Passionnante soirée électorale qui a vu le FN arriver en tête; et largement, comme pratiquement tous les instituts de sondage et votre serviteur le prévoyait ! Un séisme ! Une horreur ! La fin du monde !... L'exact coup de pied mis au cul de l'UMP et du PS que j'espérais ! Même si il y a des coups de pieds qui font aussi mal à ceux qui les donnent qu'à ceux qui les reçoivent.
J'ai lu un blogueur de gouvernement se dire "effaré". J'ai vu un Mélenchon, piètre comédien nous jouer les pleureuses. J'ai vu un Copé dépité, un Cambadélis déclarer, l'andouille, que c'était un jour sombre pour la démocratie, un Fillon casser du Copé, une Lienneman chouiner, une Guigou ne pas comprendre ce qui lui arrivait, une Duflot soulagée d'avoir évité la catastrophe de justesse pour son parti, une Boutin ravagée, un Harlem Désir plus que jamais à côté de ses pompes, un Dupont Aignan soulagé, etc...
Et puis j ai entendu Valls, pitoyable autant que sinistre dans sa déclaration télévisée, nous dire en substance que l'heure était grave tout en glissant quelques savonnettes sous les pieds de Président.
Oui tout ce joli monde presque tétanisé par les 25% du FN. Qu'espéraient-ils ? Un miracle de dernière minute. Il n'a pas eu lieu.
La campagne, contrairement à tout ce qu'ils disent, a été intense. De multiples émissions et débats télévisés, des articles à foison dans les journaux et magazines, une tribune de Sarkozy curieusement occultée, des meetings en veux-tu en voilà, des tracts, des affiches. Qui voulait connaître les tenants et les aboutissants de cette élection pouvait le faire.
Une évidence, les partis politiques n'ont su ni convaincre ni proposer quoique ce soit de réellement nouveau; le peu qui ont essayé n'ont pas été entendus ou passés sous silence. C'est en cela que cette campagne électorale a été un échec: l'abstention importante mais en légère baisse confirme.
Le grand perdant, nous dit-on est le Parti Socialiste arrivant en troisième position avec à moins de 14% des suffrages (mais qui conservera le même nombre de sièges à Bruxelles). Le PS, parti au pouvoir, ayant propulsé au Château, le plus mauvais d'entre eux, s'est pris une claque magistrale, phénoménale, claque succédant à celle des municipales. Il faudra bien qu'il réagisse. Comment ? Avec qui ? Une certitude: jamais un président de la République n'avait à ce point démonétiser en si peu de temps le parti qui l'avait porté au pouvoir. Le premier responsable de ce naufrage, c'est lui, c'est François Hollande qui depuis deux ans, avec ses pactes et ses chocs, prend les Français pour des cons. Deux ans et 0 résultats, zéro ! Mais à quoi pouvait-on s'attendre d'autre avec un personnage dont les "amis" politiques disaient: " Hollande président, mais on rêve"! Il a déçu les Français dans les grandes largeurs, ridiculisé le pays à moultes reprises, il a déçu son propre électorat, il a tué le Parti Socialiste. Après pareille branlée, un Homme d'Etat, un de Gaulle aurait démissionné. Hollande ne le fera pas et a in fine presque réussi son pari secret: faire du FN son adversaire désigné pour 2017. Il ne faudra pas à ce moment qu'il compte sur moi pour jouer Front Républicain. Jamais le FN n'est aussi fort que lorsque la gauche est au pouvoir; le FN lui en sait gré. Le FN est un poison pour la démocratie nous rabâche-t-on régulièrement et il faudrait soutenir ceux qui l’inoculent au pays ? Non. Que l'actuel PS et ses idéologues crèvent ! En silence. Merci.
Il incombe maintenant à la droite dite républicaine de comprendre ce qui s'est passé, de virer Copé et de rebâtir d'urgence une opposition crédible et efficace à ces socialistes de malheur. Une opposition menée par des hommes d'Etat et non par des egos boursouflés. Peu importe le visage que cette nouvelle droite aura: un parti unique, deux partis... L'important sera de convaincre et de proposer une alternative crédible à ce que fait l'actuel pouvoir: Voilà qui ne devrait pas être difficile. Le FN n'est pas une fatalité, il est aussi le fruit de l'abandon par la droite "républicaine" de certaines valeurs et évidences; à celle-ci de s'en ressaisir. Le FN ne gouvernera jamais - du moins pas avant des années - le pays. La droite républicaine a aujourd'hui toutes les cartes en main pour reconquérir le pouvoir.
Hier, ce n'est pas l'Europe qui a perdu, quoiqu'on en dise les Français y sont majoritairement attachés, c'est le ras le bol qui a gagné. Il était temps ! Non, la France n'est pas moisie, elle a juste besoin d'air frais.
Folie passagère 2302.
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