue... On va morfler !



Elle est sympa cette vidéo, non ? C'est vrai, c'est ce qu'il promettait Président pendant sa campagne: ramener le déficit à 3% dès 2013, respecter les engagements de la France, engagements qu'il avait approuvé lorsqu'il était encore dans l'opposition. Il avait même été encore plus fanfaron que cela puisqu'il avait promis aux gogos qui y ont cru une croissance de +1,7% en 2013, de + 2% en 2014 puis +2 à +2,5% sur le reste de son règne. C'était dans ses 60 engagements, les engagements pris par un démago que rien, ni les promesses bidons, ni les prévisions irréalistes, n'effrayait.

On sait aujourd'hui que et d'une il a nous a pipauté dans les grandes largeurs en 2012 et de deux, que la politique économique du monsieur s'est révélée totalement inefficace et que de mois en mois, de semestre en semestre, lui et son conifère de ministre repoussent la réalisation des objectifs et demandent à Bruxelles des délais pour enfin y parvenir. Le dernier délai accordé par Bruxelles était: 3% fin 2015. Et voila t'y pas que Président, par la voix de Michel Sapin, annonce qu'il faudra attendre, au mieux, fin 2017 pour que notre déficit public soit ramené à 3% du PIB et que pour 2014, il fallait miser sur un 4,4% ! Et les voilà les deux compères expliquer à qui veut l'entendre que des circonstances exceptionnelles, comme une croissance qui ne revient pas, autorisent les Etats à plus de souplesse pour réaliser les objectifs. Le tout en oubliant de nous dire que si cela est exact, cette souplesse ne peut être accordée par Bruxelles qu'à la condition expresse que des réformes structurelles d'ampleur soient entreprises. Or, de l'avis général, à la Commission et à la BCE, avis partagé par l'ensemble des Etats baltes et du sud de l'Europe, la France n'a pas entrepris les réformes nécessaires, réformes pourtant imposées à d'autres.

Le problème, c'est que grâce ou à cause du pacte européen que Hollande n'a pas renégocié, contrairement à un autre de ses engagements, Bruxelles est en droit dès l'année prochaine de mettre à l'amende la France à hauteur de 0,5% de son PIB (0,5% de environ 2 000 milliards d'euros), tout dépendra de la qualité du budget prévisionnel 2015 que la France a obligation de lui remettre au plus tard le 15 octobre. Mario Draghi et son acolyte Djisselblomen ont prévenu, tous les pays seront traités de la même manière: "Le traitement sera juste et équilibré pour tous les pays, petit ou grand, du nord ou du Sud. Les mêmes principes s'appliqueront à tous. Deux choses qui sont prises en considération : l'évolution de la situation économique et la mise en place effective ou pas des réformes structurelles. La France sera jugée en novembre sur les réformes structurelles."

Hollande et Valls sont donc attendus au tournant. Et nous avec. Quelles seront les mesures structurelles qu'ils proposeront de mettre en place ? Quelles vraies réformes vont-ils être obligés de mettre en route pour satisfaire à leurs obligations (qui sont aussi les nôtres). Ce qui est sûr et certain c'est que Bruxelles ne saura se contenter de réforminouchettes ou de vagues promesses. Et ce n'est pas le pacte de responsabilité toujours pas finalisé et prévu pour entrer en vigueur en 2015 qui pourra contenter la Commission. Autant dire que nous allons morfler, d'une manière ou d'une autre.

Président le sait, il n'a pas le choix: soit des réformes qui vont faire mal, soit une amende dont le montant n'aura d'égal que le symbole: la France sanctionnée pour son laxisme budgétaire. Dans les deux cas, les dégâts sur le plan politique vont être terribles pour Président. Comme s'il avait besoin de cela. Le con, il n'avait qu'à pas passer les deux premières années de son quinquennat à tergiverser, à mentir, à augmenter les impôts, à faire du sociétal et à détricoter les réformes précédentes.

Président est au pied du mur... comme jamais il ne l'a été.

Folie passagère 2455.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.