Où l'on reparle de l'écotaxe...
Etape 1: Nous sommes en 2010, sous présidence Sarkozy. Le projet de loi est quasiment bouclé et nul, que ce soit au gouvernement d'alors ou au parlement, ne peut l'ignorer. Les tenants et les aboutissants et les modalités d'application sont divulgués. Seuls les écolocons s'y opposent, seul un député UMP, Marc Le Fur, déclare non son opposition au projet mais les difficultés quant à son application.
Etape 2: Nous sommes en 2012. Le projet de loi est définitivement bouclé en mai 2012, juste avant l'élection (hasard ou coïncidence). Il est adopté par le parlement à une large majorité, droite et gauche confondues. L'écotaxe doit entrer en vigueur au 1er janvier 2013. De lourdes pénalités, payables par l'Etat donc le contribuable, sont prévues et exigeables par la société Ecomouv' si l'écotaxe n'entre pas en vigueur.
Etape 3: Ayrault arrive, il reprend immédiatement le projet, en renégocie les bases pour simplifier l'application de la taxe et surtout obtenir un tarif fixe et forfaitaire par région. Le truc est enfin bouclé. On le voit, le gouvernement non seulement était parfaitement au courant du dit-contrat, il s'est même permis d'en renégocier les termes et d'en repousser l'application à 2014. In fine, la nouvelle loi est votée par le Sénat en Février 2013 et définitivement adoptée, à l'unanimité, par l'Assemblée Nationale en avril 2013. Ayrault signe et fait paraître au JO le décret d'application le 26 juin 2013, co-signé par Moscovici et Cazeneuve.
Etape 4: Automne 2013, les Bonnets Rouges manifestent, mettent le feu à quelques portiques et le bronx en Bretagne. Le gouvernement recule devant la fronde et annonce le report " à plus tard" de l'écotaxe. Le 31 octobre, sous protection policière, le dernier portique du Finistère, symbole d'une démission généralisée, est démonté "par précaution".
Etape 5: La Madone du Poitou se remet au service de son ex et de la France en devenant ministre de l'écologie et de plein d'autres trucs. Elle promet de s'attaquer au dossier en "concertation avec tous partenaires". Les pollueurs doivent payer, ce sont donc les routiers qui paieront la taxe, taxe devant entre autres choses servir à financer les infrastructures routières, le territoire couvert par l'écotaxe passe de 15 000 km à 4 500 km. Mais on allait voir ce qu'on allait voir... Le manque à gagner, pas grave, on augmentera pour tous la fiscalité sur le gasoil.
Etape 6: C'est aujourd'hui. Le gouvernement recule à nouveau devant les menaces de blocages routiers proférées par les organisations syndicales de camionneurs. Ségolène Royal annonce le report sine die de la mise en place de l'écotaxe. Un brin bêcheuse, elle annonce: " Je ne recule pas, je ne cède rien, je suis pragmatique!". L'ecotaxe est enterrée à nouveau. La Royal annonce - on ne rigole pas, merci - "la création d'un groupe de travail pour réfléchir à la question" et "intensifier la recherche de solutions sur la situation économique et sociale globale du secteur". Les écolocons sont furieux mais on s'en fout puisqu'ils ne représentent pas grand chose. Les routiers saluent "l'écoute gouvernementale".
Etape 6 bis: Toujours aujourd'hui. la Royal looseuse change son fusil d'épaule. Les pollueurs-payeurs d'hier, les routiers, deviennent aujourd'hui les sociétés d'autoroute, elle déclare: "Ma priorité reste le prélèvement du profit des autoroutes. C'est quand même le bon sens et c'est un principe pollueur payeur." préfigurant ainsi le nouveau visage de l'écotaxe: un prélèvement sur les profits réalisés par les sociétés d'autoroute qui en toute logique augmenterons peu à peu leurs tarifs pour compenser ce grignotage de marge.
Au final, c'est vous et moi qui paierons ce que devaient payer initialement les routiers, le tout avec l'approbation de toute la représentation nationale, celle de sous Sarko et celle de sous Ayrault. Avec en prime la double peine dont on ne nous parle pas encore, ou pas trop, à savoir qu'il faudra bien payer un jour les pénalités astronomiques prévues au contrat Ecomouv'...
Ecotaxe ou l'exemple d'une histoire à la con bien française...
Addendum: les 330 salariés d'Ecomouv ne devraient pas tarder à se mettre en grève...
Etape 4: Automne 2013, les Bonnets Rouges manifestent, mettent le feu à quelques portiques et le bronx en Bretagne. Le gouvernement recule devant la fronde et annonce le report " à plus tard" de l'écotaxe. Le 31 octobre, sous protection policière, le dernier portique du Finistère, symbole d'une démission généralisée, est démonté "par précaution".
Etape 5: La Madone du Poitou se remet au service de son ex et de la France en devenant ministre de l'écologie et de plein d'autres trucs. Elle promet de s'attaquer au dossier en "concertation avec tous partenaires". Les pollueurs doivent payer, ce sont donc les routiers qui paieront la taxe, taxe devant entre autres choses servir à financer les infrastructures routières, le territoire couvert par l'écotaxe passe de 15 000 km à 4 500 km. Mais on allait voir ce qu'on allait voir... Le manque à gagner, pas grave, on augmentera pour tous la fiscalité sur le gasoil.
Etape 6: C'est aujourd'hui. Le gouvernement recule à nouveau devant les menaces de blocages routiers proférées par les organisations syndicales de camionneurs. Ségolène Royal annonce le report sine die de la mise en place de l'écotaxe. Un brin bêcheuse, elle annonce: " Je ne recule pas, je ne cède rien, je suis pragmatique!". L'ecotaxe est enterrée à nouveau. La Royal annonce - on ne rigole pas, merci - "la création d'un groupe de travail pour réfléchir à la question" et "intensifier la recherche de solutions sur la situation économique et sociale globale du secteur". Les écolocons sont furieux mais on s'en fout puisqu'ils ne représentent pas grand chose. Les routiers saluent "l'écoute gouvernementale".
Etape 6 bis: Toujours aujourd'hui. la Royal looseuse change son fusil d'épaule. Les pollueurs-payeurs d'hier, les routiers, deviennent aujourd'hui les sociétés d'autoroute, elle déclare: "Ma priorité reste le prélèvement du profit des autoroutes. C'est quand même le bon sens et c'est un principe pollueur payeur." préfigurant ainsi le nouveau visage de l'écotaxe: un prélèvement sur les profits réalisés par les sociétés d'autoroute qui en toute logique augmenterons peu à peu leurs tarifs pour compenser ce grignotage de marge.
Au final, c'est vous et moi qui paierons ce que devaient payer initialement les routiers, le tout avec l'approbation de toute la représentation nationale, celle de sous Sarko et celle de sous Ayrault. Avec en prime la double peine dont on ne nous parle pas encore, ou pas trop, à savoir qu'il faudra bien payer un jour les pénalités astronomiques prévues au contrat Ecomouv'...
Ecotaxe ou l'exemple d'une histoire à la con bien française...
Addendum: les 330 salariés d'Ecomouv ne devraient pas tarder à se mettre en grève...
Folie passagère 2489.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr