Affichage des articles dont le libellé est loi Taubira. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est loi Taubira. Afficher tous les articles

lundi 29 septembre 2014

Abrogation de la loi Taubira : Attention danger !


C'est assez curieux, alors que le pays est dans une merde noire (désolé, je ne vois pas quelle autre expression employer) avec ses millions de chômeurs et ses déficits abyssaux, des petits malins de tous bords, profitant du retour en politique de Sarkozy, veulent faire d'une éventuelle abrogation de la loi Taubira le sujet central des combats à venir à droite: élections à la présidence de l'UMP et élection présidentielle. Il faut abroger la loi Taubira ! semble être le cri de ralliement de personnes comme Boutin, Wauquiez, Mariton et quelques ultras de la Manif Pour Tous, voire du FN. Les mêmes accusent Sarkozy d'avoir été plutôt flou sur le sujet lors de son passage chez Delahousse, d'autres prédisent la défaite électorale à celui qui ne s'engagera pas fermement sur l'abrogation de cette loi.

Ces gens-là font selon moi fausse route, prennent les gens pour des idiots et jouent avec le feu.

Fausse route et prendre les gens pour des idiots, cela commence avec ce qui semble devenir un slogan: "Il faut abroger la loi Taubira". La chose n'est pas aussi simple qu'il y paraît. D'abord parce que cette loi a été votée à la majorité des représentants élus, ensuite parce que son abrogation totale ferait apparaître une discrimination évidente entre les couples homos mariés sous le régime de la dite-loi et ceux qui souhaiteraient se marier mais qui de fait ne le pourraient plus. Et que ferait-on des "mariés" ? Les démarieraient-on ? Le problème de revenir sur cette loi famillicide ne peut donc se poser avec ce simple slogan que l'on voudrait nous faire adopter comme cri de guerre. Revenir sur cette loi implique d'avoir au préalable l'assurance que c'est bien ce que veulent aujourd'hui, ou voudront dans deux ans, une large majorité des Français.

Rappelons que la loi Taubira comporte plusieurs échelons: l'union de deux hommes ou de deux femmes qui obtiennent ainsi les mêmes droits (héritage, pension de réversion, etc...) que les couples traditionnels. Vient ensuite le niveau "adoption", celui qui menace la filiation classique: avoir le droit pour l'un des deux conjoints homos d'adopter l'enfant que l'autre conjoint aurait eu dans une autre vie et l'adoption "plénière", le couple homo qui n'a pas d'enfant en adopte un. Enfin un troisième niveau non prévu par la loi mais qui s'invite dans le débat: la PMA et la GPA ou comment au nom du droit à l'enfant, on s'apprêterait, malgré les hypocrites dénégations de Président et de sa clique, à "légaliser " la marchandisation des corps, celui des femmes mais aussi celui des enfants.

Si les deux premiers niveaux sont acquis, peut-on demain revenir dessus, les abroger ? Rien n'est moins sûr ne serait-ce qu'à cause du sacro-saint principe d'égalité. Pourquoi certains y auraient eu droit et pas d'autres ? Gageons que les défenseurs de cette "avancée sociale" auront tous les moyens nécessaires pour s'opposer à son abrogation par le biais de multiples actions juridiques que nos frontières ne sauraient hélas arrêter. Abroger cette loi devra nous amener à nous poser (et à nous positionner) une question fondamentale, celle de l'égalité de tous devant la loi ? Puisque c'est bien l'argument de l'égalité qui a prévalu à l'élaboration de cette loi, son abrogation sera combattue avec le même argument et je ne gagerais pas qu'il soit perdant...

Ce n'est donc pas l'abrogation de la loi qu'il faut viser mais bien plutôt sa réécriture, tout est dans les termes, avec pourquoi pas la création d'un contrat d'union civile. La réécrire pour autant que faire se peut interdire l'adoption aux couples homosexuels, quelque soit le type d'adoption envisagée. Parallèlement, il faudra trouver le moyen d'interdire pour de bon, définitivement, la PMA/droit à l'enfant pour les couples de lesbiennes (les dernières décisions de justice montrant que son actuelle interdiction peut être contournée) et se prémunir tout aussi définitivement contre la GPA, quitte à faire inscrire, pourquoi pas, dans la Constitution l'interdiction de la marchandisation du corps humain.


Tout ça pour dire que l'abrogation de la loi Taubira ne sera pas une mince affaire, affaire qui ne saurait être traitée de la même manière que celle utilisée par les gauchistes - j'ai particulièrement apprécié la sortie de Sarkozy sur le sujet: "Je n'utiliserai pas les familles contre les homosexuels, comme on a utilisé les homosexuels contre les familles." - ; sa réécriture devra être validée par un référendum puisque c'est ce que nous réclamions à l'époque pour la validation de la loi Taubira, référendum qui nous a été refusé.

Tout ça pour dire que pour un opposant de la (presque) première heure au mariage zinzin comme moi, si réécrire la loi Taubira me paraît indispensable et incontournable, en particulier sur le triptyque adoption-PMA-GPA, dans le programme du futur candidat de droite à l'élection présidentielle de 2017, je ne suis pas sûr de mesurer toutes les difficultés du chantier; il serait totalement illusoire de (faire) croire que cela sera simple. Une certitude cependant, le débat à venir ne devra en aucun cas donner lieu à des affrontements électoralistes à droite, affrontements qui pourraient nous être fatals face à une gauche qui sur le sujet ne se privera pas d'envoyer l'artillerie lourde.

Réécrire la loi Taubira ? Oui, trois fois oui. Que cela soit une occasion de diviser à nouveau les Français (et la droite) sur ce sujet et offrir ainsi une opportunité pour la gauche de rester au pouvoir, voilà bien tout le péril du projet. Méfi ! Attention danger !

Que tout cela ne nous empêche pas en attendant d'aller manifester en masse dimanche à Paris ou à Bordeaux, On ne lâche Rien... mais on réfléchit...

Folie passagère 2478.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 20 juin 2013

Nicolas est en prison. J'ai honte.


Nicolas a 23 ans. Depuis dimanche soir, il est entre les mains de la justice, depuis hier soir il dort à la prison de Fleury-Mérogis avec des délinquants en tous genres. Nicolas a pris 4 mois de prison dont deux fermes exécutoires de suite et 1000 euros d'amende. Nicolas, c'est le gars sur la photo ci-dessus. Nicolas est un militant actif comme des milliers d'opposants à la loi Taubira-et-ses-conséquences. Après avoir manifesté devant M6 dimanche soir parce que Pépère, protégé par plus de 700 policiers, allait faire son show à Capital, Nicolas est allé faire le guignol avec quelques dizaines d'autres sur les Champs Elysées. La manif devant M6 était autorisée par la préfecture, les pitreries sur les Champs ne l'étaient pas. Les pitreries sur les Champs, c'est réservé aux cégétistes de PSA-Aulnay ou aux syndicalistes de Virgin. 

La police a chargé. Nicolas est parti en courant, poursuivis par des flics zélés bien en jambes, un peu comme ceux que décrivait récemment Eric Le Boucher. Il s'est réfugié, avec l'aide d'un serveur, dans une pizzeria. Du dedans, lorsque les flics sont arrivés, il a crié: " Hollande démission ". Il a été embarqué avec toute la délicatesse réservée, sous d'autres cieux, aux opposants politiques ( la photo ci-dessus ). Nicolas a refusé de se soumettre à un prélèvement ADN. Il n'a pas voulu qu'on lui prenne ses empreintes. N'ayant pas sa langue dans sa poche, en comparution immédiate, il a fait un peu le malin avec la juge, c'est vrai. Mais rien de bien méchant.

Nicolas n'a rien cassé, rien brûlé, rien détérioré. Il n'a commis aucun délit comme seuls les ultras du PSG, les racailles de banlieue ou les pilleurs de RER D savent faire, en toute impunité, si ce n'est quelques mois avec sursis s'ils ont le malheur de tomber sur un méchant juge. Mais Nicolas dort en prison depuis hier. Avec des délinquants de droit commun.

Est-il délinquant de droit commun ? Non, c'est une évidence. Il est donc détenu parce qu'il a des idées politiques différentes de celles du pouvoir en place. Nicolas est donc un prisonnier politique. Enfin, c'est du moins mon avis que visiblement je partage avec des milliers de gens depuis hier.

J'ai cherché et fouillé et il me semble qu'il faille remonter à la guerre d'Algérie pour trouver des exemples de condamnations du même genre. Moins loin, il y a la Tunisie, récemment, qui a condamné quelques Femen à 4 mois de prison fermes, condamnation qui souleva l'indignation de nombreux gauchiards; en Tunisie, pas en France.

La justice a voulu faire un exemple et décourager toutes velléités de manifester. Le pouvoir cherche à faire peur. Un pouvoir qui cherche à faire peur à ses opposants peut-il être durablement " respecté " ?...

En France, en 2013, à Paris, on peut vous arrêter parce que vous portez un sweat-shirt qui ne plaît pas à madame Taubira ou à monsieur Valls.

Je ne pensais pas que nous en arriverions là, en France, avec un gouvernement socialiste et une justice aux ordres. Je crois que la démocratie est en danger lorsque l'on commence à enfermer les opposants politiques. J'ai honte de ce qui se passe en ce moment. J'ai honte de voir à quel point la Socialie pervertit et condamne tout ce qui ne va pas dans le " bon " sens. 

" Honte à un Etat qui s'arroge le droit d'exercer la force contre la force du droit: abus de violence contre non violence " ( Mgr Marc Aillet, 19 juin 2013 ).

addendum: 

Folie passagère 1766.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 20 mai 2013

Entre 5 271 et 14 000 élus démissionnant, voilà qui aurait de la gueule !


La loi Taubira a donc été votée et hollande faisant preuve d'une célérité qu'on ne lui connaissait pas jusque lors l'a aussitôt promulguée. Les premiers mariages sont annoncés pour la fin du mois de mai. Vient donc pour certains maires et adjoints, l'heure de vérité: marieront-ils ou ne marieront-ils pas ? 

Pépère, dans son discours au dernier congrès des maires de France, en évoquant la liberté de conscience, avait encouragé, certains élus à se prononcer: ils refuseraient de célébrer le mariage de couples homosexuels si la loi était votée ( mariage et son corollaire, l'adoption ). Réalisant sa bévue, hollande, coutumier du fait, fit volte-face dès le lendemain. Ce qui nous sert de ministre de la Justice est, elle, passée directement en mode menaces: " Si le maire en confie la charge à l'un de ses adjoints, aucun problème. Si tout un conseil municipal refuse, je lui rappellerai qu'il agit en qualité d'officier de l'état civil par délégation de l'État. Il est tenu de respecter la loi. S'il s'y refuse, il peut être suspendu ou révoqué. Quant aux demandeurs du mariage, ils peuvent saisir la justice au titre du Code pénal contre les discriminations. Les sanctions sont sévères : jusqu'à trois d'emprisonnement et 45 000 € d'amende."

Et me'de alo's me voici pour une fois d'accord avec la greluche guyanaise. Un maire ou ses adjoints, de par la fonction qu'ils ont librement choisi d’exercer, sont tenus de faire appliquer la loi de la république. Soit ils restent élus et doivent donc faire cons-voler en juste noce les amoureux soit, ils refusent, par convictions, quelle qu'elles soient, et dans ce cas ils démissionnent.

Et c'est là que cela devient intéressant... Le collectif des maires pour l'enfance chiffre à 14 000 le nombre de maires qui auraient annoncé leur refus de célébrer. 5 271 élus et adjoints se sont engagés par écrits à refuser de célébrer ces unions. 

Vient donc le moment où il faut savoir accorder le discours, les engagements écrits avec les actes. Dès lors, à l'heure où la moralisation de la vie politique semble être devenue mainstream, il serait normal, logique, rigoureux et honnête que l'ensemble des maires et adjoints ayant annoncé leurs intentions de refuser cette loi et donc son application démissionnent. Sauf à se mettre volontairement hors-la-loi.

Entre 5 271 et 14 000 élus qui démissionneraient en même temps, vous imaginez, voilà qui aurait de la gueule, voilà qui serait exemplaire; quel joyeux bordel ! Et au point où nous en sommes, question, bordel...

La désobéissance civile, par l'Excellence...

Ceci dit, n'oubliez pas, dimanche prochain, 26 mai, c'est à Paris que cela se passe. On ne lâche rien !

Folie passagère 1721.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 17 mai 2013

Journée internationale de lutte contre l'homophobie: Ce sera sans moi !


Aujourd'hui, c'est la journée internationale de lutte contre l'homophobie. Alors comme chaque année depuis que je blogue, j'y vais de mon petit billet sur le sujet, mais différemment. En tant qu'homo, je devrais m'y intéresser à cette journée, n'ai-je pas été moi même, parfois, victime d'homophobie... Je devrais logiquement monter les couleurs Arc-en-Ciel au mât de misère et crier ma colère: l'homophobie tue ! Et bien même pas. Je ne m'associerai pas, pour une fois, à cette journée.

Elle a une espèce de goût amer cette journée, cette année. Si depuis quelques temps, en France, l'homophobie semblait marquer le pas, nombreux sont ceux qui n'ont eu de cesse, à des fins partisanes, de la  "réactualiser". Avec cette histoire de mariage zinzin, la lutte contre l'homophobie aura été un prétexte. Prétexte pour diaboliser ceux qui sont contre cette loi vénéneuse, dite loi Taubira; prétexte à tous les amalgames, y compris les plus douteux:  tu manifestes contre, t'es homophobe ! L'homophobie devenue argument pour défendre une loi que, même des gens comme moi, reprouvent.

Les défenseurs de la cause, et bien d'autres, ont presque réussi à renouveler le genre. Avant, t'étais un gros con si tu ne voyais pas le pédé comme l'un des tiens, si tu le pensais a-normal, si tu l'insultais pour la simple raison qu'il baisait différemment, aujourd'hui, c'est pire, t'es homophobe parce que tu n'adhères pas aux vertus progressistes du vivre-ensemble, façon Taubira.

Non, je ne m'associerai pas à cette journée parce que j'en ai marre de me faire traiter d'homophobe parce que je suis contre le mariage zinzin. Je ne m'y associerai pas parce que j'en ai marre que l'on monte en épingle une agression, clairement homophobe, à des fins politiques alors que dans le même temps on passe sous silence les insultes et les agressions commises envers tant d'autres catégories de gens. Un couple homo se fait agresser, les médias en font des tonnes et les stigmates  de l'agression sont érigés en trophée de la cause; un prêtre dépouillé et tabassé, silence radio. Lors de la première manif des pros mariage zinzin à Paris, ma nièce y est allée; quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a répondu "parce que je hais l'homophobie ". Elle aussi s'est fait avoir mais elle ne le savait pas, il aurait fallu lui expliquer.

Encore une raison de ne pas m'associer à cette journée: la désinformation, l'intox et les provocations. Provocation qui a fonctionné: lorsque à longueur de journée, on te traite d'homophobe parce que tu es contre cette loi, personne n'est à l'abri, à un moment ou à un autre, de déraper et de renvoyer "le compliment", hélas. Parce que trois connards débarquent dans un bar gay pour y casser du pédé, les médias t'expliquent que c'est à cause du climat délétère, des barrières qui tombent et toussa. Marre, désolé. On te dit que le nombre d'agressions homophobes a explosé mais on oublie de te dire ce que recouvre le vocable " agression ". D'épiphénomènes, on fait une généralité. Une agression, quelle qu'elle soit est dégueulasse, point barre.

Je ne m'associerai pas à cette journée parce qu'en aucun cas je veux être assimilé aux lobbies LGBT et à leur prosélytisme. Je n'aime pas le prosélytisme, tous les prosélytismes. Je n'aime pas les extrémismes, tous les extrémismes. Les minorités doivent être respectées mais elles n'ont pas force de loi, elles ne sont pas la loi.

Il y aura, hélas, toujours, des connards pour agresser et maltraiter ceux qui ne sont pas comme eux; qu'ils soient homos, noirs, simplement différents. Ce n'est donc pas tant l'homophobie qu'il  faut condamner, même si..., c'est plus largement la connerie qu'il faut combattre. Voyez-vous la nuance ?

Rendez-vous l'année prochaine, on verra bien...

Folie passagère 1715.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.