Sacré Bruno Le Maire, je l'aime bien, il est rigolo quand il s'offusque. Le voilà ce matin parler de " scandale d'Etat " à propos de la taxe de 3% sur les dividendes, taxe retoquée d'abord par Bruxelles puis par notre conseil constitutionnel.
Il va même plus loin en parlant de " l'amateurisme de ceux qui ont mis en place cette taxe et qui l'ont maintenue malgré les doutes sur sa légalité. J'ai donc demandé à l'Inspection Générale des Finances de faire toute la lumière sur les responsabilités des uns et des autres. "
De quoi s'agit-il donc ? D'une taxe de 3% sur les dividendes versés par toutes les entreprises, françaises ou étrangères, passibles de l'impôt sur les sociétés en France. En étaient exonérées, pour faire simple, les entreprises de moins de 250 salariés et faisant moins de 50 millions d'euros de chiffre d'affaire. Cette taxe rapporta depuis sa création à l'Etat entre 9 et 10 milliards d'euros. Une paille qu'il va falloir rembourser. 10 milliards !
" L'amateurisme de ceux qui l'ont mis en place " qu'il nous dit Le Maire... Mais qui donc l'a mise en place cette taxe ? Le gouvernement Ayrault en 2012 sous l'impulsion de François Hollande. Et qui était le conseiller économique de François Hollande ? Je vous le donne en mille... Emmanuel Macron ! Passons...
Malgré les protestations des entreprises et les doutes émis sur la légalité de cette taxe par plusieurs économistes et constitutionnalistes, Hollande, Emmanuel Macron et Ayrault restèrent sourds à tous les avertissements, le pognon coulait à flot dans les caisses de l'Etat. Et il en fut ainsi de 2012 à 2017, l'Etat ponctionna par le truchement de cette taxe illégale près de 10 milliards d'euros.
" L'amateurisme de ceux qui l'ont mis en place " à quoi l'on devrait ajouter " et de ceux qui ont continué à imposer cette taxe " malgré les mises en garde de la Cour de Justice de l'UE et la décision de retoquage qui pointait dès 2015. Hors, qui était entre temps devenu Ministre de l'Economie et des Finances de notre beau pays ? Emmanuel Macron, qui le restera jusqu'en août 2016 ! Qu'il ne nous fasse pas croire que du haut de sa forteresse de Bercy, Macron n'a rien fait ni vu venir. Que Bruno Le Maire ne nous fasse pas croire que l'Inspection Générale des Finances puisse s'amuser à mettre en cause son ex-patron devenu depuis Président de la République ! Charlot !
Et à propos d'amateurisme, que doit-on penser de ceux qui ont provisionné dans le projet de loi de budget 2018 seulement 5,7 milliards d'euros pour assumer le remboursement quand, dès mi 2017, on savait déjà qu'il y aurait entre 9 et 10 milliards d'euros à rembourser. Mais qui donc est en charge de construire ce budget 2018 ? Macron, Le Maire et Darmanin ! Amateurisme qu'il disait le Bruno... Le voilà devenir réaliste sur ses capacités ?
Donc un scandale d'Etat qui n'éclatera sans doute pas et des responsables qui ne seront jamais ni mis en accusation ni a fortiori déclarés coupables ! On a l'habitude.
Bon, ce n'est pas le tout mais maintenant va falloir rembourser ces 10 milliards, soit selon Le Maire l'équivalent de 150 euros par Français. Et il propose quoi le Bruno pour rembourser ? Et bien il a eu une idée... " il a émis l'idée de mettre en place une contribution exceptionnelles sur... les grosses entreprises ", en gros celles à qui l'Etat doit rembourser les 10 milliards. On se marre ! Et pour quoi donc serait-ce aux " grosses entreprises " de raquer pour de l'argent qu'on leur doit ? Il a réponse à tout le Le Maire: " parce c'est un enjeu national car à défaut de règlement, cette facture pourrait nous empêcher de sortir de la procédure pour déficit excessif (...) Nous discutons avec Bruxelles pour montrer qu'il s'agit d'un événement non récurrent qui ne doit pas rentrer dans la calcul du déficit ". Là, on voudrait se marrer à nouveau, mais désolé, devant tant d'amateurisme et devant un cas flagrant de foutage de gueule, c'est plus possible !
Rassurez-vous, au bout du bout, c'est qui qui paiera ?... Le contribuable et le consommateur. Comme d'habitude.
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