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mercredi 27 mars 2019

Quand Bruxelles part en guerre contre l'Afrophobie, un racisme bien à part...

C'est tout frais, ça vient de sortir au Parlement européen, dernière résolution adoptée ce mardi 26 mars... Et après on va nous dire qu'à Bruxelles ils ne foutent rien, franchement, un tel travail laisse pantois... C'est un peu long mais ça vaut le détour. Vous y apprendrez par exemple que nous sommes depuis 2014 dans la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, que le "Black Face " c'est pas bien ou bien encore qu'ils nous faut faire, encore et encore, devoir de repentance... Vous pouvez passer les "VU" et allez directement aux "considérant".

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– vu le traité sur l’Union européenne (traité UE), et en particulier les deuxième, quatrième, cinquième, sixième et septième alinéas de son préambule, ainsi que l’article 2, l’article 3, paragraphe 3, deuxième alinéa, et l’article 6 du traité UE,

– vu les articles 10 et 19 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

– vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

– vu la directive 2000/43/CE du Conseil du 29 juin 2000 relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique(1) ,

– vu la directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail(2) ,

– vu la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal(3) ,

– vu la directive 2012/29/UE du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 établissant des normes minimales concernant les droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité et remplaçant la décision-cadre 2001/220/JAI du Conseil(4) ,

– vu la deuxième enquête de l’Union européenne sur les minorités et la discrimination (EU-MIDIS II) publiée en décembre 2017 par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) et le rapport de la FRA sur la discrimination raciale et la violence raciste que rencontrent les personnes d’ascendance africaine dans l’Union européenne(5) ,

– vu sa résolution du 1er mars 2018 sur la situation des droits fondamentaux dans l’Union européenne en 2016(6) ,

– vu la création, en juin 2016, du groupe de haut niveau de l’Union européenne sur la lutte contre le racisme, la xénophobie et d’autres formes d’intolérance,

– vu le code de conduite visant à combattre les discours de haine illégaux en ligne convenu, le 31 mai 2016, entre la Commission et les grandes entreprises de technologies de l’information ainsi qu’avec d’autres plateformes et entreprises de médias sociaux,

– vu la recommandation générale nº 34 du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale du 3 octobre 2011 sur la discrimination raciale à l’égard des personnes d’ascendance africaine,

– vu la résolution 68/237 de l’Assemblée générale des Nations unies du 23 décembre 2013 proclamant la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine pour la période 2015-2024,

– vu la résolution 69/16 de l’Assemblée générale des Nations unies du 18 novembre 2014 établissant le programme d’activités relatives à la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine,

– vu la déclaration de Durban et le programme d’action adoptés en 2001 par la Conférence mondiale des Nations unies contre le racisme, qui reconnaît le racisme, la discrimination et les injustices séculaires qu’ont subis les personnes d’ascendance africaine,

– vu les recommandations stratégiques générales de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance,

– vu la recommandation du Comité des ministres du Conseil de l’Europe du 19 septembre 2001 sur le Code européen d’éthique de la police(7) ,

– vu le carnet des droits de l’homme du commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe du 25 juillet 2017 intitulé «L’Europe doit combattre l’afrophobie, née du colonialisme et du commerce des esclaves»,

– vu le protocole nº 12 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, portant sur la non-discrimination,

– vu la question à la Commission sur les droits fondamentaux des personnes d’ascendance africaine en Europe (O-000022/2019 – B8‑0016/2019),

– vu l’article 128, paragraphe 5, et l’article 123, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

A. considérant que le terme «personne d’ascendance africaine» recouvre les termes «Afro-européen», «Noir européen», «Afro-caribéen» ou «Noir antillais» et fait référence aux personnes d’ascendance africaine qui sont nées ou vivent en Europe ou en ont la citoyenneté;

B. considérant que les termes «afrophobie» et «racisme anti-Noirs» font référence à une forme particulière de racisme, qui comprend tout acte de violence ou de discrimination qui s’inscrit dans la continuité de violences historiques ou qui fait intervenir des stéréotypes péjoratifs et qui mène à l’exclusion et à la déshumanisation des personnes d’ascendance africaine; que cette forme de racisme est le fruit des structures historiquement répressives du colonialisme et de la traite transatlantique des esclaves, comme l’a reconnu le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe;

C. considérant que, selon les estimations disponibles, 15 millions de personnes d’ascendance africaine vivent en Europe(8) , bien que la collecte de données relatives à l’égalité par les États membres de l’Union ne soit pas systématique, ne se fonde pas sur l’auto-identification et exclue souvent les descendants de migrants ou «migrants de troisième génération» et au-delà;

D. considérant que la FRANCE a rapporté que les minorités originaires d’Afrique subsaharienne en Europe sont particulièrement exposées au racisme et à la discrimination dans tous les aspects de la vie(9) ;

E. considérant que, selon la deuxième enquête de l’Union européenne sur les minorités et les discriminations conduite par la FRA(10) , les jeunes répondants d’ascendance africaine, âgés de 16 à 24 ans, ont connu au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête des taux de harcèlement motivé par la haine plus élevés (32 %) que les répondants plus âgés et que le cyberharcèlement touche beaucoup plus les jeunes, et diminue avec l’âge;

F. considérant que les injustices à l’égard des Africains et des personnes d’ascendance africaine qui ont jalonné l’histoire, comme la réduction en esclavage, le travail forcé, la ségrégation raciale, les massacres et les génocides qui se sont produits dans le contexte du colonialisme européen et de la traite transatlantique des esclaves, sont très peu reconnues et prises en compte par les institutions des États membres;

G. considérant que la persistance de stéréotypes discriminatoires dans certaines traditions européennes, comme la pratique consistant à se noircir le visage, perpétue des idées préconçues bien ancrées au sujet des personnes d’ascendance africaine, et peut ainsi exacerber les discriminations;

H. considérant que les importants travaux menés par les organismes nationaux de promotion de l’égalité et par le réseau européen d’organismes de promotion de l’égalité (Equinet) devraient être encouragés et soutenus;

I. considérant que, selon le rapport annuel sur les crimes haineux(11) du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE, les personnes d’ascendance africaine sont souvent la cible de violences racistes mais que, dans de nombreux pays, les victimes d’agression n’ont pas accès à une aide juridique ni à un soutien financier;

J. considérant que les États sont les premiers responsables du respect de l’état de droit et des droits fondamentaux des citoyens, et donc du suivi et de la prévention des violences, y compris des violences afrophobes, et de la poursuite de leurs auteurs;

K. considérant que, si les données relatives à la discrimination raciale dans le système éducatif sont limitées, les études disponibles portent à croire que les enfants d’ascendance africaine vivant dans les États membres ont de moins bons résultats scolaires que leurs camarades blancs et que le décrochage scolaire précoce est sensiblement plus élevé chez les enfants d’ascendance africaine(12) ;

L. considérant que les adultes et les enfants d’ascendance africaine sont de plus en plus vulnérables lorsqu’ils sont placés en garde à vue, de nombreux incidents violents et décès étant recensés; considérant le recours systématique au profilage racial, à l’interpellation et à la fouille discriminatoires et à la surveillance, dans le contexte d’abus de pouvoir perpétrés par les forces de l’ordre, de la prévention de la criminalité, des mesures de lutte contre le terrorisme et du contrôle de l’immigration;

M. considérant que, s’il existe des voies de recours contre la discrimination, il convient, pour lutter contre le racisme structurel rencontré par les personnes d’ascendance africaine, notamment en ce qui concerne l’emploi, l’enseignement, la santé, la justice pénale, la participation politique et les conséquences de la migration sur les politiques et les pratiques en matière d’asile, d’adopter des politiques fermes et adaptées;

N. considérant que les personnes d’ascendance africaine vivant en Europe sont victimes de discriminations sur le marché immobilier et se trouvent souvent cantonnées, par un effet de ségrégation spatiale, à des zones à faible revenu, dans des logements exigus et de mauvaise qualité;

O. considérant que, alors que les personnes d’ascendance africaine ont grandement contribué au développement des sociétés européennes au cours de l’histoire, nombre d’entre elles rencontrent des discriminations sur le marché du travail;

P. considérant que les personnes d’ascendance africaine sont surreprésentées dans les couches à plus faible revenu de la population européenne;

Q. considérant que les personnes d’ascendance africaine sont fortement sous-représentées dans les institutions politiques et législatives aux niveaux local, national et européen;

R. considérant que les politiciens d’ascendance africaine sont toujours la cible d’attaques abjectes dans la sphère publique, tant à l’échelle nationale qu’au niveau européen;

S. considérant que le racisme et les discriminations dont sont victimes les personnes d’ascendance africaine sont structurels et sont souvent associés à d’autres formes de discrimination et d’oppression fondées sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle;

T. considérant que les agressions afrophobes qui se sont récemment multipliées en Europe visaient directement les ressortissants de pays tiers, et en particulier les réfugiés et les migrants;

1. invite les États membres et les institutions européennes à reconnaître que les personnes d’ascendance africaine sont particulièrement exposées aux racisme, à la discrimination et à la xénophobie et, de manière générale, jouissent de façon inégale des droits de l’homme et des droits fondamentaux, ce qui est la définition même du racisme structurel, et qu’elles doivent bénéficier, à titre individuel et collectivement, d’une protection contre ces inégalités, y compris par des mesures positives visant à promouvoir la jouissance pleine et égale de leurs droits;

2. estime que la participation active et authentique des personnes d’ascendance africaine sur les plans social, économique, politique et culturel est essentielle à la lutte contre l’afrophobie et à l’intégration de ces personnes en Europe;

3. demande à la Commission d’élaborer un cadre de l’Union pour les stratégies nationales en faveur de l’inclusion sociale et de l’intégration des personnes d’ascendance africaine;

4. condamne fermement toute agression physique ou verbale à l’encontre de personnes d’ascendance africaine dans la sphère publique comme privée;

5. encourage les institutions européennes et les États membres à reconnaître officiellement l’histoire des personnes d’ascendance africaine en Europe, y compris les injustices passées et présentes et les crimes contre l’humanité, comme l’esclavage, la traite transatlantique des esclaves ou les actes perpétrés dans le cadre du colonialisme européen, de même que les grandes réussites et les contributions positives réalisées par ces personnes, en observant, aux niveaux européen et national, la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves et en consacrant un mois de l’année à l’histoire noire;

6. encourage les États membres et les institutions européennes à observer officiellement la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine instaurée par les Nations unies et à prendre des mesures efficaces en vue de la mise en œuvre du programme d’activités y afférent, dans un esprit de reconnaissance, de justice et de développement;

7. rappelle que certains États membres ont pris des mesures de réparation fortes et efficaces au regard des injustices et des crimes contre l’humanité dont ont été victimes les personnes d’ascendance africaine, tout en tenant compte des effets durables de ces actes sur le présent;

8. invite les institutions de l’Union et le reste des États membres à suivre leur exemple en offrant, par exemple, des réparations sous la forme d’excuses publiques ou d’une restitution d’objets volés à leurs pays d’origine;

9. invite les États membres à déclassifier les archives coloniales;

10. demande aux institutions de l’Union et aux États membres de s’employer à lutter systématiquement contre les discriminations ethniques et les crimes de haine, aux côtés des autres acteurs clés, et d’élaborer des réponses juridiques et politiques efficaces et fondées sur des éléments probants à ces phénomènes; estime que si des données relatives aux discriminations ethniques et aux crimes de haine devaient être collectées, elles devraient l’être dans le seul but d’identifier les racines des discours et des actes xénophobes et discriminatoires pour lutter contre le phénomène dans le respect des cadres juridiques nationaux et de la législation de l’Union européenne en matière de protection des données;

11. demande aux États membres d’élaborer des stratégies nationales de lutte contre le racisme axées sur la réduction de l’écart entre les personnes d’ascendance africaine et le reste de la population dans les domaines de l’enseignement, du logement, de la santé, de l’emploi, des relations avec la police, des services sociaux, du système judiciaire et de la participation et de la représentation de ces personnes en politique, et d’encourager leur participation aux programmes de télévision et autres médias pour mettre un terme à leur sous-représentation ainsi qu’à l’absence de modèles pour les enfants d’ascendance africaine;

12. souligne l’importance des organisations de la société civile dans la lutte contre le racisme et les discriminations et appelle de ses vœux un accroissement du soutien financier apporté aux organisations sur le terrain aux niveaux européen, national et local;

13. invite la Commission à intégrer la question des personnes d’ascendance africaine parmi les priorités de ses programmes de financement actuels et de ceux de la prochaine période pluriannuelle;

14. demande à la Commission de mettre en place, dans les services concernés, une équipe exclusivement chargée des questions d’afrophobie;

15. insiste sur le fait que les États membres devraient pleinement mettre en œuvre et faire respecter la décision-cadre du Conseil sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal, notamment en considérant les motifs discriminatoires à l’origine d’infractions fondées sur la race ou l’origine nationale ou ethnique comme une circonstance aggravante, afin de faire en sorte que les crimes haineux à l’encontre des personnes d’ascendance africaine soient enregistrés et donnent lieu à une enquête, à des poursuites et à des sanctions;

16. demande aux États membres d’adopter une réaction efficace au regard des crimes haineux, notamment par la prise en compte, dans les enquêtes pénales, des motivations discriminatoires fondées sur la race ou l’origine ethnique ou nationale, et de faire en sorte que les crimes haineux à l’encontre des personnes d’ascendance africaine soient enregistrés et donnent lieu à une enquête, à des poursuites et à des sanctions;

17. demande aux États membres de mettre un terme au profilage racial ou ethnique sous toutes ses formes dans le cadre de l’application du droit pénal, des mesures de lutte contre le terrorisme et du contrôle de l’immigration, de reconnaître officiellement l’existence de discriminations illégales et de violences au sein de leurs forces de l’ordre et de combattre ces pratiques en dispensant à ces dernières des formations visant à lutter contre le racisme et les préjugés;

18. invite les États membres à dénoncer et à décourager le maintien de traditions racistes et afrophobes;

19. demande aux États membres de contrôler la diffusion de préjugés raciaux au sein de leurs systèmes judiciaires pénaux, de leurs systèmes éducatifs et de leurs services sociaux et de prendre des initiatives en vue de garantir l’équité des services sociaux, du système éducatif et de la justice et d’améliorer les relations entre les minorités, d’une part, et les services sociaux, les autorités éducatives et les autorités répressives, d’autre part, notamment dans le cas des communautés noires et des personnes d’ascendance africaine;

20. invite les États membres à veiller à ce que les adultes et les enfants d’ascendance africaine bénéficient d’un accès égal à une éducation et à des soins de qualité non discriminatoires et non ségrégatifs et, le cas échant, à proposer des mesures d’aide à l’apprentissage adaptées; encourage les États membres à intégrer l’histoire des personnes d’ascendance africaine dans leurs cursus scolaires et à présenter une perspective complète du colonialisme et de l’esclavage qui reconnaisse les répercussions néfastes que ces phénomènes ont eues par le passé et ont encore aujourd’hui sur les personnes d’ascendance africaine, et à faire en sorte que les enseignants reçoivent une formation adaptée à cet effet et possèdent toutes les ressources nécessaires pour aborder la question de la diversité au sein de leurs classes;

21. invite les institutions de l’Union et les États membres à promouvoir et à soutenir les initiatives favorables à l’emploi, à l’entrepreneuriat et à l’émancipation économique des personnes d’ascendance africaine aux fins de lutter contre les taux de chômage anormalement élevés et les discriminations sur le marché du travail dont elles sont victimes;

22. demande aux États membres de combattre les discriminations à l’égard des personnes d’ascendance africaine sur le marché immobilier et de prendre des mesures concrètes contre les inégalités dans l’accès au logement, garantissant ainsi une offre de logements adaptée;

23. invite la Commission et les États membres à garantir aux migrants, aux réfugiés et aux demandeurs d’asile, en tenant compte des législations et des pratiques existantes, des voies d’entrée sûres et légales dans l’Union;

24. demande à la Commission et au Service européen pour l’action extérieure de veiller, le plus efficacement possible, à ce qu’aucun fonds de l’Union ne soit mis à la disposition d’organisations ou de groupes associés directement ou indirectement à l’esclavage, à la torture et à l’extorsion de migrants noirs et africains, ou ne soutienne ou ne collabore avec ces organisations et ces groupes;

25. invite les institutions européennes à adopter, dans le cadre d’une stratégie pour la diversité et l’inclusion au sein de leur personnel, un plan stratégique pour l’intégration des minorités ethniques et raciales qui compléterait les efforts déjà déployés à cette fin;

26. invite les partis européens et les fondations politiques européennes, ainsi que les parlements à tous niveaux, à soutenir et à mettre en place des initiatives qui encouragent la participation politique des personnes d’ascendance africaine;

27. demande à la Commission de travailler en étroite collaboration avec des acteurs internationaux tels que l’OSCE, les Nations unies, l’Union africaine et le Conseil de l’Europe, ainsi qu’avec d’autres partenaires internationaux, afin de combattre l’afrophobie au niveau international;

28. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux parlements et aux gouvernements des États membres et à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
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Ben mazette, l'Afrophobie, un racisme à part...?  Z'avez compris abominables européens de souche dont la seule infortune est d'être nés blanc, faisons amende honorable sinon ça va chauffer...

(merci à E.Cusas qui a relevé ce truc là)


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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 1 juin 2016

Un camp de migrants à Paris. Combien en France dans deux ou trois ans ?

(Camp de migrants de Grande-Synthe )

La mairesse de Paris a décidé d'ouvrir un camp de migrants, pardon, de réfugiés, a priori au nord de Paris. En voilà une décision intelligente. C'est vrai quoi, plutôt que d'avoir le jour des migrants qui traînent un peu partout dans la capitale et la nuit des zombies qui font peur, autant, comme autrefois, Grupiert ! , zou, tout ce beau monde dans un joli camp, à l'abri du Parisien et du touriste qui le regardent de travers. Un joli camp donc, bien clôturé, avec des miradors tous les 30 mètres afin de s'assurer que même la nuit aucune saloperie d'extrême-droite ou quelques mafieux ne viennent casser ou rançonner la misère. Et comme nous sommes la France et Paris, nous fournirons, avec les sous du contribuable, à tous ces braves gens de la chaleur, de bons matelas, de la soupe et de la viande, des vêtements, une remise en forme et un suivi médical, des connexions internet gratuites,  des ateliers d'apprentissage au savoir vivre-ensemble, un petit pécule et, cerise sur le gâteau, de beaux papiers tout neufs qui feront de ces migrants de nouveaux résidents de la République. Dans le milieu des migrants du monde, la nouvelle se propagera: Venez, venez, à Paris, on vous accueille dans des " conditions républicaines " (dixit Cazeneuve à Grande Synthe ). C'est beau. Et puis tant pis si on ne demandera pas l'avis au voisinage du nouveau camp s'ils sont d'accord pour accueillir toute la misère du monde en bas de chez eux. Et tant pis, si cela va coûter un bras. Et tant pis si cette annonce fera appel d'air. Et tant pis si Matignon, l'Elysée, Beauvau et Bruxelles s'en lavent les mains.

Il y aurait actuellement et officiellement 900 migrants à errer dans le 18ème arrondissement et ils seraient chaque jour entre 20 et 60 à arriver dans le quartier. Des chiffres à se faire pipi dessus pour quiconque s'est aventuré du côté de Stalingrad, de la Chapelle, de la gare du Nord, de Villepinte, de Chateau-Rouge... Combien seront-ils à terme dans ce camp - en admettant que ce camp ouvre - 2 000, 3 000, plus ? Combien sont-ils dans les autres arrondissements ? Un camp suffira-t-il pour accueillir dans ces " conditions républicaines " ? Bien sur que non. Alors il faudra en ouvrir un deuxième et pourquoi pas un troisième. La mairesse l'a dit: " S'il faut plusieurs sites, nous en ouvrirons plusieurs ". Et quand les Parisiens satureront, il faudra en ouvrir un ou deux de plus en proche banlieue, puis un petit peu plus loin. Puis on ventilera, un peu partout sur le territoire. N'est-ce pas déjà le cas avec les évacués de Calais que le gouvernement essaime ci et là avec ou sans le consentement des communes accueillantes ?

Combien de temps les Français accepteront-ils de voir une partie de leur patrimoine se faire grignoter, avec la complicité des autorités, par une immigration imposée ? C'est vrai quoi, chaque parcelle des 643 801 km² que fait la superficie de la France nous appartient, c'est notre héritage, notre patrimoine. Non ?

Le sujet a été un peu occulté ces derniers temps par une actualité plus au contact des nantis que nous sommes ( loi travail, Macron, Verdun, Benzéma, l'euro2016, grèves dans tous les secteurs,...) mais où en sommes-nous ? Combien de migrants en France ? Bruxelles avait ordonné et Président s'était exécuté: nous devions en accueillir 30 000 ! Sont-ils déjà là ?  Combien encore à venir ? Fermerons-nous la porte au 30 001ème ? Qui peut croire à cela.

Nous ne savons même pas précisément si Bruxelles a fini de se plier aux exigences d'Erdogan ou si elle continue de faire un semblant de résistance. J'ai beau chercher, je n'arrive même pas à savoir si oui ou crotte Bruxelles ( et donc Président ) ont accepté la suppression des visas pour les  70 millions de Turcs en échange d'un marché foireux  qui voudrait que pour 1 migrant  pas net gardé en Turquie, celle-ci nous en fourgue 1 bien propre sur lui, le tout assorti d'un bonus de 6 milliards d'euros !

En parfaite contradiction avec l'esprit de Schengen, des murs partout s'érigent en Europe pour limiter l'invasion. En Hongrie, en Macédoine, en Grèce, en Autriche, au Pays-bas on monte des grillages ou bien on ferme les frontières mais rien n'y fait: ils furent près de 1,5 millions à entrer en Europe en 2015, et, officiellement, selon l'ONU, 203 981 en 2016 au 31 mai. 3  771 noyés en 2015 et déjà 2 510 en 2016.

Ils sont trois millions à attendre en Turquie, 1 million en Jordanie et, dit-on, 3 millions en Lybie ! Et l'on voudrait nous faire croire que la crise est en voie d'être jugulé. Qui peut croire que sur ces 7 millions de partants, il n'y en aura pas 200 000, 300 000, 1 million pour faire le voyage en 2016 ? Qu'en ferons-nous ?

Un camp à Paris, puis un deuxième, puis un troisième, ailleurs, un quatrième, dix, vingt camps ?

La résolution de cette invasion migratoire n'est pas ici, ni en Grèce, ni en Allemagne, ni en Hongrie. Elle est là-bas et c'est à Bruxelles ( donc en partie à ce qui nous sert de Président ) d'agir et d'agir vite. C'est à Bruxelles d'organiser un blocus de la Méditerranée et d'empêcher, par la force s'il le faut, tout départ de bateaux. C'est à Bruxelles de contenir les ardeurs d'Erdogan. C'est à Bruxelles et à la communauté internationale de se remuer comme jamais pour entreprendre l'assainissement des situations en Syrie, en Irak, en Libye, en Érythrée, en Somalie et au Soudan.

Une question de moyens ?

Les pays développés ont été capables de mobiliser, en 2014, 62 milliards de dollars pour le climat, ils se sont engagés, et l'objectif devrait être tenu, à mobiliser chaque année 100 milliards jusqu'en 2020... et on ne serait pas capable de mobiliser les moyens nécessaires pour stabiliser ces pays et stopper cette invasion migratoire ? L'UE est capable de proposer des dizaines de milliards à l'Ukraine pour que celle-ci accepte d'entrer dans l'Union et on ne serait pas capable d'en réunir autant pour aider, avec ou sans le consentement de leurs actuels dirigeants, le Soudan, la Somalie et l’Érythrée à stabiliser leur population ?

My ass !

En finir avec cette invasion migratoire ? Tout n'est question que de volonté et de courage politiques... et d’intérêts divergents.  Pas sûr d'ailleurs que certains pays et politiciens ne trouvent pas avantage à se satisfaire de ces migrations; suivez mon regard... Autant dire que ce n'est pas gagné. Alors combien de camps de concentration migrants en France dans un, deux ou trois ans ?

Sur ce les amis, bonne soirée, demain, départ pour la Normandie, retour dimanche, portez-vous bien, même en Socialie.

Folie passagère 3194.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 23 mars 2016

Les Bisounours ont enfin une Reine !

Tous les politiciens s'y sont mis depuis hier, c'est à celui ou celle qui balancera sur twitter le message le plus dégoulinant, le plus inopportun, le plus mielleux, le plus stupide, le plus gnan-gnan, le plus déplacé, le plus " récup' "... et à ce jeu-là, moi, Corto, blogueur de son état, a décidé de couronner Clémentine Autain Reine des Biounours !

Il ne reste plus qu'à lui trouver un Roi, voilà qui ne devrait pas être difficile !

Allez, bonne journée à tous, même en Socialie !

Folie passagère 3109.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 16 juin 2015

Le 49-3 ?: Aveu de faiblesse. La loi Macron ? : Séduire Bruxelles. Les Français ?: Heu...


Ainsi donc l'hystérique de Matignon - la tentation devient forte de l'appeler autrement - a à nouveau dégainé le 49-3 pour faire passer en force, en deuxième lecture, la loi Macron dite Loi pour la Croissance et l'Activité. Encore une fois, il a préféré l'autoritarisme plutôt que le débat parlementaire. Bon, okay, il nous dit que ce n'est pas par autorité qu'il a choisi de recourir au 49-3 mais plutôt par souci d’efficacité. Et ta sœur !

Il veut aller vite, il n'est pas sûr d'avoir une majorité pour adopter le texte, alors pan, je tire un coup de 49-3 et circulez, y a rien à voir.

Tout cela est tout de même étonnant. Pas de majorité pour le gouvernement à l'Assemblée ? Pourtant, quand il y a eu le congrès de Poitiers du PS, les commentateurs nous ont dit que tout allait pour le mieux chez les socialos, que c'était le congrès de l unité, que les frondeurs, pfff ! pensez-vous, à peine 30% des voix, allaient rentrer dans le rang puisque Président et son Premier les avaient mis au pas en s'achetant Aubry; bref, les idiots lambda s'étaient dit: y a pas de lézards, les socialistes sont en ordre de marche, direction 2017. Et patatras, rien ne marche comme prévu, les frondeurs sont encore là, Hamon critique le matin, Cherki le midi et Paul le soir, bref, pas de majorité garantie pour le gouvernement assurée à l'Assemblée. Les pékins du Front de Gauche avaient prévenu qu'ils ne voteraient pas la loi Macron. La droite itou, alors Valls dégaine le 49-3. Pour l'efficacité, pour gagner du temps, pour réussir, pour ouvrir l'économie, pour le pouvoir d'achat, pour libérer les énergies et forcément, pour le progrès... qu'il nous dit. Et pi, d'abord, les Français, parait-il, l'approuvent à 60% cette loi, alors allons-y ! 

Queue-de-chie, le 49-3, qu'il le veuille ou non, c'est la preuve que ce gouvernement de branquignols ne vaut plus un clou et qu'il n'a plus l'assurance d'avoir une majorité. Un point, c'est tout.

Après, on nous dit que les Français approuvent cette loi ? Ah bon ? Quel Français ? Ceux à qui on a fait croire que la loi Macron, ce n'était qu'une histoire de travail dominical, de Prud'hommes, d'autobus, de permis de conduire, de remettre de l'ordre dans les professions réglementées...  A quel Français a-t-on demandé si il était d'accord pour que l'on privatise les aéroports de Lyon et de Nice ? Quels Français, ceux qui habitent au fin fond de la Creuse ou du Morbihan ? My ass ! Quel Français a lu le texte du projet de loi ? Combien ont lu ce projet dont le seul dossier de presse daté de décembre 2014 et envoyé par le gouvernement aux journaleux fait à lui tout seul 53 pages ? J'en fais le pari, pas un Français lambda n'est capable de citer plus de 5 articles de cette loi ! Alors les Français d'accord avec cette loi? Non, juste manipulés par les journalistes à qui on a fourni, clés en mains, les argumentaires pour nous vendre ce machin aux 400 articles différents et aux 2 000 amendements adoptés. Les Français d'accord, peut-être mais d'accord avec quelque chose qu'ils ne connaissent pas ? Et les députés ? Combien ont lu intégralement ce projet de loi Macron ?

Il y a urgence qu'il dit Manolito ? Cette loi est tellement compliquée, tellement lourde, tellement indigeste que si vous voulez mon avis, et en admettant qu'elle soit adoptée ces jours-ci, il faudra des mois et des mois, voire des années, pour qu'elle trouve sa plénitude et apporte aux pays ce qu'elle est supposée promettre. D'ici là...

Cette loi, selon moi, n'a qu'un but politique et tactique: montrer à Bruxelles que la France réforme, y compris à coup de 49-3, et tant pis si dans les faits et pour notre quotidien, elle ne changera pas grand chose à court terme; court-terme se limitant pour l’exécutif à 2017.

Montesquieu a écrit (in De l'esprit des lois): «Il est bon quelquefois que les lois ne paraissent pas aller si directement au but qu'elles se proposent». C'est bien cette double dimension politique et tactique qui guide ce texte davantage que sa portée tangible; une posture, tout juste une volonté affichée d'améliorer notre quotidien... en espérant que le vent de la croissance veuille bien, un jour, se lever.

Folie passagère 2810.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 24 octobre 2014

C'est tellement banal que nous n'avons pas à savoir


Banal, banale. Si j'en crois Larousse, la définition de ce mot est: Qui ne s'écarte pas du cours normal des choses ; courant, ordinaire :Un incident banal.


"Banale", c'est ainsi que Président a qualifié la lettre que lui a adressé Bruxelles, lettre dans laquelle la Commission lui demande des précisions quant au budget de la France pour 2015. Si j'en crois le Figaro ou Les Echos, dans cette missive, "La Commission souligne pourtant les lacunes du projet de budget de la France pour 2015, dans des termes qu'on imagine potentiellement embarrassants pour le gouvernement."

L'Italie en a reçu une aussi et Mattéo Renzi l'a fait paraître sur le site du gouvernement. Ce qui permet à Renzi de faire preuve de transparence tout en prenant son opinion publique à témoin: Voyez ce que nous demande Bruxelles, nous ne manquerons pas de réagir et voici comment...

Chez nous, c'est différent: Il est tellement "banal" de recevoir une lettre "banale" de Bruxelles qui, en ayant assez que le pays ne tienne pas ses engagements, demande, comme les traités l'y autorisent, des explications que Président ne juge pas nécessaire de la dévoiler aux Français. Nous n'avons pas à savoir ce que la Commission reproche à la France et lui demande de faire.

Alors de deux choses l'une: ou bien cette lettre "banale" est tellement "banale" et dans ce cas pourquoi ne pas nous montrer à quel point la Commission se contente, sur de tels enjeux, de banales banalités, un moyen comme un autre de minimiser cette même Commission; il ferait ainsi preuve de transparence, il aime tant la transparence... Ou bien elle n'est pas si "banale" que cela, cette lettre, et dans ce cas, au nom de quoi n'aurions nous pas le droit de savoir à quelle sauce la Commission voudrait nous accommoder ?

Bref, comme d'habitude, ça en devient banal, Président joue la dissimulation et l'esquive.

NB: A notre plus grand étonnement, Le Monde n'a pas eu encore accès à cette lettre...

Folie passagère 2508.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 17 octobre 2014

Moscovici, Bruxelles et le Doubs: petits arrangements... électoraux


Pour tout comprendre des tenants et aboutissants d'une nomination au poste de commissaire européen... ou comprendre l'embarras du PS à voir partir Moscovici trop tôt...

" Pierre Moscovici préfère peut-être ... ne pas être nommé commissaire européen. Ou alors, pas tout de suite. Blague ? Non : rumeur insistante dans les travées du Parlement de Strasbourg. 

Explication ? Le « commissaire désigné » français est, à stade toujours député français. « En mission » selon les règles en vigueur à l’Assemblée nationale. Depuis le 5 mai, et pour six mois au maximum. Soit, donc, jusqu’au 5 novembre. Or, la Commission européenne, que dirigera Jean-Claude Juncker, doit en principe entrer en fonction le 1er novembre, ce qui forcera M. Moscovici à démissionner la veille.


Où est le problème ? Dans le Doubs. Où, si « Mosco » doit abandonner son siège de député avant la fin de sa « mission » de député, sera organisée une élection partielle. Que l’UMP, mais surtout le FN, ont de fortes chances de remporter, ravissant ainsi un autre siège au PS.

En revanche, s’il allait jusqu’au terme de sa mission – et devenait commissaire après le 5 novembre – M. Moscovici serait automatiquement remplacé par son suppléant, sauvant ainsi un siège pour le PS.

Au Parlement européen, certains affirment dès lors que le responsable français verrait d’un bon œil la commissaire slovène désignée pour les transports, Violetta Bulc, échouer lors de son audition, avant la plénière du mardi 22. Ou qu’un nouveau débat houleux sur les attributions du discutable candidat hongrois Tibor Navracsics serait également le bienvenu puisqu’il priverait M. Juncker de l’indispensable vote sur l’ensemble de son collège, lequel ne serait finalement pas mis en place avant la mi-novembre, au plus tôt. Les plus audacieux avancent même que le président Juncker lui-même participerait au jeu, à la demande du PS français.

Trop énorme pour être vrai ? Sans doute. L’histoire témoigne, en tout cas, du climat un brin énervé qui règne au Parlement. L’entourage de M. Moscovici se veut, en tout cas, formel : s’il doit délaisser son mandat français à la mi-octobre, le futur commissaire se soumettra de bon gré à cette règle absolument impérative, jure-t-il. Et tant pis pour le Doubs…"


Article de Jean-Pierre Stroobants paru sur Le Monde.fr sous le titre: "La Commission Juncker et la politique du Doubs"

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 9 octobre 2014

Les deux visages de la France à Bruxelles

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Un ex-ministre de l'économie et des finances qui a brillé par son incompétence nommé commissaire européen aux affaires économiques et un ex-repris-de-justice-ex-premier-secrétaire-incompétent-du-parti-socialiste nommé Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes.

Le changement, c'est maintenant: La prime au mérite remplacée par la prime à la médiocrité

Vive l'Europe, Vive la France ! Vive la Socialie !

Folie passagère 2488.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mardi 7 octobre 2014

Budget 2015: Carton rouge pour François Hollande ?


A propos du budget 2015 que notre équipe de clampins-dirigeants prépare, Manuel Valls a déclaré cet après-midi à l'Assemblée Nationale: "Le budget de la France, c'est le budget qu'il faut pour le pays". Soit, je veux bien mais alors pourquoi la quasi-totalité des pays européens le dénoncent et pourquoi la Commission Européenne s'apprête-t-elle à le retoquer, retoquage qui humilierait comme jamais la France sur le plan national et international ?

En signant le fameux traité européen, l'ensemble de nos dirigeants et parlementaires (élus par vous et moi) ont accepté que notre budget soit annuellement évalué par Bruxelles et éventuellement rejeté. Ils ont accepté d'exposer la France à de sérieuses sanctions financières - on parle de 4 milliards d'euros - si le budget n'était pas conforme aux attentes et exigences communautaires ainsi qu'aux engagements pris par le pays. En ne renégociant pas le TSCG, François Hollande a, de fait, accepté de soumettre le pays à ces nouvelles règles de transparence budgétaires européennes. Nos politiques ont donc accepté que la France ne soit plus la seule à décider du budget dont elle a besoin, du budget qu'il lui faut. On peut le regretter, je le regrette, mais c'est ainsi.

Qu'est-il reproché à "ce budget qu'il faut pour le pays" ? 

La Commission estime que dans la présentation du projet de budget 2015, le compte n’y est pas. Il ne s’agit pas d’exiger un respect des normes, tout le monde sait en Europe que dans la conjoncture actuelle ce serait suicidaire. Non, il s’agit de vérifier si les efforts, promis de façon à amorcer un processus de redressement, sont vérifiés dans les chiffres. Il y avait eu un compromis de trouvé. Or, le projet de budget est encore loin de ce compromis. En gros, la commission tolère des marges d’erreur de 0,5% par rapport aux engagements. La France devait organiser une baisse de 0,8% de son déficit structurel, c’est-à-dire corriger les effets de la conjoncture. Concrètement donc, les experts ne demandent pas à la France de faire ce que la conjoncture ne permet manifestement pas de faire. Ces derniers s’étaient donc mis d’accord avec Paris pour une baisse de 0,8%. Quand les documents sont arrivés à Bruxelles, la baisse n’était pas de 0,8% mais de 0,2%, c’est-à-dire inférieure à la marge d’erreur, ça fait désordre. La Commission européenne, soutenue par toutes les capitales de la zone euro, parait décidée à renvoyer la copie à Paris. Du coup, ça va entrainer des tractations à n’en plus finir pour échapper à des sanctions et une crédibilité bien entamée (source: JMS)

Viennent ensuite, constatés par Eric Verhaeghe, les 4 mensonges ou omissions de ce budget 2015. Le premier est d'écrire noir sur blanc que l'Etat n'est pour rien dans l'incapacité de la France à réduire ses déficits ! Le deuxième est d'annoncer qu'en 2015, il n'y aura aucune hausse d'impôts. Mécaniquement avec 0,4% de croissance prévue, ils augmenteront en volume. Troisième mensonge: Dire que les dépenses de l'Etat vont baisser. Certes, Manolito annonce 21 milliards d'économies - en oubliant de dire que pour l'essentiel ces économies devront venir d'organismes que l'Etat ne maîtrise pas: collectivités locales, Unedic ou régimes complémentaires de retraite - mais il est capable dans la même phrase de dire que ces économies permettront de ramener le taux de croissance de la dépense publique à 1,1 % !! Il annonce donc bien une hausse de la dépense publique (+13 milliards !) quand tout le monde attend une baisse drastique. Quatrième mensonge: L'Etat n'embauchera pas alors que la lecture du projet de loi de finance 2015 montre qu'au moins 5 000 emplois nouveaux seront créés par les opérateurs d'Etat comme par exemple les universités.

Si à tout cela, plus ce que j'aurais pu oublier, vous ajoutez le fait que depuis plus deux ans, le pouvoir en place ballade Bruxelles en repoussant ses objectifs de ramener à 3% du  PIB le déficit public et en se plantant régulièrement sur ses prévisions de croissance ou de réduction du chômage, on comprend aisément que Bruxelles, tenu d'appliquer à tous les pays les mêmes règles, soit tenté d'infliger à la France un putain de carton rouge ! On imagine tout aussi aisément que les agences de notation n'attendent que ce carton rouge pour dégrader à nouveau la France; ne l'ont-elles pas déjà toutes mises en perspective négative...

Doit-on se réjouir de cette humiliation à venir ? Certainement pas pour la France. Par contre, elle signifiera de manière éclatante au pays et au monde entier que nous sommes dirigés par des amateurs et des incompétents. Il y a des domaines où un carton rouge vaut expulsion; en politique et en gestion des deniers publics, cela donnera lieu à des joutes oratoires rigolotes ou ridicules entre politiciens, mais au bout du bout, une  certitude: C'est nous qu'on va trinquer !

Quand à François Hollande, si ce carton rouge venait à nous être infligés, comme tous les médias l'annoncent, il ne vaudra plus un clou, ce qui est déjà le cas mais là au moins tout le monde devrait pouvoir le comprendre...

Folie passagère 2485.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

dimanche 14 septembre 2014

Un coquillage et une saucisse pour symboliser l'Union Européenne


Je n'ai personnellement rien contre Conchita Wurst. Je le-la trouve ridicule, piètre chanteur-se, pas beau-belle, moche à vrai dire; mais après tout, Conchita-Tom fait ce qu'elle-il veut, c'est son problème. Si des couillons sans goût ou des béats de la modernité sont prêts à payer pour l'entendre ou acheter ses œuvres, libre à eux. Là où je suis nettement moins d'accord c'est quand des députés européens de tous bords, dont la trop fameuse auteuse du non moins fameux rapport Lunacek, initiatrice de cet "événement", l'invitent à chanter, à vos frais, pendant une heure le 8 octobre, sur le parvis du parlement européen à Strasbourg, faisant de fait de cette chose pas tout a fait homme, pas tout à fait femme, un symbole européen.

A l'heure où une bonne partie de la population de l'Union Européenne doute de l'utilité de cette union, doute qui se manifeste par des référendums d'autodétermination, par la montée des extrémismes ou par des envies de sécession quand il ne s'agit pas de défiance, de rejet pur et simple et d'abstention record aux élections européennes, faire venir celle-celui qui, selon Le Nouvel Observateur, aurait offert à l'Autriche l'image de la modernité me semble être la quasi excellence en matière de provocation, une incitation de plus à refuser l'Europe. 

Cette "figure du spectacle" peut-elle raisonnablement symboliser l'Union Européenne ? C'est à cette question que répond le député européen Arnaud Danjean: "La réponse est non. Les députés européens gagneraient d'ailleurs à limiter les manifestations d'ordre symbolique dont le parlement abuse, inspiré par tel ou tel groupe d'influence. Notre première mission est de travailler sur la législation européenne. Or, le parlement européen devient le réceptacle de toute une myriade d'activités «folkloriques»: cela ne correspond pas à l'idée que je me fais d'un mandat parlementaire. Le plus efficace, pour lutter contre les discriminations, dans ce cas spécifique, ce sont les textes." 

Je me souviens que lors des dernières élections européennes, l'ensemble des acteurs politiques, consternés mais si peu surpris par le score réalisé par le FN en France, évoquaient comme l'un des motifs de cette "catastrophe" le manque d'incarnation de l'Union que ce soit au travers des personnages emblématiques tels que Jean Monnet ou de symboles forts. Je doute que le petit coquillage à saucisse (1) puisse, ne serait-ce qu'un instant, le temps d'un "concert", endosser ce rôle. Sauf à vouloir décrédibiliser, plus encore, cette Union Européenne. 

Folie passagère 2456.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

(1): Conchita étant le diminutif de concha ("coquillage"), son prénom de scène représenterait le sexe féminin, tandis que son nom, qui signifie aussi "saucisse" en allemand, serait le symbole du phallus...

France, 2019.