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mardi 3 juillet 2018

Pour une Europe de nations souveraines, débruxellisons l'Union européenne !

Selon Julien Aubert et treize parlementaires d'«Oser la France», l'Union européenne est en train d'agoniser de ses contradictions. Face à ce constat, ils affirment l'importance pour Les Républicains d'opter pour une politique de souveraineté nationale. 

Un point de vue intéressant à lire...


" Les Républicains partagent très largement le diagnostic sur la crise de l'Union européenne: l'Europe, construite dans l'ambiguïté d'un fédéralisme que Philippe Séguin avait prophétisé en 1992, est en train d'agoniser de ses contradictions. Faite pour organiser la convergence, la zone euro a creusé le ressenti entre débiteurs et créditeurs. La libre circulation au sein de l'espace Schengen a, sur fond de crise migratoire, fait exploser la solidarité européenne et provoqué le Brexit et la poussée des mouvements contestataires. Emmanuel Macron, au logiciel daté des années 70, s'est isolé avec un discours grandiloquent déconnecté de la réalité. Face à cela, plusieurs attitudes sont possibles. La première pourrait s'appeler «option du guépard», à l'instar du film éponyme: «Tout changer pour que rien ne change». Elle consiste, après la phase d'un diagnostic plus ou moins sombre qui permet d'exorciser de manière cathartique les remords d'une Droite qui s'est souvent trompée, de continuer à proposer exactement les mêmes solutions politiques que d'habitude. S'ensuit donc une liste impressionnante de souhaits tous plus ambitieux les uns que les autres: «plus d'harmonisation fiscale, pour un nouveau fonds d'intervention, pour une augmentation du budget, pour des ressources propres, pour une nouvelle étape de la construction européenne, pour une Europe de la Défense, de l'Énergie etc.»

Cette fuite en avant est un faux-semblant. Elle ne veut pas voir que le projet européen est encalminé et risque d'emporter les Nations qui composent l'Europe dans sa chute. Avant de clamer qu'il faut une Europe de ceci ou de cela, il faudrait déjà qu'il y ait une Europe tout court capable de correctement gérer les politiques qu'on lui a confiées par le passé. Lorsqu'on voit que malgré la PAC, la France a régressé dans son potentiel agricole, et qu'elle est en passe de devenir importatrice nette dans quelques décennies, il y a lieu de s'inquiéter. En réalité, refuser de tirer les conséquences lucides des erreurs du passé est un mauvais service à rendre à l'Union européenne. Tout occupés à se projeter, ne perdons pas de vue la base de départ. L'Europe est le petit problème: le grand problème est la France, qui a perdu tous ses leviers d'action - monétaire, budgétaire, agricole, industriel - qu'elle a sacrifiée pour bâtir une Europe censée démultiplier son influence. Problème: un multiple de zéro reste un zéro. L'option alternative est de croire en la France, en brisant d'entrée un axiome qui s'est insidieusement imposé, comme quoi «la France est trop petite pour survivre seule».

Sans nier que l'Union est un acteur indispensable pour peser, à condition qu'elle fonctionne, il faut arrêter avec le discours capitulard expliquant qu'on ne croit qu'aux grands ensembles continentaux pour exister dans la mondialisation. La grandeur de la France est un objectif.

Son indépendance en est la conséquence. La puissance en est la clé. Or, où est l'indépendance aujourd'hui? Nulle part. Nous sommes devenus une colonie numérique américaine, librement vassalisée par les GAFAM. Nos voisins n'ont pas la même sensibilité que nous à ce sujet, ayant accepté depuis plusieurs décennies, le parapluie américain en matière de Défense. Nous sommes devenus une puissance désindustrialisée et donc vulnérable, au nom de la constitution du marché unique et de la nécessité de bâtir des géants européens. Nos fleurons ont été démantelés, avec la complicité naïve de gouvernements décidés à sortir du colbertisme: liquider en 20 ans, 200 ans d'acquis, un record. Nous sommes devenus un pays incapable de maîtriser ses frontières et le flux migratoire, provoquant ainsi le blocage du jeu démocratique par peur de cautionner les solutions du Front National. Nous sommes devenus un pays incapable de mettre ses comptes à l'équilibre, qui a délégué à Francfort le soin de battre monnaie et à Bruxelles les clés du Trésor. Face à cela, sauf à vouloir provoquer un accident démocratique majeur, il convient de récupérer les instruments qui permettent au politique de justifier son existence en permettant l'alternative du choix démocratique. Alors que le débat sur l'Europe s'ouvre aux Républicains, nous proposons que notre ligne emprunte 8 points de passage obligés pour tracer en pointillé un nouveau cap:

Premièrement, s'affranchir du piège tendu par le Frexit mais afficher clairement le refus d'une Europe fédérale comme objectif de la construction actuelle, ce qui signifie mettre fin aux transferts de souveraineté et à la marche forcée vers l'harmonisation ;

Deuxièmement, limiter l'Union européenne à la civilisation européenne, ce qui revient à fermer la porte à la Turquie mais ouvrir des négociations avec la Russie, et donc s'émanciper de la politique étrangère américaine ;

Troisièmement, remettre les parlements nationaux au cœur de la mécanique institutionnelle en supprimant au passage le rôle politique de la Commission ;

Quatrièmement, construire des coopérations avec quelques États en «débruxellisant» l'UE, sur des sujets immédiats comme la construction d'un Amazon ou un Google Européen, capable de nous protéger des fausses informations et des espionnages divers et variés ;

Cinquièmement, instaurer dans la constitution la primauté de la loi française sur le droit européen dérivé, lorsque cette dernière est postérieure, afin de permettre à un Parlement de suspendre par une loi de souveraineté l'application d'un texte qui porte atteinte à nos intérêts. Ce n'est qu'ainsi qu'on mettra fin à l'illusion d'une construction fédérale: imagine-t-on les résolutions de l'assemblée générale des Nations Unies l'emporter sur la loi? ;

Sixièmement, remettre la notion de service public au cœur de la logique européenne en mettant fin à la politique de libre concurrence sans limite et en protégeant nos derniers fleurons français sous monopole ;

Septièmement, s'engager à voter contre toute nouvelle libéralisation commerciale, qu'il s'agisse du Mercosur ou du CETA ;

Huitièmement, assouplir les critères de Maastricht en excluant les investissements d'avenir (santé, éducation) ou les dépenses que la France endosse en matière de sécurité extérieure (Opex, nucléaire) pour le plus grand bénéfice de nos voisins. L'heure est venue non seulement de changer de discours mais aussi de mettre en place les mesures susceptibles de permettre une réorientation de l'Union. A défaut, le débat se cantonnera à ceux qui affichent clairement leur fédéralisme et ceux qui n'en veulent pas mais qui le construisent quand même. Or, les jusqu'au-boutistes prennent le sujet par le mauvais bout.

Il faut oser une autre Europe, une Europe de Nations souveraines, une Europe qui n'est pas l'avenir de la France, ni même sa substitution, mais un complément utile pour sa grandeur et son destin."

Tribune signée Julien Aubert, député LR du Vaucluse, président d'Oser la France.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 29 juin 2016

Du Brexit, sachons tirer les leçons

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Et voilà, presque une semaine que le Brexit est tombé des urnes. Quelle panique ! Le monde a vacillé, un instant. L'Europe vacille, elle aussi, la confusion semble régner, semble seulement. Les bourses ont décroché, deux jours puis elles ont aussitôt rebondi, il y a des affaires à faire !

Demeurent, malgré les résultats, que ce soit en Angleterre ou ailleurs, les pros et les antis Brexit. Que faut-il penser de tout cela ?

Perso, comme disait Jacques, cette histoire m'en touche une sans faire bouger l'autre. On verra... Il y a quand même  quelques petits trucs qui me chiffonnent.

Les abus de langage par exemple, ou ce qui m’apparaît comme des abus de langage. On nous dit que l'Angleterre a joué le jeu démocratique, une question lui a été posée et elle a dit massivement " Non à l'Europe ". Vraiment ?  Avec une participation de 70%, le " non " l'a emporté avec moins de 52% des suffrages exprimés. Mais l'Ecosse et l'Irlande que l'on sait accrochés à l'Europe ont voté massivement pour rester dans l'Union avec respectivement 62% et 55,8% des suffrages exprimés. Une victoire du " non " donc, mais un Royaume fracturé, scindé en deux. Pas glorieux !  Et que dire sur un sujet aussi important d'une victoire acquise par moins de 52% des suffrages ? Qu'il aurait suffi de pas grand chose pour le Remain ne l'emporte. Peut-être juste un peu moins de mensonges et de démagogie de la part de l'Ukip de Nigel Farage et des conservateurs emmenés par Boris Johnson.  Peut-être juste un peu plus de combativité des travaillistes qui, pour le coup, ont été plus que mollassons et semblent, si on en juge par le nombre de démissions au sein du parti, le regretter aujourd'hui. Les " Anglais " auraient-ils  voté pour le " non " si les débats avaient été élargis à autre chose que les questions d'immigration et de la supposée dictature bruxelloise ? Fort possible si on en croit les nombreux témoignages recueillis depuis: " si j'avais su... ". Les " Anglais " auraient-ils voté pour le " non " si au lieu de la simpliste question posée, ils avaient eu à se positionner sur un véritable projet ? Fort possible, toujours si l'on en croit les témoignages recueillis. Et c'est là que je crois que Cameron a été en dessous de tout: N'avoir pas su, autrement que pour des raisons de politique purement politicienne, proposer une alternative aux eurosceptiques britanniques. On nous dit les Britanniques attachés à l'Union Jack, à leurs traditions, à la couronne et à leur reine, Cameron ( et les pros Brexit ) portera devant l'Histoire la responsabilité du possible éclatement du Royaume. Enfin, dès lors que les jeunes ont voté massivement pour le Remain, est-il normal que les " vieux anglais " d'aujourd'hui aient décidé de l'avenir des " vieux " de demain ? Ce référendum aura donc eu aussi le " mérite " de creuser un fossé générationnel inédit.

J'entends aussi de nombreux Français, mais pas que, oser dire que ce référendum " anglais " ne nous concerne pas, ne nous regarde pas et que nous n'avons pas à nous mêler de cette histoire ! Mais qui peut sereinement dire qu'il ne nous concerne pas et qu'il n'aura pas de conséquences sur nos vies et sur l'avenir de l'Europe ? Personne; il suffit, pour s'en convaincre, de nous lire, de vous lire, de lire nos journaux et de voir à quel point le débat politique en France, mais pas que, s'est saisi de cette question pour se convaincre du contraire. Il y aura des conséquences que l'on pressent lourdes sans savoir pourtant les cerner aujourd'hui. Et cette méconnaissance des conséquences du Brexit, méconnaissance qui se matérialise par l'absence totale de plan B de la part des dirigeants européens, est une preuve de plus que ce référendum a été de bout en bout mal mené. Le " non " a été pour tout le monde une surprise totale et c'est bien là, curieusement, un aspect positif des résultats: il aura au moins démontré l'absence totale d’anticipation de toute la classe politique européenne. Gouverner, c'est prévoir ? Ils ont tous failli.

Alors tout ceci étant dit, force reste à la loi des urnes même quand celle-ci me semble, et pour toutes les raisons évoquées plus haut, un brin  vérolée.

J'entends de nombreuses voix surfant sur le " succès " britannique s'élever d'un peu partout pour réclamer ci et là un même référendum " pour " ou " contre " une sortie de la France de l'Europe et ce au nom de la liberté des peuples à prendre en main et de choisir leur destin. Why not mais pas comme ça, pas à l'anglaise. Si référendum, il doit y avoir, si la question de notre appartenance à l'Union devait être remise en cause, pourquoi pas,  qu'on le fasse mais à la condition expresse que le " peuple " ait, avant d'aller voter, tous les tenants et les aboutissants d'une telle remise en cause.

Alain Juppé que je n'apprécie guère a pourtant dit quelque chose on ne peut plus sensé même si cela lui a valu d'être aussitôt brocardé; je cite: " On peut craindre un Frexit, c'est la raison pour laquelle je suis hostile à un référendum dans les six mois qui viennent. Un référendum est fait pour proposer une solution. ", un projet. C'est le rôle des vrais politiques, et de ceux qui prétendent devenir des hommes ( ou femmes ) d'Etat, que de construire et de nous proposer ce projet d'avenir. 

J'ose espérer que les démagogues et autres eurosceptiques à la petite semaine sauront entendre cela. L'époque n'est pas à l'aventure.

Folie passagère 3222.
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samedi 25 juin 2016

Mon Union Européenne à moi...

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Il y a quelques années, je bossais pour un grand groupe de distribution ayant des magasins dans une dizaine de pays européens, 70 en France et entre 5 et 12 dans les autres pays. Au total, nous avions, de mémoire, plus de 120 très gros bouclards et quelques 500 supermarchés. Chaque pays travaillait de manière indépendante avec sa propre centrale d'achats, ses chefs de rayons, sa politique commerciale, sa manière de négocier et jusqu'à l'avènement de l'euro, dans sa propre monnaie. Au siège, nous décidâmes que cette manière de faire était stupide, il y avait certainement des coucougnettes en or à se faire en regroupant tout cela.

Il fut donc décidé que sur toutes les familles de produits n'ayant pas de spécificités locales ou nationales, les achats et la politique commerciale seraient du ressort de négociateurs internationaux; je fus l'un d'entre eux. Les acheteurs nationaux seraient désormais chargés, après avoir donné leur consentement, d'appliquer les choix décidés par " l'international ", ils gardaient néanmoins la charge des achats locaux. Il était par contre interdit aux négociateurs internationaux d'intervenir sur des produits spécifiques à un pays.

Le groupe étant français, la langue internationale retenue entre nous pour travailler fut donc le Français.

Ainsi, sur les familles de produits dont je m'occupais, je fis le recensement des besoins de chaque pays et ne m’intéressais qu'aux produits rigoureusement commun à tous. Ainsi en était-il, par exemple, des piles électriques, des ampoules, des tournevis ou des perceuses à percussion. Dans tous les pays, les besoins des consommateurs était le même et les produits identiques puisqu'il n'y avait pas de spécifiés techniques ou réglementaires particulières à un pays sur ces marchés. Les fournisseurs étaient internationaux, hélas pas français, et se régalaient en vendant à chaque centrale nationale leurs produits aux prix qu'ils le souhaitaient. Je découvris ainsi, en fouillant, que certains de ces fournisseurs pouvaient vendre à nos magasins italiens les mêmes produits qu'ils fourguaient 40% plus chers à nos magasins espagnols quand les français achetaient 10% moins cher que les polonais.

Nous nous mîmes donc à négocier au global des volumes et des prix d'achats déshabillés de toutes les remises, rabais et ristournes possibles et inimaginables afin d'avoir la certitude d'obtenir le meilleur prix d'achat. Nous négociâmes aussi la politique commerciale et les promotions puisque sur ces produits la saisonnalité et les pics de vente étaient sensiblement les mêmes partout. Là où auparavant plus d'une dizaine de fournisseurs étaient référencés et s'engraissaient dans certains pays au détriment des autres, nous n'en gardâmes que 3. En échange, ceux-ci n'avaient plus qu'un interlocuteur, une garantie de volumes achetés, l'assurance d'être dans la totalité de nos magasins, un déploiement rapide de leurs nouveautés, une force de frappe disséminée sur quasiment tout le continent, une porte d'entrée sur nos magasins extra-européens et la certitude que si ils déconnaient, ils seraient immédiatement sanctionnés par un déréférencement partiel, temporaire ou définitif.

La chose ne fut pas facile à mettre en place, chaque pays, que ce soient les collègues ou les fournisseurs, virent d'un assez mauvais œil qu'une entité " supérieure " vienne empiéter sur leurs plate-bandes et leurs parfois curieuses habitudes d'achat ou de vente ( C'est en Pologne et en Italie que nous découvrirons les choses les plus étonnantes, si vous voyez ce que je veux dire... ) mais petit à petit, tout le monde finit par y trouver son compte et les acheteurs nationaux furent bien obligés de se rendre compte que d'acheter groupés valait nettement mieux qu'isolé. Quant à nous, internationaux, n'avions pas d'autre choix que de fourguer à nos collègues nationaux nettement mieux que ce qu'ils avaient avant.

Nous poussâmes même le bouchon suffisamment loin en décidant que chaque année, les nationaux auraient à évaluer la performance et la pertinence des choix opérés par l'international et vice-versa; promotion, primes et salaires dépendaient donc d'une mutuelle satisfaction. Le groupe vit, sur les familles de produits concernés, ses marges nettes augmenter de plus de 10%, les actionnaires furent très satisfaits, les équipes locales virent leur rentabilité multipliée par deux sur certaines lignes, quant à mon salaire, tout compris, il augmenta de 30% en 3 ans. Et d'après ce que je sais, le truc fonctionne encore, a été étendue aux pays du groupe hors Europe et n'est plus remis en cause par qui que ce soit. Cette union européenne servit même de " modèle " à d'autres groupes.

Et pourquoi le truc fonctionne-t-il si bien ? Parce que nous avons fait exactement ce que nous avions promis de faire, pas plus, pas moins et réalisé ce que l'UE, Bruxelles et nos dirigeants politiques n'ont pas su faire: Déterminer un " tronc commun " et s'y tenir, un périmètre d'activité bien précis et des règles strictes pour chaque entité, la mise en place d'un management partagé et une évaluation régulière des résultats... Au bout du bout et histoire de titiller Lebuchard Courroucé, que du bonheur et du pognon pour tous.

Folie passagère 3216.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 7 mars 2016

Fermeture de la route des Balkans... Qu'est-ce à dire ?

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La nouvelle a été diffusée sur tous es écrans et par toutes les radios: La route des Balkans est fermée aux migrants ! 


Il paraît, si j'en crois Le Figaro que l'Europe " vient de frapper un grand coup ". Auraient-ils enfin pris la mesure du problème ? Les vingt-huit pays de l'Union se sont mis d'accord et concluent leur communiqué ainsi: " Le flot des migrants irréguliers le long des Balkans occidentaux arrive à sa fin : cette route est désormais fermée. L’UE soutiendra la Grèce dans ce moment difficile et fera le maximum pour aider à gérer la situation ".

Ah ben voilà une nouvelle qu'elle est bonne ! Nous ne verrons plus de migrants envahir l'Union, tout ceux qui arriveront seront coincés en Grèce. Terminus: Athènes ! De quoi rassurer les populations européennes.

Enfin, vu comme cela, oui, parce qu'à y regarder de plus près, et l'on peut faire confiance et aux migrants et aux passeurs, ce ne sont pas les solutions alternatives qui manquent. Ainsi, si la Hongrie a à peu près fermé hermétiquement sa frontière sud, rien n'empêche les gars de passer de la Serbie à la Croatie pour l'instant. Quid de la Bulgarie sur sa frontière Ouest ? Quid de la Roumanie sur sa frontière Sud-Ouest ? Quid d'une route qui pourrait être ouverte via l'Ukraine ou la Moldavie ? Ne peut-on pas craindre un changement de route qui ferait basculer l'axe Turquie-Grèce en une nouvelle route Libye-France-Italie-Espagne ?

La question est donc de savoir si en fermant la route des Balkans les vingt-huit ne sont tout simplement pas entrain de déplacer le problème. Sauf à considérer qu'un véritable blocus maritime et terrestre serait mis en place, blocus qui fermerait totalement et hermétiquement l'accès de l'Europe aux migrants, blocus qui coûterait des milliards et qui imposerait de fait un contrôle rigoureux de toute la navigation sur la Méditerranée. Autrement dit, c'est pas gagné !

Les effets d'annonce, on a l'habitude. Il va donc falloir que les Vingt-huit montrent de manière pratico-pratique et rapide comment ils envisagent d'assurer la réelle fermeture de la route des Balkans et ce qu'ils ont prévu pour éviter un changement ou la mise au point d'une nouvelle route.

Effet d'annonce... comme cette quasi  absence de réactions de ces mêmes vingt-huit après la reprise en main musclée par le régime d'Ankara du journal Zaman. Ainsi pour juguler autant que faire se peut le flot migratoire, nos dirigeants sont prêts à s’asseoir sur tous leurs beaux principes de liberté de la presse et d'expression en laissant la Turquie d'Erdogan commettre, en son pays ou ailleurs, toutes les exactions possibles: répression des opposants,emprisonnements arbitraires, main-mise sur les médias, bombardement de nos alliés kurdes dans notre lutte contre Daech, ... A s'asseoir sur les beaux principes, mais mieux encore à payer pour puisque la Turquie devrait toucher plus de 3 milliards d'euros de Bruxelles pour les aider à gérer (et retenir) les 2,5 millions de migrants qu'elle abrite. Jusqu’à quel degré de compromission nos dirigeants sont-ils prêts à aller pour satisfaire aux exigences d'Ankara ?

Fermeture de routes et de frontières, contrôle maritime, négociations avec la Turquie, le chantier est énorme pour stopper cette invasion migratoire, invasion qui ne se tarira complètement que lorsque la Syrie et l'Irak auront été pacifiés et Daech définitivement éliminé. Autant dire que ce n'est pas demain la veille que nous ne verrons plus de migrants débarquer.

Folie passagère 3084.
MIGRANTS : La vague vers l’Autriche se poursuit
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

jeudi 3 mars 2016

La survie de l'Union Européenne, voyez-vous, ça n'a pas de prix !


Depuis ce matin, les journaleux nous gargarisent avec la déclaration fracassante de Macron. Celui-ci a dit à un journal anglais qu'en cas de Brexit, la France cesserait de retenir les migrants à Calais. En fait, il n'a pas exactement dit cela mais c'est ce qui nous est donné. Et curieusement personne n'a relevé la stupidité du propos. Ca veut dire quoi " cesserait de retenir les migrants à Calais "? Que la France les laisserait tranquilou s'engouffrer dans le tunnel ? Les laisseraient, sans contrôle,  embarquer dans les navettes, les camions et les ferries ? Que la France les laisserait grimper sur de frêles esquifs ou quelques bateaux " affrétés " par des passeurs sans scrupules ? Bien évidemment, non. Brexit or not Brexit, la France continuera à se gaufrer tous les migrants qui arriveront sur Calais et sa région et devra en assumer la charge. Point. Donc sa déclaration, c'est juste du pipeau, tout juste destiné à faire monter la pression pour obtenir de l'Angleterre un max de pognon pour participer à l'effort de guerre gestion de cette vague migratoire. Ni plus, ni moins.

Faut dire qu'à la longue, le truc doit nous coûter un bras. Entre les aides diverses et variées accordées aux migrants, leurs transports dans des centres d'accueil disséminés sur tout le territoire sans que les communes " accueillantes " ne soient toutes d'accord ou même prévenues, les opérations de police, les conteneurs aménagés, la note doit être sacrément salée. Mais on s'en fout, c'est l'Etat qui paie.

En attendant, cette invasion migratoire - parce que c'en est bien une - ne cesse de se poursuivre. Imaginez un peu, en janvier 2016, 131 724 migrants ont traversé la méditerranée soit autant que sur tout le premier semestre 2015 ! Dont 41% de Syriens et 27% d'Afghans et 17 % d'Irakiens. Que des musulmans, ou presque.  A ce rythme là, on peut tabler que cette année, ils seront 1 580 000 à débarquer ( sans compter les morts et disparus, 410 depuis le début de l'année selon le HCR, 3 735 en 2015 ) en Europe après avoir été, toujours selon le HCR, 1 015 078 en 2015 ( j'adore la précision des chiffres). Soit 2 700 000 " européens " et bouches à nourrir, soigner, éduquer, former, occuper de plus en 2 ans !

Caramba, les chiffres commencent à donner le tournis y compris chez ceux qui en France ou ailleurs entonnaient il y a encore 6 mois: " Pour nous l'accueil, c'est oui " ou " Welcome Refugees ". Et oui, 2 millions de déshérités, y a de quoi paniquer. Et ça panique, faute d'avoir su anticiper et réagir à temps. Un peu partout, des murs se dressent pour tenter de faire barrage à la vague. Tous les pays Schengen, les uns après les autres remettent en place les contrôles aux frontières ou mieux les ferment. On voit la Belgique expulser 619 migrants arrivés de Calais vers... la France, L'Allemagne qui en rejette 6 000 en Autriche. La Suède passe de 10 000 droits d'asile accordés par semaine en 2015 à 700 cette année et refoule ses trop-pleins vers le Danemark qui lui refoule à son tour vers l'Allemagne. Des policiers macédoniens entrent en Grèce pour repousser des migrants. La Grèce appelle au secours et Lampedusa n'en finit plus de déborder. Partout des incidents, plus ou moins graves, éclatent entre migrants et autochtones. C'est un bordel inextricable ! Et oui, ça panique sévère parce que ce qui est entrain de se jouer, parallèlement à cette invasion, c'est ni plus ni ni moins que l'explosion des accords de Schengen; à terme, proche, la fin de la zone de libre échange ! Et au bout du bout, le risque plus grand que jamais d'un éclatement de l'Union Européenne ! Mazette ! 

Un risque si grand que, médusé, j'entendais ce matin Donald Tusk, Président du Conseil Européen, déclarer ( sans doute avec l'accord de Merkel ) à l'adresse de " tous les migrants économiques illégaux potentiels ", " Ne venez pas en Europe. Ne croyez pas les passeurs. Ne risquez pas vos vies et votre argent. Tout cela ne servira à rien. " Le même qui dans l'après-midi disait: " Je crains qu'il ne faille des mesures renforcées si on veut vraiment mettre en oeuvre Schengen. Je suis désolé, mais c'est la réalité ". Reconnaissant de facto que Schengen n'était plus " en oeuvre ".

Qui l'eut cru, il y a encore 3 mois ? Faut-il que la crise soit sérieuse - et sans doute est-elle minimisée dans les médias - pour qu'on en soit arrivé là.

Alors vous voulez que je vous dise, ils vont tout faire nos " Bruxellois " ( la gamelle y est bonne ) et autres dirigeants européens pour éviter que Schengen explose. Ils vont renier tous leurs beaux discours progressistes, humanistes et de bienvenue. Ils vont dépenser des dizaines de milliards pour dresser une véritable frontière européenne avec tout plein de barbelés et de miradors, pour aider la Grèce et l'Italie, pour subventionner la Turquie afin qu'elle retienne ses réfugiés, pour aider la Jordanie et l'Irak. Bachar el Assad, officieusement, ne sera plus la bête à abattre. Les sanctions contre la Russie seront levées. On ira officiellement faire le coup de feu en Libye... Il va de soi que tout le pognon (le votre) qui va partir dans cet effort de guerre n'ira pas au redressement économique des divers pays européens. Bref, ça va swinguer dur, très dur et peut-être même qu'on ne nous dira pas tout. Il en va de la survie de l'Union Européenne et ça, voyez-vous, ça n'a pas de prix ! Du moins dans l'esprit de tous les actuels dirigeants européens. Parce que si on demande au bon peuple...

Je peux me tromper mais je ne crois pas.

Ceci dit, il me semble qu'il y en a quelques uns, en dehors de la zone Schengen, de l'autre côté de l'Atlantique, qui verraient peut-être d'un bon œil l'explosion de l'UE: Mettre le bronx et diviser pour mieux régner, les ricains ont toujours été assez forts à ce jeu-là...

J'ai souvenir qu'il y a bientôt 4 ans, un gars proclamait dans tous ses discours qu'il fallait, dès 2012, reconstruire Schengen, il parlait même d'un Schengen II, un truc plus réduit comprenant 7 ou 8 pays solides parce qu'il semblait avoir bien vu le péril qui menaçait et auquel nous sommes maintenant confrontés. A l'époque, toute la gauche française et le FN lui sont tombé dessus...

Folie passagère 3079.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 30 juin 2015

Référendum grec, le retour de la démocratie en Europe


Ci-dessous et même si je ne suis pas d'accord avec tout ce qui y est écrit, à lire, la tribune de Jacques Sapir publiée par le Figaro décrivant pourquoi la décision de Tsipras marque le retour de la démocratie dans l'espace européen. Que ceux qui le souhaitent et peuvent prennent le temps, auparavant, de lire l'article de Jean Quatremer  en lien ici : " Aux racines de la crise grecque ". L'engouement tout naturel que suscite la décision de Tsipras d'organiser un référendum ne doit pas occulter les responsabilités du peuple grec dans son ensemble pour cette crise dont on ne voit pas la fin...

" Un spectre hante l'Europe:

Alexis Tsipras, dans un geste que l'on peut qualifier de «gaullien», a décidé de convoquer un référendum le 5 juillet, demandant au peuple souverain de trancher dans le différent qui l'oppose aux créanciers de la Grèce. Il a pris cette décision devant ce qu'il faut bien appeler les menaces, les pressions, et les ultimatums auxquels il avait été confronté durant les derniers jours de la négociation avec la «Troïka», soit la BCE, la Commission Européenne et le FMI. Ce faisant, il a délibérément renvoyé au domaine politique une négociation que les partenaires de la «Troïka» voulaient maintenir dans le domaine technique et comptable. Ce geste a provoqué une réaction de l'Eurogroupe d'une extrême gravité. On le mesure au communiqué publié le samedi qui, dans une note de bas de page, confirme l'expulsion de fait de la Grèce hors de l'Eurogroupe. Nous sommes ici en présence d'un véritable abus de pouvoir qui a été commis ce 27 juin dans l'après-midi. Ce qui se joue désormais n'est plus seulement la question du devenir économique de la Grèce. C'est la question de l'Union européenne, et de la tyrannie de la Commission et du Conseil, qui est ouvertement posée.

La déclaration d'Alexis Tsipras:

Le texte de la déclaration faite par Alexis Tsipras dans la nuit du 26 au 27 juin sur la télévision d'Etat grecque est un exemple de probité démocratique. Devant le comportement de ses interlocuteurs, et en particulier ce qu'il appelle un ultimatum, le Premier ministre grec en appelle à la souveraineté du peuple. Le texte, de ce point de vue, est extrêmement clair:

«Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l'UE et sape la relance de la société et de l'économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l'humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l'obsession du FMI pour une politique d'extrême austérité. (…) Notre responsabilité dans l'affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l'ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J'ai proposé au conseil des ministres l'organisation d'un référendum, et cette proposition a été adoptée à l'unanimité» .

Ce texte court, empli de gravité et de détermination, entrera vraisemblablement dans l'Histoire comme l'une des déclarations qui font honneur à la démocratie. Ce texte dit aussi la colère, froide et déterminée, qui imprègne son auteur. Et c'est peut-être là l'échec principal de l'Eurogroupe et des institutions européennes: avoir transformé un partisan de l'Europe en un adversaire résolu des institutions européennes.

Les enseignements de la déclaration d'Alexis Tsipras:

Il convient de lire attentivement ce texte, qui n'est pas que de circonstances. En effet, on peut retirer de cette courte déclaration trois points importants.

Le premier est que le désaccord entre le gouvernement grec et ses partenaires a été d'emblée politique. La BCE et la Commission Européenne n'ont eu de cesse que de rechercher une capitulation du gouvernement grec, ce que Tsipras appelle «l'humiliation de tout un peuple». Ce que cherche l'Union européenne, par le biais de l'Eurogroupe, c'est de cautériser le précédent ouvert par l'élection de janvier 2015 en Grèce. Il s'agit de faire la démonstration non seulement en Grèce, mais ce qui est en fait bien plus important en Espagne, en Italie et en France, qu'on ne peut «sortir du cadre de l'austérité» tel qu'il a été organisé par les traités comme l'avait affirmé dès l'élection du 25 janvier Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne.

Le deuxième point important de cette déclaration est que, pour la première fois un dirigeant légalement élu et en fonction déclare que les institutions européennes font des propositions qui, dans leur fond comme dans leur forme «violent absolument les acquis européens». C'est une accusation très grave. Elle revient à dire que les institutions européennes qui sont censées être des garants de la démocratie agissent au contraire de celle-ci. Elle revient aussi à dire que ces mêmes institutions, dont la légitimité n'existe que par délégation de la légitimité des Etats membres ont des comportements qui violent la légitimité et la souveraineté de l'un des dits Etats membres. Cela revient donc à dire que les institutions de l'UE se sont constituées en Tyrannus ab exercitio soit en un pouvoir qui, tout en étant issu de procédures légitimes, se conduit néanmoins en Tyran. Cela revient à contester radicalement toute légitimité aux instances de l'Union européenne.

Le troisième point se déduit des deux premiers. Il est contenu dans la partie du texte qui dit: «Notre responsabilité dans l'affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l'ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec». Il place désormais les enjeux non plus au niveau de la dette mais à celui des principes, de la démocratie comme de la souveraineté nationale. Et c'est en cela que l'on peut parler d'un véritable «moment gaullien» chez Alexis Tsipras. Il a osé poser la question de l'austérité et du référendum, et a reçu un soutien unanime, y compris des membres de l'ANEL, le petit parti souverainiste allié à SYRIZA. Il s'est ainsi réellement hissé à la stature d'un dirigeant historique de son pays.

Le coup de force de l'Eurogroupe:

La réaction de l'Eurogroupe ne s'est pas faite attendre. Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, après avoir qualifié de nouvelle «triste» (sad) ce référendum , a demandé au Ministre grec, M. Yanis Varoufakis, de quitter la salle de réunion. Ce faisant, il a confirmé les options et les méthodes antidémocratiques qui ont cours aujourd'hui au sein de l'Union européenne. Au-delà des mots, il y a les faits, et ces derniers sont d'une extrême gravité. Dans un acte qui conjugue l'illégalité la plus criante avec la volonté d'imposer ses vues à un Etat souverain, l'Eurogroupe a décidé de tenir une réunion en l'absence d'un représentant de l'Etat grec. De fait, l'Eurogroupe a donc décidé d'exclure la Grèce de l'Euro. Ceci constitue à l'évidence un abus de pouvoir. Et il faut ici rappeler plusieurs points qui ne sont pas sans conséquences tant juridiquement que politiquement.

1. Aucune procédure permettant d'exclure un pays de l'Union Economique et Monétaire (non réel de la «zone Euro») n'existe actuellement. S'il peut y avoir une séparation, elle ne peut avoir lieu que d'un commun accord et à l'amiable.

2. L'Eurogroupe n'a pas d'existence légale. Ce n'est qu'un «club» qui opère sous couvert de la Commission Européenne et du Conseil européen. Cela signifie que si l'Eurogroupe a commis un acte illégal - et il semble bien qu'il en soit ainsi - la responsabilité en incombe à ces deux institutions. Le gouvernement grec serait donc fondé d'attaquer la Commission et le Conseil à la fois devant la Cour Européenne de Justice mais aussi devant la Cour Internationale siégeant à La Haye. En effet, l'Union européenne est à la base une organisation internationale. On le constate par exemple dans le statut, et les exemptions fiscales, des fonctionnaires européens. Or, la règle dans toute organisation internationale est celle de l'unanimité. Le traité de Lisbonne a bien prévu des mécanismes de majorité qualifiée, mais ces mécanismes ne s'appliquent pas à l'Euro ni aux questions des relations fondamentales entre les Etats.

3. Le coup de force, car il faut l'appeler par son nom, que vient de faire l'Eurogroupe ne concerne pas seulement la Grèce. D'autres pays membres de l'Union européenne, et l'on pense au Royaume-Uni ou à l'Autriche, pourraient eux-aussi attaquer devant la justice tant européenne qu'internationale la décision de fait prise par l'Eurogroupe. En effet, l'Union européenne repose sur des règles de droit qui s'appliquent à tous. Toute décision de violer ces règles contre un pays particulier constitue une menace pour l'ensemble des membres de l'Union européenne.

4.Il faut donc ici être clair. La décision prise par l'Eurogroupe pourrait bien signifier, à terme, la mort de l'Union européenne. Soit les dirigeants européens, mesurant l'abus de pouvoir qui vient d'être commis, se décident à l'annuler soit, s'ils persévèrent dans cette direction ils doivent s'attendre à une insurrection des peuples mais aussi des gouvernants de certains Etats contre l'Union européenne. On voit ainsi mal comment des Etats qui ont juste recouvré leur souveraineté, comme la Hongrie, la République Tchèque ou la Slovaquie, vont accepter de telles pratiques.

Ceci révèle au grand jour la nature fondamentalement antidémocratique des institutions de l'UE et le fait que cette dernière soit en train de se constituer en Tyrannie. Le silence des principaux responsables tant du PS que de l'ex-UMP (rebaptisée «Les Républicains») en dit long sur l'embarras d'une partie de la classe politique française. On le comprend, sans l'excuser.

Le spectre de la démocratie dans les couloirs de Bruxelles:

En France donc, on ressent très distinctement le malaise que provoque l'initiative d'Alexis Tsipras. Que ce soit au Parti Socialistes ou chez les «Républicains», on ne peut ouvertement s'opposer à une telle décision sans contredire immédiatement et brutalement tous les discours qui ont été tenu sur la démocratie. Mais, en réalité, le référendum grec fait planer le spectre d'un autre référendum, celui de 2005 sur le projet de traité constitutionnel en Europe. La manière dont la classe politique française, dans sa large majorité, de Nicolas Sarkozy à François Hollande en passant par les Aubry, Bayrou, Juppé et autres Fillon, avait été désavouée par la victoire du «Non», mais avait fait passer en contrebande à peu de choses près le même texte lors du Traité de Lisbonne qui fut ratifié par le Congrès à Versailles, est l'un des épisodes les plus honteux et les plus infamants de la vie politique française.

On ne peut, et on ne doit, préjuger du résultat de ce référendum. Mais on doit souligner qu'il représente le retour de la démocratie dans un espace européen dont elle était absente. Il est probable que les partis d'opposition, que ce soit Nouvelle Démocratie ainsi que le Parti de centre-gauche La Rivière (To Potami) protestent et cherchent à empêcher par divers recours légaux ce référendum d'avoir lieu. Ces réactions sont exemplaires des comportements antidémocratiques qui s'épanouissent aujourd'hui en Europe. Ils apportent de l'eau au moulin d'Alexis Tsipras. On sent comment les acteurs européistes de ce drame sont aujourd'hui terrorisés par le spectre de la démocratie.

Alexis Tsipras ne doit ainsi pas s'attendre à un quelconque soutien de la part de François Hollande, n'en déplaise à Mélenchon. Notre Président est renvoyé sans ménagement à sa propre médiocrité. Il ne doit pas s'attendre au moindre merci d'Angela Merkel dont la politique est la véritable cause de cette crise. Mais il peut s'attendre au soutien de tous ceux qui, en Europe, se battent pour la démocratie et la souveraineté."


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 20 avril 2015

Migrants. Le chiffre magique : 700 !


Voilà, cela fait des mois, le mouvement a pris de l'ampleur depuis un peu plus de deux ou trois ans, que des migrants se noient en Méditerranée. Un coup, c'est une dizaine, une autre fois, c'est une quarantaine, parfois une centaine et à chaque fois, bien sûr, quelques voix pour s'en émouvoir et puis c'est tout, on oublie et en croisant les doigts on espère que le prochain coup, il n'y en ait pas beaucoup, et si possible, plus du tout. Il y a quelques jours, une dizaine, je ne sais plus, ils furent 400 à se noyer. On en a parlé, on s'est ému et encore une fois, nous nous sommes tus.

Et puis là, ce weekend, on nous dit que c'est 700 ! 700 migrants, sur un cargo d'infortune, parait-il pris de panique à la vue d'un navire s'approchant, ont fait chavirer leur embarcation. Selon quelques témoignages, ce sont 700 migrants qui auraient ainsi péris. Il parait même que certains étaient enfermés dans la soute. Aucune chance d'en réchapper. Des femmes, des jeunes, des enfants, des hommes ont péri. Noyés. 700. Peut-être plus. Mais 700, voilà qui doit parler aux oreilles de nos dirigeants qui tous, sans exception, à travers toute l'Europe, s'en émeuvent et y vont de leur " Cela doit cesser ", " C'est monstrueux ", " On doit faire quelque chose ", " C'est la faute à l'Europe ", " Ceux qui se sont livrés à pareil trafic sont des terroristes, des esclavagistes ", " C'est une honte ", blablabla... 700, voilà qui fait réagir, comme s'il y avait de la magie dans ce chiffre puisque 400 ne semblait pas suffisant.

Alors, on - personne d'ailleurs ne sait très bien qui est ce " on " - convoque d'urgence, à Bruxelles, une réunion, pour cet après-midi, une réunion extraordinaire des ministres des affaires étrangères et de l'Intérieur de l'Union; même Jean-Philippe " Harlem " Désir en est. On parle d'une réunion tout aussi extraordinaire, car non prévue, de tous les chefs d'Etats pour cette fin de semaine. Il va falloir prendre des décisions. Plus jamais ça ! Il en aura fallu 700.

Mais quelles décisions ? On ferme les frontières de Schengen ? On renvoie les bateaux qui traînent là d'où ils partirent (parce que l'on sait d'où ils viennent) ? On met sur pied une marine européenne ( avec quels sous ? ) pour remplacer Triton qui avait remplacé Mare Nostrum ? On dégomme les potentats locaux qui s'engraissent au lieu de mettre leurs pays dans la voie du développement ? On envahit la Libye ? On décide de ne plus accorder l'asile aux migrants ? On prend solennellement la décision de ne plus payer la sécu, les soins, le gîte et le couvert aux migrants et on le fait savoir au monde entier, histoire de les décourager ? On balance par avion sur les lieux d'embarquement de clandestins et dans les pays concernés des milliers de photos des cadavres repêchés, histoire de leur montrer à quoi ils s'engagent en montant dans ces bateaux maudits ?

J'ai vu et entendu ce samedi, en live, un député européen très très en colère quand il s'est mis à nous parler de ce problème. Il avait honte d'être Français, il avait honte d'être européen qu'il nous a dit. Lorsque je lui ai demandé ce qu'il avait fait lui, depuis deux ans, là où il siège, pour régler ce problème, un brin piteux, il nous répondit, je le cite de mémoire: J'en parle tous les jours à Bruxelles, j'alerte mais il ne se passe rien ! Rien ! Et pourtant, les solutions existent, " on " les connaît " mais personne ne bouge.

La solution, " on " la connaît tous. Et depuis longtemps. Elle passe par la stabilisation politique et le développement des pays d'origine de ces migrants. Sauf que ces pays s'appellent l'Irak, la Syrie, la Libye, l’Érythrée, le Niger, la Somalie, le Maroc et quelques autres. Des pays qui sont tous soit aux mains de musulmans extrémistes, soit aux mains de musulmans modérés, soit de dictateurs, soit dans le plus grand chaos. Pas sûr que tous ces gens-là soient sensibles à l'argument du droit d’ingérence. Autrement dit, il faudra du temps, beaucoup de temps et encore beaucoup plus d'argent et une volonté inflexible pour aller mettre de l'ordre là dedans. En a-t-on la volonté ? Pas si sûr...

Et en admettant que la volonté y soit et que des moyens nécessairement colossaux soient engagés, il faudra des mois et des mois, voire des années pour arriver à pacifier et développer ces pays, si tant est que cela soit possible. Si tant est que ces peuples veulent bien enfin entrer dans l'Histoire...

Alors vous voyez, il y a de fortes chances que le chiffre magique perde sous huit jours ou un mois de son " efficacité " médiatique. Il va falloir s'habituer à ces drames. Nous allons vivre avec.

Une chose est sûre et certaine, l'Union Européenne, ou disons plutôt les peuples qui la composent, n'a pas vocation ni les moyens d'accueillir toute la misère du monde. Ils sont, nous dit-on, 11 000 à avoir débarqué en huit jours... En huit jours seulement. Ils sont officiellement 35 000 à avoir débarqué depuis le début de l'année dans le sud de l'Europe.

Et deux bateaux ayant chacun à leur bord entre 400 et 500 migrants ont été repérés aujourd'hui...

Folie passagère 2745.
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vendredi 12 décembre 2014

La GPA, c'est maintenant ! Et tant pis si on nous a pris pour des cons.


Les socialistes nous prennent pour des cons. Absolument tous les socialistes nous prennent pour des cons. Tous ceux qui, de Président à Taubira en passant par Valls , Jean-Luc Roméro, Caroline Mécary, Cambadélis et consorts, nous ont affirmé les yeux dans les yeux que la GPA resterait strictement interdite en France nous prenaient et nous prennent encore pour des cons. Tous les politiciens, de droite comme de gauche, qui connaissent sur le bout des doigts les arcanes de Bruxelles et le fonctionnement des règles européennes, nous prenaient pour des cons en affirmant que la GPA c'est et ce serait niet ! Quand le 3 octobre dernier, Manuel Valls déclarait au journal La Croix: "La GPA est une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes, elle est et sera interdite en France. Son interdiction n'est pas remise en cause.", il nous prenait pour des cons. 

Nous savions qu'ils nous prenaient pour des cons mais nous ne pouvions rien faire.


Aujourd'hui, le Conseil d'Etat a validé la circulaire Taubira de janvier 2013, circulaire demandant aux procureurs et aux greffiers de délivrer des certificats de nationalité française aux enfants nés d’une GPA à l’étranger. Un recours avait été déposé contre cette circulaire à la Cour Européenne des droits de l'homme mais cette dernière avait débouté les demandeurs condamnant la France à appliquer la circulaire Taubira. L'Etat français pouvait faire appel de cette condamnation, de mémoire jusqu'en septembre dernier, mais "étonnamment" ne l'a pas fait. La circulaire Taubira n'était qu'une première étape et la greluche guyanaise - qui vient de déclarer qu'elle se réjouissait de cette décision -  le savait bien, Manuel Valls et Président, aussi.

Ainsi maintenant, tout couple homosexuel (qui en a les moyens) pourra aller à l'étranger pour obtenir ce qui est officiellement illégal en France, à savoir acheter - c'est bien de cela qu'il s'agit - un enfant "conçu" par GPA et obtenir pour l'enfant, dès son retour, la nationalité française, un passeport et une carte d'identité. Alors certes et pour être précis, la circulaire Taubira et la décision du CE n'incluent pas l'inscription de l'enfant sur un livret de famille ou sur le registre de l'état civil ni l'ouverture de droits successoraux, il suffit juste de patienter quelques mois, un an, peut-être deux, et la chose  se fera naturellement. Le seul verrou pouvant éventuellement retenir des parents d'aller acheter un enfant à l'étranger était le caractère illégal de la GPA. Dès lors que l'Etat français reconnait l'enfant en lui donnant sans condition la nationalité française, il a fait sauter ce verrou. Dès demain matin, le seul et dernier obstacle pour recourir à la GPA sera la capacité financière des "parents" puisque et d'une, aucune sanction n'a jamais été prise contre les contrevenants (n'est-ce pas Marco) et de deux, l'acquisition de la nationalité vaudra reconnaissance.

Jusque lors, les enfants nés par GPA à l'étranger bénéficiaient d'un passeport étranger, du pays de naissance, sur lequel figurait le nom des parents d'intention (sic).

La seule chose qui demeure interdite et pénalement condamnable est le fait de recourir à la GPA sur le sol français.

Voilà où nous en sommes. Je le savais, nous étions nombreux à le savoir et quelque part nous nous bercions d'illusions en espérant que la GPA ne passerait pas. La voici depuis aujourd'hui installée en France. Il ne reste plus qu'à attendre, impuissants, qu'elle soit légalisée. Et elle le sera. Un jour prochain. Et tant pis si la GPA est une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes.

Quant à ceux, comme par exemple le président de l'Association française des familles homoparentales que je viens d'entendre sur BFM, qui continueront de vous dire que la GPA restera interdite en France ou que l'avis du Conseil d'Etat n'est en rien un premier pas vers la légalisation de la GPA, sachez-le, des fois que vous n'en ayez pas conscience, ils continuent de vous prendre pour des cons.

Combien de temps supporterons-nous encore d'être pris à ce point pour des cons?

Folie passagère 2568.
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vendredi 13 juin 2014

Drogues, Sexe et... PIB


Il m'arrive parfois de lire un truc dans un journal et que l'information me paraisse tellement saugrenue ou surréaliste (à priori) que je n'y prenne pas plus attention que cela. Et puis, allant lire un collègue - en l’occurrence l'Iconoclaste - le truc refait surface et m'interpelle pour de bon; ne restait plus qu'à en faire un billet sur ce blog. Et le pire, c'est que vous découvrez que tout cela n'a rien de nouveau, fallait juste un peu plus de temps pour que cela déboule chez nous. 

Sur ordre de Bruxelles !

Et c'est ainsi que, en me renseignant, je découvre que la Commission Européenne a décidé il y a quelques mois d'imposer à tous les pays de l'UE d'intégrer dans le calcul de leur PIB, les chiffres d'affaires de certaines activités dites - pour combien de temps encore - illégales  ou pas très "catholiques" comme les trafics de drogues douces ou dures et la prostitution. Parfaitement, vous avez bien lu: intégrer dans le PIB l'argent que génèrent la production, le trafic et la consommation de drogues ainsi que le "sex-business" !

Il faut dire que certains pays le faisaient déjà. Les Pays-bas où tout cela est légal depuis longtemps, coffee-shops et putes déclarent au fisc leurs revenus ce qui a permis au gouvernement batave de gonfler son PIB de 2,6 milliards en 2010 (0,4%). En Grèce, pendant un temps, ils le firent aussi mais pour de mauvaises raisons: masquer à tout prix la déliquescence de leur économie. La Belgique, l'Italie et le Royaume-Uni viennent d'annoncer que dès 2014, ils intégreraient ces activités dans le calcul de leurs PIB. Au bas mot 12 milliards d'euros rien que pour le Royaume Uni. L'Espagne estime que grâce à cela son PIB augmentera de 2,7 à 4,5%. La France rechigne, refuse mais s'expose à de très fortes amendes si elle persistait dans son refus et ne s'était pas mis en conformité avec cette règle au plus tard le 30 septembre. 

Le comment du pourquoi ? Bruxelles dit que cette décision a été motivée par le désir de mieux saisir la valeur réelle des économies des États membres, et de pouvoir établir des comparaisons plus justes entre eux. Un souci d'équité donc ! Ben voyons, t'as qu'à croire mais pas seulement... Car la quote-part versée par chaque pays au budget de l'UE est calculée selon... son PIB. Z'avez compris ? Plus le PIB est élevé, plus l'UE et Bruxelles encaissent. Et comme la croissance des différents pays de l'Union n'est pas brillante, l'augmentation du PIB par l'adjonction de ces activités permet d'augmenter le budget global ! Astucieux, non ? Pour l'ensemble des pays cela pourrait donc coûter bonbon; pour d'autres, comme la Grèce, d'un côté, ils verseraient plus à l'UE mais la progression ainsi obtenue de leur PIB (2%pour la Grèce) permettrait que l'on ait un autre "regard" sur leur économie qui ainsi serait jugée moins "régressive". 

Tout le problème reste donc de savoir si les pays auront à l'avenir intérêt à lutter contre des pratiques jusque là considérées comme illégales: faire le choix d'un plus de croissance et augmenter au moins comptablement la richesse du pays ou continuer à lutter contre ce que l'on appelle communément des fléaux. 

Mon petit doigt me dit que si tous les pays vont se plier de bonne grâce à cette ordonnance européenne "enrichissante" (elle a été votée et adoptée après tout par la Commission), certains auront à cœur dans les années qui viennent à regarder différemment shit, ganja, beu, chichons, coke, putes et... pourquoi pas les proxénètes.

Il fallait bien l'Europe pour nous faire passer du Drug, Sex and Rock'n Roll cher à nos 70's au Drogues, Sexe et PIB du XXIème siècle !

(vidéo ci-dessous: Final du film The Rose avec Bette Midler inspiré de la vie de Janis Joplin)

Folie passagère 2326.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.