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mercredi 9 mars 2016

Vendre son âme à la Turquie, c'est pas gagné, mais c'est possible !


On vous a dit qu'un accord était en passe d'être trouvé avec la Turquie pour solutionner la crise migratoire. " Qu'un accord était en vue " (Hollande) . " Que Bruxelles et Ankara était en phase de finalisation " (Juncker). Voire qu'il y avait " encore quelques des détails à régler " (Harlem Désir). " Que nous avons trouvé la solution, un pas dans la bonne direction " (Charles Michel, 1er Sinistre Belge). Que grâce à cet accord,  "le temps de l'immigration irrégulière était révolu " (Donald Tusk), etc... Bref que le problème de cette invasion migratoire n'en était quasiment plus un, et tout cela fit relaté dans les médias français de la même manière... avec quasiment les mêmes termes...

Sauf que,  et de cela il faut aller prendre l'information dans les médias étrangers, le premier ministre hongrois, il n'est pas d'accord du tout. Il opposera même son veto à cet accord. Et pour ce genre d'accord, il faut l'unanimité des 28 ! Autrement dit cet accord extraordinaire, il est loin d être signé. Très loin !

Que dit-il cet accord: Que l'UE est entrain de vendre son âme à la Turquie d'Erdogan et que, sauf la voix discordante de Viktor Orban, tous les dirigeants européens ont quasiment accepté toutes les revendications d'Erdogan !

Les termes de l'accord:

- Le Un pour Un: Un réfugié irrégulier ou débouté du droit d'asile renvoyé en Turquie pour un réfugié syrien envoyé en Europe ! Autrement dit, pour 1 million de réfugiés " douteux " renvoyés en Turquie, celle-ci nous rebalance un million de réfugiés syriens propres sur eux !
- L'UE verse rapido les 3 milliards d'euros promis il y a  des mois à la Turquie pour l'aider à "gérer" les presque 3 millions de réfugiés qui sont sur son territoire et versera 3 milliards d'euros supplémentaires, soit en tout 6 milliards d'euros rien que pour cette gestion de crise. Milliards auxquels il faudrait ajouter les 4 autres déjà versées ces dix dernières années par l'UE au titre de l'aide à la normalisation de la Turquie dans le  cadre de son éventuelle entrée dans l'Union.
- La suppression des visas pour tous les ressortissants Turcs voulant voyager dans l'Union (autant leur accorder tous les avantages de l'espace Shengen)
- Et enfin, last but not the least, la réouverture de 5 chapitres de négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'Union.

Voilà où nous en sommes et ce avec la complicité d'Angela, de Président, de Cameron et de la quasi totalité des  dirigeants nationaux et bruxellois européens !

Bref, nous sommes entrain de vendre notre âme européenne (du moins ce qu'il en reste) à la Turquie. Grâce à Viktor Orban, c'est pas gagné, mais c'est possible !

Folie passagère 3089.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 29 avril 2014

Pourquoi ne pas envoyer François Hollande faire son apprentissage en Hongrie ?


Je faisais état hier de la nouvelle trouvaille de Président: le statut d'apprenti pour les chômeurs de longue durée. Bien évidemment, il fallait que Marianne, fidèle lectrice de ce blog, ramène sa fraise. Ce qu'elle fait très bien; laissons lui donc la place:

Après y avoir réfléchi, je me dis que cette mesure sur le "statut d'apprentissage quel que soit l'âge" de l'apprenti, n'est pas aussi bête qu'il en a l'air. En tous les cas il devrait concerner notre Président dont tout le monde reconnaît qu'il n'a pas été à la hauteur de la fonction pour laquelle il a été élu. C'est en lisant Valeurs Actuelles que j'ai trouvé le chef de gouvernement idéal auprès duquel il pourrait aller faire son apprentissage. 

Jugez-en plutôt : c'est à 35 ans, en 1998, que Viktor Orban est nommé premier ministre de la Hongrie. "J'ai eu droit à tous les compliments, dit-il, la politique à suivre était alors simple, il suffisait de dire qu'on allait copier tout ce que faisait l'Europe de l'Ouest." Mais il perd les élections en 2002 et lorsqu'il revient au pouvoir en 2010 tout a changé, la crise est passée par là : "Désormais la fainéantise intellectuelle qui consiste à imiter l'Europe occidentale n'apporte plus de réponses à nos problèmes : il faut trouver des solutions novatrices." 

Plus question pour lui d'obéir aux diktats de Bruxelles et du FMI. A la tête d'un pays au bord du dépôt de bilan sous le précédent gouvernement socialiste, Orban va relancer la consommation intérieure, il taxe les secteurs dominés par les entreprises étrangères, baisse le prix de l'énergie de 20%. Il modifie la loi pour s'assurer le contrôle de la Banque centrale, celle-ci baisse ses taux et lance un plan de soutien massif aux PME. Il engage une vaste réforme fiscale. Réduction du nombre des fonctionnaires de 5%, de la moitié du nombre des députés et des ministères, l'interdiction des primes dans la fonction publique tant que le pays est en déficit et un taux d'imposition unique à 15% gravé dans le marbre de la Constitution. Les chômeurs sont contraints d'accepter des travaux d'intérêt général, sous peine de perdre leurs allocations. 

Résultat : "un bilan économique à faire rougir... plus d'un donneur de leçons européen" comme l'écrit le site internet économique de La Tribune. 

La note hongroise est réévaluée par les agences de notation. Démentant tous les analystes prédisant la faillite du pays, les comptes courants deviennent excédentaires (+ 3% contre - 8% lors du retour au pouvoir d'Orban). Le chômage décroît d'un tiers. Le niveau de vie progresse. En août 2013, Orban rembourse la totalité de la dette hongroise au FMI, avec plus d'un an d'avance ! Au dernier trimestre de l'an passé, le PIB hongrois était supérieur de 2,7 % à celui du dernier trimestre de 2012. Pour 2014, les prévisions de croissance atteignent 2%, près du double de la zone euro. 

La rupture sociétale est tout aussi spectaculaire : il affiche des convictions conservatrices. Les "piliers" :"travail, foyer, famille, santé et ordre". Rappel des "racines chrétiennes" de la Hongrie dans la nouvelle Constitution. La famille définie comme "le lien basé sur le mariage ou sur la relation parents-enfants". Priorité de la "fierté retrouvée de la patrie". La sécurité devient un "droit essentiel". 

Pas étonnant qu'avec un bilan pareil Viktor Orban ait été mis au ban de la société internationale - la Russie exceptée - qui l'accuse de "dérive autoritaire", voire de "fascisme". 

Mais qu'importe puisque, lui, vient d'être triomphalement réélu ! 

Merci à Arnauld Floch et Louis de Raguenel dont j'ai honteusement pillé l'article, "Viktor Orban, l'inflexible".

(note: La Hongrie a rejoint l'Union Européenne le 1er mai 2004 mais n'a pas prévu d'intégrer la zone euro avant 2020)

Folie passagère 2255.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.