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mercredi 27 avril 2011

Le coup de gueule de Delanoë

Pour un peu je me verrai quelques accointances avec Delanoë (pour un peu, ai-je écrit). Delanoë, vous le savez, ce n'est pas une tanche, il est maire de Paris depuis 10 ans. Il fut quand même l'artisan du retour de la gauche dans la capitale. C'est un des ténor du parti, que diable, son avis compte ! La vache, quelle mouche l'a donc piqué ? Avez-vous lu et entendu le coup de gueule qu'il a poussé après ses collègues de Solférino ? Il est colère le garçon !

Tiendez, c'est encore chaud.

Quand Delanoë dit: " Nous n’avons pas le droit d’être politiquement lâches ou intellectuellement paresseux ", c'est, sauf erreur de ma part, supposer qu'il estime que le PS est politiquement lâche et intellectuellement paresseux. Cela me va bien !

Quand Delanoë écrit sur son blog: " Nous devons recréer la confiance avec un électorat populaire qui, très souvent ne croit plus en nous, ni en personne", nous comprenons qu'il admet que le bon peuple de gauche ne croit plus en ses représentants. Je suis assez d'accord.

Lorsqu'il poursuit en affirmant: " Nous devons nous adresser à ceux qui souffrent, à ceux qui doutent, à ceux qui n’en peuvent plus." Ne reconnaît-il pas implicitement que cela fait belle lurette, ma pôvre Lucette, que ceux qui souffrent et ceux qui doutent, on les avait un peu mis de côté, rue de Solférino ?

Enfin, ne reconnaît-il pas aussi que le projet socialiste est un peu léger, un peu vague en affirmant que pour reconquérir " Nous [les socialistes] ne pouvons pas faire croire au changement dans le vague de l’absolu ; nous devons en revanche prouver que des changements sont possibles." 

Il mériterait presque une petite bise, il ne fait rien d'autre que de pointer là où cela fait mal pour un parti de gauche. Il ne fait que copier ce que j'écris depuis un moment: le PS n'a plus rien d'un parti de gauche tel que nous l'entendions, juste un parti dirigé par des politiciens qui ont oublié leurs électeurs.

Bon, okay, il gâche tout en affirmant que la seule solution pour gagner et redonner confiance, c'est le retour de la puissance publique, il dit même que " c'est ce qu'attendent les français de 2012 à 2017."

Le retour de la puissance publique... du Tout-Etat, de l'Etat Providence et Dispendieux... Sont incorrigibles !

Allez, une petite citation du colérique pour finir: "  Il faut avoir le courage de ne pas dire oui à tout par démagogie, ni non à tout par prétendu réalisme. L'utopie du possible: voilà ce qui nous manque encore ! "


Folie passagère 637.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr


France, 2019.