Affichage des articles dont le libellé est prostitution. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est prostitution. Afficher tous les articles

vendredi 13 juin 2014

Drogues, Sexe et... PIB


Il m'arrive parfois de lire un truc dans un journal et que l'information me paraisse tellement saugrenue ou surréaliste (à priori) que je n'y prenne pas plus attention que cela. Et puis, allant lire un collègue - en l’occurrence l'Iconoclaste - le truc refait surface et m'interpelle pour de bon; ne restait plus qu'à en faire un billet sur ce blog. Et le pire, c'est que vous découvrez que tout cela n'a rien de nouveau, fallait juste un peu plus de temps pour que cela déboule chez nous. 

Sur ordre de Bruxelles !

Et c'est ainsi que, en me renseignant, je découvre que la Commission Européenne a décidé il y a quelques mois d'imposer à tous les pays de l'UE d'intégrer dans le calcul de leur PIB, les chiffres d'affaires de certaines activités dites - pour combien de temps encore - illégales  ou pas très "catholiques" comme les trafics de drogues douces ou dures et la prostitution. Parfaitement, vous avez bien lu: intégrer dans le PIB l'argent que génèrent la production, le trafic et la consommation de drogues ainsi que le "sex-business" !

Il faut dire que certains pays le faisaient déjà. Les Pays-bas où tout cela est légal depuis longtemps, coffee-shops et putes déclarent au fisc leurs revenus ce qui a permis au gouvernement batave de gonfler son PIB de 2,6 milliards en 2010 (0,4%). En Grèce, pendant un temps, ils le firent aussi mais pour de mauvaises raisons: masquer à tout prix la déliquescence de leur économie. La Belgique, l'Italie et le Royaume-Uni viennent d'annoncer que dès 2014, ils intégreraient ces activités dans le calcul de leurs PIB. Au bas mot 12 milliards d'euros rien que pour le Royaume Uni. L'Espagne estime que grâce à cela son PIB augmentera de 2,7 à 4,5%. La France rechigne, refuse mais s'expose à de très fortes amendes si elle persistait dans son refus et ne s'était pas mis en conformité avec cette règle au plus tard le 30 septembre. 

Le comment du pourquoi ? Bruxelles dit que cette décision a été motivée par le désir de mieux saisir la valeur réelle des économies des États membres, et de pouvoir établir des comparaisons plus justes entre eux. Un souci d'équité donc ! Ben voyons, t'as qu'à croire mais pas seulement... Car la quote-part versée par chaque pays au budget de l'UE est calculée selon... son PIB. Z'avez compris ? Plus le PIB est élevé, plus l'UE et Bruxelles encaissent. Et comme la croissance des différents pays de l'Union n'est pas brillante, l'augmentation du PIB par l'adjonction de ces activités permet d'augmenter le budget global ! Astucieux, non ? Pour l'ensemble des pays cela pourrait donc coûter bonbon; pour d'autres, comme la Grèce, d'un côté, ils verseraient plus à l'UE mais la progression ainsi obtenue de leur PIB (2%pour la Grèce) permettrait que l'on ait un autre "regard" sur leur économie qui ainsi serait jugée moins "régressive". 

Tout le problème reste donc de savoir si les pays auront à l'avenir intérêt à lutter contre des pratiques jusque là considérées comme illégales: faire le choix d'un plus de croissance et augmenter au moins comptablement la richesse du pays ou continuer à lutter contre ce que l'on appelle communément des fléaux. 

Mon petit doigt me dit que si tous les pays vont se plier de bonne grâce à cette ordonnance européenne "enrichissante" (elle a été votée et adoptée après tout par la Commission), certains auront à cœur dans les années qui viennent à regarder différemment shit, ganja, beu, chichons, coke, putes et... pourquoi pas les proxénètes.

Il fallait bien l'Europe pour nous faire passer du Drug, Sex and Rock'n Roll cher à nos 70's au Drogues, Sexe et PIB du XXIème siècle !

(vidéo ci-dessous: Final du film The Rose avec Bette Midler inspiré de la vie de Janis Joplin)

Folie passagère 2326.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 3 avril 2014

Prostitution et subventions...


"L’'Assemblée nationale a adopté, mercredi 4 décembre 2013, par 268 voix contre 138, la proposition de loi de lutte contre le système prostitutionnel, qui instaure une contravention de 1 500 euros contre les clients de prostituées, et une amende de 3 750 euros en cas de récidive. La loi abolit également le délit de racolage et instaure un “parcours de sortie de la prostitution”." (sce: Le Monde) 

A l'époque cette loi avait fait grand bruit et nombreux étaient ceux qui doutaient de sa réelle utilité. Un petit point rapide sur le sujet...

Hier, à déjeuner, j'étais avec une vieille connaissance qui, depuis une douzaine d'années, s'occupe au sein d'une association, des prostitué(e)s du bois de Boulogne; autant dire qu'il connaît le milieu. Chaque soir, souvent jusqu'à deux heures du matin, le mini-bus de l'association va de places glauques en endroits sinistres pour tenter d'apporter un peu de réconfort aux putes: café, chocolat chaud, thé, biscuits. A l'occasion, ils en profitent pour essayer de recréer un lien: faire de la prévention contre les MST, être à leur écoute, discuter, les conseiller et éventuellement les aiguiller sur des possibilités de réinsertion. L'association en question, animée et gérée par des cathos, fait un travail remarquable en toute discrétion afin d'aider, comme ils disent, ces brebis perdues.

J'en profite donc pour demander à mon ami si la loi en question a changé quelque chose et si elle est appliquée. La réponse est nette: rien n'a changé et, à sa connaissance, aucun "client" n'a été ni interpellé, ni sanctionné. D'après les échanges qu'il a eu avec les policiers, ceux-ci ne s'intéressent, à juste titre, qu'à la répression du proxénétisme. Le reste... Et précisément, au bois, toujours selon mon ami, la majorité des prostitué(e)s sont indépendant(e)s. L'abolition du délit de racolage aurait même incité plus de gens à se (re)mettre au boulot, en particulier chez de jeunes hommes, pas encore adultes pour la plupart, souvent étudiants. Mon ami me fait part aussi de l'arrivée massive de jeunes roumains mineurs et donc "insaisissables". Pour lui, cette loi a été parfaitement inutile, tout juste bonne à faire mousser ses promoteurs, l'essentiel de la prostitution organisée s'étant réfugié sur internet.

Son association, disais-je, est animée par des catholiques; mon ami est une vraie grenouille de bénitier. Comme toute association, elle a besoin pour vivre de subventions que deux mairies, l'une de gauche tenue par une dame fraîchement élue, l'autre de droite, lui accordent avec parcimonie et ce sans jamais avoir, jusque lors,  trouvé quoique ce soit à redire des accointances de l'association avec le Bon Dieu. Sauf depuis l'adoption de la loi en question. Coïncidence ou dégâts d'une laïcité "de combat", nul ne le sait, les membres de l'association et leur minibus ont été contrôlés à plusieurs reprises par des agents des deux mairies en question. Le jugement des agents en question a été sans appel et signifié uniquement par oral: Pour continuer à percevoir les dites subventions, le minibus et les membres de l'assoc' devront être débarrassés de tous signes "religieux ostentatoires" et les discussions avec les prostitué(e)s devront rester parfaitement "laïques". Pour continuer, malgré tout, leur "mission", l'association a donc du retirer du minibus un crucifix de 12 cm de haut et une affiche (21 x 29,7) représentant Sainte Thérèse; les curés se relayant durant les maraudes devant, quant à eux, planquer leur croix jusque là épinglées au revers de leurs vestons.

Étonnant, non ? Aussi, comme me l'a dit mon ami: "Ce n'est que mon témoignage, que ce soit sur l'application de cette loi ou sur la façon de préserver les subventions, peut-être que j’exagère; néanmoins, depuis 12 ans, je n'avais jamais vu autant de gens dans le bois et autant de fonctionnaires de mairies pour nous contrôler..."

Ainsi va la vie au bois...

Folie passagère 2214.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 30 octobre 2013

Je veux bien être le 344ème salaud !


Le parlement, sous l'impulsion de Belkacem et des féministes, s'apprête à légiférer sur la pénalisation des clients des prostitué(e)s. Le magazine Causeur a décidé de s'élever contre ces nouvelle atteintes à la liberté et à l'intimité en publiant le " Manifeste des 343 salauds " que je reproduis ci-dessous:

" En matière de prostitution, nous sommes croyants, pratiquants ou agnostiques.

Certains d’entre nous sont allés, vont, ou iront aux « putes » – et n’en n’ont même pas honte.

D’autres, sans avoir été personnellement clients (pour des raisons qui ne regardent qu’eux), n’ont jamais eu et n’auront jamais le réflexe citoyen de dénoncer ceux de leurs proches qui ont recours à l’amour tarifé.

Homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages, nous sommes des hommes. Cela ne fait pas de nous les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d’une répression déguisée en combat féministe. Qu’il nous arrive ou pas de payer pour des relations charnelles, nous ne saurions sous aucun prétexte nous passer du consentement de nos partenaires. Mais nous considérons que chacun a le droit de vendre librement ses charmes – et même d’aimer ça. Et nous refusons que des députés édictent des normes sur nos désirs et nos plaisirs.

Nous n’aimons ni la violence, ni l’exploitation, ni le trafic des êtres humains. Et nous attendons de la puissance publique qu’elle mette tout en œuvre pour lutter contre les réseaux et sanctionner les maquereaux.

Nous aimons la liberté, la littérature et l’intimité. Et quand l’Etat s’occupe de nos fesses, elles sont toutes les trois en danger.

Aujourd’hui la prostitution, demain la pornographie : qu’interdira-t-on après-demain ?

Nous ne céderons pas aux ligues de vertu qui en veulent aux dames (et aux hommes) de petite vertu. Contre le sexuellement correct, nous entendons vivre en adultes.

Tous ensemble nous proclamons: Touche pas à ma pute ! "


Je ne peux que m'associer à cette démarche. Ce n'est pas aux putes qu'il faut s'attaquer. Ce n'est pas leurs clients qu'il faut sanctionner. Les seuls qui sont à pourchasser, à combattre sans relâche et à sanctionner avec fermeté: Ce sont les proxénètes. Il ne s'agit pas de se tromper de combat. La cible, il n'y en a qu'une: Le proxénétisme !

Je veux bien être le  trois cent quarante quatrième salaud !

Folie passagère 1970.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 20 avril 2011

je me prostitue pour vivre


Ca fait un moment que je lui cours après.

Ben oui, quand ton meilleur ami disparaît des écrans radars depuis une bonne quinzaine de jours, forcément on s'inquiète et on a peur. Quand le portable ne répond plus alors qu'auparavant, au moins une fois, chaque jour, nous nous téléphonions, on se pose des questions. Quand la distance fait que l'on ne peut pas faire un tour vite fait, pour voir, on angoisse un peu plus encore. Que se passe-t-il ? Et le dicton à la con qui veut que pas de nouvelles, bonnes nouvelles, avec lui, ça n'a jamais été le cas; plutôt l'inverse. 

Je sais bien qu'il galère, qu'il bosse ( en principe ), qu'il a beaucoup de mal à joindre les deux bouts, qu'il a des dettes du temps où il a joué au con. Je sais surtout qu'il est seul, là-bas, sans personne pour veiller sur lui.

Alors, hier, j'ai pris les grands moyens. J'ai appelé une connaissance dans la ville rose, un flic. je lui ai demandé de laisser un message dans la boîte aux lettre de mon ami avec en-tête officiel et le message suivant: "Prendre contact d'urgence avec Corto".

J'ai reçu en début d'après-midi le sms suivant, je vous le livre tel quel: " dslé en ce moment je me prostitue pour vivre car plus de sous donc voila. J ai honte. T'inquiètes pas."
Puis un second message. " G besoin d etre seul et besoin d argent. Pardon, t'inquietes pas."

Comment ne pas s'inquiéter ? Comment aider ? Que faire ?

Il m'a séché sur place.

Folie passagère 630.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.