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jeudi 27 août 2015

L'Ukraine est sauvée; de quoi faire enrager Alexis Tsipras...

(Le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk et sa ministre des finances Natali Jaresko)
Vous avez entendu parler de la crise grecque, même que l'on vous en a tellement parlé que cela vous a saoulé. Une ultra-gauche qui se fait élire en janvier en promettant de raser gratis, un Tsipras qui traite par dessus la jambe un référendum populaire qu'il avait pourtant décidé, sans aucune obligation, d'organiser, des négociations qui n'en finissent plus avec la troïka afin d'éviter une cessation de paiement et une éventuelle sortie de la zone euro... et le même Tsipras qui, au bout du bout, baisse la culotte, balaie toutes ses promesses électorales et accède à toutes les demandes de ses créanciers pour finalement démissionner.

Tous les médias vous ont saoulé avec ça. Grexit, no Grexit... Du soir au matin et du matin au soir, il y en avait que pour la Grèce. C'est dire si la situation était grave. Enfin, après des mois de psychodrame médiatisé, tout est rentré dans l'ordre... Jusqu'au prochain épisode.

Et bien voyez-vous, il y a un autre pays qui était dans une merde noire. Au bord de la cessation de paiement, quasi plus un sou en poche et des milliards d'euros à rembourser à ses créanciers de tous bords et de toutes origines. Un pays presque aussi proche de nous que la Grèce. Un pays qui certes n'est pas dans l'Union même si tout est fait pour qu'il y rentre dès que possible. Et bien ce pays, c'est l'Ukraine. Au bord du gouffre, de la faillite, en pleine récession avec une dette publique qui a doublée en un an, avec une industrie en plein marasme, bref, un pays sinistré.

Et bien, ce pays, sept ou huit fois plus peuplé que la Grèce, en douce, sans que vous en entendiez parler plus que cela, sans que les médias nous bassinent avec, vient de résoudre son problème de cessation de paiement. Oh, il y a bien eu des négociations qui ont duré quelques mois, des négos feutrées dont on ne nous a pas dit grand chose, mais finalement, sans que personne ne démissionne, sans qu'une gauche populiste arrive au pouvoir, sans référendum, sans vote, sans que l'Ukrainien de base ne se soit aperçu de quoique ce soit, le pays respire. Un accord a été signé. Cherchez pas à savoir ce que contient cet accord, peu importe et puis de toute façon, vous aurez du mal à en trouver une copie, Un accord a été signé, un accord tellement cool qu'il fait dire à la potiche qui sert de premier ministre à Kiev que " jamais un pays au bord de la cessation de paiement n'a obtenu de telles conditions ". C'est dire si tout le monde a été gentil avec l'Ukraine: Un effacement de 20% de sa dette soit 3,2 milliards d'euros, un allongement de 4 ans de son délai de remboursement, une hausse des taux d’intérêts d'à peine 0,50%, un FMI qui confirme son engagement de lui verser sur 4 ans 17 milliards d'euros et la confirmation d'une aide internationale de 40 milliards, là aussi sur 4 ans. Difficile de faire mieux, non ? A faire enrager Tsipras.

Et tout cela sans que Ni Claire Chazal, ni Pujadas, encore moins BFM et Itélé, ne nous en parlent. Que même que si vous tapez sur Google tel que je viens de le faire ( ça pourra peut-être changer par la suite ): "Ukraine ", vous ne trouverez que 3 petits articles ( Le Monde, Le Figaro et RFI) pour évoquer cet accord " comme aucun pays n'a jamais obtenu ". C'est-y-pas extraordinaire ?

De là à penser qu'entre la Grèce et l'Ukraine, il y a deux poids, deux mesures, voilà qui ne fait aucun doute. Je me demande bien pourquoi...

Folie passagère 2882.
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