Je ne suis allé qu'une fois au Venezuela. C'était fin 1991, en décembre. J'avais été très impressionné par ce que j'avais vu partout où je passais.
Lors de mon arrivée à l'aéroport de Caracas, il y avait beaucoup de soldats et partout un écriteau sur lequel était inscrit: " C'est à la discipline du peuple que l'on doit la force de la Nation ", un truc dans le genre. Je me souviens m'être dit: " ça craint ici ". Mais en fait pas du tout. Sorti de l'aéroport, je ne verrai (presque) plus de militaires; partout où j'irai, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, je me sentirai en sécurité.
Par contre, j'ai vu un pays riche, de belles voitures, de beaux restaurants, de beaux hôtels, de belles routes, de belles maisons, de beaux immeubles. Partout. J'ai vu un port dans lequel entraient et sortaient sans discontinuer des pétroliers. En ce temps-là, l'argent coulait à flot. Certes, je n'étais pas dupe et j'imaginais bien que la majeure partie du magot n'était pas égalitairement répartie entre toutes les couches de la population mais je n'ai pas le souvenir d'avoir vu de mendiants, de pauvres en guenilles, ni de bidonvilles et encore moins de gens crever la dalle sur le trottoir. Même dans les coins un peu plus reculés. Sans doute y en avait-il mais je ne les verrai pas.
Lorsque nous étions attablés dans un restaurant, nous avions tous droit à un serveur attitré qui ne nous lâchait pas d'une semelle, prêt à tout instant à répondre à une demande et à assurer un service de qualité. Les salaires étaient peu élevés, l'équivalent me semble-t-il de 200 francs français de l'époque, mais l'ami qui tenait un de ces restos nous disait qu'au moins ils avaient un boulot, un salaire et que c'était le salaire moyen. Bref, en ce temps-là, il y avait du boulot pour toute personne qui en voulait. Ne disait-on pas que le Venezuela était le pays le plus riche et le plus prometteur d'Amérique du Sud. J'avions même songé, un soir de délire peut-être alcoolisé, m'y installer. On pouvait y faire fortune; l'un de nos hôtes, un Français était devenu riche avec une dizaine de restaurants. Son petit plaisir était de faire deviner à ses invités combien il y avait de points lumineux dans sa maison, sa piscine et son jardin: " à cinquante près " disait-il; les coupures d'électricité étaient rares. De quoi me faire rêver, moi qui habitait alors en Guyane, département pourtant français.
Partout où nous allâmes, Caracas, Margarita, Barcelona, Valencia ou Mérida, l'impression était la même: ce pays vivait bien et globalement la population ne semblait pas malheureuse.
Je ne sais plus où cela se passa, peut-être du côté de Mérida, mais alors que nous roulions, nous traversâmes une ville en pleine effervescence. Ça sentait le caoutchouc brûlé. Et c'est ce que nous vîmes sans bien comprendre ce qui se passait: des policiers semblaient en découdre avec des militaires et des pneus avaient été incendiés. Nous l'apprîmes plus tard, c'était les prémisses d'un coup d'Etat. Coup d'Etat qui fut réellement déclenché quelques semaines plus tard en février de l'année suivante. Coup d'Etat organisé, mais avorté, par le pote à Mélenchon, Hugo Chavez.
La suite, on la connait. Chavez fit deux ans de prison mais fut finalement libéré par le président qui succéda à Perez, Rafael Caldera. Chavez fonda son parti " la Cinquième République " et fut élu Président en 1998.
La suite, là encore on la connait. Toute la gauche internationale, mais pas que, dressera des lauriers à Chavez dont on disait qu'il sortait de l'ornière un pays qui pourtant ne l'était pas avant lui. Des programmes immobiliers, des programmes de couverture sociale, un socialisme débridé et un pays... de plus en plus corrompu, plus qu'il ne l'avait été sous Perez ou Caldera. Au fur et à mesure que les délires socialistes de Chavez prenaient de l'ampleur, le balai des pétroliers dans le port se réduisit comme peau de chagrin. Le pays le plus riche d'Amérique du Sud, rebaptisé par Chavez République Bolivarienne du Venezuela, s'enfonçait lentement mais surement dans une crise économique et politique incroyable. Le patronat alerta, la population commença à s'exciter et Chavez ne trouvera rien de mieux que de désigner comme coupable les pétroliers. Des manifestations éclateront un peu partout et seront matées dans la plus grande violence par les forces armées restées loyales à Chavez pourtant incarcéré quelques heures. Il gagnera néanmoins la partie et sera élu une nouvelle fois... avec plus de 300 morts au compteur de ces manifestations.
Un deuxième mandat qui permettra à sa fille de devenir la personne la plus riche d'un pays qui peu à peu sombrait dans le socialisme " bolivarien " cher au cœur de notre France Insoumise.
La suite, une nouvelle fois, on la connaît. Chavez crèvera et sera honoré par toute l'Internationale Socialiste, dont l'Iran, dont le gouvernement Français. Hollande enverra un ministre saluer la mémoire de Chavez et Mélenchon s'avouera inconsolable. Chavez sera remplacé par tout aussi pire: Nicolas Maduro. Ce dernier sera élu en avril 2014 et on assistera dès lors à la déliquescence et l’effondrement du pays dans une crise économique infernale. Les pétroliers ne sortiront plus du port.
D'une proximité à peine croyable avec le programme de Mélenchon, Maduro proposera dernièrement de jeter à la poubelle et la constitution et l'Assemblée Nationale d'opposition élue en 2015 pour faire élire, avec une participation d'à peine 41%, une nouvelle assemblée constituante, composée uniquement de membres acquis au gouvernement, chargée d'écrire une nouvelle constitution sensée poser les bases d'une nouvelle République. Une sixième ?
A ce jour, en moins de deux mois de contestation populaire, la police de Maduro a tué près de deux cent manifestants. Par balles ou à coups de matraque et de grenades. L'ONU se contentant de " condamner l'usage excessif de la force publique ".
L'inflation avoisine les 300 % selon les autorités locales et 700% selon le FMI. La mortalité infantile, une des plus faible du continent en 2010, augmente de 30% entre 2015 et 2016.
Aujourd'hui et après 25 ans de révolution bolivarienne, il ne reste plus rien du Venezuela que j'ai connu.
Alors quand je lis et entends cette pouffiasse boboïde de Clémentine Autain déclarer: " Le scénario qu'on nous propose c'est un méchant dictateur contre de gentils opposants, ce n'est pas tout à fait ça. Je ne défends pas Maduro, je vois sa fuite en avant. Mais le leadership de l'opposition est de droite extrême, et fait aussi usage de la force, auteur de crimes ", quand je constate le silence aussi assourdissant que complice de Mélenchon sur ce qui se passe actuellement là-bas, quand je vois comment se comporte cette pseudo France Insoumise, je n'ai qu'une chose à leur dire: Allez vous faire foutre !
Folie passagère 3407
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr







