Le landernau médiatico-politique semble - ou fait semblant de l'être - surpris par ce qui se passe en Bretagne. Rien de surprenant, pourtant.
Le 17 octobre dernier, Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, breton de souche, déclarait: "En quarante ans de vie politique, je n'ai jamais vu un tel climat en Bretagne ".
Alors pourquoi avoir attendu si longtemps pour réagir, et réagir aussi petitement: une ristourne de 50% sur l'éco-taxe et quelques 15 millions pour la Bretagne quand l'Etat gomme la dette de 3 milliards de la Côte d'Ivoire...
Ils furent en Bretagne 56% à voter pour ce qui nous sert aujourd'hui de président. La fronde est donc à la hauteur d'une déception massive. Et l'on aurait bien tort de croire que seule la mise en place de l'éco-taxe est à l'origine de cette révolte, pour l'instant, locale. Elle n'est que la goutte d'eau qui fait déborder le vase. En 18 mois, ce vase s'est rempli de tout ce qui peut exciter et énerver les populations: la crise, l'augmentation massive des impôts, la concurrence étrangère, la réduction drastique du pouvoir d'achat, les plans de licenciements massifs, etc... le tout assorti des incohérences gouvernementales, ses reculades, ses renoncements, son absence de cap et d'autorité. Pourquoi l'Etat ne reculerait-il pas sur l'éco-taxe en Bretagne puisqu'il cède aux caprices d'une gamine kosovare ? Pourquoi ne céderait-il pas aux Bretons puisqu'il recule ce matin sur la taxation des PEA et des PEL ? Pourquoi les Bretons ne feraient-ils pas entendre leur voix puisqu'il suffit à quelques lobbies d'exiger d'être reçu par le président pour que celui-ci cède aux exigences de ces derniers?
La fronde des bonnets rouges n'est pas seulement la colère d'une poignée d'irréductibles désespérés; elle n'est que la générale de la révolte, en gestation, d'un peuple qui ne sait plus de quoi demain sera fait.
Attention danger !
Folie passagère 1965.

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