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jeudi 9 octobre 2014

L'Ecotaxe, une histoire à la con bien française...


Où l'on reparle de l'écotaxe...

Etape 1: Nous sommes en 2010, sous présidence Sarkozy. Le projet de loi est quasiment bouclé et nul, que ce soit au gouvernement d'alors ou au parlement, ne peut l'ignorer. Les tenants et les aboutissants et les modalités d'application sont divulgués. Seuls les écolocons s'y opposent, seul un député UMP, Marc Le Fur, déclare non son opposition au projet mais les difficultés quant à son application.

Etape 2: Nous sommes en 2012. Le projet de loi est définitivement bouclé en mai 2012, juste avant l'élection (hasard ou coïncidence). Il est adopté par le parlement à une large majorité, droite et gauche confondues. L'écotaxe doit entrer en vigueur au 1er janvier 2013. De lourdes pénalités, payables par l'Etat donc le contribuable, sont prévues et exigeables par la société Ecomouv' si l'écotaxe n'entre pas en vigueur.

Etape 3: Ayrault arrive, il reprend immédiatement le projet, en renégocie les bases pour simplifier l'application de la taxe et surtout obtenir un tarif fixe et forfaitaire par région. Le truc est enfin bouclé. On le voit, le gouvernement non seulement était parfaitement au courant du dit-contrat, il s'est même permis d'en renégocier les termes et d'en repousser l'application à 2014In fine, la nouvelle loi est votée par le Sénat en Février 2013 et définitivement adoptée, à l'unanimité, par l'Assemblée Nationale en avril 2013. Ayrault signe et fait paraître au JO le décret d'application le 26 juin 2013, co-signé par Moscovici et Cazeneuve. 

Etape 4: Automne 2013, les Bonnets Rouges manifestent, mettent le feu à quelques portiques et le bronx en Bretagne. Le gouvernement recule devant la fronde et annonce le report " à plus tard" de l'écotaxe. Le 31 octobre, sous protection policière, le dernier portique du Finistère, symbole d'une démission généralisée, est démonté "par précaution". 

Etape 5: La Madone du Poitou se remet au service de son ex et de la France en devenant ministre de l'écologie et de plein d'autres trucs. Elle promet de s'attaquer au dossier en "concertation avec tous partenaires". Les pollueurs doivent payer, ce sont donc les routiers qui paieront la taxe, taxe devant entre autres choses servir à financer les infrastructures routières, le territoire couvert par l'écotaxe passe de 15 000 km à 4 500 km. Mais on allait voir ce qu'on allait voir... Le manque à gagner, pas grave, on augmentera pour tous la fiscalité sur le gasoil. 

Etape 6: C'est aujourd'hui. Le gouvernement recule à nouveau devant les menaces de blocages routiers proférées par les organisations syndicales de camionneurs. Ségolène Royal annonce le report sine die de la mise en place de l'écotaxe. Un brin bêcheuse, elle annonce: " Je ne recule pas, je ne cède rien, je suis pragmatique!". L'ecotaxe est enterrée à nouveau. La Royal annonce - on ne rigole pas, merci - "la création d'un groupe de travail pour réfléchir à la question" et "intensifier la recherche de solutions sur la situation économique et sociale globale du secteur". Les écolocons sont furieux mais on s'en fout puisqu'ils ne représentent pas grand chose. Les routiers saluent "l'écoute gouvernementale". 

Etape 6 bis: Toujours aujourd'hui. la Royal looseuse change son fusil d'épaule. Les pollueurs-payeurs d'hier, les routiers, deviennent aujourd'hui les sociétés d'autoroute, elle déclare: "Ma priorité reste le prélèvement du profit des autoroutes. C'est quand même le bon sens et c'est un principe pollueur payeur." préfigurant ainsi le nouveau visage de l'écotaxe: un prélèvement sur les profits réalisés par les sociétés d'autoroute qui en toute logique augmenterons peu à peu leurs tarifs pour compenser ce grignotage de marge. 

Au final, c'est vous et moi qui paierons ce que devaient payer initialement les routiers, le tout avec l'approbation de toute la représentation nationale, celle de sous Sarko et celle de sous Ayrault. Avec en prime la double peine dont on ne nous parle pas encore, ou pas trop, à savoir qu'il faudra bien payer un jour les pénalités astronomiques prévues au contrat Ecomouv'... 

Ecotaxe ou l'exemple d'une histoire à la con bien française... 

Addendum: les 330 salariés d'Ecomouv ne devraient pas tarder à se mettre en grève...

Folie passagère 2489.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 4 novembre 2013

Ecotaxe: Si scandale d'Etat il y a, va falloir mouiller Ayrault jusqu'au cou !


Lorsque ce qui nous sert de premier ministre à décider de suspendre l'application de l'écotaxe, j'ai aussitôt vu venir le truc; gros comme une barre HLM. Après une telle et énième reculade, il faudrait certainement que le gouvernement et ses amis trouvent un échappatoire et un bouc-émissaire. Il n'a pas fallu attendre longtemps: le responsable de tout ce bordel breton, c'est Ecomouv' et Sarkozy !.

Ecomouv', c'est la société à capitaux majoritairement italiens qui est chargé de percevoir pour le compte de l'Etat cette taxe. Elle est aussi chargée de toute la logistique de perception: mise en place des portiques, etc... (voir les détails ici). Un marché juteux tant pour l'Etat que pour Ecomouv' qui  est définitivement bouclé en mai 2012 juste avant la prise de pouvoir de la gauche.

Suspendant l'application de la taxe pour les raisons que l'on sait, des voix s'élèvent donc à gauche pour dénoncer ce contrat qui risque de coûter une fortune à l'Etat (et donc à vous) s'il n'est pas appliqué dès le 1er janvier 2014. Les gauchistes, on le sait bien , n'aiment pas que notre argent soit ainsi gaspillé qui plus est par une société privée dont on sait, toujours quand on est gauchiste, qu'elle va se faire son beurre grâce à un contrat qui " pue l'embrouille " et d'évidents conflits d'intérêts. Vous verrez que bientôt, on nous parlera même de corruption. Enfin, de toute façon, tout ça c'est la faute à la droite, Belkacem, hier sur BFM, a lancé l'offensive: le coupable , c'est l ancienne équipe, Borloo, Pécresse, NKM et donc Sarkozy. ( l'agenda politique des personnes citées tombe pile poil pour qu'il soit tentant de les charger). Les bétassous socialistes habituels demandent donc qu'une enquête parlementaire voire judiciaire soit diligentée...

Et bien, c'est là que moi, je ne suis pas d'accord !

Certes la loi a été créée sous Sarkozy, oui, le contrat en question a été passé par l'Etat sous Sarkozy, mais,... mais faudrait pas non plus nous prendre pour des quiches et passer sous silence certains faits.

Le premier, c'est que de cette écotaxe, tout le monde en voulait et que personne que ce soit à l'UMP ou au PS ne s'y est opposé, y compris fin 2010 lorsque les modalités d'applications de celle-ci seront arrêtées (et donc connues de tous) Seuls les écolocons l'avaient rejeté la jugeant pas assez contraignante. Seul le député UMP Marc Le Fur avait en 2010 estimé que cette taxe serait bien compliquée à appliquer. A part cela, c'est amen !

Le deuxième, c'est que lorsque Ayrault arrive, il reprend immédiatement le projet, en renégocie les bases pour simplifier l'application de la taxe et surtout obtenir un tarif fixe et forfaitaire par région. Le truc est enfin bouclé. On le voit, le gouvernement non seulement était parfaitement au courant du dit-contrat, il s'est même permis d'en renégocier les termes et d'en repousser l'application à 2014. In fine, la nouvelle loi est votée par le Sénat en Février 2013 et définitivement adoptée, à l'unanimité, par l'Assemblée Nationale en avril dernier.

On le voit,  Ayrault et son équipe ont non seulement repris le projet de loi dès leur arrivée, l'ont modifié et fait adopter a l'unanimité par la représentation nationale.

Alors, accuser aujourd'hui la droite et l'ancienne équipe de malversations, de conflits d’intérêts, de magouilles et d'y voir un scandale d'Etat, c'est un peu fort de café, une belle tentative de diversion mais plus encore d'une malhonnêteté intellectuelle flagrante.

Et si scandale d'Etat, il devait y avoir, les faits prouvent que Ayrault et son équipe y sont aussi, forcément pour quelque chose. Ne serait-ce que pour ne pas l'avoir dénoncé plus tôt.

Folie passagère 1978
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 31 octobre 2013

Portique Eco-taxe de Pont-de-Buis démonté: Tout un symbole



Jeudi 31 octobre, le dernier portique écotaxe encore debout dans le Finistère a été démonté avec précaution au nom du principe du même nom, nous dit-on: Ce fut un lieu d'affrontement la semaine dernière, son maintien serait en quelques sorte une provocation à deux jours de la prochaine manifestation. Et puis comme le dit le préfet du coin, Jean-Luc Viledaine: "Ce portique n'aura pas d'utilité pendant un temps indéterminé, il est de bon ton de le mettre à l'abri des déprédations"; déprédations dues au temps qui passe, déprédations occasionnées éventuellement par les bonnets rouges...

Tout un symbole, cette photo. Ou plutôt des tas de symboles... Celui d'un Etat qui baisse les bras devant un millier de manifestants. Le symbole d'une violence devenue moyen d'expression et de revendications. Celui d'un gouvernement qui s'assoit sur une manne attendue (provisionnée?) d'1 milliard d'euros pour préserver son électorat local. Celui d'un pouvoir qui cède devant la pression de la rue. Celui d'un préfet de la République qui de facto reconnait son impuissance à protéger un simple portique. Le symbole d'une taxe enterrée pour longtemps avant que l'Europe ne nous contraigne à la ressusciter. Le symbole d'une gabegie financière, on parle d'un dédommagement de 15 millions d'euros mensuels versés à la société en charge de la perception de cette taxe. Le symbole d'un Etat qui n'a pas su s'imposer. Le silence complice des écologistes-ministres préférant, encore une fois, s’asseoir sur leurs principes plutôt que de démissionner...

Le symbole d'une démission généralisée.

Folie passagère 1971.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.