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dimanche 23 mars 2014

Souvent Plenel varie... mais branquignol un jour, branquignol toujours

Dans l'enregistrement sonore ci-dessous, vous découvrirez ce que c'est qu'un homme HEUREUX !

(Oui, je sais, je vous casse encore les pieds avec Plenel mais ce gars est vraiment trop extraordinaire. On ne s'en lasse pas. Chaque jour ou presque, comme son ami hollande, il nous donne une raison de l'épingler)

Edwy Plenel est heureux car il annonce, le "scoop mondial": Christine Lagarde va être convoquée par la Cour de Justice de la République pour cette histoire d'arbitrage Tapie. Il est tellement content qu'il se risque même à un pronostic: "Une mise en examen n'est pas à exclure! ". Vous en conviendrez, dans l'esprit de ce Tartuffe, la CJR sera sans pitié avec Lagarde. La Justice ne tremblera pas. C'était il y a tout juste un an, en février 2013.


Et nous voilà rendu au mois de mars 2014, un an après ce scoop. Christine Lagarde a comparu pour la troisième fois devant la CJR et le moins que l'on puisse dire c'est que l’enthousiasme de ce jean foutre a été quelque peu douché par la CJR qui, un an auparavant, portait tous les espoirs de notre Saint Just de voir Lagarde embastillée un jour ou l'autre. Voyons donc comment il juge, aujourd'hui, cette Cour de l'Injustice de la République:

" Christine Lagarde a désormais de bonnes chances de bénéficier d'un non-lieu dans l'affaire Tapie, alors que son ancien directeur de cabinet, Stéphane Richard, n'en a pas fini avec la justice, même si les charges pesant sur l'une et l'autre ne sont guère différentes. C'est la scandaleuse raison d'être de la Cour de justice de la République : réserver un traitement de faveur aux anciens ministres qui sont de son ressort. S’il faut une preuve nouvelle de l’impérieuse nécessité de supprimer la juridiction d’exception qu’est la Cour de justice de la République (CJR), il suffit d’examiner le rôle pervers qu’elle joue dans le scandale Tapie. Car dans l’instruction de cette affaire, on décèle tous les vices de cette institution, qui a réservé à l’ex-ministre des finances, Christine Lagarde, un statut judiciaire privilégié par rapport à son ex-directeur de cabinet, Stéphane Richard, et qui a conduit ses auditions avec un manque de professionnalisme qui tranche avec la rigueur dont a fait preuve la Brigade financière..."

On passera sur le fait qu'au passage il nous annonce ce que personne n'a osé encore annoncer, pas même la CJR, à savoir que Lagarde bénéficiera sans doute d'un non lieu dans cette affaire d'arbitrage. N'en déplaise à Mediapart.

On imagine sans peine les couronnes de laurier qu'il aurait tressé avec ses petits doigts à la CJR si celle-ci avait répondu à ses attentes.

Souvent Plenel varie... mais branquignol un jour, branquignol toujours !

Le réaction de Christine Lagarde aux propos d' Edwy Plenel a été immédiate:

Folie passagère 2195.
christine20lagarde20applicatour20conflits20d20interets.jpg
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 14 juin 2013

Lâchons les chiens


Parce que les trois lettres dont on l'a rebaptisé étaient un gage de culpabilité, DSK fut déclaré par la grâce des médias et de dossiers d'instruction fuitant à loisir coupable de proxénétisme en bande organisée dans l'affaire du Carlton. Le peuple suivit: DSK était bien coupable quand bien même il n'était mis qu'en examen. Et puis, on apprend, instruction bouclée, que le parquet de Lille requiert un non lieu total. DSK sera donc déclaré sous peu coupable de rien du tout dans cette affaire.

Parce qu'il est détesté par tout ce qui fait ou presque notre magistrature et que faute d'avoir trouvé un quelconque autre motif valable, Sarkozy a été mis en examen, excusez du peu et du ridicule,  pour abus de faiblesse sur une femme âgée dont strictement rien ne prouve (même pas les expertises bidons) qu'elle fut faible à l'époque des faits. Même pas grave, Sarkozy était, avec tout l'empressement dont les medias savent faire preuve, déclaré coupable d'abus de faiblesse. Et puis, on apprend...vous connaissez la suite.

DSK, Sarkozy, deux histoires qui en l'espèce ressemblent à s'y méprendre, hormis les motifs, à celle de Stéphane Richard mis en examen - et donc déclaré médiatiquement coupable - pour escroquerie en bande organisée. Comme Pierre Estoup et Jean-François Rocchi.  En voilà un beau trio d'escrocs. Pour un peu, Christine Lagarde aurait pu élargir le cercle des voyous, son statut de témoin assisté lui évite de justesse l’infamie.

Aujourd'hui, en principe, secret de l'instruction oblige, nul commentateur n'est censé savoir ce qui a pu amener ces juges à prendre de telles décisions. Notre justice, supposée indépendante et impartiale, garantit à tous ces messieurs la présomption d'innocence. On avait même en son temps, me semble-t-il, modifié l'appellation pour que cela soit moins violent: de inculpé ou accusé de, on serait dorénavant mis en examen. Tu parles Charles, t'es mis en examen et au diable la présomption d'innocence. Qui plus est dans le cas de Stéphane Richard lorsque ce qui nous sert de premier sinistre ose déclarer, sans que personne ne s'étonne, je cite de mémoire: Au vu des éléments qui nous ont été donné de connaître, l'Etat se doit de défendre l'Etat, nous intenterons donc un recours en révision contre l'arbitrage rendu en 2008. Cette décision - intenter un recours -  a été prise conjointement avec Pépère " à la lueur des derniers événements judiciaires ". Ont-ils eu accès au dossier ? Peu importe, Stéphane Richard est mort. On ne sait pas s'il est coupable de quoique ce soit mais d'ores et déjà se pose la question de son maintien à la tête d'Orange, l'Etat, actionnaire à hauteur de 20% exigeant la tenue d'un Conseil d'Administration de l'entreprise pour en débattre. Obtempérez, actionnaires, il est coupable ! Et voilà, comment un homme innocent, jusqu'à preuve du contraire, est mis au ban de la société et de la communauté économique; tant pis pour les dégâts collatéraux.

Plus triste encore est d'écouter tous les commentateurs, les pseudos spécialistes et autres politocards qui en chœur répètent à l'envie qu'il y a présomption d'innocence mais qui dans le même temps se régalent de tout cela en espérant en tirer quelques bénéfices.

J'ai regardé deux ou trois émissions traitant de cet arbitrage; à chaque fois les commentateurs ne remettaient pas en cause le fait que Tapie ait été dédommagé pour l'entourloupe commise par le CDR avec la revente d'Adidas. J'en ai même entendu quelques uns, dont Jean-François Kahn ou Christian Barbier, dire que le même Tapie aurait pu exiger beaucoup plus compte-tenu de la plus-value dégagée sur cette opération par le Crédit Lyonnais. L'affaire traînait en justice depuis une quinzaine d'années, l'arbitrage semblait être la bonne solution pour mettre un terme à une histoire qui aurait pu coûter beaucoup plus cher aux contribuables.

Entre temps, Sarkozy était devenu Président. Depuis, il ne l'est plus... mais il fait encore peur. Et l'on sait l'aversion profonde de hollande, de sa clique et d'une bonne partie de la magistrature vis à vis du personnage. Et voilà comment une affaire judiciaire devint, pour mon plus grand dégoût, une affaire politique.

Alors, lâchons les chiens, il y aura bien un os à ronger. Et si cet os avait le bonheur de s'appeler Sarkozy... La curée médiatique n'en serait que plus jouissive, n'est-ce pas ?

Notre histoire judiciaire est pleine de personnages que l'on a jeté aux chiens pour n'avoir pas su respecter le droit fondamental de tout un chacun à la présomption d'innocence. Mais jamais, par calcul politicien, besoin de revanche, vengeance ou simple aversion, nous ne retenons les leçons du passé. Ça suffit !

Folie passagère 1756.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.