Il m'arrive parfois de lire un truc dans un journal et que l'information me paraisse tellement saugrenue ou surréaliste (à priori) que je n'y prenne pas plus attention que cela. Et puis, allant lire un collègue - en l’occurrence l'Iconoclaste - le truc refait surface et m'interpelle pour de bon; ne restait plus qu'à en faire un billet sur ce blog. Et le pire, c'est que vous découvrez que tout cela n'a rien de nouveau, fallait juste un peu plus de temps pour que cela déboule chez nous.
Sur ordre de Bruxelles !
Et c'est ainsi que, en me renseignant, je découvre que la Commission Européenne a décidé il y a quelques mois d'imposer à tous les pays de l'UE d'intégrer dans le calcul de leur PIB, les chiffres d'affaires de certaines activités dites - pour combien de temps encore - illégales ou pas très "catholiques" comme les trafics de drogues douces ou dures et la prostitution. Parfaitement, vous avez bien lu: intégrer dans le PIB l'argent que génèrent la production, le trafic et la consommation de drogues ainsi que le "sex-business" !
Il faut dire que certains pays le faisaient déjà. Les Pays-bas où tout cela est légal depuis longtemps, coffee-shops et putes déclarent au fisc leurs revenus ce qui a permis au gouvernement batave de gonfler son PIB de 2,6 milliards en 2010 (0,4%). En Grèce, pendant un temps, ils le firent aussi mais pour de mauvaises raisons: masquer à tout prix la déliquescence de leur économie. La Belgique, l'Italie et le Royaume-Uni viennent d'annoncer que dès 2014, ils intégreraient ces activités dans le calcul de leurs PIB. Au bas mot 12 milliards d'euros rien que pour le Royaume Uni. L'Espagne estime que grâce à cela son PIB augmentera de 2,7 à 4,5%. La France rechigne, refuse mais s'expose à de très fortes amendes si elle persistait dans son refus et ne s'était pas mis en conformité avec cette règle au plus tard le 30 septembre.
Le comment du pourquoi ? Bruxelles dit que cette décision a été motivée par le désir de mieux saisir la valeur réelle des économies des États membres, et de pouvoir établir des comparaisons plus justes entre eux. Un souci d'équité donc ! Ben voyons, t'as qu'à croire mais pas seulement... Car la quote-part versée par chaque pays au budget de l'UE est calculée selon... son PIB. Z'avez compris ? Plus le PIB est élevé, plus l'UE et Bruxelles encaissent. Et comme la croissance des différents pays de l'Union n'est pas brillante, l'augmentation du PIB par l'adjonction de ces activités permet d'augmenter le budget global ! Astucieux, non ? Pour l'ensemble des pays cela pourrait donc coûter bonbon; pour d'autres, comme la Grèce, d'un côté, ils verseraient plus à l'UE mais la progression ainsi obtenue de leur PIB (2%pour la Grèce) permettrait que l'on ait un autre "regard" sur leur économie qui ainsi serait jugée moins "régressive".
Tout le problème reste donc de savoir si les pays auront à l'avenir intérêt à lutter contre des pratiques jusque là considérées comme illégales: faire le choix d'un plus de croissance et augmenter au moins comptablement la richesse du pays ou continuer à lutter contre ce que l'on appelle communément des fléaux.
Mon petit doigt me dit que si tous les pays vont se plier de bonne grâce à cette ordonnance européenne "enrichissante" (elle a été votée et adoptée après tout par la Commission), certains auront à cœur dans les années qui viennent à regarder différemment shit, ganja, beu, chichons, coke, putes et... pourquoi pas les proxénètes.
Le comment du pourquoi ? Bruxelles dit que cette décision a été motivée par le désir de mieux saisir la valeur réelle des économies des États membres, et de pouvoir établir des comparaisons plus justes entre eux. Un souci d'équité donc ! Ben voyons, t'as qu'à croire mais pas seulement... Car la quote-part versée par chaque pays au budget de l'UE est calculée selon... son PIB. Z'avez compris ? Plus le PIB est élevé, plus l'UE et Bruxelles encaissent. Et comme la croissance des différents pays de l'Union n'est pas brillante, l'augmentation du PIB par l'adjonction de ces activités permet d'augmenter le budget global ! Astucieux, non ? Pour l'ensemble des pays cela pourrait donc coûter bonbon; pour d'autres, comme la Grèce, d'un côté, ils verseraient plus à l'UE mais la progression ainsi obtenue de leur PIB (2%pour la Grèce) permettrait que l'on ait un autre "regard" sur leur économie qui ainsi serait jugée moins "régressive".
Tout le problème reste donc de savoir si les pays auront à l'avenir intérêt à lutter contre des pratiques jusque là considérées comme illégales: faire le choix d'un plus de croissance et augmenter au moins comptablement la richesse du pays ou continuer à lutter contre ce que l'on appelle communément des fléaux.
Mon petit doigt me dit que si tous les pays vont se plier de bonne grâce à cette ordonnance européenne "enrichissante" (elle a été votée et adoptée après tout par la Commission), certains auront à cœur dans les années qui viennent à regarder différemment shit, ganja, beu, chichons, coke, putes et... pourquoi pas les proxénètes.
Il fallait bien l'Europe pour nous faire passer du Drug, Sex and Rock'n Roll cher à nos 70's au Drogues, Sexe et PIB du XXIème siècle !
(vidéo ci-dessous: Final du film The Rose avec Bette Midler inspiré de la vie de Janis Joplin)
(vidéo ci-dessous: Final du film The Rose avec Bette Midler inspiré de la vie de Janis Joplin)
Folie passagère 2326.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr